4 septembre 2024
Réforme de la LPP, pourquoi voter non ?
19 août 2024
Votations fédérales du 22 septembre - Entremont Autrement prend position
Comme d'accoutumée, nous vous proposons un aperçu du vote d'Entremont Autrement aux prochaines votations fédérales, si notre mouvement était un citoyen ou une citoyenne lambda.
OUI à l'initiative "Oui à la biodiversité"
Les membres consulté.es se sont tous.tes prononcé.es en faveur de cette initiative moins deux abstentions. Alors qu'un tiers des espèces animales et végétales a disparu ou est en voie de disparition en Suisse, il est plus qu'urgent de mettre en place des mesure pour préserver la biodiversité. Loin d'être un sujet marginal, la sauvegarde de notre faune et flore est vitale et nécessaire pour que la Suisse reste un lieu habitable. De même l'agriculture de nos montagnes dépend beaucoup du microcosme dans lequel elle s'inscrit. La disparition d'insectes pollinisateurs menace directement notre mode de production et donc d'alimentation. De plus, cette initiative se veut incitative et non coercitive. Elle propose des financements supplémentaires pour la sauvegarde de la biodiversité sans imposer de normes nouvelles au secteur agricole. Entremont Autrement souhaite préserver un maximum notre biodiversité et soutenir l'agriculture locale.
NON à la réforme de la LPP
La réforme de la LPP telle que soumise au vote le 22 septembre prochain, ne convainc aucun.e membre sondé.e au sein d'Entremont Autrement. Cette réforme de la LPP ne pallie pas aux problèmes les plus importants que rencontrent la LPP. Au contraire, elle péjore d'avantage les affilié.es au deuxième pilier puisque ces dernier.ères cotiseront plus, mais pas pour une rente plus grande. Pire, cette dernière n'est pas renchérie et les retraité.es qui subissent l'inflation de plein fouet comme le reste de la population ne verront pas leur situation s'améliorer.
Cette réforme ne répond pas non plus aux promesses faites aux femmes au moment d'augmenter leur âge de départ à la retraite: les interruptions de carrière liées à la famille (naissance, enfants, prendre soin des personnes âgées) ne sont pas prises en compte et les femmes qui cumulent plusieurs emplois comme les mamans de jour ou les femmes de ménage ne seront pas affiliées forcément à une caisse de pension. Il reste à ajouter à cela les erreurs de calcul de la Confédération concernant le financement de l'AVS qui se trouve dans une situation bien moins catastrophique que prévue et qui ne justifiait donc pas forcément une augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Face à une réforme qui ne répond pas aux problèmes que connaissent aujourd'hui et demain les affilié.es au deuxième pilier, Entremont Autrement vote non.
Entremont Autrement
3 mars 2024
Taux de participation record, mais pas de nouvelle constitution pour le Valais
19 janvier 2024
Votations de mars : les membres du mouvement se prononcent !
Si Entremont Autrement était un citoyen suisse lambda, il se prononcerait comme suit pour les votations fédérales et cantonales de mars 2024.
13e rente AVS
A une quasi-unanimité, les personnes sondées soutiennent la 13e rente AVS. Alors que l’année passée l’âge de la retraite des femmes est passée de 64 à 65 ans, il semble important d’améliorer également le premier pilier de nos aîné.es. Avec la hausse des prix des loyers, des assurances maladies et de l’électricité pour 2024, il devient urgent de soutenir les retraité.es dont les pensions n’ont pas suivi la même augmentation. Assurer le financement de l’AVS est une chose, permettre à ses bénéficiaires de vivre dignement doit aussi être une priorité. De plus cette hausse améliorerait significativement la situation des femmes retraitées, dont les deuxième et troisième piliers sont beaucoup plus bas que ceux des hommes. Cette inégalité les impacte durement. C’est donc un grand OUI pour la 13e rente AVS.
