Article épinglé

Votations fédérales et cantonales du 28 novembre 2021

28 novembre 2021

Votations populaires - réaction d'Entremont Autrement

Il s'agissait d'un dimanche politiquement chargé avec pas moins de quatre objets soumis au scrutin populaire pour la population valaisanne.

1) Initiative sur les soins infirmiers

Alors que la majorité des initiatives échouent devant le peuple, celle en faveur de soins infirmiers forts a remporté un franc succès. La pandémie et la forte pression mise sur le personnel infirmier y sont certainement pour quelque chose. Entremont Autrement se réjouit évidemment de ce résultat clair. Il s'agit à la fois d'un rééquilibrage politique et d'une reconnaissance pour le travail accompli. Néanmoins, notre système de santé mérite qu'on lui apporte une attention toute particulière, que l'on replace le malade au centre. L'acceptation d'aujourd'hui n'est que le premier pas dans cette direction.

2) Initiative sur la justice
Ce texte partait d'une bonne intention et d'un vrai problème, mais voulait le régler d'une manière disproportionnée. Le peuple suisse a été raisonnable dans ce choix. Pour autant, une refonte du système d'élection des juges fédéraux doit être menée aujourd'hui. Il n'est plus acceptable que les partis se répartissent des sièges entre eux; cette fonction n'a pas à être politisée. De nombreux cantons ont déjà modifié leurs textes législatifs en ce sens ces dernières années, la Confédération doit faire de même.

3) Modification de la loi COVID
C'est la seconde fois en 2021 que les Suisses se prononcent sur des modifications de la loi COVID. Comme au mois de juin, la réponse de la population est très claire et approuve les mesures prises par le Conseil fédéral et par le Parlement. C'est un euphémisme de dire que la campagne a été tendue. Rarement, nous n'avions été témoins d'une telle violence dans les propos tenus. Les réseaux sociaux ont été une véritable caisse de résonance des tensions sociales. La Suisse vient cependant de prouver qu'elle n'est pas "une dictature" puisque nous sommes le seul pays au monde à avoir pu se prononcer sur ces mesures. Il est essentiel aujourd'hui que l'on revienne au calme. Le véritable ennemi est le virus et pas les politiques. On a trop souvent perdu de vue cette réalité lors de la campagne. En raison de la recrudescence des contaminations, il est plus que nécessaire d'appliquer à nouveau strictement les gestes barrières entre nous.

4) Initiative pour un Valais sans grands prédateurs
Entremont Autrement était largement défavorable à ce texte qui ne devrait pas changer grand chose sur le fond. Nous déplorons ce texte populiste. Concrètement cela ne changera pas grand chose pour les paysans et pour la population. Le rôle des votations n'est pas d'envoyer des signaux à Berne, mais de prendre de vraies décisions qui ont un impact sur la vie des gens. A ce titre, la votation du jour est ratée. Nous acceptons par contre complètement que cette disposition rentre dans les textes légaux du Canton.

Conclusion
La participation hors norme à ces votations est une vraie raison de se réjouir ce soir. La démocratie suisse fonctionne: des textes sont proposés à la population et celle-ci se prononce. Le comité d'EA est particulièrement content de cette mobilisation. Et nous sommes visiblement suivis sur l'ensemble des sujets fédéraux. Vivement que cela soit également le cas sur les votations cantonales!

Faut-il interdire tous les PASS?

 

Les citoyens de Sembrancher pour leur patinoire et ceux de Bourg-St-Pierre pour leur piscine vont-ils considérer que le Pass Saint-Bernard est une atteinte à nos libertés et une surveillance de masse incompatible avec notre indépendance ou un bon moyen de développer notre région en favorisant les activités sociales? 
Quand on présentait notre carte d'identité pour obtenir des rabais comme indigène, était-ce une forme d'apartheid ou un encouragement à découvrir notre pays?
Il est étonnant que les citoyens d'une commune frontalière comme Bourg-St-Pierre plébiscitent l'abrogation d'une loi sans laquelle il n'aurait plus été possible d'établir des certificats pour les voyages à l'étranger, compliquant singulièrement le passage de la frontière. (source)


DISTRICT D'ENTREMONT Tableau comparatif de la votation du 13 juin 2021 et du 28 novembre 2021 sur la loi Covid.

