28 mai 2020

Entremont Autrement contre la réforme fiscale avec toute la gauche plus plus valaisanne

Les partis de gauche et l’Union syndicale valaisanne refusent les baisses fiscales prévues pour les entreprises. Le référendum est lancé. Lundi 1er juin, la récolte des signatures contre la révision de la loi fiscale valaisanne va démarrer. Toute la gauche est unie pour combattre un texte adopté au Grand Conseil en mars dernier. Parti socialiste, Verts, Centre gauche PCS, Entremont Autrement, Gauche alternative, POP et l’Union syndicale ont présenté ensemble leurs arguments lors d’une conférence de presse virtuelle jeudi. La réforme concerne essentiellement les entreprises. Jusqu’à maintenant, l’impôt sur le bénéfice qui les frappe se situe à 12,6% pour les sociétés dont le bénéfice ne dépasse pas 150 000 francs et 21,6% pour les autres. Il va désormais passer à 11,9% pour les sociétés avec un bénéfice de 250 000 francs ou moins et 17% pour les autres. Des compensations sociales sont prévues pour 38 millions.

A lire dans le Nouvelliste. 





NF 29 mai 2020

Ainsi contrairement au trend qui veut la gauche électorale se scinde en chapelle (lire ici même "Les aventures de la gauche moins moins", lorsqu'il s'agit d'engager la lutte, la gauche plurielle valaisanne se montre capable de s'unir. Ici le front est vaste: Parti Socialiste, Les Verts, Centre Gauche-PCS, Entremont Autrement, Parti ouvrier populaire, Gauche Alternative s'allient à l'Union Syndicale pour combattre la loi votée par le grand conseil.
L'archiviste

27 mai 2020

La DDC ambitionne de subventionner des multinationales à hauteur de plusieurs centaines de millions de francs, et ce, dans l’intransparence totale.

Mais qu’est-ce que la DDC ?
La Direction du développement et de la coopération (DDC) est l’organe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) responsable des activités de Coopération internationale de la Suisse. Lui incombent la coordination de la coopération au développement et de la coopération avec l'Europe de l’Est avec d’autres offices de la Confédération, ainsi que l’Aide humanitaire de la Suisse.

Un monde sans pauvreté et en paix pour un développement durable: tel est l’objectif de la coopération internationale de la Suisse, laquelle fait partie intégrante de la politique étrangère du Conseil fédéral. Elle promeut l'accession à l'autonomie économique et politique des États, contribue à améliorer les conditions de production et aide à gérer les problèmes environnementaux ainsi qu’à améliorer l’accès à la formation et aux soins médicaux de base.
https://www.eda.admin.ch/deza/fr/home/ddc/portrait.html

De quels subventionnements de multinationales s’agit-il ?
Ce n’est un secret pour personne : la Direction du développement et de la coopération mise de plus en plus sur la collaboration avec le secteur privé. Mais pour la première fois, des documents internes de la DDC montrent qu’un montant annuel de 400 à 600 millions de francs, financé par le contribuable, pourrait à l’avenir être investi dans des partenariats public-privé.

La privatisation : un produit phare d’exportation suisse

La stratégie défendue par le chef du DFAE Ignazio Cassis interpelle, non seulement en raison des millions (d’argent public) en jeu, mais aussi et surtout par la question politique qu’elle souligne : quel type de développement la Suisse veut-elle encourager, et quel modèle de coopération défend-elle sur le plan international ? Selon la DDC, le secteur privé suisse détient une expertise particulière dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de l’alimentation et de la santé. Un exemple de projet issu du secteur « dialogue politique » illustre bien ce qu’elle entend par là : la DDC investit 5,6 millions de francs sur trois ans pour promouvoir le « Water Stewardship 2030 ». Les quatre illustres partenaires de la DDC pour ce projet sont :
Le « Water Ressources Group 2030 », qui associe Nestlé, Pepsico et Coca Cola et qui déclare lui-même son intention de combler le fossé entre l’offre et la demande d’eau au niveau mondial (tout tourne ici autour du mot « bouteille »).
L’« Alliance for Water Stewardship », un label à la réputation fort douteuse, comme l’a récemment révélé en Suisse alémanique le Beobachter.
La « WEF Water initiative », qui fait partie de l’offensive de Klaus Schwab pour privatiser le secteur des biens publics.
Le « CEO Water Mandate » qui, en 2010 déjà, avait reçu le « Public Eye Greenwash Award » du label social ou écologique le moins crédible.

