En vue des votations fédérales du 27 septembre prochain, le comité et les élus d’Entremont Autrement ont été consultés sur les deux objets soumis au peuple. Il ne s’agit pas d’une recommandation de vote du mouvement, mais simplement du résultat de ce sondage interne.
Initiative populaire « Sauvegarder la neutralité suisse »
Les personnes sondées rejettent cette initiative à l’unanimité.
Le texte veut ancrer dans la Constitution une neutralité « perpétuelle et armée », interdisant à la Suisse toute alliance militaire ainsi que toute sanction économique ou diplomatique contre un État belligérant, hors obligations envers l’ONU.
Les arguments qui ont convaincu le comité, portés par le Conseil fédéral, le Parlement et une large alliance d’ONG, sont les suivants :
• La neutralité suisse a fait ses preuves depuis plus de 180 ans précisément parce qu’elle reste souple et pragmatique. La figer dans un carcan constitutionnel rigide reviendrait à la dénaturer plutôt qu’à la renforcer.
• L’initiative empêcherait la Suisse de reprendre des sanctions internationales, comme elle l’a fait contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine, ce qui l’isolerait de ses partenaires et affaiblirait sa crédibilité diplomatique.
• Une neutralité trop rigide restreindrait la marge de manœuvre de la politique étrangère suisse pour réagir aux défis du moment, sans pour autant garantir davantage de paix ou de sécurité.
Initiative populaire « Pour une alimentation sûre »
Le résultat des personnes sondées est partagé.
Le texte demande de faire passer le taux d’auto-approvisionnement alimentaire de la Suisse de 46% à au moins 70% en dix ans, en encourageant une production davantage tournée vers les denrées végétales, en protégeant les ressources en eau potable et en promouvant une agriculture durable.
Les arguments avancés par le camp du oui, qui recueillent l’adhésion du comité, sont les suivants :
• L’agriculture suisse n’est aujourd’hui pas calibrée pour nourrir la population en cas de crise majeure (conflit, pandémie, rupture des importations) ; renforcer l’auto-approvisionnement est une question de sécurité nationale.
• La protection des eaux souterraines reste insuffisante face aux pressions de l’agriculture intensive.
• Dans un contexte d’instabilité géopolitique et de changement climatique croissants, réduire notre dépendance aux importations alimentaires est un choix de prudence plutôt qu’un pari idéologique.
Si l’existence de ce problème fait consensus au sein du comité, de nombreux membres estiment en revanche que l’initiative veut aller trop vite, rejoignant ainsi l’un des principaux arguments du camp du non (Conseil fédéral, Parlement, Union suisse des paysans), qui juge les objectifs irréalistes à atteindre en dix ans et redoute une intervention étatique massive dans la production et les habitudes alimentaires, avec des coûts élevés à la clé.