Loi fédérale du 25 septembre 2020 sur les bases légales des ordonnances du Conseil fédéral visant à surmonter l'épidémie de COVID-19 (Loi COVID-19) mise en votation le 13 juin 2021, résultats pour l'Entremont suivi de la Modification du 19 mars 2021 de la loi COVID-19 votée le 28 novembre 2021. Résultats globaux pour le district d'Entremont.

La participation est en forte hausse, et les opposants se renforcent au contraire de la tendance valaisanne et  suisse. 

13 juin 21/ 28 novembre 2021

Electeurs inscrits 9'624/9'665

Bulletins entrés 6'204/6'717

Bulletins blancs 107/95

Bulletins nuls 149/141

Bulletins valables 5'948/6'481

Participation (%) 64.46/69.50

Oui% (53.30%) 3'170/ (52.48%) 3'401

Non% (46.70%) 2'778/  (47.52%) 3'080

Le Valais vote oui à 56.9%/58.38%

La Suisse vote oui à 60,2%/

Au vue de ce qui précède il nous parait intéressant de donner les résultats par commune également dont il est difficile d'interpéter la dynamique. Sauf à dire que Bourg-St-Pierre a augmenté sa méfiance et que l'enthousiasme d'Orsières est à l'inverse des doutes en croissance de Val de Bagnes. 

Sembrancher 38,16 % / 38,59% EN HAUSSE

Bourg-St-Pierre 49,57% / 42,64% EN BAISSE

Liddes 47,83% / 48,24% EN HAUSSE

Orsières 49,97% /52,76%EN HAUSSE

Val de Bagnes 57,65% / 54,88% EN BAISSE

Entremont 53.30% / 52,48% EN BAISSE

Le Valais à 56.9%/58.38% EN HAUSSE




Live: résultats des votations du 28 novembre 2021

Suivez en direct sur cette page les résultats des votations du 28 novembre. Cet article est mis à jour au fur et à mesure de la journée.



13h54
Le live s'arrête ici. EA publiera en fin de journée un communiqué sur ce blog. En vous remerciant d'avoir été nombreux à nous suivre pour ces résultats.

13h52
L'initiative sur les grands prédateurs est acceptée en Valais.

13h52
Au niveau fédéral, les soins infirmiers sont largement acceptés, même si les résultats ne sont pas encore définitifs. L'initiative sur les juges (tirage au sort) est sèchement refusée. La loi COVID sera acceptée à plus de 60%.

13h48
Sans surprise, Val de Bagnes accepte l'initiative sur les grands prédateurs à 69,8%.

13h36
Val de Bagnes, dernière commune.

13h30
Val de Bagnes et Ardon sont les deux dernières communes qui n'ont pas transmis les résultats de l'initiative cantonale.

13h20
Val de Bagnes accepte les soins infirmiers à 59%, refuse l'initiative sur les juges à 72,2% et accepte la loi COVID à 54,8%. La participation se monte à 66% ce qui est beaucoup pour cette commune.

13h02
Dans les résultats en cours de dépouillement à Fribourg les deux candidats de la gauche en 6ème et 7ème position inversent leurs places. Jean-François Steiert PS passe devant Sylvie Bonvin-Sansonnens (Les Verts). La deuxième socialiste et la CG-PCS sont distancées.
Développement de 14h20: On finira par apprendre que près de 38%.3 des Fribourgeois ont refusé la loi-COVID et 47,26% ont voté pour un UDC au conseil d'état.

