28 février 2026

Quand les médias deviennent des armes politiques

La mort tragique du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon en février 2026 a déclenché une tempête médiatique et politique en France. Au lieu d’un débat apaisé sur les violences politiques, une partie de la presse privée, souvent contrôlée par des milliardaires, a choisi de relayer une narration biaisée : celle d’une gauche radicale dangereuse, incarnée par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI). Cette diabolisation systématique n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans une stratégie bien rodée, où les médias deviennent des outils au service d’intérêts politiques et économiques.

L’exemple le plus frappant est celui de Vincent Bolloré, dont l’empire médiatique (CNews, Europe 1, Le Journal du Dimanche) a joué un rôle clé dans la normalisation de l’extrême droite et la criminalisation de la gauche. En focalisant l’attention sur LFI, Bolloré et ses relais médiatiques permettent au Rassemblement national (RN) de se présenter en victime, tout en discréditant ses adversaires. Le timing est parfait : à quelques semaines des municipales et à un an de la présidentielle, cette instrumentalisation sert à affaiblir la gauche et à préparer le terrain pour une droite libérale.

Pourquoi ? Parce qu’une droite forte, une fois au pouvoir, ne remettra pas en cause les privilèges fiscaux des ultra-riches. Au contraire, elle pourrait même les renforcer. En France, cette stratégie porte ses fruits : selon un sondage Odoxa, 61 % des Français se disent prêts à voter « anti-LFI » aux municipales, un réflexe similaire au « vote de barrage » historique contre l’extrême droite. Ironie de l’histoire, c’est désormais la gauche qui est désignée comme l’ennemi à abattre, alors que les violences politiques viennent majoritairement de l’extrême droite.

Cette manipulation médiatique n’est pas nouvelle. Depuis des années, les médias de Bolloré amplifient les discours de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, tout en minimisant leurs dérives. Le but ? Rendre l’extrême droite respectable, tout en faisant passer la gauche pour une menace pour la République. Une tactique payante : le RN caracole en tête des sondages, tandis que LFI est isolée, y compris au sein de la gauche.


La Suisse n’est pas à l’abri : l’exemple Blocher

En Suisse aussi, des personnalités comme Christoph Blocher rêvent d’un tel contrôle sur l’information. Le magnat de l’UDC n’a jamais caché son mépris pour la RTS; lui et ses alliés attaquent régulièrement le service public, accusé d’être « de gauche » ou « trop cher ». Pourtant, leur opposition à la redevance n’a pas grand chose à voir avec une quelconque défense du porte-monnaie des citoyens, ils sont d'ailleurs beaucoup mois bruyants quand il s'agit de défendre les intérêts des plus défavorisés contre les augmentations d'assurances maladies ou les dépenses de l'armée.

En effet, Blocher continue d'étendre son influence sur la presse en se focalisant sur les journaux gratuits comme via l'acquisition du groupe Zehnder qui comprend 25 journaux locaux gratuits (plus de 800'000 lecteurs), ou grâce à sa proximité avec la Weltwoche (191 000 lecteurs) qui relaie ses idées. En 2018 il avait tenté d'entrer en Romandie via l'achat des gratuits "GHI" et "Lausanne Cités" et avait été bloqué in extremis par Jean-Marie Fleury fondateur de ces journaux. 

L’initiative « 200 francs, ça suffit ! », soumise au vote le 8 mars, s’inscrit dans cette logique. Affaiblir la RTS, c’est affaiblir un rempart contre la désinformation et les fake news, moins de faits indépendants, plus de propagande ciblée. Une RTS affaiblie laisserait le champ libre à des médias privés contrôlés par des groupes d'intérêt, dans lesquels l’information serait biaisée et les débats dirigés.


L’indépendance des médias : un rempart contre la manipulation

Ce qui se passe en France doit nous servir d’avertissement. Quand les médias tombent entre les mains de groupes d'influence, ils deviennent des instruments de propagande. En Suisse, la RTS reste l’un des piliers d’une information indépendante. Elle est loin d'être parfait, mais elle est indispensable pour garantir un débat démocratique sain.

Le 8 mars, les Suisses ont un choix à faire : soutenir une presse libre et pluraliste, ou ouvrir la porte à une information contrôlée par les plus riches. Refuser l’initiative, c’est aussi refuser que la Suisse devienne un terrain de jeu pour des millionnaires en quête d'influence.

En France, la presse privée est devenue une arme politique. En Suisse, ne laissons pas faire.


Jonathan Darbellay

15 février 2026

Votations fédérales du 8 mars 2026 : résultats du sondage interne d’Entremont Autrement

Le mouvement Entremont Autrement ne formule pas de recommandations de vote. Cependant, à titre informatif, nous partageons les résultats d’un sondage réalisé auprès de notre comité élargi (comité et élus du mouvement) sur les quatre objets soumis à votation le 8 mars 2026. Ces résultats reflètent les tendances au sein de notre collectif, sans constituer une consigne de vote.

