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1 septembre 2022

Non à AVS 21

Les finances de l’AVS sont déséquilibrées du fait que les dépenses progressent plus rapidement que les recettes en raison d’une population vieillissante et donc de rentes de vieillesse versées sur une plus longue période. L’un des buts de la modification de la loi sur l’AVS est justement de maintenir l’équilibre des finances pour la prochaine décennie et garantir le niveau des rentes AVS. Si a priori, il semble égalitaire d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, au même âge que les hommes, c’est en fait fermer les yeux sur toutes les inégalités encore et toujours subies par les femmes dans le monde du travail, en prenant également en considération le travail gratuit (travail du "care").


La rente moyenne des femmes est actuellement inférieure à celle des hommes de 37%, et ce pour plusieurs raisons :

  • Les femmes ont encore de la peine à briser le « plafond de verre » et sont largement minoritaires dans les postes supérieurs et donc à haut revenus.
  • Les métiers « féminins », c'est-à-dire largement investis par les femmes (soin des autres), sont dévalorisés sur le marché du travail car considérés comme des tâches « naturelles » pour les femmes.
  • Nettement plus de femmes que d’hommes ont un emploi à temps partiel (le 80% des hommes actifs travaillent à plein temps contre 41% de femmes), et notamment à cause des charges domestiques et familiales qui incombent encore aux femmes. En effet, elles assument toujours 50% de travail domestique en plus que les hommes. En cas d’enfants, ce sont elles qui quittent leurs emplois et sont souvent obligées de baisser leur pourcentage de travail pour s’occuper du soin et de l’éducation des enfants, faute aussi de meilleures aides en termes de garde, ce qui a pour conséquence un décrochage dans la carrière professionnelle et une difficulté supplémentaire pour progresser sur l’échelle salariale.
  • Enfin, à travail égal, les femmes ne touchent pas un salaire égal. Si on prend un salaire médian, les femmes touchent environ 600 francs de moins par mois. Or, l’égalité salariale apporterait 825 millions à l’AVS et rendrait cette réforme inutile.

Vinciane Murisier, au centre, défend le NON à AVS 21 au nom d'Entremont Autrement.

L’augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans pour toutes et tous semble une solution toute trouvée. On entend que si les femmes veulent l’égalité, alors elles doivent accepter de travailler autant que les hommes, or il faut également prendre en compte les inégalités de genre dans le monde du travail, inégalités trop souvent oubliées. Ce n’est pas en tentant de sauver l’AVS sur le dos des femmes, en les faisant travailler une année supplémentaire alors qu’elles assument déjà deux jobs, qu’importe leur pourcentage, dans le monde professionnel et à la maison, que l’inégalité salariale disparaîtra. C’est dans l’autre sens qu’il faut penser et agir.

En outre, les mesures de compensation sont dérisoires, elles ne concernent que les femmes nées entre 1961 et 1969 si elles décident de prendre leur retraite à 65 ans. La compensation serait un montant compris entre 50 et 160 francs, mais seules les femmes nées entre 1964 et 1965 recevraient l’entier du supplément.

Pour finir, d’autres solutions existent, et je mentionnerai ici l’utilisation des bénéfices de la BNS sur les intérêts négatifs (26 milliards en 2021). L’initiative « renforcer l’AVS grâce aux bénéfices de la Banque nationale », coordonnée par l’Union syndicale suisse, est en cours de signature.

Pour ces raisons, Entremont Autrement dit NON à la réforme AVS 21.

Vinciane Murisier
Secrétaire d’Entremont Autrement

20 août 2022

Prise de position concernant les votations fédérales de septembre 2022

Entremont Autrement a terminé sa consultation en vue des prochaines votations et il en ressort une assez nette majorité sur les quatre objets soumis au vote.

1. Initiative populaire « Non à l’élevage intensif »
Les membres consultés se déclarent à une quasi-unanimité en faveur du texte d’initiative. Le sort des animaux élevés industriellement est considéré comme particulièrement cruel et peu respectueux de leur bien-être. S’opposer à l’élevage intensif, c’est soutenir une agriculture plus responsable, mais aussi plus traditionnelle, chère à la population suisse et à l’image de l’élevage en Suisse.

2. Hausse de la TVA pour financer l’AVS
Entremont Autrement s’oppose avec une majorité claire à cette mesure. En cette période incertaine d’inflation et de crise énergétique, augmenter la TVA revient à prendre à la gorge les petits ménages en difficulté. Ainsi bien que la mesure soit présentée comme égalitaire, elle n’est pas équitable en fonction du revenu et ne satisfait pas notre mouvement.

3. Hausse de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans
De nouveau, la majorité des sondés s’oppose à une hausse de l’âge de la retraite pour les femmes. Le fait que ces dernières soient déjà les plus précaires à la retraite semble avoir été un argument important. Une réforme qui a pour mesure phare de faire reposer le financement sur 10 ans de la retraite sur les femmes ne convainc pas, alors même que de nombreux secteurs de la vie familiale et professionnelle laissent encore subsister de nombreuses inégalités : salaire moindre, charge familiale plus grande, temps partiel, etc…

4. Modification de la loi fédérale sur l’impôt anticipé
Entremont Autrement se prononce à une très large majorité contre cette modification. Concernant principalement les classes aisées, l’impôt anticipé est une rentrée d’argent importante pour la Confédération. Le supprimer reviendrait à mettre en péril les finances fédérales et fait risquer une hausse des impôts pour les particuliers ou les PME.