13h00
Conseil d'Etat Fribourgeois la moitié des communes dépouillées: la droite est à cinq sièges (a,comme avant mais avec un UDC à la place d'un centriste), mais l'avance de l'UDC Demierre n'est pas énorme  sur la première de la liste de gauche, Sylvie Bonvin-Sansonnens.

12H19
VERNAYAZ VOTE NON A L'INITIATIVE SUR LES GRANDS PREDATEURS! POUR UNE SEULE VOIX: 345 CONTRE 344
BRAVO AUX MILITANTES EA DE LA PLAINE POUR LEURS POSITIONS COURAGEUSES.
Evionnaz dit également non pour 2 voix, St-Maurice dit non aussi pour 8 petites voix et Martigny pour 55 voix. 
Il y a donc un continuum dans la plaine entre Martigny et St-Maurice!
Chippis dit non pour 17 voix. Icogne dit non pour 3 voix. Port-Valais pour 5 voix.
Monthey dit non à une forte majorité, 54%!

12h18
En attendant les résultats de Val de Bagnes, on remarque déjà que la peur du loup faiblit dans le district.

12h17
Sembrancher accepte l'initiative sur les grands prédateurs à 71,2%.

12h16
Sembrancher accepte les soins infirmiers à 60,6%, refuse l'initiative sur les juges à 70,8% et refuse la loi COVID à 61,4%. La participation s'élève à plus de 73%.

12h14
Orsières accepte l'initiative sur les grands prédateurs à 78,4%.

12h10
A Bourg-Saint-Pierre la participation s'élève à 79,8%. Les soins infirmiers sont acceptés à 59,3%, l'initiative sur les juges est refusée à 73, 8% et la loi COVID est refusée à 57,3%. L'initiative sur les grands prédateurs est acceptée à 66,4%.

12h08
Liddes accepte les soins infirmiers à 60%, refuse l'initiative sur les juges à 72,2% et refuse la loi COVID à 51,7%.

12h05
Liddes accepte l'initiative sur les grands prédateurs à 86%

12h05
Orsières accepte la loi COVID à 52,7%, refuse l'initiative sur les juges à 78,5% et accepte les soins infirmiers à 56%.

12h02
Les tendances fédérales, la loi COVID serait acceptée, l'initiative pour les soins infirmiers aussi, refus du tirage au sort des juges.

12h00
71 communes sur 123 ont donné les résultats: oui à 67% pour l'initiative sur les prédateurs.

11h40
A quelques minutes des résultats, il est intéressant de noter les développement des dispositions prises par les autorités cantonales valaisannes concernant le protection contre le covid.

11h05
Des appels à des rassemblements ont été diffusés sur les réseaux sociaux, notamment de la part d’opposants à la loi Covid. Mais la place fédérale a été fermée par un dispositif policier particulier annonce Le Matin.
Entendu au bistrot: Les antivax qui cherchent un lieu pour rencontrer des potes peuvent compter sur les urgences des hôpitaux, mais attention les places sont très limitées

11h00
De nombreux journaux et site donnent les résultats en direct avec des commentaires et des rédactions. Certains sont réservés aux abonnés.
Le journal Le Courrier a un tel fil.  Journal dont le slogan et le projet rédactionnel est L'ESSENTIEL, AUTREMENT, et dont les préoccupations sociales et environnementales ne sont pas très éloignées des nôtres. 

10h11
Deux objets analogues à ceux votés ce dimanche ont déjà été soumis au peuple ces derniers mois. Nous avons donc préparé aussi deux tableaux spécifiques pour comparaison.
D'une certaine manière l'initiative sur les grands prédateurs s'inscrit dans le refus de la loi sur la chasse au niveau suisse et mérite d'y être comparé. 

10h03
Résumé des objets sur le site de la Confédération suisse. Le site de l'initiative cantonale sur les grands prédateurs n'est plus accessible ce matin. 

09h48
Pour rappel, voici la prise de position officielle d'Entremont Autrement sur les votations de ce weekend.