Avec quelle transparence ces multinationales sont-elles subventionnées ?
Un discours honnête plutôt que du ripolinage politique !
La direction de la DDC est bien consciente du caractère explosif de sa proximité avec le secteur privé, comme en témoigne un procès-verbal de septembre 2019. On y lit que la « communication politique est essentielle », et qu’il faut faire clairement passer le message que l’objectif est « une meilleure mise en œuvre de l’Agenda 2030 de l’ONU (…) et non le financement d’entreprises suisses ou multinationales ». Une communication transparente, basée sur des faits, vaudrait mieux que de telles manœuvres de diversion.
La direction de la DDC devrait indiquer concrètement à quels projets des multinationales ont participé au cours des dix dernières années, et de quelle manière : ce ne serait que le strict minimum. 

Sans oublier d’inclure les coopérations par le biais de fondations indépendantes, les contributions fournies, qu’elles soient financières ou non (les heures de travail, par exemple), ainsi que les résultats obtenus. La DDC n’a pour l’heure pas donné d’indications sur ces points. Le Parlement devra donc, ces prochains jours, se prononcer à l’aveugle sur le message le plus important de la DDC depuis des années.
https://www.publiceye.ch/fr/des-subventions-de-la-ddc-pour-les-multinationales

Et
Entremont Autrement s’engage depuis sa création pour une meilleure transparence en politique. Certaines affaires communales au sein de notre district démontrent à l’envi que le manque de transparence aboutit quasi inévitablement à des injustices de traitement entre citoyens ou à une mauvaise gérance des affaires et biens publics. Il en est de même au niveau cantonal dans divers dossiers. Pour ce qui est de ces subventionnements fédéraux (au travers du budget de la DDC) à des multinationales, le manque de transparence affiché jusqu’ici ne laisse rien présager de bon et pose de nombreuses questions sur notre démocratie.
L’objectif de la DDC est un monde sans pauvreté et en paix pour un développement durable. Qui peut croire un instant que des sociétés comme Nestlé, Pespico et Coca Cola ont comme but stratégique un monde sans pauvreté et le développement durable ? Comment peut-on penser qu’en subventionant Nestlé pour développer la distribution d’eau dans une région, les citoyens de cette région ne verront pas exploser le coût de leur accès à cette eau et que la gestion durable des réserves d’eau de cette région sera l’une des priorités de cette multinationale ? Les différents liens ci-dessous tendent à démontrer que pour ce qui est de cette multinationale ayant son siège dans notre pays, la lutte contre la pauvreté et le développement durable ne font pas partie de leurs priorités.

https://www.arcinfo.ch/articles/lifestyle/sortir/nestle-jette-l-eponge-36260
https://reporterre.net/A-Vittel-Nestle-controle-l-eau-la-politique-et-les-esprits
https://www.lepoint.fr/environnement/floride-un-nouveau-projet-de-nestle-fait-polemique-26-08-2019-2331703_1927.php

Pour terminer, chaque conseiller national ou conseiller aux états ayant donné et/ou qui donnera son aval pour de nouveaux subventionnement de multinationales sans être au fait de l’ensemble du contenu des accords entre la Confédération (DDC) et des multinationales seront clairement à mes yeux des imposteurs et des fossoyeurs de la démocratie.

Urbain Gaillard

19 mai 2020

Parution du second rapport


NF 19 mai 2020, le second rapport commandé par le conseil d'état, dit rapport Baechler, a été publié.
Le NF a fait réagir un certain nombres de personnalités politiques, dont Pierre Troillet.


28 avril 2020

Science et politique: deux logiques bien différentes

Jamais les conférences de presse du Conseil fédéral n’avaient à ce point intéressé la population. La télévision publique interrompt régulièrement ses programmes pour des interventions en direct de Berne (ça n’arrive que rarement en temps normal), les journaux en ligne diffusent des « suivis en continu » de la situation depuis près de deux mois. Ces conférences de presse sont devenues des rendez-vous cathodiques bien chorégraphiés: les conseillers fédéraux, Alain Berset en tête, annoncent leurs décisions et détaillent les mesures pour endiguer la progression du virus; puis, les scientifiques, parmi lesquels Daniel Koch dont le visage est devenu familier au pays entier, apportent une caution aux décisions politiques et répondent aux différentes questions techniques.