8 juillet 2022

Roe VS Wade enterré, les libertés des femmes entravées

Cela fait maintenant deux semaines que la cour suprême américaine a suspendu sa jurisprudence Roe VS Wade, permettant aux femmes américaines d’avorter dans tous les Etats des Etats Unis. La décision est historique : en effet, depuis 50 ans, c’est la première puissance occidentale qui revient en arrière sur les droits des femmes si chèrement acquis par les mouvements féministes successifs. 
C’est donc une douche froide, ainsi qu’une certaine forme de désillusion qui frappent des femmes et des hommes qui pensaient ces droits, et précisément celui de l’avortement acquis. Sans tomber dans le cliché de la lecture a posteriori des événements, nous avions déjà été mis en garde, il y a plusieurs décennies par Simone de Beauvoir : « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Ces mots résonnent étrangement, alors même que se réalise cette crainte énoncée. Aux Etats-Unis, il ne sera donc pas permis, dans pratiquement la moitié des Etats d’avorter en cas de viol, en cas de risque de santé pour la mère, voire même en cas de grossesse extra-utérine, par définition non viable. Le Texas possède déjà une loi encourageant la population à dénoncer les femmes qu’on soupçonne d’avoir avorté. Un récent article de la RTS révélait qu’une recherche Google pour un planning familial pouvait incriminer une femme soupçonnée. Les chauffeurs de taxi peuvent même être poursuivis pour avoir amené une femme devant une clinique pratiquant les avortements.

 
Ça vous semble irréel ? Et pourtant çela fait partie d’un programme très clair. Remettre en cause le droit à l’avortement, et par conséquent le droit des femmes de disposer de leur corps, c’est avant tout s’arroger le contrôle du corps des femmes, mais aussi de leur sexualité. Et par ce biais, c’est le corps social en général qui est surveillé, régi par des règles bien précises que nos sociétés libérales pensaient avoir acquis pour ses concitoyens. Des groupes religieux conservateurs, libres de leur culte et de ne pas avorter, imposent désormais leur vision et leur croyance à toute une partie de la population qui ne leur avait rien demandé, ni exigé, ni refusé en termes de droit.

 
Cependant, si après les politiques agressives internationales des USA on s’interrogeait sur leur légitimité à nous servir, à nous Suisses, d’exemple, on peut être tout à fait convaincu qu’il ne faut pas trop s’en inspirer. Depuis 2002, les Suissesses peuvent avorter jusqu’à 12 semaines après les dernières règles. En comparaison européenne, l’avortement a été légalisée en Suisse très tardivement, mais clairement plébiscité par le peuple. Une première offensive des milieux conservateurs a échoué très nettement en 2014 avec l’initiative pour supprimer le remboursement de l’avortement par les caisses maladies. Mais ces milieux ne se sont pas arrêtés là et reviennent à la charge en ce moment même avec deux initiatives : une imposant une nuit de « réflexion » supplémentaire à la femme désirant avorté et une deuxième empêchant les avortements tardifs après 22 semaines en raison d’un risque pour la santé de la mère ou d’handicap lourd pour le foetus.
Si ces deux initiatives ne s’attaquent pas frontalement au droit à l’avortement, elles contribuent en effet à présenter la femme avortant comme égoïste. Le fait qu’elle envisage de le faire pour sa propre santé après 22 semaines est considérée pratiquement comme criminel par ses milieux. Ils proposent alors d’imposer un accouchement prématuré, avec des risques considérables pour la mère. La question de la nuit de réflexion présuppose aussi une infantilisation des femmes qui avorteraient sans jamais être sûres réellement de ce qu’elles font. Très problématiques, ces deux initiatives dépossèdent complètement les femmes de leur libre arbitre en les mettant sous une forme d’obligation de réflexion ou d’accouchement. Si ces initiatives semblent collecter des signatures facilement, elles posent la question de ce qui viendra ensuite. En effet, si la population se prononçait sur ces sujets et en venaient à les accepter – ce que nous n’espérons pas –, la prochaine étape est clairement identifiée : interdire l’IVG en Suisse.

Nous n’en sommes pas encore là évidemment mais les initiatives sont multiples pour empêcher les femmes d’avorter librement et selon leur droit. Des sites internet de désinformation apparaissent dans les premiers liens sur Internet lors d’une recherche sur l’avortement, des initiatives visant à limiter le droit à l’avortement sont en route, des associations négocient des contrats d’assurance maladie pour des femmes ayant finalement refusé d’avorter.
L’IVG est autorisé en Suisse depuis 2002, mais il sera constamment attaqué et remis en question. A nous d’empêcher qu’on impose aux femmes des décisions qui relèvent de leur seule compétence : mon corps, mon choix.

Jasmine Lovey 

20 avril 2021

Roxanne à la séance constitutive.


Quatre page de posters dans le NF du jour pour fêter la séance constitutive historique du grand-conseil avec 45 députées et 66 députés-suppléantes. 

Réjouissant.

Nous souhaitons une bonne législature à Roxanne Di Blasi au milieu du cercle.


12 février 2021

Cachez-moi ce visage que je ne saurais voir : NON à l’initiative anti-burqa

A en croire certain.e.s membres du parti dont l’initiative pour l’interdiction de se dissimuler le visage est issue, il faudrait voter un grand OUI si l’on est féministe afin de libérer ces femmes oppressées. Interdire pour libérer. Voilà un concept qui rappelle le slogan du parti, « enracinés et libres », qui me semble être un mauvais oxymore. Si l’initiative ne vise pas uniquement les femmes musulmanes porteuses de la burqa (bien qu’il faudrait d’avantage parler de niqab), mais également les casseurs/hooligans porteurs de cagoules, il semble que le débat porte d’avantage sur les premières puisque l’initiative est couramment nommée « initiative anti-burqa » dans les médias et que l’image de la musulmane revient fréquemment dans la campagne. D’ailleurs, souvenez-vous, c’était également une musulmane dont on ne voyait que les yeux qui était au premier plan de l’initiative UDC contre les minarets (du même comité). Symbole de l’oppression des femmes, de leur domination non seulement par l’homme mais également par Dieu, la burqa dérange.