Retraite à 66 ans
De nouveau, une écrasante majorité des sondé.es s’est exprimée en défaveur de cette initiative des JLR. Alors qu’AVS 21 vient juste d’être acceptée (et dans la douleur), le financement de l’AVS devrait être garanti pour les prochaines années. De plus, cette mesure impacterait particulièrement les métiers les moins rémunérés et créerait des inégalités sociales importantes. Certaines personnes ne peuvent prendre leur retraite anticipée pour des raisons financières, tandis que d’autres dont le revenu est plus confortable pourront toujours se le permettre. Il faut encore ajouter que de nombreux métiers sont particulièrement pénibles et travailler une année de plus représente un réel danger parfois. C’est donc un grand NON à cette initiative.
Nouvelle constitution valaisanne
Les membres consultés s’expriment à une majorité quasi absolue en faveur des deux variantes, et particulièrement de la première (celle avec le droit de vote des étrangers au niveau communal) qui est la plus plébiscitée en priorité. La Constitution valaisanne a besoin d’être rajeunie et de poser les bases d’une législation tournée vers l’avenir et prête à relever les défis de demain. Le nouveau découpage électoral, ainsi que les réformes de la justice semblent convaincre largement et le coût de la mise en œuvre apparait comme un investissement nécessaire. Entremont Autrement soutient depuis ses débuts le projet d’une constituante et continue de le faire en appelant à voter pour la première variante d’un texte fondamental pour notre canton.
Nous en profitons également pour vous annoncer la tenue d’un débat coorganisé avec EA, le PLR Entremont, le Centre Entremont et l’UDC Entremont à Orsières le 1er février 2024 à 19h à l’aula de l’école primaire de la Proz. Nous nous réjouissons de vous y voir nombreux !
Ouverture des magasins
A une unanimité complète, les sondé.es s’expriment en défaveur de la prolongation des heures d’ouverture des magasins. Entremont Autrement avait fait campagne pendant le référendum en collectant des signatures et nous avons déjà souligné en conférence de presse, que vous retrouvez ici, le fait que cette loi semble taillée sur mesure pour les grandes surfaces et pousse donc à la surconsommation. Les travailleurs et travailleuses du commerce de détail ont droit à des horaires de travail justes et équitables qui leur permettent d’avoir une vie familiale sans plus de contrainte (horaire de crèche, travail le week end, etc…). Les magasins, nous l’avons vu pendant le COVID, font partie des commerces de première nécessité et il est nécessaire de préserver la santé des travailleurs et travailleuses de ce secteur.
A noter encore qu'Orsières vote au début février sur le passage de 11 conseillers communaux à 7. Vous pouvez trouver ici l'avis de notre section locale qui replace le débat de cette diminution dans un contexte plus large.
A vos bulletins!
20 août 2022
Prise de position concernant les votations fédérales de septembre 2022
Entremont Autrement a terminé sa consultation en vue des prochaines votations et il en ressort une assez nette majorité sur les quatre objets soumis au vote.
Les membres consultés se déclarent à une quasi-unanimité en faveur du texte d’initiative. Le sort des animaux élevés industriellement est considéré comme particulièrement cruel et peu respectueux de leur bien-être. S’opposer à l’élevage intensif, c’est soutenir une agriculture plus responsable, mais aussi plus traditionnelle, chère à la population suisse et à l’image de l’élevage en Suisse.
2. Hausse de la TVA pour financer l’AVS
Entremont Autrement s’oppose avec une majorité claire à cette mesure. En cette période incertaine d’inflation et de crise énergétique, augmenter la TVA revient à prendre à la gorge les petits ménages en difficulté. Ainsi bien que la mesure soit présentée comme égalitaire, elle n’est pas équitable en fonction du revenu et ne satisfait pas notre mouvement.
3. Hausse de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans
De nouveau, la majorité des sondés s’oppose à une hausse de l’âge de la retraite pour les femmes. Le fait que ces dernières soient déjà les plus précaires à la retraite semble avoir été un argument important. Une réforme qui a pour mesure phare de faire reposer le financement sur 10 ans de la retraite sur les femmes ne convainc pas, alors même que de nombreux secteurs de la vie familiale et professionnelle laissent encore subsister de nombreuses inégalités : salaire moindre, charge familiale plus grande, temps partiel, etc…
4. Modification de la loi fédérale sur l’impôt anticipé
Entremont Autrement se prononce à une très large majorité contre cette modification. Concernant principalement les classes aisées, l’impôt anticipé est une rentrée d’argent importante pour la Confédération. Le supprimer reviendrait à mettre en péril les finances fédérales et fait risquer une hausse des impôts pour les particuliers ou les PME.