09h45
Ouverture du live

Tableau comparatif 27 septembre 2020 et 28 novembre 2021 sur la problématique élargie du loup

LA PEUR DU LOUP FAIBLIT DANS L'ENTREMONT ET EN VALAIS ET MEME DANS LE HAUT-VALAIS 

Résultats de la loi sur la chasse telle que refusée par le peuple suisse comparés aux résultats aujourd'hui à l'initiative cantonale sur les grands prédateurs. Le premier chiffre est celui du 27 septembre 2020, le second est celui du 28 novembre 2021.

Valais OUI 68,6% / 62,67%

Haut Valais 84,17% / 80,84%

(Vollèges OUI 73.3%)

Val de Bagnes OUI 76.4% / 69,83%

(Bagnes  OUI 77,3%)

(Bovernier  OUI 78% / 66,5% )

Entremont OUI 79,2% / 73,41%

Sembrancher OUI 79,2% / 71,3%

Orsières OUI 82,8% / 78,41%

Bourg St Pierre OUI 87,7% / 85,3%

Liddes OUI 89,3% / 86,83%


23 novembre 2021

L’enfumage de la votation sur un Valais sans grands prédateurs

Le 27 septembre 2020, par voie de référendum, les citoyennes et citoyens suisses ont rejeté la révision de la Loi sur la chasse. Un non prononcé du bout des lèvres (51,9 %) et essentiellement porté par la population citadine du pays.

En Valais, ce dimanche de votation a eu, pour beaucoup, l’effet d’une douche froide. La révision du texte avait été acceptée à l’unanimité des communes et par 68,6% des votants. A peine la votation passée que le Grand conseil valaisan, organe législatif cantonal, donnait son soutien au lancement d’une initiative populaire cantonale exigeant l’introduction d’un nouvel article dans la constitution cantonale en la teneur suivante : « L'Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu'à la limitation et à la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite ».

Une démarche manifestement désespérée et vide de sens à plusieurs égards.

D’abord sur la forme, car la marge de manœuvre accordée pour le développement d’un concept cantonal en la matière est très limitée. La Suisse est liée par des engagements internationaux en faveur des grands prédateurs (notamment Convention de Berne, Convention de Bonn, Convention Alpine). Le canton doit ainsi se conformer aux exigences fédérales en la matière et ne peut y déroger.

Ensuite sur le fond, car la gestion des grands prédateurs en Europe centrale doit, par nature, être gérée sur le plan international, l’agenda étant dicté par la forte mobilité de ces animaux.

Cet impératif est mis en lumière par de nombreuses recherches universitaires. ROSEN et BATH, soulignent dans un travail relatif aux ours bruns du Trentin combien il est difficile d’envisager un retour paisible des grands prédateurs dans un territoire aussi morcelé que celui de l’Europe centrale en se passant d’une synchronisation internationale. Sans efforts de coordination, ce retour est plus difficilement supportable notamment pour les éleveurs qui se voient régulièrement confrontés à des prélèvements inopinés sur leurs troupeaux. Si un Etat adopte une politique de conservation de manière unilatérale, sa population de grands prédateurs s’étend rapidement à ses voisins.

Pour une gestion transfrontalière réussie des grands prédateurs, les États doivent intégrer les facteurs qui influencent les attitudes sociales à l'égard de ces espèces, harmoniser les différents corps de lois et développer une manière commune des clés de compréhension, de définition et de traitement des comportements problématiques afin de limiter au mieux leurs impacts tant sur les activités humaines que sur l’image de l’espèce.

En Suisse, le KORA a émis en 2016 un avis allant dans ce sens dans ses recommandations pour une coordination internationale des loups dans les Alpes. Pour cet organisme leader sur l’écologie des carnivores et sur la gestion de la faune sauvage, il est crucial d’aménager au plus vite un programme pan-alpin de management des espèces. Un avis partagé par nos partenaires européens, qui rappellent encore l’importance que ces structures comprennent des espaces de communication et de dialogue avec toutes les parties prenantes.

