Cette
modification législative suscite des questionnements complexes liés aux enjeux
sociaux et environnementaux de notre canton. Le premier axe de l'agenda 2030 du
canton du Valais insiste sur la nécessité de promouvoir des modes de
consommation et de production responsables, visant la préservation durable des
ressources et des modes de production éthiques.
Or, cette
proposition de modification, comme taillée sur mesure pour le secteur de la
grande distribution, ne semble avoir que pour seul objectif d’encourager la
surconsommation et de détériorer les conditions de travail des employé.e.s déjà
confronté.e.s. à de nombreux défis pour concilier vies professionnelle et
privée.
Dans un
contexte où notre canton, en tant que région de montagne aux capacités de
production limitées, dépend fortement des importations pour son
approvisionnement, il est primordial de réduire les impacts environnementaux et
sociaux négatifs de notre consommation. La modification de la LOM favorise une
approche axée sur la grande distribution, qui réalise déjà des marges
importantes aux dépens des producteurs régionaux sur lesquelles plus personne ne
semble avoir prise. Cette modification risque d'accentuer davantage les
inégalités, d'accroître les revenus des grands groupes de l’agroalimentaire et
d'aggraver les écarts sociétaux, en détériorant les conditions commerciales des
magasins de proximité. Les produits locaux et les circuits courts, pourtant
essentiels pour diminuer notre dépendance aux importations, risquent d'être
encore plus marginalisés.

Les
objectifs stratégiques de l'agenda 2030 du canton du Valais soulignent
l'importance de renforcer la responsabilité environnementale et sociale des
entreprises, tout en reconnaissant les défis inhérents à la mise en œuvre de
tels changements. La révision de la LOM semble de ce fait générer des tensions
entre les intérêts à court terme de certains acteurs de la grande distribution et
le bien-être collectif.
Il est
essentiel de rappeler que notre société doit s'orienter vers une économie
circulaire, soutenant l'écoconception, limitant la production de déchets et
favorisant le recyclage. La modification de la LOM devrait être envisagée dans
le cadre d'une approche équilibrée, prenant en compte les enjeux sociaux et
environnementaux, plutôt que de contribuer à une approche consumériste qui
compromet notre environnement et va à l'encontre des principes de durabilité.
En
conclusion, Entremont Autrement, de consort avec toutes les parties prenantes
invite la population à rejeter cette proposition de révision de la LOM. La
préservation de nos ressources, la promotion des produits locaux et la
réduction de notre impact sur l'environnement doivent guider nos décisions,
tout en cherchant un équilibre qui ne sacrifie pas le bien-être collectif aux
intérêts d’une élite sociétale.
Maxime Collombin
Député au Grand Conseil et membre du comité d'EA