8 octobre 2017
Prévoyance 2020, fausse bonne ou vraie mauvaise idée?
Le 24 septembre dernier, le peuple suisse refusait la réforme de la prévoyance vieillesse 2020. Cette décision, plonge maintenant le pays dans une incertitude quelque peu inquiétante, car cette réforme, malgré les imperfections qui la caractérisaient, avait pour objectif de garantir le financement de notre système de retraites ces prochaines années, ainsi que de maintenir le niveau des rentes.Le peuple suisse en a décidé autrement. Et maintenant?
Il y a urgence, le temps nous est compté. Les détracteurs de cette réforme n’ont pas plus de solution que ses défenseurs, et c’est bien dommage, car nous devons trouver une solution pour nous assurer une belle fin de vie, et assurer une belle fin de vie à la génération suivante.
Il est évident que, suite à ce refus de réforme, nos représentants à Berne doivent proposer des idées qui puissent convaincre le peuple suisse. Un des premiers à faire entendre sa voix du côté de la capitale n’est autre que notre conseiller national valaisan Jean-Luc Addor. Notre représentant vient de déposer une interpellation demandant au Conseil fédéral d’évaluer le potentiel d’économies pour l’AVS et l’AI si les rentes versées à l’étranger étaient adaptées au coût de la vie sur place (Le Matin du 30.09.2017).
Si je comprends bien la réflexion de M. Addor, on priverait d’une partie de leur rente des gens qui ont travaillé toute leur vie, souvent dans des emplois pénibles et peu rémunérés, des gens qui pour une grande partie se voient presque contraints à l’exil afin de s’offrir une meilleure retraite, le coût de la vie en Suisse ne leur permettant pas de profiter pleinement de leurs dernières années de vie. Si je poursuis dans ce sens, ces gens n’auraient donc plus la liberté de disposer de cet argent qui leur revient de droit, car si on adapte leur rente au coût de la vie du pays qu’ils ont choisi pour y vivre leur retraite, ils ne pourront plus s’y installer, leurs revenus devenant alors insuffisants même dans un pays dont le coût de la vie est moins élevé qu’en Suisse.
J’ose espérer que ce genre d’idées ne sera pas trop pris au sérieux du côté de Berne car je considère que c’est une atteinte à la liberté individuelle de chacun, de ne pas pouvoir disposer librement de l’argent qui lui revient de droit, après une vie de labeur.
12 septembre 2017
Pourquoi Entremont Autrement se trompe
Ce que j'apprécie tout particulièrement dans le mouvement Entremont Autrement c'est qu'on y garde toute sa liberté d'expression, y compris lorsque l'on n'est pas d'accord avec ses positions officielles. Je sors donc aujourd'hui d'une certaine réserve pour exprimer l'incompréhension que suscite chez moi le NON de mes camarades à la réforme de la prévoyance vieillesse 2020, en démontant un certain nombre d'arguments que j'estime fallacieux."Le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans est inacceptable"
Et pourquoi donc?
Je ne peux pas concevoir que des gens qui réclament à longueur d'années une vraie égalité hommes-femmes, la refuse quand celle-ci peut se concrétiser. L'égalité exige que l'on fasse tomber les régimes spéciaux qui distinguent encore, au niveau des retraites, les hommes et les femmes. Toute égalité comporte des avantages et des inconvénients, ici il s'agit malheureusement d'un inconvénient. Il n'y a aucun argument rationnel pour refuser cette juste correction.
Le fait que l'égalité salariale ne soit pas encore pleinement réalisée - bien que légalement déjà existante - ne peut pas servir d'argument pour refuser une adaptation de l'âge de la retraite des femmes. On ne justifie pas une inégalité au moyen d'une autre inégalité. Imaginez que l'on retourne l'argument dans l'autre sens: "nous n'avons pas besoin d'égalité salariale, car les femmes partent déjà à la retraite une année plus tôt". L'ineptie de cet argument digne de la cour d'école saute aux yeux.