C’est ce duo complémentaire qui, dès le début, a permis à la Suisse de jouer une partition si bien rodée.
D’Alain Berset on attend la fermeté de celui qui décide, qui dirige; mais aussi la compassion de celui qui sait la rigueur des mesures qu’il impose à la population. Un mélange de nécessité implacable et de compréhension.
De Daniel Koch, on attend le raisonnement scientifique et l’émotion maîtrisée. Ce ton de l’homme de science qui a accumulé beaucoup d’expérience au fil de sa longue carrière et qui ne se laisse pas impressionner par les événements. Un certain flegme qui rassure. Il en a vécu d’autres.
A les voir se répartir les rôles si aisément, le politique et le scientifique semblent mener un pas de danse parfaitement synchronisé.

Or, les logiques qui les animent sont très différentes.

La politique ne craint rien tant que l’incertitude. Elle craint toujours de prendre une décision qui pourrait être rendue caduque par un événement mal calculé. Les hommes et les femmes politiques aiment pouvoir prendre des décisions qu’ils espèrent pérennes. Lorsque les événements leur donnent tort, la population crie au scandale, à l’incompétence, au manque de vision. Le politicien souhaite que chaque jour qui passe vienne montrer le bien-fondé des décisions qu’il a prise, vienne appuyer la vision qui est la sienne. Une partie de son travail consiste à paver l’avenir de certitude, à éliminer le doute.

Le scientifique, au contraire, vit dans l’impermanence, dans ce qui est mouvant. La crise du coronavirus l’a bien mis en lumière: la science progresse par tâtonnement, par petits pas. Chaque jour surgissent de nouvelles hypothèses qu’il s’agit d’interroger. Le cas d’un patient qui ne correspond pas à la description standard de la maladie implique que l’on explore de nouvelles pistes, que l’on remette en question les certitudes qui semblaient pourtant acquises la veille. Dans la démarche scientifique, l’erreur est un stimulus, un aiguillon qui va faire progresser la connaissance. De nombreuses découvertes sont le fruit d’une erreur, d’un écart minime à la norme qui ouvre un abîme. C’est d’ailleurs ainsi que Pasteur a découvert le vaccin contre la rage. La science se nourrit de l’erreur, car c’est ce qui la fait progresser. Le doute n’y est pas une faiblesse, mais une vertu.

Le doute, 5ème obstacle de la méditation pleine conscience - 12/21

Le doute est angoissant pour le politique, il est enthousiasmant pour le scientifique.

Ces deux visions si différentes, presque antagonistes, ont pourtant trouvé dans le duo que forment Alain Berset et Daniel Koch un équilibre. Science et politique semblent avoir trouvé ensemble un compromis bien helvétique. Et cela fonctionne! N’en déplaise aux éternels rageux et pseudo-experts des réseaux sociaux qui ont su se rendre insupportables depuis le début de la crise. Il faudra bien, malheureusement, leur consacrer un article à l’occasion.

L’exemple suisse nous enseigne que pour nous, citoyens, cela exige d’accepter que le message politique puisse receler quelques incohérences, que ce qui était vrai hier ne le soit plus forcément sous la même forme demain. Le Conseil fédéral se met ainsi toutes les semaines en danger, en prenant le risque de modifier ses ordonnances, d’infléchir sa politique, d’assumer d’éventuelles incohérences. Comme dans un voyage au long court, il y a un cap, mais de multiples inflexions de trajectoires peuvent rendre la direction peu lisible.

Finalement, le grand public doit également accepter que la science ne peut pas fournir des données définitives. Les connaissances sur le virus du mois d’avril ne sont plus exactement celles du mois de mars; si cela peut sembler déroutant, c’est en fait plutôt encourageant, cela veut dire qu’on a progressé, que notre degré de connaissance à augmenter.

Entre la science et la politique, nul besoin de choisir. Il suffit d’espérer que l’équilibre tienne.