Je me considère personnellement comme féministe puisque je pense que si l’égalité est acquise dans le droit, elle n’est pas acquise dans les faits et il y a encore un combat à mener pour changer les mentalités sur les rôles que la société attribue aux femmes et aux hommes. Mon féminisme considère également les femmes dans leur pluralité selon leur classe sociale et leur origine ethnique. Néanmoins, je voterai « NON » le 7 mars prochain, et voici mes raisons :

Premièrement, pour ne parler que des femmes musulmanes en Suisse, celles qui portent la burqa ou le niqab sont très peu nombreuses. Il semblerait qu’environ trente femmes seulement soient concernées. L’écrasante majorité des femmes musulmanes en Suisse n’en portent pas. Pourquoi donc vouloir légiférer sur un sujet qui concerne si peu de citoyennes ? Si on considère alors les porteurs de cagoules, plus de personnes pourraient être concernées. Mais en considérant que ces personnes-là sont déjà portées par la violence et s’inquiètent peu de la légalité de leurs actes, on peut se demander quel impact une autre interdiction, celle de se dissimuler le visage, pourrait avoir. En outre, il existe déjà dans plusieurs cantons des interdictions de se masquer le visage lors de manifestations publiques. Pour cette raison, mes prochains arguments porteront uniquement sur la dissimulation du visage par la burqa ou le niqab. 

Ensuite, l’initiative démontre une xénophobie croissante envers les personnes de confession musulmane, invariablement vues comme étrangères, l’Autre par excellence, avec tout l’imaginaire de la femme asservie et de l’homme barbare. Un retour au fantasme du clash des civilisations de Huntington. Or, une femme musulmane n’est pas forcément une étrangère. Des femmes d’origine européenne ont fait le choix de se convertir à l’Islam, donc l’argument du problème d’intégration avec le port de la burqa ou du niqab, ou la peur de l’immigration extrémiste, souvent rabâchée, ne tiennent pas.

Troisièmement, même si cela semble incompréhensible que des femmes choisissent par elles-mêmes de porter la burqa ou le niqab, il n’en reste pas moins une réalité, et considérer que toutes les femmes qui portent ces vêtements sont soumises et contraintes revient à les infantiliser, et constitue également un déni de démocratie et de la capacité d’agir ou de penser des femmes. Ainsi, même si ce choix n’est pas compris, il reste tout de même valide, et voter « oui » à l’interdiction revient à invalider le choix de ces femmes et à légiférer, encore, sur le corps des femmes.

Enfin, l’argumentaire des défendeurs du « oui », de tous bords politiques, est celui du renforcement de la liberté et de l’égalité entre hommes et femmes. Selon moi, il est beaucoup plus judicieux de se concentrer sur les revendications de la grève féministe du 14 juin (égalité salariale, lutte contre le harcèlement, reconnaissance du travail domestique, d’éducation et de soins, meilleure prise en charge des victimes de violences sexistes et sexuelle, etc.) que de concentrer des efforts et allouer du budget à quelque chose qui touche si peu de femmes et qu’on souhaite libérer sans même leur demander leur avis. En outre, de la part du parti initiateur, l’argument de la liberté des femmes est totalement hypocrite, puisque la seule liberté pour laquelle ils se sont battus pour le bien des femmes est celle de rester chez soi pour s’occuper du foyer.

Enfin, j’ai conscience que l’initiative divise également la gauche et les milieux féministes. Pour moi, il s’agit simplement de ne pas se poser en libérateur ou libératrice, et, encore une fois, de reconnaître le libre-choix des femmes. Quand bien même certaines musulmanes seraient effectivement victimes de contrainte de la part de leur mari, d’une part, la contrainte est déjà punie dans le Code pénal, d’autre part, si l’initiative passe, ce seraient les femmes porteuses du vêtement qui seraient amendées, et non leurs maris. Je ne pense pas qu’il soit judicieux de punir les victimes potentielles. De plus, leur interdire de porter la burqa ou le niqab dans l’espace public pourrait résulter en un isolement encore plus important.

Le fait que je décide de voter « NON » ne signifie absolument pas que je souhaite voir toutes les femmes porter une burqa ou un niqab. De même, cela ne signifie pas que je crache sur les combats féministes dans certains pays musulmans, je considère simplement qu’il n’est pas possible de comparer avec la situation en Suisse. Encore une fois, nous ferions mieux de tourner notre regard vers les problèmes bien concrets qui concernent les femmes en Suisse actuellement, sans fantasmer sur une future islamisation. C’est en restant unies dans la diversité que la lutte féministe pourra avancer.

Vinciane Murisier

3 février 2021

Les droits des femmes encore mis à mal.

Coup sur coup nos élus à Berne prennent des décisions qui portent atteinte à la dignité des femmes :

La semaine passée, c’est la commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats qui décide de couper dans les compensations accordées aux femmes particulièrement touchées par le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans (celles qui atteindront l’âge de la retraite dans les 9 ans précédents l’entrée en vigueur de la réforme). La commission a décidé de baisser cette période à 6 ans et de baisser les compensations accordées aux femmes. La pétition « touche pas aux rentes des femmes » lancée par l’Union Syndicale Suisse s’oppose à ce que les femmes fassent les frais de la réforme de l’AVS. Encore aujourd’hui, les femmes subissent des discriminations : au travail, l’égalité des salaires n’est pas une réalité, accéder aux postes clefs est toujours compliqué, le travail à temps partiel, majoritairement féminin, péjore les droits des femmes à la retraite ; ä la maison, la répartition des tâches entre conjoints pose toujours problème, c’est trop souvent les femmes qui mettent leur carrière entre parenthèse pour la famille, et à la retraite, ce sont encore les femmes qui reçoivent les rentes les plus basses et qui ne reçoivent pas de rente du deuxième pilier (44 % d’entre elles).