Il convient de lutter efficacement contre les disparités salariales entre les hommes et les femmes, mais cela est un autre sujet, qui n'a rien à voir avec la présente réforme.
"Cette réforme n'est pas sociale"
Pourtant 500'000 femmes en profiteront directement: celles qui ne rentrent pas dans les standards de la cotisation LPP. Augmenter l'AVS, même modestement, est un avantage indéniable pour elles.
"Cette réforme n'assure pas la pérennité de l'AVS à long terme"
Effectivement, la réforme PV2020 sur laquelle nous voterons le 24 septembre prochain n'assure pas l'AVS au-delà de 2030. Il faudra une nouvelle réforme des retraites après celle-ci.
Est-ce une raison pour refuser celle qu'on nous propose? Non, bien entendu. Depuis 20 ans, les Suisses ont renvoyé au gouvernement toutes les propositions faites, il est temps aujourd'hui d'avancer dans ce dossier crucial. La réforme proposée n'est pas parfaite, la suivante ne le sera pas non plus. Mais c'est comme cela que l'on avance dans ce pays, au moyen de petits pas qui permettent gentiment de construire un édifice pérenne.
Refuser PV2020, c'est prendre le risque de voir les caisses se vider encore plus vite. Cette réforme offre un bol d'air avant d'engager de nouveaux gros chantiers.
"Nous renégocierons une nouvelle réforme en cas d'échec"
La gauche idéaliste aime à penser que lors des prochaines réformes, elle pourra faire passer ses projets (renforcement du premier pilier, augmentation des rentes, flexibilisation de l'âge du départ à la retraite, etc). Elle oublie cependant bien vite qu'elle est très minoritaire dans ce pays (et cela depuis sa fondation). Plusieurs projets "de gauche" n'ont d'ailleurs pas passé la rampe face au peuple: AVS+, impôt sur les successions.
En cas d'échec de PV2020, la majorité PLR-UDC du Conseil national reviendra - et ils l'ont déjà annoncé - avec une proposition de hausse de l'âge de la retraite à 67 ans. Que ferez-vous alors? Vous lamenterez-vous pour dénoncer ce coup de force inacceptable? Il est absolument illusoire d'imaginer qu'avec de bons sentiments et la fleur au fusil, nous parviendrons à raisonner cette droite bourgeoise-là, pour qui la retraite à 67 ans est le Graal!
"Luttons mieux contre l'évasion fiscale pour compenser les pertes de l'AVS"
Il est évident qu'il faut lutter beaucoup mieux et beaucoup plus volontairement contre l'évasion fiscale. Par contre, on ne finance pas durablement une assurance sociale en récupérant de l'argent dans un tout autre domaine. L'AVS doit être stabilisée par elle-même, en interne d'une certaine manière, c'est le seul moyen d'en assurer la survie à long terme. Alors rêvons, quand les caisses seront vraiment dans le rouge, le peuple acceptera-t-il peut-être plus volontiers des idées qui aujourd'hui n'ont aucune chance.
Chers amis d'Entremont Autrement et d'ailleurs, il s'agit aujourd'hui d'être réalistes. La réforme PV2020 est loin d'être idéale: elle impose une baisse cruelle du taux de conversion du 2e pilier, elle crée une cassure générationnelle entre les cotisants de moins de 45 ans et les autres, elle n'assure pas à long terme notre système de retraites. Par contre, cette réforme est la seule que nous ayons. Elle est le fruit de compromis arrachés difficilement par les élus à Berne. Elle apporte de plus une revalorisation des rentes du premier pilier de 70.-, c'est modeste mais beaucoup pensaient que ce ne serait pas possible.
Je vous invite donc à abandonner un certain dogmatisme et à considérer le problème des retraites dans sa réalité et dans son urgence en votant OUI à cette réforme le 24 septembre.
