26 septembre 2022

Un constituant UDC dérape

Vous devez prendre la parole cinq minutes en public, que ce soit au travail, au Grand-Conseil, devant votre famille ou à la Constituante mais vous avez peur d’avoir l’air stupide? Et bien cette semaine, Damien Fumeaux nous a donné un parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire; profitons en ce dimanche de rappeler quelques fondamentaux sur la construction d’un discours à travers son intervention. 

Découvrez ici l'intervention de Damien Fumeaux: Voir la vidéo sur le site du Blick


L’introduction a trois objectifs principaux : Attirer l’attention du lecteur, donner le contexte du discours et en définir le sujet de manière précise. Ecoutez les premières minutes de la vidéo, on comprend vaguement que l’udc s’attaque à ceux qui viennent en Suisse imposer les règles du pays qu’ils ont quitté, mais c’est flou. Soyez précis, si vous n’arrivez déjà pas à cibler le sujet lors de l’introduction, il y a de fortes chance que le reste de votre discours soit hors sujet.

Une fois l’introduction posée, définissez trois axes principaux dans votre discours. Ici Fumeaux a choisi la structure :

  1. Le traitement de la femme au Quatar et en Iran,
  2. Le Grand Remplacement : Da Silva est le nom le plus répandu en Suisse
  3. Il n’y a plus de crèche de Noel à Lyon et Grenoble.

Je ne vais pas m’attarder sur le fond de l’argumentaire puisqu’il n’y en a pas, mais on voit clairement qu’il manque des liens entre les axes pour donner une cohérence et une logique au discours. N’oubliez pas qu’il faut utiliser prudemment les comparaisons. Ici, comparer le Valais avec le Quatar, l’Iran et Lyon, mettre ensemble la culture de l’Islam et l’immigration portugaise, cela donne l’impression (si seulement ce n’était qu’une impression) qu’on essaie de remplacer l’absence de contenu par des lieux communs.

Enfin, au delà de sa structure, la forme du discours est également importante: il faut rendre le texte sympathique à écouter et l’utilisation de l’humour ou de clins d’oeil est souvent bienvenue. Damien ne va pas s’en priver, il s’adresse directement aux verts pastèques, verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur (lol), aux chevaliers du temple LGBT et toutes les lettres qui viennent après - à force d’en rajouter on perd le fil (ahaha, t’es trop fort Dam) aux défenseurs de la sacro-sainte théorie du genre (ah ouais, bien envoyé!). Contrairement à lui, évitez de tomber dans des phrases trop clichées ou attendues, soyez originaux et si vous voulez faire une référence culturelle, faites-le intelligemment ; tout le monde se passerait volontiers d’entendre : « L’herbe n’est pas plus verte dans le jardin du voisin et ce n’est pas ce cher monsieur Seguin qui va dire le contraire ».

Il y aurait bien plus à dire sur ce discours, la rhétorique est un art complexe et chacun peut continuellement s’améliorer, mais de manière générale, plus vous aurez de fond, plus il vous sera facile de faire un bon discours, ce qui est malheureusement tout le problème de l’UDC. Parler du grand remplacement de notre civilisation par l’Islam en l’illustrant par le fait que Da Silva soit le nom le plus répandu de Suisse montre bien l’étendue du désastre. Cela prouve bien que sans contenu, on finit par toucher le fond.

Jonathan Darbellay

25 septembre 2022

25 septembre 2022: L'Entremont une fois sur quatre autrement. Rideau de roesti sur la retraite des femmes.

1. Initiative populaire « Non à l’élevage intensif »

Les membres consulté.e.s se déclaraient à une quasi-unanimité en faveur du texte d’initiative. Les entremoncles.tantes ne les ont pas suivie.s.

Les résultats:

Bourg Saint-Pierre Non 89.62%

Liddes Non 93.58%

Orsières Non 78.19%

Sembrancher Non 84.66%

Val de Bagnes Non 82.70%

Entremont Non 82.52%

Valais Non 77.97%

Cantons Non à la majorité des cantons 

Suisse 

2. Hausse de la TVA pour financer l’AVS

Entremont Autrement s’opposait avec une majorité claire à cette mesure. Les Val de Bagnian.e.s font basculer la majorité du district dans l'autre camp.

Les résultats:

Bourg Saint-Pierre Non 52.88%

Liddes Non 53.42%

Orsières Non 53.15%

Sembrancher Non 45.84%

Val de Bagnes Oui 54.02%

Entremont Oui 50.99%

Valais Non 55.10%

Suisse 

3. Hausse de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans


De nouveau, la majorité des sondés d'EA s’opposait à une hausse de l’âge de la retraite pour les femmes. En accord avec l'électorat entremontagnard et valaisan. Mais les suisses allemands ont décidé le contraire.