J. Lovey

24 avril 2020

Faut-il prolonger le confinement ? - L'angle philosophique


Dans mon dernier article nous nous étions brièvement penchés sur l’angle sanitaire de la question du titre sans tirer de réponse claire, et l’article ci-dessous a pour prétention de se concentrer sur le pan philosophique de ce confinement. 

Quand on constate qu’en France il faut avoir une raison notifiée sur un papier pour pouvoir sortir et qu’on ne peut pas être deux dans une voiture, ou quand on entend le souhait de certains gouvernements d’imposer un suivi des individus à travers des bracelets ou une application pour suivre nos déplacements et savoir avec qui on entre en contact, on peut se demander si ça ne va pas un peu trop loin.

On peut faire le parallèle avec la sécurité: Est-ce que vous seriez prêts à mettre des caméras dans toutes les rues et à implanter une puce et une caméra avec micro à tout le monde? Non? Cela permettrait pourtant de réduire la criminalité à néant! Imaginez: moins de violence, moins de harcèlement, difficile de faire mieux en matière de sécurité!

Non, cela parait impossible à accepter je pense (j’espère!) pour chaque d’entre nous. Nous ne sommes donc pas prêts à sacrifier totalement notre liberté au profit de notre sécurité, mais jusqu’où pouvons-nous aller pour notre santé?

Il est intéressant de comparer comme la réaction européenne a évolué en un demi-siècle. La grippe de 1968 a fait un million de morts dans l’indifférence alors qu’aujourd’hui, les états prennent des mesures drastiques pour contrer ce virus et de nombreuses voix continuent de trouver cela insuffisant, que c’est-il passé dans cet intervalle? La superstition a cédé sa place à la science, ce qui est une bonne chose. Sauf que la superstition rend humble, impuissant face à des évènements qu’on ne maitrise pas quand la science rend orgueilleux et donne une impression de contrôle et de maitrise sur ce qui nous arrive. Nous n’acceptons plus de pouvoir mourir d’une grippe, de ne pas pouvoir vaincre une épidémie.

Est-ce qu’on va trop loin? C’est en tout cas ce que pense un philosophe que je trouve souvent très pertinent: André Comte-Sponville. Ce dernier livrait un interview dans le Temps un brin provocateur dans lequel il s’insurgeait de la situation actuelle. Il reproche à l’Etat de supprimer nos libertés au profit de la santé et surtout de sacrifier la nouvelle génération au profit des personnes âgées. Il craint ce dont nous avons parlé précédemment et qu’il appelle le Pan-médicalisme, une idéologie qui attribuerait tout le pouvoir à la médecine.

On peut relativiser en lisant les déclarations de Trump qui proposait cette semaine un traitement à base de désinfectant et de lumières UV: pour le président étasunien, il est clair que donner plus de pouvoir à la médecine (y compris psychiatrique) ne pourrait pas être nocif mais il est également vrai que de nombreuses personnes « à risque » sont insatisfaites de la situation et estiment que c’est à elles de décider si elle veulent ou non courir le risque de s’exposer au virus.

Finalement, là encore, il n’y a pas de réponse éthique satisfaisante. Si une personne par choix, ne respecte pas l’avis médical, en l’occurence le confinement, mais que ce faisant elle répand le virus et cause la mort d’autres personnes, est-ce acceptable? Dans cette situation il semblerait que non, mais pourtant, la logique de la vaccination est la même et un grand nombre de personnes peuvent pourtant refuser de se vacciner…

22 avril 2020

Olivier Guex prédit un avenir, mais autrement.

Dans le numéro 152 du vendredi 17 avril 2020 de le peuple.vs Olivier Guex prend la parole dans l'espace réservé épisodiquement à Entremont Autrement.  Il expose comment les sociétés touchées par des dangers et des catastrophes font preuve de résilience. Il tente de voir comment cet apprentissage de la protection qui historiquement devient de plus en plus efficace va s'appliquer à la pandémie actuelle.
Il interroge à ce propos ce qui va venir dans ce contexte où s'est affirmée l'importance de l'Etat. Il plaide pour une politique qui doit corriger les oublis de l'économie: responsabilité sociale et environnemental.
Il croit à des citoyens qui n'ont pas peur du changement.
Il en appelle afin audacieusement aux partis, dans un souhait fermement formulé:

OSONS CROIRE QUE LES PARTIS POLITIQUES QUI SE RECONNAISSENT DANS CES THEMATIQUES SAURONT RECREER DES ALLIANCES POUR DEVELOPPER DE NOUVELLES STRATEGIES ET PLANS D'ACTION.