27 août 2017
Position officielle d'EA au sujet des votations fédérales
Arrêté fédéral du 14 mars 2017 sur la sécurité alimentaire (contre-projet direct à l’initiative populaire «Pour la sécurité alimentaire», retirée)
Le comité d'Entremont Autrement à l'unanimité approuve cet arrêté fédéral. Entremont Autrement a toujours soutenu une agriculture et un commerce centré vers le développement durable et protégeant les consommateurs et les agriculteurs. L'arrêté fédéral est un contre-projet à une initiative portant le même titre et qui a été retirée. Le texte vise à ancrer une agriculture respectueuse de l'environnement, visant un équilibre entre production et protection de l'environnement et des consommateurs, améliorant la transparence et limitant le gaspillage alimentaire.
Arrêté fédéral du 17 mars 2017 sur le financement additionnel de l’AVS par le biais d’un relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée
Loi fédérale du 17 mars 2017 sur la réforme de la prévoyance vieillesse 2020
Le comité d'Entremont Autrement refuse à une grande majorité le paquet de la prévoyance vieillesse, et ce malgré les avantages mis en avant par la majorité de la classe politique suisse (défense du niveau global des rentes, rentes AVS plus élevées, améliorations pour les employés à temps partiels, meilleure protection des travailleurs âgés, etc..).
Le principal argument qui fait pencher la balance est le traitement inéquitable des femmes (âge de la retraite repoussé et faible compensation). Le sentiment que la société demande toujours plus aux femmes, sans pour autant compenser les inégalités de salaire, prédomine. La majorité du comité s'oppose également à la baisse du taux de conversion du deuxième pilier.
23 août 2017
Prévoyance vieillesse 2020 : une entourloupe de plus pour les femmes
Je ne sais pas vous, mes amies, mes sœurs, mes compatriotes, mais moi je voterai non à la Prévoyance vieillesse 2020, par solidarité avec toutes les femmes défavorisées de notre pays.
Le fait que les femmes de gauche soutiennent dans leur grande majorité cette révision de l’AVS me laisse pantoise. A coup sûr, elles n’ont pas turbiné à la chaine dans les abattoirs ou trimé par tous les temps dans les champs de carottes ou dans les vignes. A coup sûr, elles ne sont pas levées tous les matins à 04h00 pour traire les vaches et n’ont pas terminé leur journée à 22h00, après le repassage et le paiement des factures (cette dernière activité leur provoquant très souvent une bonne insomnie). A coup sûr, elles ne se sont pas coltiné 16 heures par jour de travail comme le font les mères de famille nombreuse ou les mères célibataires qui doivent travailler et élever seules leurs enfants. A coup sûr, elles n’ont jamais besogné comme serveuse dans des bistrots pourris 10 heures par jour pour un salaire de misère (en-dessous de Fr. 3'000.- brut parfois). A coup sûr, elles n’ont jamais subi sur leur lieu de travail harcèlements en tout genre, menaces, dénigrement, mépris. A coup sûr, elles ne se sont jamais rendues au travail la boule au ventre. A coup sûr, elles n’ont jamais eu la peur de perdre leur emploi. A coup sûr, elles n’ont jamais collaboré avec des collègues masculins mieux payés qu’elles pour le même travail et, dans le meilleur des cas, le même rendement. Je pourrais continuer, mais bon, vous avez compris le message…Les femmes devront passer à la caisse alors que leur salaire est encore de 18 % inférieur à celui des hommes et qu’elles accomplissent encore à l’heure actuelle bien davantage de travaux non rémunérés que les hommes. La différence salariale pèse 7,7 milliards de francs et se traduit par une différence de Fr. 585.- par mois dans la moyenne du secteur privé. Pour combler cette inégalité salariale, l’âge de la retraite des femmes devrait être de …. 57 ans.
L’argument de Karin Keller-Sutter selon lequel les femmes verront l’effet de leur sacrifice dissipé par l’extension de la rente AVS me paraît également convaincant. Elles apporteront 1,2 milliards à l’AVS mais le bonus de Fr. 70.- coûtera 1,4 milliards de francs. De quoi nous laisser songeuses…Certains argumenteront que les femmes profiteront de ces Fr. 70.-. Et bien non ! Une femme touchant la retraite moyenne devra vivre jusqu’à 94 ans pour compenser l’année perdue. Pour celles qui n’ont que l’AVS (40 %), le bonus sera mangé par la baisse des prestations complémentaires.