Le 27 septembre 2020, le peuple suisse l’a plébiscité : les grands carnivores ont leur place en Suisse. Plutôt que de se fourvoyer dans un enfumage stérile, le législateur et le peuple valaisan auraient intérêt à se mobiliser pour un projet constructif de coordination internationale permettant un retour serein et contrôlé des grands prédateurs dans les espaces alpins.

Bastian Moulin
Conseiller général
Val de Bagnes

22 novembre 2021

Que faut-il entendre par interdiction de la promotion des populations de grands prédateurs?

Mais quelle est cette "promotion" que veulent interdire les initiants? 

On pense spontanément qu’il s’agit d’interdire d’exprimer un avis, une théorie, un savoir scientifique propre à dédiaboliser les grands prédateurs et du coup à interdire de tenter d’infléchir l’opinion publique vers une plus grande acceptation de ces animaux.

La chose a été explicitement évoquée lors de la diffusion du film LYNX, est-ce que ce type de diffusion constitue une promotion des prédateurs et ce type de promotion est-il visé par la loi future? Si la réponse est oui alors le délit d’opinion, la fin de la liberté de la recherche, de l’enseignement et le musellement de la presse entreraient dans la loi. 

En poursuivant la réflexion, on peut se demander si l'existence des louveteaux dans le scoutisme par sa promotion des valeurs de la meute ne pourra pas in fine être visée par la constitution. 

L'auteur en louveteau à Bruson en 1966

On pourrait imaginer aussi qu’il pourrait s’agir d’interdire de promouvoir toute mesure de protection contre les dégâts fait par les prédateurs, plutôt que de s’attaquer aux prédateurs eux-mêmes. La protection des troupeaux serait donc une mesure de promotion des prédateurs et serait interdite.

Il semble aussi qu’entretenir les gibiers, les nourrir pourrait également être considéré comme une promotion des prédateurs qui s’en nourrissent eux-mêmes.

La chose paraît étonnante mais Christophe Darbellay a dû s’en défendre explicitement tant ce concept de «promotion» est insaisissable, dans le message pour le débat d’entrée en matière. Le conseil d’état le 12 octobre 2020 s’est exprimé ainsi:

«Un environnement adapté et la présence de cheptels de proies sont les principaux paramètres qui influencent le nombre de grands prédateurs. Dans le cas du loup, les proies sont surtout le cerf et le chevreuil. Le canton ne procède à aucun encouragement sur ce point et essaie d’éviter la présence excessive de gibier, dans ce cas souvent affaibli, en adaptant les plans de chasse et en réduisant la surface des districts francs. 

Dans le canton, nourrir les animaux sauvages n’est toléré qu’en périodes de détresse absolue ou pour éviter les dommages occasionnés par la faune et les accidents de la circulation. 

Les mesures de protection des troupeaux peuvent être considérées comme une promotion du moins indirecte des grands prédateurs. 

Toutefois, étant donné qu’elles sont absolument nécessaires pour prendre les mesures de protection précitées et exigées par l’initiative, le Conseil d’Etat ne considère pas qu’elles tombent sous le coup de l’interdiction de promotion des grands prédateurs, d’autant plus qu’elles sont nécessaires pour obtenir des dédommagements ou pour qu’une autorisation de tir soit octroyée.»

Autant dire que ce concept d’interdiction de la «promotion» est une absurdité, parce que soit il est une atteinte à la liberté d’expression et contredit à toutes les valeurs démocratiques et des droits de l’homme, soit il vise une action concrète sur le terrain comme des mesures de protections du gibier ou de sauvegarde des proies, qui sont des devoirs légaux selon un droit supérieur.