on peut signer la pétition en cliquant ICI


Aujourd’hui, c’est la commission des affaires juridiques, à majorité de droite, qui refuse de modifier la définition pénale du viol pour qu’une relation sexuelle sans consentement soit considérée comme un viol. Aujourd’hui, pour qu’il y ait viol, il faut une violence physique portée sur la femme. Depuis des années, des organisations féminines, des professeurs de droit demandent que le viol soit étendu à tout acte sexuel non consenti (par l’un ou l’autre sexe). Or, ce matin, on apprend que la commission des affaires juridiques a décidé de créer une nouvelle infraction, un délit d’atteinte sexuelle, puni d’une peine plus légère que le viol (trois ans maximale au lieu de dix). Est-ce que le mot « non » n’est pas assez clair ? Est-ce qu’un refus oral justifie une peine plus légère ? Est-ce que la victime doit, en plus du viol lui-même, subir d’autres sévices physiques voire mourir sous les coups de son assaillant pour que ce soit qualifié de viol ? C’est un peu comme si le non d’une femme ne comptait pas vraiment….

 A l’écoute de ces deux nouvelles, qui pour moi sont emblématiques d’une certaine condescendance envers les droits des femmes, je me dis que nous n’avons pas fini de nous battre pour faire valoir les droits des femmes, 50 ans après avoir obtenu le droit de vote…..

Sophie Juon, candidate au Grand Conseil pour Entremont Autrement          

23 septembre 2020

Chronique du machisme ordinaire

Il y a juste 60 ans dans la Feuille d'Avis du Valais, fondé en 1903, quotidien depuis 1957, qui fusionnera avec le Nouvelliste du Rhône en 1968 paraissait l'article le plus honteux qui n'ait jamais été pensé en Valais contre la participation des femmes à la vie politique. A lire à haute voix avec les copines:









Journal et FEUILLE D'AVIS DU VALAIS et de Sion, vendredi 23 septembre 1960, p.11

7 août 2020

« Fucking bitch »

Il y a quelques jours de cela, le député républicain Ted Yoho insultait la députée socialiste démocrate Alexandria Occasio-Cortez sur les marches du Capitole des Etats-Unis, bâtiment qui sert de siège au Congrès. « Fucking bitch » ou « putain de salope », étaient les mots qu’il a utilisés, devant des témoins et la presse, en toute impunité. L’homme s’est excusé depuis en expliquant « étant marié depuis 45 ans et père de deux filles, je suis conscient de mes mots ». La plus jeune jamais élue au Congrès américain lui répondait ce 23 juillet par un discours engagé et militant.



Cette situation n’est malheureusement pas un incident isolé, il est bien culturel. Le fait qu’un homme, puissant ou non, puisse en tout impunité traiter une femme de la sorte, aux yeux de tous, permet une certaine forme d’acceptation de cette violence verbale dans notre société. Cette attitude déshumanisante envers les femmes est totalement irrespectueuse et inacceptable. Pas besoin de traverser l’Atlantique pour entendre de tels propos, chez nous le sexisme est tout autant ancré. Dans la première partie de son discours, Alexandra Occasio-Cortez condamne non seulement l’attitude condescendante de son attaquant mais également le fait d’utiliser les femmes de son entourage comme argument prouvant son respect. « Avoir une fille ne rend pas un homme convenable. Avoir une femme ne rend pas un homme convenable. Traiter les gens avec dignité et respect est ce qui rend un homme convenable » a-t-elle répondu.

La jeune femme accuse le coup et porte son expérience pour une cause plus grande, celle du vivre-ensemble. De manière générale, discriminer une autre personne pour son genre ne devrait tout simplement plus être admis dans notre société actuelle. Ne rien en dire c’est donner la permission que cela continue. Vouloir répondre par le même schéma vulgaire et puéril c’est tout autant la perpétuer. Le meilleur moyen pour que la discrimination ne se répète plus, c’est de l’arrêter quand elle nous arrive. Par la simple affirmation « je ne suis pas d’accord », c’est déjà remettre à sa place l’acte discriminant et donner de la valeur à celui ou celle qui en a été la victime. En affirmant cela, nous ne lui laissons plus sa place dans l’espace public et nous permettons que la vie reprenne, sereinement et cordialement. En démontrant par nos actes, que le genre féminin et celui masculin ne sont pas si éloignés et définis que certains le disent, c’est redonner toutes les couleurs à notre société.

Maman de deux petits garçons, je me sentais tout d’abord chanceuse les pensant plus en sécurité de cette problématique. Mais bien que je n’aie pas de petite fille à qui apprendre à se défendre, j’ai deux petits individus à qui apprendre le respect et le consentement. Une fois que j’ai compris cela, j’ai compris la responsabilité que j’avais d’éduquer mes fils à faire en sorte que demain, plus aucun homme n’ose traiter une femme de la sorte.

Roxanne Di Blasi Giroud

8 juin 2020

Vote des femmes

«Entre mots d’ordre et convictions personnelles. Quand le cœur balance.»

Ce 8 juin aux Arsenaux à Sion cinq femmes valaisannes, qui font ou ont fait l’actualité politique du canton.
Sarah Constantin (députée PS), Cilette Cretton (ancienne présidente du PRD et Constituante AC), Carole Furrer (présidente des Syndicats chrétiens du Valais), Nadine Reichen (ancienne députée suppléante UDC) et Anne-Marie Sauthier (députée PLR, ancienne présidente du Grand conseil).