Nous, les femmes, devons exiger que tous les moyens soient mis en œuvre pour que l’égalité salariale, inscrite dans la Constitution, soit respectée, avant d’entrer en discussion pour une égalité de l’âge de la retraite.
2 juin 2017
La vieillesse, une richesse pour notre société
Après plus d’une année de travail, la Commission consultative cantonale pour le développement de la politique en faveur de la personne âgée a rendu son rapport au matin du jeudi 1er juin 2017. Les buts de cette Commission étaient de présenter un rapport sur la situation actuelle des personnes en âge AVS (60 et +) encore autonomes et actives ainsi que les mesures à penser en lien avec cette population à l’échelle de notre canton.Dans un premier temps, il est bon de savoir qu’au jour d’aujourd’hui notre chère Constitution ne mentionne nulle part les enjeux du vieillissement. Alors évidemment, en 1907 l’espérance de vie était deux fois moins élevée qu’aujourd’hui. Il est donc plus que nécessaire d’y faire entrer « nos vieilles et nos vieux » au plus vite! Car ne l’oublions pas, quel que soit notre bord politique, s’il y a une chose de certain, c’est que nous vieillissons tous un peu plus chaque jour.
Un autre problème avec la vieillesse, c’est que l’on peut se trouver fragilisé. Le passage à la retraite, la perte de nos amis proches, les enfants qui vivent loin, la santé qui péclote, le sentiment d’être devenu un poids pour la société, … on parle même de population « à risques ». Risques de s’isoler, de perdre le lien, le gout des choses et de cette fameuse autodétermination qui nous permet de décider par nous-mêmes pour nous-mêmes. Pourtant, en valorisant les compétences de chacun et chacune, en promouvant le lien social et intergénérationnel, on augmente considérablement l’espérance et la qualité de vie.
De plus, cessons de regarder la personne âgée seulement sous l’angle de la santé. De manière holistique, on perd alors toutes les dimensions sociales, spirituelles, culturelles et psychologiques. Quel gâchis! La personne âgée n’est pas seulement un corps qui vieillit et qui nécessite des soins, elle reste une personne à part entière qui a des croyances, des rêves, des envies, des idées et une qualité si essentielle à notre monde, elle a du temps à offrir.
Enfin, parlons de cette image culturelle que nous nous faisons de la vieillesse. « Il fait pas bon devenir vieux ». Si on en croit le langage populaire, vieillir n’est qu’une affaire de pertes et de deuils. Alors que seulement 6% des personnes de plus de 65 ans sont aujourd’hui en EMS par manque d’autonomie, le 94% restant vivent encore chez eux, actifs et motivés. Ce que je peux remarquer, c’est que dès lors que l’on prend sa retraite jusqu’à ce qu’un problème de santé majeur nous tombe sur la tête, nous disparaissons de toutes politiques et prises en charge. En pourtant, ce temps représente encore de belles années! Dans notre société, on se borne souvent à voir la vieillesse comme quelque chose de pas franchement glamour. Ose-t-on seulement les toucher ces vieux qui nous côtoient? Alors que pourtant, nos ainés sont nos plus belles ressources! Qui n’a jamais été gardé par un grands-parents ? Chez qui pouvons-nous aller chercher de la salade au jardin ou du fromage à la cave? Qui n’a pas en tête un de ces plus beaux souvenirs avec un grands-parents, un grand-oncle ou une grand-tante? Qui nous ont appris, élevés, aimés, chéris et ainsi participer aussi à qui nous sommes aujourd’hui? Alors oui, les seniors sont une vraie richesse pour tous. Ils possèdent la sagesse, le savoir-faire et ce grain de folie qui revient dans nos dernières années.