Cette formulation est une scorie vide de sens du texte original de l’initiative du début de 2017, dont le chef du SISJ, Michel Perrin avait exprimé des doutes sur la constitutionnalité, et qui a été déclaré incompatible avec le droit fédéral par l’Office fédéral de la Justice à la fin de 2017 et nul sous certain point par le Grand Conseil lui-même en septembre 2019, qui l’a amputé, réécrit et donné au vote sous sa formulation inutile actuelle. L’idée de l’interdiction de la promotion est restée mais déjà la COJU en 2017 avait exprimé ses doutes: «L’interdiction de la promotion n’est pas précisée dans l’initiative.»

On n’en sait donc fichtrement rien.

Cette interdiction de la promotion est une formule creuse. Encore une preuve de l’inutilité de cet article constitutionnel. qu'EA a rejeté comme flou et sans effet. 

Daniel 

21 novembre 2021

L'Etat du Valais fait ce dimanche encore la promotion du lynx.

Magnique LYNX, film de Laurent Geslin, suivi d'un débat ce matin à 11h au Casino de Martigny, avec la présence des membres d'Oppal.


 

Au cour du débat s'est posée la question pertinente: ce film fait-il la promotion du lynx au sens où veut l'interdire l'article constitutionnel proposé au scrutin du dimanche 28 novembre 2021.

« L’Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu'à la limitation et la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite. »

La réponse est claire, oui ce film fait la promotion de la population du lynx.

Il a été également remarqué que ce film a été soutenu par l'Etat du Valais à travers la fondation CinéFOROM.


En cas d'acceptation du nouvel article constitutionnel dimanche prochain, ce film soutenu par l'état du Valais à travers CinéFOROM qui constitue l'essentiel du soutien au cinéma du canton, ce film soutenu par la Loterie Romande et la RTS ainsi que la RTS elle-même, la Loterie Romande, suissimage, l'Office fédéral de la culture, CinéFOROM et l'action de l'Etat du Valais, enfin l'Etat du Valais lui-même seront hors la loi en ce qui concerne leur complicité de promotion du lynx.

Dépêchons-nous donc d'aller voir ce film au cinéma arlequin de Sion ce dimanche à 14h30 et à Sierre au Casino à 17h30. 

Daniel 



 

19 novembre 2021

"L’idée est de permettre aux jeunes de découvrir la richesse culturelle valaisanne". Notre entretien exclusif avec Mathias Reynard


Entré en fonction comme conseiller d'Etat en mai dernier, Mathias Reynard est à la tête du gigantesque Département de la santé, des affaires sociales et... de la culture! En ces temps de crise sanitaire, nous avons voulu nous intéresser, une fois n'est pas coutume, au domaine culturel dont on parle moins.

Mathias Reynard vient d'annoncer la création d'un abonnement général culturel inédit pour les jeunes durant l'année de leurs 18 ans. Nous avons voulu en savoir davantage et sommes allés à sa rencontre.


Monsieur le Conseiller d’État, vous êtes entré en fonction en mai dernier. Honnêtement, en pleine pandémie, vous n’avez pas le temps de vous occuper de la culture… 

La gestion de la pandémie prend du temps, mais je consacre une part importante de mon travail à la culture. Celle-ci est une de mes priorités, que je veux mettre au centre du Département. La culture peut s’articuler autour de tellement de domaines : social, santé, intégration, patrimoine… Bref, sa place est centrale, surtout en pleine pandémie ; les gens ont besoin de penser à autre chose… et moi aussi (rires).

Vous avez annoncé cette semaine un « abonnement général culturel » pour les jeunes de 18 ans. Il sera valable un an. Concrètement, à quelles institutions valaisannes les jeunes auront-ils accès ?

Environ 80 institutions valaisannes sont concernées et touchent tous les domaines de la culture, des salles de concert, avec le Port Franc ou les Caves du Manoir, des expositions et musées plus traditionnels ou encore des festivals. La palette est vraiment large et s’étend également à d’autres cantons romands.