La modération sera assurée par la journaliste Nicole Michlig Varone. La rencontre est ouverte à toutes et à tous, dans le respect des mesures sanitaires. PGE

19 mars 2020

Une femme nommée cheffe de service, un fait rare à l'Etat du Valais!



Plus de 30 ans après le rapport "Les Femmes dans l'administration cantonale" illustré par Marie-Antoinette Goret, la prise de conscience inaugurée à l'époque semble timidement porter ses fruits.

Après Sophie Huguet nommée en 2017 comme cheffe de service, un fait quasi miraculeux à l'Etat du Valais, et Christine Genolet-Leubin, la troisième femme cheffe de Service à l’Etat du Valais qui dirigera l'environnement, nommée il y a quelques semaines, voici que le conseil d'Etat récidive en nommant Anne-Catherine Sutermeister cheffe du service de la culture en succession de Jacques Cordonier.
La confusion vient probablement du fait que Sutermeister en allemand est un nom de métier se rapportant au latin sutor magister, maître cordonnier .
Nous y reviendrons.



4 décembre 2019

Sophie et Jamine en dialogue sur l'écriture inclusive

Ça se passe dans de peuple.vs no 142 du vendredi 22 novembre 2019, Sophie Juon et Jasmine Lovey dialoguent au sujet de l'écriture inclusive.



/UG

28 octobre 2019

Petit billet d’humeur

Eh bien nous y voilà, la question de la parité en politique en Valais est enfin mise sur le tapis par le PDC, et ce au deuxième tour des élections au Conseil des Etats. Une part de la féministe que je suis est extrêmement heureuse de voir enfin la question abordée par le premier parti du Valais, mais une autre sent comme une odeur d’enfumage…

C’est assez étonnant de voir le PDC se parer tout à coup de violet et appeler à la solidarité des femmes pour faire élire leur candidate. En effet, sur leur liste principale du Valais Romand au National, on ne trouve que 2 femmes sur 6 candidats. Notons donc que si l’on voulait parler de parité ici, on devrait sérieusement revoir ses calculs et reconnaître que les hommes sont deux fois plus nombreux sur ces listes que les candidates femmes.

Et pourtant, on se permet de donner des leçons de parité au Parti socialiste et de crier haut et fort qu’il faut voter Marianne Maret pour la parité aux Etats, ce qui, fait intéressant, n’a d’ailleurs jamais été le cas dans toute l’histoire de la délégation valaisanne au Conseil des Etats. Et là où le bât blesse encore plus, c’est que durant cette longue période de main-mise du PDC sur les deux fauteuils de la chambre haute, le parti orange n’avait encore jamais proposé de femmes !

Pour toutes les personnes qui, suivant l’avis du PDC sur la question, s’offusquent que Mathias Reynard ose challenger le siège d’une femme, j’aimerais leur répondre par quelques constats. Qui a défendu activement dès son entrée au Parlement la question du congé parental ? Qui a soulevé le problème du licenciement des femmes pendant et après leur grossesse ? Qui a activement participé à la grève du 14 juin et s’est mis à disposition de ses collègues féminines pour que celles-ci puissent grever ? Qui a plusieurs fois soulevé le problème du harcèlement dont sont victimes la plupart des femmes dans l’espace public ou professionnel ? Qui s’est battu pour que l’égalité salariale soit enfin appliquée ? La réponse paraît limpide : Mathias Reynard. Le PDC n’a d’ailleurs pas franchement brillé sur ces sujets et il semble difficile de lui faire confiance pour faire avancer la cause féminine et surtout féministe.

Néanmoins il est bon de voir que la parité peut être un concept que l’on galvaude facilement, que l’on sort au moment opportun pour le ranger au fond du tiroir une fois utilisé. La durabilité du combat sur la question de l’égalité entre les hommes et les femmes est brûlante d’actualité. Pour ceux qui espèrent un Valais plus solidaire et plus équitable envers les femmes, les minorités LGBTQIA+ ainsi que pour tous les autres valaisans, pourquoi ne pas prendre l’alternative paritaire ? Parce que rappelons-le le ticket rose-vert, Mathias Reynard-Brigitte Wolf est également paritaire !

Donc : pour une représentation progressiste du Valais, pour la défense assurée des droits des femmes, pour la promotion de ces dernières au sein de la société suisse, votez Wolf-Reynard !

Jasmine Lovey

25 octobre 2019

La parole aux femmes – Pour un vote féministe

A l’époque de l’affaire Buttet, pas si lointaine du reste, la Conseillère fédérale PDC Doris Leuthard avait eu des mots forts : « "Si ces reproches sont corrects, Monsieur Buttet a un problème. C'est inacceptable pour la politique" ».
Cette prise de position avait le mérite de la clarté et surtout de la cohérence. Une femme politique ne peut pas se taire dans une telle situation, qu’il s’agisse d’un collègue de parti ou non.
On voudrait aujourd’hui inciter la population valaisanne, et surtout les femmes, à soutenir une candidate parce qu’elle est femme.
Pour une personne de conviction qui place les valeurs au-dessus de tout, c’est déjà un premier obstacle. Peut-on élire une femme de droite quand on est de gauche ? Voilà qui pose une première question. Pour moi, forcément, la réponse est non !
On voudrait de plus qu’en cette année 2019 encore toute colorée du mauve du 14 juin, on vote féministe. Mais est-ce que voter féministe implique de voter femme ? C’est là la seconde question. Pour moi, clairement, la réponse est non !