On voit donc que, par ce rapport de commission, les choses bougent au niveau cantonal. Quatre grands « chantiers » sont prévus; la réalisation d’enquêtes de terrain ciblées et locales, la mise en place d’un cadre juridique adapté à notre réalité actuelle, l’organisation d’un guichet unique d’information et la promotion des projets citoyens novateurs. S’il est bien de réfléchir à toutes ces questions et de laisser maintenant travailler notre système politique, cette démarche doit aussi nous interpeller à notre échelle et nous motiver à favoriser un climat bienveillant et valorisant face à ces questions du vieillissement. Je pense par exemple à toutes ces personnes expatriées qui vivent dans nos communes, loin de leur famille. Combien de jeunes mamans auraient besoin d’aide avec leurs enfants et vivent tout près d’une dame qui adorerait encore cuisiner d’excellentes tartes aux pommes? Ou encore d’hommes prêts à rendre service pour tondre le gazon ou couper le bois en échange d’une belle amitié autour d’un verre? Ce ne sont que des pistes et libre à la créativité de chacun de penser et oser créer car lorsqu’il y a du lien, nous sommes tous gagnants. Mais quand en plus, il peut inclure plusieurs générations, alors nous possédons une vraie formule gagnante!
1 mars 2017
L’heure de battre en retraite
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| Jonathan Darbellay |
- une augmentation de la TVA,
- une augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans,
- un abaissement de 6.8% à 6 % du taux de conversion du deuxième pilier.
En contrepartie, pour compenser diminution des rentes du 2ème pilier, le Conseil des Etats proposait d’augmenter de 70 francs par mois les nouvelles retraites AVS.
Cependant, le PLR et l’UDC ont fait pencher le vote au Conseil national: ils refusent le compromis du Conseil des Etats et veulent augmenter l’âge de la retraite à 67 ans. Le national a également voulu couper les rentes aux veuves sans enfant à charge, et à supprimer la rente pour enfant de l'AVS, qui complète la rente vieillesse pour les rentiers ayant encore des enfants à charge.
Aujourd’hui, les personnes qui s’approchent de l’âge de la retraite ont souvent de grandes difficultés à trouver un nouvel emploi et la situation se complique chaque année sur le marché du travail. Comment créer tous les emplois nécessaires? Quel impact cette mesure aura sur le chômage? Et supprimer les rentes de veuve, est-ce vraiment le meilleur moyen de pérenniser notre système de prévoyance?
Sur ce coup, le PLR et l’UDC semblent marquer un bel auto-goal en voulant à n’importe quel prix faire passer leurs propositions en refusant le compromis et en faisant passer une solution qui n’a quasiment aucune chance de réussite devant le peuple.
Espérons que, pour le bien de nos retraités, ces partis fassent machine arrière et finissent par accepter une solution qui nous permette d’avancer sur ce dossier si important pour notre pays.
Chères amies et amis de l’AVS
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| Doris Bianchi |
Beaucoup de travailleurs et travailleuses ont à juste titre de gros soucis au sujet de leur retraite. En effet, les taux d’intérêts bas aggravent toujours plus les problèmes des caisses de pension, leurs rentes baissent. Dans le même temps, les cotisations et l’âge réglementaire de la retraite augmentent.
L’AVS a nettement moins de problèmes, mais là aussi les rentes sont mises sous pression. Elles accusent du retard sur le coût de la vie et couvrent une portion toujours plus restreinte du dernier salaire. Depuis peu, l’AVS dépense plus qu’elle n’encaisse. C’est pour cela que le Conseil fédéral voulait même supprimer l’adaptation des rentes à l’évolution des salaires et de l’inflation (indice mixte).
Tout cela frappe durement les femmes en particulier, car leur prévoyance vieillesse est moins bonne que celle des hommes, du fait qu’elles sont désavantagées par le système des caisses de pension. En moyenne, elles ne reçoivent que le tiers des rentes perçues par les hommes, parce que la majeure partie des femmes travaillent à temps partiel et ne peuvent assurer qu’une petite partie de leur salaire.