À noter également que les textes qui accompagnent ces votes ci-dessous ne sont pas un résumé des discussions qui ont lieu mais simplement des éléments que j’ai souhaité mettre en avant pour étayer ces votes et n'engagent donc que moi.


1. Initiative pour l’argent liquide et contre-projet

Majorité pour le OUI au contre-projet

  • Le contre-projet garantit l’accès à l’argent liquide, il offre une solution équilibrée et réaliste et inscrit la disponibilité du cash dans la Constitution, tout en laissant à la BNS la gestion de l’approvisionnement.

Je vous suggère de ne pas trop vous arracher de cheveux sur cet objet mais de garder quelques touffes pour les suivants dont l’importance me semble plus élevée.


2. Initiative SSR

Majorité pour le NON à l’initiative

  • Menace sur la diversité linguistique : L’acceptation de l’initiative impliquerait pour la RTS/SSR une réduction drastique de son offre. S’il ne reste que des médias privés pour qui l’intérêt économique prime forcément sur tout le reste, qui sera le plus prétérité? La région Zurichoise ou un canton périphérique, plus pauvre, moins peuplé et appartenant à une minorité linguistique? D’ailleurs, où sont les sièges de Tx group et Ringier?

Il est évident que c’est la Romandie qui aurait plus à perdre et le Valais serait plus isolé que jamais.

  • Risque de désinformation : Pouvoir obtenir une information de qualité et indépendante est capital dans un pays comme le nôtre qui a la chance d’avoir une démocratie directe unique au monde.

Un affaiblissement de la RTS laisserait place libre pour la propagation de fausses informations par des médias contrôlés par des groupes d’intérêts financiers.

  • Perte d’emplois et de compétences : Conséquence directe du Oui : la suppression de milliers d’emplois et de contrats pour les freelances. C’est également une école qui forme les journalistes de demain qui serait mise à mal et ainsi la perte d’un savoir faire pour notre pays.


3. Initiative pour un fonds climat

Majorité pour le OUI à l’initiative

  • Investissements ciblés pour la transition écologique : Le fonds permettrait de financer des projets concrets dans les énergies renouvelables, l’assainissement des bâtiments et la protection de la biodiversité, avec un budget annuel de 0,5 à 1 % du PIB (4 à 8 milliards de francs).

  • Réduction de la dépendance énergétique : La Suisse, très dépendante des énergies fossiles importées (70 % de son énergie), renforcerait sa sécurité d’approvisionnement et sa résilience face aux crises géopolitiques. 

Cela permettrait également de consolider la position de la Suisse comme un pôle de recherche, de formation et d'innovation dans des secteurs d’avenir plutôt que de continuer à s’appuyer uniquement sur nos industries historiques.

  • Le coût de l’inaction serait bien plus élevé : En Valais, les catastrophes naturelles récentes (éboulements, inondations, laves torrentielles à Blatten, Sierre, Lourtier) illustrent cruellement le prix de l’inaction climatique. Chaque franc investi aujourd’hui dans le climat en économiserait quatre à cinq demain, et le fardeau financier pour les communes et cantons deviendrait insoutenable sans action forte.


4. Imposition individuelle

Majorité pour le OUI à l’initiative

  • Fin de la pénalisation fiscale du mariage : Aujourd’hui, les couples mariés paient souvent plus d’impôts que les couples non mariés dans une situation économique équivalente. 

Par exemple, quand l’un des deux conjoints souhaite reprendre une activité professionnelle, ses revenus sont fortement taxés car ajoutés à ceux de son partenaire. Avec l’imposition individuelle, ses premiers francs gagnés seraient taxés au taux minimal du barème, ce qui favorise l’indépendance financière et encourage le retour à l’emploi.

  • Simplification et modernisation du système : Le système qui a encore cours aujourd’hui n’a jamais eu pour but de défavoriser les couples mariés mais au contraire d’alléger la charge fiscale du foyer qui généralement dépendait d'un seul revenu.

Avec cette initiative, chaque conjoint remplirait sa propre déclaration, reflétant mieux la réalité sociale actuelle. D'ailleurs, étant personnellement fraichement marié, je trouve en toute partialité qu'il s'agit d'une excellente initiative!


À noter Les résultats sont le reflet des opinions exprimées en interne et n’engagent que les participants au sondage. Chaque citoyenne et chaque citoyen est libre de se forger sa propre opinion.

Merci pour votre lecture et surtout, n'oubliez pas de voter!