Pour conclure, revenons à l’affaire Buttet. La vice-présidente du PDC du Valais romand, Marianne Maret, bien moins courageuse que sa collègue de parti et alors Conseillère fédérale, a fait preuve d’un silence coupable. Pas une critique, pas un commentaire sur les agissements du conseiller national en délicatesse. Pas un mot, pas une once d’empathie pour les victimes pourtant nombreuses.
Alors non, Marianne Maret, candidate au Conseil des États, n’est pas la représentante des femmes. Non, elle ne peut pas être désignée aujourd’hui comme le porte-voix féministe si elle, vice-présidente du Parti au moment de la crise qui secouait la Berne fédérale et le Valais, n’a pas levé le petit doigt pour dénoncer un comportement sexiste d’une violence inouïe à l’égard des femmes.
Le silence, parfois, est assassin ! Et mérite aujourd’hui qu’on y réponde dans les urnes de manière adéquate.
Le PS et les Verts proposent un ticket qui permet en tous points de résoudre l'équation : Un homme et une femme, les deux étant connus pour leur engagement en faveur des femmes et de l'égalité. Pour soutenir les femmes, il faut élire des féministes !

Barbara Lanthemann
Présidente du PSVR

2 octobre 2019

Grève des femmes 2019, le Valais et les élections fédérales : une équation impossible ?

La grève des femmes du mois de juin résonne encore pour la plupart des femmes comme un délicieux souvenir de mobilisation exceptionnelle, de solidarité intergénérationnelle et de ras-le-bol enfin exprimé. Alors que l’espoir semble renaître pour certaines femmes impliquées dans la lutte pour l’égalité des droits, certaines ombres viennent noircir le tableau, particulièrement en Valais.
En effet, il semblerait que les chances de voir une femme valaisanne élue à Berne au Conseil national soient pratiquement nulles, malgré une forte augmentation des candidatures féminines. Bien que les femmes constituent plus de la moitié de la population, ces dernières ne seraient représentées par aucun élu de leur propre sexe ? la chose ne paraît-elle pas scandaleuse ?
J’avoue qu’en temps que féministe convaincue, je prêche pour une meilleure représentativité des femmes, mais il est difficile de convaincre d’une part toutes les femmes, mais aussi les hommes de voter pour des candidates ! Les clichés ont-ils la vie dure, les femmes seraient-elles vraiment inaptes à la politique ou la situation actuelle repose-t-elle sur un marasme ambiant qui consiste à faire comme on a l’habitude : voter des hommes ? Les candidates, en plus de servir souvent de prétexte sur les listes, sont boudées par les électeur·rice·s, devenant ainsi un double poids. Il faut rendre la liste mixte, et en même temps les chances d’élections sont nulles… Oserait-on encore ajouter le sentiment que beaucoup de femmes candidates ressentent, à savoir celui de ne pas être légitimes, de ne pas avoir assez d’expérience, alors que ces syndromes de doute semblent toucher dans une très moindre mesure les hommes ?
La question des femmes en politique ne se résume pas à celle de la parité sur les listes, mais à la promotion active de ces candidates, à celle de leur qualité, ainsi que de leur expérience. Cette responsabilité incombe aux partis, aux candidats hommes et à l’électorat valaisan.

Pour le 20 octobre, votez et faites voter les femmes des listes de gauche qui soutiennent les revendications féministes du 14 juin dernier !


Jasmine

22 août 2019

Comment ordonner une liste (4) Ordre alphabétique avec priorité absolue aux femmes.

Alors que la plupart des listes voulant introduire une discrimination positive choisissent d'alterner les genres, une liste au moins donne la priorité absolue aux femmes:

Liste N° 24 JUNGSOZIALIST*INNEN OBERWALLIS (JUSO)
HEINZMANN Sarah, Studentin, Visperterminen
ISENI Anita, Sozialarbeiterin FH, Visp
KRÄUCHI Simon, Student, Brig
WERLEN Sandro, Gebäudetechnik Planer, Agarn

Il est juste difficile de savoir, s'il s'agit d'une volonté explicite ou simplement d'un effet de l'application d'un ordre alphabétique strict.

De la même manière, une liste donne la priorité absolue aux femmes quant à l'ordre, mais n'en comporte aucune.

Liste N° 10 JEUNESSE SOCIALISTE SIERRE RÉGION
BARRAS Benoît, Etudiant, Chermignon
ROBYR Fabien, Etudiant, Sierre
VETTER Yann, Etudiant, Sierre

Ont appliqué le même principe la liste  No 3 des C-PARTEIEN JUNGE CHRISTLICHSOZIALE VOLKSPARTEI OBERWALLIS (JCSPO)

La même stratégie pour la liste No 15 UDC JEUNES DU VALAIS CENTRAL qui ne comporte d'ailleurs que des hommes et la liste No 16 UDC JEUNES DU BAS-VALAIS, la liste No 19 SCHWEIZERISCHE VOLKSPARTEI OBERWALLIS (SVPO) - FRAUEN qui ne comporte que des dames, stratégie remarquable, la liste No 22 C-PARTEIEN JUNGE CVPO,

31 juillet 2019

Egalité hommes-femmes et monde professionnel

Depuis quelques semaines, un mouvement initié par les Femmes Socialistes Suisse a été lancé « On ne se taira plus ! » La toile est inondée de photos où l’on s’offusque de la représentation féminine dans le monde professionnel. Du coup, après la grève des femmes du 14 juin, j’ai voulu mettre en avant la réalité de l’emploi à temps partiel pour les femmes et les hommes, ainsi que la place réservée aux femmes dans les postes à responsabilités en Suisse.

L’égalité hommes-femmes dans la vie professionnelle fait partie des droits fondamentaux garantis par la Constitution helvétique depuis 1981. Dans ce domaine, j’y vois deux inégalités marquantes qui doivent impérativement être gommée par les milieux économiques et politiques de notre pays.