Se faire cuire un oeuf de ce côté du rideau de roesti.


Les résultats: 

Bourg Saint-Pierre Non 56.19%

Liddes Non 55.86%

Orsières Non 53.22%

Sembrancher Non 56.27%

Val de Bagnes  Non 50.41%

Entremont Non 52.01%

Valais Non 61.07%

Suisse à 50.6% donc A LA RACLETTE avec un net rideau de roesti.


4. Modification de la loi fédérale sur l’impôt anticipé

Entremont Autrement se prononçait à une très large majorité contre cette modification. Le Valais aussi qui contredit le district. Et la Suisse rejette également cet objet. 

Les résultats:

Bourg Saint-Pierre Oui 53.47%

Liddes Non 51.17%

Orsières Oui 53.83%

Sembrancher Non 58.66%

Val de Bagnes Oui 56.63%

Entremont Oui 54.25%

Valais Non 54.06%

Suisse 

7 septembre 2022

Non à la réforme de l’impôt anticipé

Le droit du timbre hier, l’impôt anticipé aujourd’hui, la taxe au tonnage aujourd’hui, ces dernières années on entend beaucoup parler d’impôts dont la plupart des citoyens et des entreprises suisses ne connaissait même pas l’existence. Et pour cause, ils ne sont payés que par une infime minorité d’entreprises : seulement 0,03% des entreprises présentes en Suisse vont bénéficier de cette suppression. Cette votation s’inscrit dans une offensive des multinationales pour arriver un jour à s’affranchir complètement de l’impôt, les Etats seront alors complètement à leur service sans contreparties, on doit les arrêter.

Sylvain Morand (tout à gauche sur la photo) en conférence de presse.

Mais pourquoi cet impôt existe-t-il ? Avant cette votation je ne connaissais qu’un seul impôt anticipé, celui que payent les étrangers qui travaillent en Suisse, qu’on impose sur leur salaire pour ne pas qu’ils quittent la Suisse sans payer d’impôts. Et bien l’impôt anticipé sur les obligations suisses a la même fonction, c’est un instrument important de lutte contre la fraude fiscale : l’entreprise qui déclare les revenus de ses obligations conformément à la loi se verra rembourser cet impôt. Cette suppression est donc une récompense pour les entreprises qui fraudent les impôts.

Cette suppression coûtera très cher à l’Etat, et nous le payerons un jour, par une hausse d’impôts ou par une baisse de notre confort de vie. Ueli Maurer a fini par concéder que la perte serait de 200 millions, soyez sûrs qu’elle serait beaucoup plus importante. Et l’argent qui sera économisé par les rares grandes entreprises qui se financent par des obligations sans déclarer leurs bénéfices sur leur feuille d’impôts ne sera pas réinvesti en Suisse, ces entreprises souvent étrangères investiront à l’étranger.

C’est pour ces raisons que cette votation est très importante, et qu’il faut se mobiliser pour mettre un frein à la dérégulation des marchés financiers qui pourrait avoir des graves conséquences, surtout dans cette période d’incertitude climatique et énergétique qui nous attend. Entremont Autrement appelle donc à rejeter avec force cette initiative des marchés financiers et de leurs relais politiques.

Sylvain Morand
Conseiller général
Val de Bagnes

4 septembre 2022

Un éclairage vraiment nécessaire?

 Martigny, 23 août, 22h20


Cette station de lavage garde ses lumières allumées toute la nuit. Y a-t-il vraiment beaucoup d’automobilistes qui lavent leur voiture de nuit? Pourrait-on imaginer qu’à partir d’une certaine heure, cette possibilité ne soit plus justifiée? Est-ce que les frais d’électricité occasionnés par cet éclairage sont compensés par les revenus des usagers entre 20h et 6h?

Au pire, pourrait-on, au moins considérer qu’une seule voie de lavage illuminée est suffisante de nuit?


2 septembre 2022

Un éclairage… pour qui?

Entremont Autrement réfléchit aux moyens de lutter concrètement et efficacement contre le gaspillage énergétique.

Une photo vaut parfois tous les discours:


Mardi 23 août, 22h15, Martigny: le magasin Lidl de la rue du Levant est complètement illuminé. Tous les plafonniers sont allumés. Même si on le distingue mal sur la photo, les lumières des frigos du fond du magasin sont également allumées. Le magasin est, bien entendu, fermé.

A quelle impératif commercial cet état de fait correspond-il? On pourrait tout à fait imaginer que les lumières du magasin soient éteintes durant les heures de fermture. Cela ne représenterait:

- aucun tort commercial
- aucun inconvénient pour le consommateur
- permettrait à Lidl de réduire ses dépenses et d’éponger ainsi une partie de l’augmentation des coûts liés à l’inflation.