On ne peut plus clair.




20 avril 2020

Faut-il prolonger le confinement ?


Si vous venez de sortir d’un profond coma qui a duré plusieurs mois et que votre premier réflexe au réveil a été de consulter cet article, il faut que je vous prévienne : nous connaissons aujourd’hui une profonde crise sanitaire en raison d’un virus, le Covid-19. Cependant, je pense que la majorité d’entre vous sont au courant et se posent plutôt la question suivante : « Faut-il prolonger le confinement ? ».
Bon, je casse le suspense, je n’ai pas la réponse. Il y a énormément de facteurs en jeu : il suffit d’observer les décisions des gouvernements de la Suède à la Corée en passant par la France ou le Vietnam pour se rendre compte de la multitude de réponse possible à cette question. Je me suis dit que c’était l’occasion de reprendre ma plume (c’est bien sûr une métaphore, j’écris ici à l’aide d’un clavier) et de réfléchir à la question sous plusieurs angles. 
Tout d’abord, pour commencer par le sujet que je maîtrise le moins et sur lequel je tâcherai d’être bref l’angle sanitaire. Dans un deuxième article nous changerons de casquette pour prendre celle du philosophe puis viendra la troisième partie qui se penchera sur la question écologique. Enfin, il serait difficile d’être complet sans aborder dans un ultime article la question économique.

Comme nous parlons d’un virus et que c’est pour des raisons sanitaires que le confinement a été déclaré, prenons cela comme point de départ. On connait tous la raison principale du confinement : il fallait absolument diminuer la transmission du virus pour donner à notre système de santé le temps de se préparer, la marge pour pouvoir assimiler cette vague sans mettre nos institutions à genoux, comme cela a été le cas en Italie.




Cependant, une fois cette vague résorbée, on peut se questionner sur l’utilité de poursuivre ce confinement sous sa forme actuelle car ce dernier a également un impact négatif sur d’autres pans de la santé : le plus facile à constater est l’effet sur la santé psychologique et on peut voir fleurir un peu partout des conseils dans le domaine. Il est plus difficile de gérer le stress et la pression en étant seule chez soi pour ceux qui font du télétravail. Pour ceux qui se retrouvent au chômage partiel, il est parfois difficile de se retrouver dans cette situation d’inactivité soudaine.

En plus de cet aspect, un argument que l’on entend parfois est celui de la surmortalité dûe au confinement qui augmente en raison des personnes qui repoussent leur visite à l’hôpital ou chez leur médecin. On lisait récemment par exemple que le nombre de victimes d'infarctus arrivant trop tard au CHUV grimpe d’après le chef de la cardiologie du CHUV.
Cependant, les données statistiques manquent pour l’instant pour analyser l’ampleur de ce phénomène, d’autant plus que le confinement et l’augmentation des mesures d’hygiène (port du masque, utilisation plus systématique du désinfectant) a également des effets positifs en limitant les virus autre que le Covid.

Ainsi, on comprend qu’une équation est posée dans laquelle certains paramètres nous manquent, il faudra être sûr que le confinement cessera au bon moment pour minimiser le nombre de victime : l’arrêter trop tôt ou trop brutalement pourrait réduire tous les efforts consentis à néant en faisant repartir de plus belle l’épidémie et en mettant à genoux notre système de santé, mais trop tarder pourrait avoir un impact négatif s’il y a plus surmortalité que de personnes sauvée grâce au confinement.

Jonathan Darbellay

7 avril 2020

Carnet de deuil: un lanceur d'alerte nous a quitté

Nous apprenons avec tristesse que Georges Németh est décédé ce matin, à l'âge de 87 ans du Coronavirus. Il était bourgeois de Vollèges depuis 1973.
Artiste, il avait eu la possibilité en 1984 d'exposer à la fondation Gianadda une rétrospective de ses dessins représentant Martigny à l'époque de Rodin.