Cette offre est novatrice en Suisse. Mais pensez-vous qu’elle va vraiment intéresser les jeunes ? Répond-elle à une attente ?

J’en suis persuadé. L’idée est aussi de permettre aux jeunes de découvrir la richesse culturelle valaisanne. Le jeune de 18 ans sera peut-être d’abord intéressé par les salles de concert, mais pourra découvrir gratuitement d’autres lieux culturels, faire de nouvelles expériences. C’est une première, nous pourrons évaluer l’utilisation faite de ces AG culturels et voir leur efficacité.



Pour les jeunes des vallées latérales, le premier obstacle à l’accès à la culture est la distance avec les espaces culturels. Pour être véritablement efficace, cet AG culturel n’aurait-il pas dû être accompagné d’une offre de transport ?

On peut toujours faire plus… J’ai agi dans le cadre de mon Département. Et je rappelle que les institutions sont vraiment réparties sur l’ensemble du territoire. Rien que sur l’Entremont, l’offre est déjà très variée et intéressante : le Jardin botanique à Champex, le Verbier Festival, le Musée de Bagnes, le P’tit théâtre à Praz-de-Fort ou encore la Fête de la Musique à Orsières.

De manière générale, ne développe-t-on pas fortement la culture dans les villes au détriment des vallées ? Ne risque-t-on pas de creuser un fossé culturel entre la plaine et les montagnes ?

Le Valais est très attaché à ses vallées. Et on le voit, l’offre culturelle est également disponible sur les coteaux et de manière décentralisée. L’exemple du Palp Festival est un modèle à suivre.

Votre emploi du temps est particulièrement chargé. Avez-vous encore le temps de prendre part à des événements culturels ?

Heureusement oui ! J’essaie de participer à deux ou trois événements culturels par semaine. C’est important pour moi d’être sur le terrain, de découvrir la diversité culturelle du canton et de montrer mon soutien. Et c’est toujours avec plaisir !

Si vous deviez nous conseiller une pièce de théâtre, une exposition et un livre à ne pas manquer cet automne 2021 en Valais, lesquels seraient-ils ?

Côté littérature, « Regards sur Chandolin » d’Ella Maillart vient de paraître chez Zoé. Niveau arts de la scène, je me réjouis de découvrir le spectacle de Faustine Moret au TLH de Sierre. Et puis les expos ne manquent pas non plus : WomanHouse 2021 au Manoir de Martigny, Rapahel Ritz au Pénitencier de Sion ou encore une des deux expositions actuelles contre les violences (celle du Collectif Femmes Valais ou celle de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille).

Quel est le prochain grand projet dans le domaine culturel ?

L’accessibilité à la culture est essentielle ! Nous planchons sur une sorte de Magic Pass culturel, accessible à toute la population… Celui-ci devrait être présenté au printemps prochain.

Merci M. le Conseiller d'Etat de nous avoir accordé cet entretien exclusif. Bonne continuation dans vos activités.

17 novembre 2021

"Nous souhaitons que nos membres se fassent entendre". Interview avec notre présidente Jasmine Lovey


Près de trois mois après son entrée en fonction comme présidente de notre mouvement, Jasmine Lovey a reçu l'équipe de rédaction du blog pour faire le point sur quelques éléments liés au fonctionnement d'Entremont Autrement.


Madame la Présidente, vous venez de mener votre première assemblée générale du mouvement. Comment cela s’est-il passé?

L'assemblée générale s'est très bien déroulée! C'était effectivement une nouveauté autant pour moi que pour le reste du mouvement qui a été habitué depuis toujours à voir Sophie Juon dans cet exercice. Cette assemblée générale représente la fin d'une transition qui a été menée depuis plusieurs mois, notamment pour le passage de la présidence, mais aussi pour la nouvelle organisation du comité afin de s'activer et de proposer de nombreuses activités sur le district en dehors des périodes chaudes électorales. Je crois que notre organisation permettra de relever ces défis.