1 septembre 2022

Non à AVS 21

Les finances de l’AVS sont déséquilibrées du fait que les dépenses progressent plus rapidement que les recettes en raison d’une population vieillissante et donc de rentes de vieillesse versées sur une plus longue période. L’un des buts de la modification de la loi sur l’AVS est justement de maintenir l’équilibre des finances pour la prochaine décennie et garantir le niveau des rentes AVS. Si a priori, il semble égalitaire d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, au même âge que les hommes, c’est en fait fermer les yeux sur toutes les inégalités encore et toujours subies par les femmes dans le monde du travail, en prenant également en considération le travail gratuit (travail du "care").


La rente moyenne des femmes est actuellement inférieure à celle des hommes de 37%, et ce pour plusieurs raisons :

  • Les femmes ont encore de la peine à briser le « plafond de verre » et sont largement minoritaires dans les postes supérieurs et donc à haut revenus.
  • Les métiers « féminins », c'est-à-dire largement investis par les femmes (soin des autres), sont dévalorisés sur le marché du travail car considérés comme des tâches « naturelles » pour les femmes.
  • Nettement plus de femmes que d’hommes ont un emploi à temps partiel (le 80% des hommes actifs travaillent à plein temps contre 41% de femmes), et notamment à cause des charges domestiques et familiales qui incombent encore aux femmes. En effet, elles assument toujours 50% de travail domestique en plus que les hommes. En cas d’enfants, ce sont elles qui quittent leurs emplois et sont souvent obligées de baisser leur pourcentage de travail pour s’occuper du soin et de l’éducation des enfants, faute aussi de meilleures aides en termes de garde, ce qui a pour conséquence un décrochage dans la carrière professionnelle et une difficulté supplémentaire pour progresser sur l’échelle salariale.
  • Enfin, à travail égal, les femmes ne touchent pas un salaire égal. Si on prend un salaire médian, les femmes touchent environ 600 francs de moins par mois. Or, l’égalité salariale apporterait 825 millions à l’AVS et rendrait cette réforme inutile.

Vinciane Murisier, au centre, défend le NON à AVS 21 au nom d'Entremont Autrement.

L’augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans pour toutes et tous semble une solution toute trouvée. On entend que si les femmes veulent l’égalité, alors elles doivent accepter de travailler autant que les hommes, or il faut également prendre en compte les inégalités de genre dans le monde du travail, inégalités trop souvent oubliées. Ce n’est pas en tentant de sauver l’AVS sur le dos des femmes, en les faisant travailler une année supplémentaire alors qu’elles assument déjà deux jobs, qu’importe leur pourcentage, dans le monde professionnel et à la maison, que l’inégalité salariale disparaîtra. C’est dans l’autre sens qu’il faut penser et agir.

En outre, les mesures de compensation sont dérisoires, elles ne concernent que les femmes nées entre 1961 et 1969 si elles décident de prendre leur retraite à 65 ans. La compensation serait un montant compris entre 50 et 160 francs, mais seules les femmes nées entre 1964 et 1965 recevraient l’entier du supplément.

Pour finir, d’autres solutions existent, et je mentionnerai ici l’utilisation des bénéfices de la BNS sur les intérêts négatifs (26 milliards en 2021). L’initiative « renforcer l’AVS grâce aux bénéfices de la Banque nationale », coordonnée par l’Union syndicale suisse, est en cours de signature.

Pour ces raisons, Entremont Autrement dit NON à la réforme AVS 21.

Vinciane Murisier
Secrétaire d’Entremont Autrement

31 août 2022

Face à la possible pénurie d’énergie à venir, que faire? Comment réagir?

Le 24 février dernier, lorsque la Russie envahit l’Ukraine dans la stupeur générale, débute une crise géopolitique majeure. La guerre « classique » est de retour sur notre continent, option que nous étions nombreux à considérer comme définitivement reléguée aux cours d’histoire. Or, dans de nombreux ministères européens, une autre menace apparaît - il ne s’agit ni de chars, ni de bombes: la perspective d’une gigantesque crise énergétique. Depuis des décennies, l’Europe dépend pour son approvisionnement des importations de gaz et de pétrole russes.

Depuis plusieurs semaines, les différents gouvernements européens, ainsi que le Conseil fédéral nous avertissent de possibles pénuries l’hiver prochain. Vous avez peut-être remarqué que le sujet revient fréquemment dans les discussions: faudra-t-il que nous baissions le chauffage dans notre logis? Faut-il que nous éteignons les enseignes lumineuses des magasins? Faudra-t-il débrancher les remontées mécaniques? Certains spécialistes envisagent même des « délestages », c’est-à-dire des coupures planifiées de courant durant plusieurs heures par jour.