La première inégalité concerne le taux d’occupation, c’est-à-dire le temps partiel accordé aux employés !
Selon les chiffres de l’OFS, 59% des femmes travaillent à temps partiel contre 17,6% des hommes. Cela s’explique, toujours et encore, par le modèle traditionnel qui prédomine dans notre société, soit que la femme s’occupe de la famille et que l’homme ramène de l’argent pour faire vivre celle-ci.


Les échanges que j’ai dans mon entourage montrent la difficulté pour les employeurs, selon le domaine professionnel, d’accéder à la demande faite par les hommes de travailler à temps partiel afin de pouvoir également s’occuper de leur famille. Nombreux sont ceux qui se voient refuser de telles demandes, voir qui n’osent pas faire la demande, de peur d’être mal vus.
Il me paraît plus que nécessaire d’inciter les hommes à oser faire ce pas et d’inciter les milieux économiques à changer leurs normes d’employabilité et d’aménagement du temps de travail !

La deuxième inégalité concerne la situation professionnelle des employés dans le monde du travail. 

Selon les chiffres de l’OFS, 20.7% de femmes salariées occupent un poste à responsabilité au niveau Suisse contre 31.8% d’hommes. Une des principales causes est lié à la maternité qui stoppe régulièrement la carrière d’une femme, en lien avec notre modèle traditionnel de la famille et la difficulté pour celles-ci de mener de front une vie de famille et une vie professionnelle.


Les postes à responsabilités sont régulièrement synonymes de haut pourcentage, peu compatibles avec une répartition équitable des tâches domestiques et éducatives.
Par ailleurs, les femmes peuvent parfois ne pas oser mettre en avant leurs compétences sur des postes clés par crainte de ne pas être à la hauteur. Cela se reflète dans de nombreux domaines, tel que la politique par exemple. Dès lors, il me paraît important de pousser les femmes à oser postuler pour des postes à responsabilités et d’assumer vouloir allier carrière professionnelle et vie de famille.
Cela devra également passer par un ensemble de mesures facilitant la conciliation vie privée et vie professionnelle. Mon engagement en faveur de l’égalité homme-femme dans le monde professionnel vise à réduire les écarts liés au taux d’occupation et à la situation professionnelle des employés en Suisse.

Pour ce faire, je souhaite :
• Une amélioration de l’offre de structures d’accueil de l’enfance ;
• Une répartition équitable du « travail du Care » ;
• Mettre en place un vrai congé parental, réparti entre les deux parents ;
• Une valorisation du temps partiel dans le monde professionnel avec la mise en place de partage de poste, jobsharing ou offre de télétravail ;
• Un mentoring pour les femmes au sein des entreprises afin de les valoriser en tant que professionnelles compétentes.

Pour toutes ces raisons, j'ai fait grève le 14 juin 2019 car je souhaite un monde professionnel égalitaire et progressiste, des femmes aux postes importants dans nos administrations et entreprises et des hommes qui puissent enfin s’occuper de leurs enfants.

Anne-Laure Secco
Candidate du Parti Socialiste du Valais au Romand au Conseil national

15 juin 2019

Grève des femmes

Ce vendredi la couleur de l’espoir sera violette. Une déferlante mauve envahira les villes de toute la Suisse réclamant, comme le 14 juin 1991, plus de justice. Parce qu’en 18 ans, peu de choses ont finalement changé. Les femmes sont toujours payées moins que les hommes sans aucune raison valable. Le travail domestique n’est toujours pas reconnu comme étant un travail, dévalorisant ainsi les métiers du care qui sont parmi les plus mal payés de la société et généralement effectués par des femmes. Être une femme en 2019, c’est s’entendre dire, encore, que l’on n’a pas sa place dans les hautes écoles, qu’une femme est trop émotive pour diriger, qu’elle est trop faible pour se défendre, qu’elle n’aurait pas été violée si elle s’habillait mieux. En effet, les violences faites aux femmes sont souvent passées sous silence, le viol est rarement puni, le harcèlement même pas reconnu. Être maltraité par son compagnon, c’est souffrir de violences domestiques, comme si l’adjectif enlevait finalement son sens au mot violences, qui domestiques ou non sont pourtant les mêmes et en même temps clairement différenciées. Et pourtant, ce sont les femmes qui réfléchissent au meilleur moyen d’éviter des ennuis qu’elles n’ont même pas cherchés. Il est nécessaire de s’habiller convenablement pour ne pas échauffer les esprits. Il faut remercier les hommes qui pourraient les complimenter, pour éviter le risque d’être ensuite insultées. Il faut aussi payer très cher le fait d’être une femme. Pour un même rasoir bleu ou rose, la différence de prix est exorbitante. Comment ne pas s’indigner lorsque de nombreuses femmes n’ont même pas les moyens de se payer des protections hygiéniques, parce qu’elles sont hors de prix ! Être une femme, c’est être gentille et belle, ne pas taper, ne pas mal parler, devenir une victime, une proie intrinsèque à la violence de certains hommes. Être une femme c’est regarder les listes politiques comme celle des jeunes UDC Valais et ne voir aucune femme. Bien que les listes recherchent activement des femmes, elles ne sont souvent que prétextes pour la remplir et soutenir les candidatures masculines.

Mais vendredi, ces femmes, toutes, qui ont connu des violences physiques ou verbales, qui ont été violées, frappées, harcelées, insultées, qui ont eu peur ou qui ont fait preuve de courage, sortiront dans la rue. Elles iront crier leur mécontentement, leur rage face à un système patriarcal trop sclérosé pour les entendre jusque-là. Elles iront occuper l’espace public, se légitimer par le nombre et réclamer l’égalité des droits et des chances pour le 50% de la population qu’elles représenteront. Elles demanderont un monde un plus juste, plus humain, plus droit. Elles seront à Lausanne, Genève, Fribourg, Berne, Neuchâtel et à Sion. Alors mesdames, sortons ce vendredi, partout. Faisons entendre notre voix.