Il avait été également candidat au grand conseil en 1989 pour le district d'Entremont en compagnie de Jean-Claude Darbellay de Liddes qui visait une place de suppléant. Il avait fait 185 voix et 942 suffrages. Soit 3,6%. La liste du parti libéral arrivait elle à 5,5%, ce qui était la preuve que deux partis alternatifs pouvaient ensemble obtenir le quorum malgré le PDC et le PRD. On commençait à rêver dans l'Entremont de fruits qui seraient cueillis bien plus tard.

A sa famille va toute notre sympathie.

Entre autres moments remarquables de la vie de Georges Németh on peut se souvenir notamment de ce que certains avaient appelé "l'affaire Georges Németh"et qui concernait le traitement des préposés aux offices des poursuites. Comme lanceur d'alerte, il avait perdu son emploi et avait été condamné.
Une enquête signée Pierre Pauchard.

Extrait de l'Hebdo du 31 août 1989:








DR




Un moment à nul autre pareil

Chaque habitant de ce pays a pu se rendre compte ces dernières semaines de l'extraordinaire basculement historique que nous avons vécu. Nous sommes encore au coeur de l'événement et, pour cette raison, il nous est parfois difficile d'en prendre la pleine mesure.

Qui aurait imaginé, le 31 décembre dernier, au moment de formuler tous ses "voeux de bonheur et de santé pour la nouvelle année", qu'à peine quelques semaines plus tard:
  • le Conseil fédéral - habituellement un peu mou - aurait pris les pleins pouvoirs sur le pays, réduisant les cantons au rang d'exécutants et aurait réduit le Parlement fédéral au silence;
  • que l'armée suisse et la protection civile serait mobilisées pour la première fois dans cette proportion depuis la Seconde Guerre mondiale, et déployées sur l'ensemble du territoire national;
  • que dans plusieurs cantons, les cliniques privées seraient réquisitionnées par l'Etat;
  • que l'ensemble des frontières extérieures du pays seraient bouclées;
  • que toutes les écoles et institutions de formations seraient fermées;
  • que les commerces, les restaurants, les bars, les clubs, les magasins seraient fermés;
  • que l'ensemble des manifestations et rassemblements du pays, sur tout le territoire, seraient interdits au-dessus de 5 personnes (on a bien dit 5 personnes);
  • que tous les secteurs touristiques (stations, piscines, musées, hôtels (partiellement), etc) seraient fermés;
  • que l'entier de la population serait appelée à rester chez elle et à attendre des jours meilleurs.


Ces décisions sont dignes d'un scénario de film catastrophe. Et encore, un tel film semblerait peu crédible aux yeux des spectateurs. Et pour autant, nous ne sommes pas les seuls à avoir pris ces décisions draconiennes:
  • Plus de 50 pays dans le monde ont décrété un confinement total de leur population, plus encore un confinement partiel. C'est plus de la moitié de l'humanité qui est cloîtrée. Et encore, chacun ne peut bénéficier d'un toit;
  • la plupart des vols internationaux ont été interrompus. Plusieurs compagnies aériennes d'envergure ont annoncé un "grounding" sans précédent. De force officielle, 14 personnes seulement ont pris un vol hier (dimanche 5 avril) à l'aéroport international de Genève;
  • plusieurs entreprises privées ont débuté la production de respirateurs ou d'autres appareils médicaux (General Motors, Dyson, Apple). De grands noms de l'industrie ont lancé des programmes de soutien aux unités médicales: Microsoft, Bulgari, etc.
  • ainsi le trafic motorisé s'est effondré au niveau mondial, dans une proportion que même Greta Thunberg n'aurait pu rêver.

Image prise à la frontière entre l'Allemagne et la Suisse, début avril 2020
Au centre de l'activité sanitaire enfin, de nombreuses personnes se battent pour venir en aide aux malades. Ne comptant plus leurs heures, ne comptant plus leur peine. Rappelant des retraités ou, au contraire, lançant au front de jeunes étudiants en médecine. Des milliers de bénévoles offrent leurs services aux plus démunis pour leurs courses ou pour leurs déplacements.

Face à de tels événements, il faut des décisions pratiques, rapides et souvent iconoclastes. Ce sera justement le thème d'un prochain article.

J. Lovey