Jonathan Darbellay


26 janvier 2026

Nouvelle année, nouveau comité !

Lors de l’assemblée générale du 13 décembre 2025, Jasmine Lovey a annoncé sa démission du comité devant les membres du mouvement. Après près de dix années d’engagement à différents postes, dont celui de présidente, elle a choisi de tourner une page afin de se consacrer pleinement à ses projets socio-professionnels. Elle reste néanmoins engagée pour le mouvement en tant que membre.

Nous tenons à lui adresser nos plus sincères remerciements pour son travail remarquable, sa vision et son énergie. Jasmine a porté et mené de nombreuses campagnes avec rigueur et détermination, contribuant de manière décisive au développement et au rayonnement d’Entremont Autrement. Son empreinte restera durablement ancrée dans l’histoire du mouvement, et bien au-delà, dans nos mémoires et nos cœurs.

Pour assurer la continuité et ouvrir un nouveau chapitre, les membres d’EA ont élu pour la première fois une co-présidence, composée de Valérie Maret et Jonathan Darbellay. Jonathan signe ainsi son retour au comité d’Entremont Autrement, après avoir siégé au Grand Conseil à seulement 18 ans, aux côtés de Florian Alter. Valérie Maret, quant à elle, s’engage de longue date au sein du mouvement, qu’elle a rejoint sur les encouragements de l’ancienne présidente Sophie Juon. Originaire du Val de Bagnes, elle réside aujourd’hui à Som-La-Proz. Jonathan est récemment revenu s’installer en Valais avec sa petite famille, renforçant encore son ancrage local.

Le comité accueille également une nouvelle membre : Fanny Vaudan. Élue au Conseil général de Val de Bagnes depuis trois législatures, elle préside la commission « Jeunesse, formation, cohésion sociale, tourisme, culture et sport ». Son expérience et sa fonction permettront de renforcer les liens entre le comité et les élu·e·s d’Entremont Autrement au Conseil général.

Le comité d’Entremont Autrement est au complet avec : Valérie Maret et Jonathan Darbellay à la co-présidence, Roxanne Giroud à la vice-présidence et à la gestion des élu·e·s, Basile Darbellay à l’organisation des événements, Vinciane Murisier à la communication et secrétariat, et Florian Alter, Urbain Gaillard, Valérie Guigoz et Fanny Vaudan comme membres.

Nous abordons l’année 2026 avec enthousiasme et une énergie renouvelée. Cette année sans échéance électorale sera l’occasion de nous concentrer sur les problématiques locales, renforcer les liens avec la communauté, notamment à travers l’organisation d’événements conviviaux, et de concrétiser de nouveaux projets.

 

Le Comité d’Entremont Autrement




12 janvier 2026

Entremont Autrement : ensemble vers 2026 !

Nos vœux pour l’année 2026 étaient prêts pour leur publication, mais le réveil du jour de l’an fut d’une stupeur incommensurable. Souhaiter la nouvelle année dans un tel moment paraissait indécent.

Aujourd’hui malgré la douleur de ce drame, la vie reprend son cours. Le nouvel an aura cependant depuis 2026 une couleur plus sensible, plus fragile et plus intense.

De même nos vœux seront plus profonds qu’une simple déclaration. Tout notre soutien et toute notre sympathie sont destinés aux victimes du drame de Crans Montana.


Entremont Autrement : ensemble vers 2026 !


Voilà, 2025 est maintenant derrière nous, nous profitons de l’occasion pour dire un immense merci à Jasmine Lovey pour son excellent travail à la présidence, son dévouement et son énergie ont été des piliers pour notre mouvement ces dernières années.

Avec 2026, nous ouvrons une nouvelle page, pleine de promesses et de projets. Nous avons la joie d’accueillir Fanny Vaudan au comité directeur, dont l’expertise renforcera le dialogue et le soutien aux élus et élues de Val de Bagnes.

Autre grande nouveauté : une co-présidence pour succéder à Jasmine avec Valérie Maret et Jonathan Darbellay, pour incarner la diversité et la complémentarité au service de nos valeurs communes.

En cette nouvelle année, nous vous souhaitons à toutes et à tous une excellente année 2026, riche en solidarité, en partage et en entraide. Que ces valeurs continuent de nous unir et de nous inspirer !

Ensemble, faisons de 2026 une année ambitieuse, solidaire et innovante.

3 décembre 2025

Assemblée Générale 2025

Entremont Autrement a le plaisir de vous convier à son assemblée générale, le samedi 13 décembre à la Laiterie de Lourtier.
Retour notamment sur les élections cantonales 📩
Spoiler : il y aura du changement à EA !
À la suite de l'AG, nous vous invitons pour une fondue 😋
Inscription obligatoire auprès de Roxanne au 079 884 09 68



 

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