Jasmine Lovey

11 avril 2019

L’inégalité se (dé)construit

Cet article est paru à l'origine dans le Peuple Valaisan.

Pourquoi le féminisme, mouvement qui prône l’égalité entre hommes et femmes, sonne aujourd’hui parfois comme un terme péjoratif et se trouve même utilisé comme une insulte ou un terme dénigrant ? Il a malheureusement perdu de son sens originel dans la bouche de certaines personnes, qui craignent peut-être de perdre leur statut et leurs droits, ou le voient comme une prise de pouvoir de la part des femmes, voire comme une volonté de rabaisser les hommes.

Le militantisme et la promotion des droits de chacun·e·s semblent malgré tout être un passage obligé, si l’on se réfère à certains faits historiques. Il nous paraîtrait aujourd’hui impensable de ne pas bénéficier des droits à l’éducation, au travail, au vote des femmes, à la contraception ou à l’avortement. Pourtant, la plupart d’entre eux n’ont été que difficilement et tardivement gagnés, en grande partie grâce à l’influence et à l’énergie du féminisme.

De nouvelles conquêtes cruciales restent encore à venir, mais les croyances associées aux genres sont aujourd’hui tellement ancrées dans notre manière de vivre que l’on peine à en repérer et en comprendre les dysfonctionnements. Nous sommes tou·te·s inconsciemment « formaté·e·s » dès notre plus jeune âge à développer certaines facultés, certains intérêts, à suivre un chemin quasiment déterminé par notre genre.

Même en tentant de sortir de ces carcans on découvre, désabusé·e·s, qu’une femme astronaute doit renoncer à sa mission parce qu’une agence aussi prestigieuse que la NASA ne peut pas lui fournir de combinaison « à sa taille ». Ce constat, presque risible, nous rappelle le manque d’anticipation et de considération accordé au fait qu’une femme puisse accéder à certains statuts et privilèges au sein de sa carrière. Anne McClain se retrouve ainsi limitée, pour la mission d’une vie, au cliché de la femme et de sa garde robe. Ce genre d’exemple, anodin pour certain·e·s, démontre le fonctionnement insidieux de notre société actuelle, qui n’est pas encore égalitaire.

À nos yeux, la quête d’égalité va (et se doit d’aller) dans les deux sens. Les acquis des un·e·s seront aussi ceux des autres. Ils participent au rééquilibrage des genres, au partage des responsabilités. Le congé paternité ou la reconnaissance d’un travail à temps partiel chez les hommes sont autant d’opportunités pour faire entendre leurs droits à exercer leurs responsabilités familiales, sans que cela n’empiète sur leur activité professionnelle. Visons des acquis communs, une entraide, plutôt que de la crainte et des bâtons dans les roues.

Les soeurs Léa et Fanny Vaudan

7 avril 2019

2019, une année charnière pour les femmes?

Entre Viola Amherd, qui espère que l’année 2019 soit une année féministe, et la superbe photo politique du Chablais où l’on peut voir une jolie brochette de messieurs n’entourer qu’une seule femme, on ne sait pas trop finalement si les femmes pourront effectivement s’imposer en 2019. La préparation de la grève des femmes de juin 2019 bat son plein, les femmes se mobilisent en masse pour réclamer l’égalité des droits, pour espérer un salaire égal à ceux de leurs collègues masculins. Le Valais semble également pris dans cet élan avec la création d’un collectif de femmes valaisannes partisanes de la grève. On voit proliférer les soutiens en vue de cette grève qui a même été autorisée par le gouvernement valaisan.



Pourtant, si un vent de renouveau souffle sur le Valais en matière d’égalité des sexes, on peut toujours remercier la droite et les partisans d’un libéralisme s’autorégulant pour nous rappeler qu’au fond la mobilisation politique des femmes n’est pas le problème de ces hommes. Plus précisément, il s’agit de pointer du doigt le PLR de la région de Monthey qui organise son souper annuel de soutien. Jusqu’ici rien de très alarmant, sauf que, lorsqu’il lit l’annonce de cet événement, le lecteur est frappé par un mot qui figure distinctement sur l’affiche promotionnelle : « danseuses ». En effet, les femmes qui étaient présentes à ce souper étaient, pour certaines d’entre elles, des danseuses embauchées sur le thème du Moulin rouge et de tout son univers érotisant tournant autour de l’objectification du corps de la femme. Le thème du moulin rouge choisi par le PLR de la région de Monthey pour son souper de soutien n’interroge pas la place de la femme au sein de la politique valaisanne. Loin d'être promue pour ses compétences en matière de politique, elle n'est sollicitée que pour son corps et le désir qu’il peut provoquer. Cette année, le PLR de la région de Monthey a ainsi récolté des fonds notamment grâce à la marchandisation du corps de la femme.

Alors, 2019 sera-t-elle vraiment l’année de la femme, une année féministe, une année de grande mobilisation ? Je veux bien le croire et je participerai même à ce mouvement dans l’espoir de vivre un jour dans un monde plus juste. Mais je crois aussi que ce combat ne peut pas être mené sans considération de la part de la classe bourgeoisede la politique. Le PLR par son souper de soutien se place à contre-courant parfait vis-à-vis des revendications des femmes de ce canton et de ce pays. À quand la fin de l’utilisation du corps des femmes pour attirer l’argent de certains messieurs ? A quand la juste considération des femmes dans notre société actuelle ? A quand la légitimité pour ces dernières ?

Tiffany Premand et Jasmine Lovey

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