Les personnes âgées qui sont au chômage ont aussi du souci à se faire pour leur retraite. Car quand on perd son emploi avant la retraite sans en retrouver un, on est actuellement forcé de retirer son avoir de vieillesse sous forme de capital. Les autorités peuvent même les obliger à le faire avant de pouvoir toucher l’aide sociale. C’est absurde et cela provoque de la pauvreté.
Il faut plus d'AVS
Mais, au lieu de prendre au sérieux ces inquiétudes et proposer des solutions, les employeurs et leurs complices au Conseil national (UDC, PLR, Verts libéraux) ont encore aggravé la situation. Le niveau en baisse des rentes ne devrait être compensé qu’en développant fortement un deuxième pilier déjà mal en point. Ce sont justement les bas salaires qui devraient alors cotiser massivement plus. Le Conseil national veut augmenter l’âge de la retraite à 67 ans pour tous, sans tenir compte des difficultés que rencontrent les travailleurs et travailleuses âgés sur le marché du travail. Il veut aussi supprimer les rentes de veuve et pour enfants.
Pour les syndicats, la situation est claire : si l’on veut résoudre les problèmes, il faut des rentes AVS plus élevées. Notre initiative populaire AVSplus, malgré sa défaite dans les urnes, a marqué la révision Prévoyance vieillesse 2020. Le compromis du Conseil des États prévoit pour la première fois en 40 ans une augmentation des nouvelles rentes AVS allant de 840 francs par an pour les personnes vivant seules à 2712 francs par an pour les couples. Cela signifie que les augmentations des rentes AVS sont pour la plupart de l’ordre de 4 à 6 %.
La nouvelle possibilité de rester assuré dans sa caisse de pension lorsque l’on perd son emploi sur le tard ou que l’on prend une retraite anticipée représente également un élément positif. Les personnes qui perdraient leur emploi sur le tard ne seraient plus obligées d’épuiser leur épargne vieillesse. Et les retraites partielles seraient aussi possibles pour les personnes qui ne gagnent pas forcément beaucoup ou qui sont fortunées. Les travailleurs et travailleuses âgés auraient en outre la garantie de conserver leurs acquis dans le 2e pilier.
Pour les femmes, en revanche, le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite est clairement un point négatif. Le Conseil des Etats l’a introduit dans son compromis malgré la forte opposition des syndicats. Mais cette détérioration est contrebalancée par des améliorations des rentes bénéficiant surtout aux femmes qui travaillent à temps partiel. En effet, ces dernières recevront non seulement plus d’AVS, mais aussi une meilleure rente du 2e pilier. Cela se traduira, dans de nombreux cas, par une hausse de bien plus de 10 % de la rente.
Enfin, le Conseil des États propose un financement additionnel de l’AVS à l’aide d’un pourcent supplémentaire de TVA. Ainsi, tant les rentes AVS que l’indice mixte seraient garantis pour plus de 10 ans. Balayée serait aussi la revendication d’augmenter l’âge de la retraite à 67 ans. Puisque les rentes AVS sont plafonnées et réparties de manière relativement égale, les hausses de TVA ont, dans l’AVS, un effet compensatoire pour les revenus.
En résumé :
- L'augmentation de la retraite des femmes à 65 ans est un recul.
- Le compromis du Conseil des Etats brise le tabou sur l’augmentation des rentes vieux de plusieurs décennies est brisé. Cela élargit la marge de manœuvre pour trouver des solutions progressistes ces prochaines années.
- Le travail à temps partiel largement répandu chez les femmes est mieux assuré. Le 2e pilier tient enfin compte de l’évolution des parcours professionnels.
- Le compromis du Conseil des Etats garantit le niveau des rentes, les finances de l’AVS et balaye la retraite à 67 ans jusqu’à 2030 au moins.
- En relevant la TVA et comme la part de l’AVS augmente dans le système des retraites, le financement solidaire de la prévoyance vieillesse augmente aussi.
Il n’y a que le compromis du Conseil des Etats qui soit en mesure de résoudre les problèmes de la prévoyance vieillesse. Ce sera aux délégué(e)s de l’USS de décider le 24 mars si les divers avantages de cette réforme peuvent compenser le recul que représente l’élévation de l’âge de la retraite des femmes.
Cordialement,