Il faut bien comprendre que derrière cette pénurie d’énergie s’agglomèrent des problématiques très différentes:

- la question du manque de gaz: pour les ménages qui se chauffent au gaz essentiellement et pour l’industrie. Très liée à la situation en Ukraine.
- la question de pétrole: nous ne devrions pas connaître de véritable pénurie de pétrole en Suisse, par contre ce sont les coûts qui pourraient exploser, réduisant fortement le pouvoir d’achat. Partiellement liée à la situation en Ukraine, mais dépendant également de nombreux autres facteurs sans rapport avec la guerre.
- la question du manque d’électricité: pour l’ensemble de la population. Mais qui dépend aussi de problèmes structurels, des tensions sur le marché électrique européen. M. Guy Parmelin avait d’ailleurs déjà alerté la population de ce risque de pénurie à l’horizon 2025 bien avant la survenue de la guerre en Ukraine.


La semaine dernière, la Confédération a publié un premier plan mis en consultation pour gérer la crise. Ce plan tente d’envisager, par degrés, des scénarios très différents, allant de la simple recommandation d’économie d’énergie à des mesures beaucoup plus contraignantes.

Enfin, après un été où la sécheresse a été historique, toutes ces questions viennent se télescoper avec la crise plus globale du réchauffement climatique et des mesures que nous devons prendre pour l’enrayer.

Chez Entremont Autrement, nous souhaitons nous poser franchement ces questions. Et dépasser le simple constat. Nous souhaitons faire des propositions concrètes et constructives pour la population, pour les PME locales et pour nos collectivités. Nous voulons éviter de nous cantonner au discours alarmiste et esquisser quelques pistes qui puissent servir à tous ceux qui souhaitent contribuer à l’effort commun.

Notre objectif est de proposer des solutions:

  • applicables le plus rapidement possible, à un niveau local ou régional
  • efficaces en termes d’économies d’énergie
  • avec l’impact le plus modeste possible sur les modes de vie
Chaque mesure prise isolément semblera futile (on ne règlera pas la crise globale simplement en débranchant les appareils en veille), mais viendra s’additionner aux petits gestes du quotidien qui ensemble ont un impact.

Nous souhaitons au-delà de la menace et de l’anxiété que celle-ci peut occasionner, voir dans cette situation une opportunité.

J. Lovey

20 août 2022

Prise de position concernant les votations fédérales de septembre 2022

Entremont Autrement a terminé sa consultation en vue des prochaines votations et il en ressort une assez nette majorité sur les quatre objets soumis au vote.

1. Initiative populaire « Non à l’élevage intensif »
Les membres consultés se déclarent à une quasi-unanimité en faveur du texte d’initiative. Le sort des animaux élevés industriellement est considéré comme particulièrement cruel et peu respectueux de leur bien-être. S’opposer à l’élevage intensif, c’est soutenir une agriculture plus responsable, mais aussi plus traditionnelle, chère à la population suisse et à l’image de l’élevage en Suisse.

2. Hausse de la TVA pour financer l’AVS
Entremont Autrement s’oppose avec une majorité claire à cette mesure. En cette période incertaine d’inflation et de crise énergétique, augmenter la TVA revient à prendre à la gorge les petits ménages en difficulté. Ainsi bien que la mesure soit présentée comme égalitaire, elle n’est pas équitable en fonction du revenu et ne satisfait pas notre mouvement.

3. Hausse de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans
De nouveau, la majorité des sondés s’oppose à une hausse de l’âge de la retraite pour les femmes. Le fait que ces dernières soient déjà les plus précaires à la retraite semble avoir été un argument important. Une réforme qui a pour mesure phare de faire reposer le financement sur 10 ans de la retraite sur les femmes ne convainc pas, alors même que de nombreux secteurs de la vie familiale et professionnelle laissent encore subsister de nombreuses inégalités : salaire moindre, charge familiale plus grande, temps partiel, etc…

4. Modification de la loi fédérale sur l’impôt anticipé
Entremont Autrement se prononce à une très large majorité contre cette modification. Concernant principalement les classes aisées, l’impôt anticipé est une rentrée d’argent importante pour la Confédération. Le supprimer reviendrait à mettre en péril les finances fédérales et fait risquer une hausse des impôts pour les particuliers ou les PME.


18 août 2022

Des pionniers de l'intégration

On nous signale dans la version on line de Le Temps du 17 et la version papier du 18 août 2022, un grand interview de l'actuel chef du Service valaisan de l'enseignement qui déclare en titre "L'intégration scolaire, c'est un investissement durable." Revenant sur l'histoire dynamique et progressiste de ces mesures en Valais, il rappelle les rôles de pionniers joués par Jean-Pierre Cretton, à l'époque directeur des écoles de Martigny et de Cilette Cretton.