Vous venez de mener avec succès une révision des statuts de l’association. Quels étaient les buts de cette révision?

La révision de nos statuts s'inscrit dans un processus de longue durée et de réflexion que nous avons mené depuis un certain temps. Avec désormais 17 élu.e.s, nous avons remarqué qu'il existait des lacunes dans nos statuts, notamment en ce qui concerne les élu.e.s. Le comité a ainsi proposé de créer une section spéciale au sein de nos statuts afin de clarifier leurs droits et devoirs au sein de l'association.

De même l'ajout d'une section période électorale permet de définir clairement le rôle du comité directeur en période d'élections et d'encadrer son activité intense. Finalement, le comité souhaitait remettre plus de pouvoir à l'Assemblée générale. jusqu'à cette AG, le comité disposait d'un pouvoir conséquent et il nous semblait judicieux de poser des gardes-fous pour l'avenir. La révision de statuts a d'ailleurs permis de nombreuses questions et échanges avec les membres présent.e.s et témoignent aussi du grand intérêt des buts de notre association ainsi que de la forte démocratie qui règne au sein de notre mouvement.

Lors de la dernière AG, vous avez également présenté les résultats d'un sondage interne à EA sur le positionnement politique du mouvement et sur l'accord entre les sympathisants et le comité. Franchement, est-ce vraiment le plus important pour un mouvement politique de perdre plusieurs mois à faire de l’introspection?

Croire que ne pas écouter sa base et ses membres est une perte de temps est une position un peu condescendante. Nous ne pouvons présupposer de l'avis de nos membres et nous souhaitons qu'ils puissent se faire entendre en cas de désaccord avec la ligne du mouvement. Cette prospection est d'ailleurs très positive. Elle nous éclaire notamment sur les thématiques pour lesquelles nos membres espèrent un investissement du comité et du mouvement. Cette enquête nous a également permis de mesurer que le mouvement est actuellement en accord avec sa base sur la totalité des dernières votations et que par conséquent, nous ne nous sommes pas égarés en chemin depuis 12 ans. Le mouvement répond toujours à un besoin et à des attentes de la population entremontante et nous sommes prêts à relever le défi pour au moins autant d'années!

Est-ce que l’Entremont Autrement de 2021 est toujours le même qu’aux débuts en 2009?

Si je me souviens de mon arrivée à EA, il y a maintenant 6 ans, le mouvement avait un élu communal à Orsières et deux élus cantonaux. En deux élections successives, EA a augmenté sa représentation à 17 élu.e.s! C'est vraiment important et par conséquent le mouvement s'est considérablement agrandi et a petit à petit mené une mue professionnalisante. Néanmoins l'esprit de fondation du mouvement n'est jamais oublié et même soutenu par chaque membre actif de notre association. nous proposons une alternative forte aux partis traditionnels de la région, nous militons toujours pour les listes ouvertes, plus de représentativité sur les listes, la transparence de la vie politique, etc... Ce sont autant de valeurs qui ont fait notre ADN et si on en croit le sondage récent, qui rassemblent toujours nos sympathisants.

La pandémie de Covid a passablement compliqué la vie politique ces derniers mois. Est-ce qu’Entremont Autrement va organiser à nouveau des événements prochainement?

La situation du COVID a en effet eu des répercussions sur de nombreux domaines et je pense qu'il en va de même pour le débat politique. Après une campagne menée principalement sur les réseaux sociaux en raison des restrictions COVID, je pense qu'il est nécessaire de recréer du lien, de proposer des débats, des échanges d'idées, de partir à la rencontre de nos membres mais aussi des citoyens de la région. Le comité s'est donc fixé comme objectif de renforcer ses sections et de mettre sur pied des évènements politiques rassembleurs, que ce soit des débats ou des rencontres citoyennes.

Merci Jasmine d'avoir répondu à nos quelques questions. Bonne suite à toi dans tes fonctions!