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29 février 2020

23 août 2017

Prévoyance vieillesse 2020 : une entourloupe de plus pour les femmes

Note de la rédaction: Entremont Autrement n'a pas encore pris officiellement position sur cet objet fédéral, mais le fera dans les prochains jours.

Je ne sais pas vous, mes amies, mes sœurs, mes compatriotes, mais moi je voterai non à la Prévoyance vieillesse 2020, par solidarité avec toutes les femmes défavorisées de notre pays.

Le fait que les femmes de gauche soutiennent dans leur grande majorité cette révision de l’AVS me laisse pantoise. A coup sûr, elles n’ont pas turbiné à la chaine dans les abattoirs ou trimé par tous les temps dans les champs de carottes ou dans les vignes. A coup sûr, elles ne sont pas levées tous les matins à 04h00 pour traire les vaches et n’ont pas terminé leur journée à 22h00, après le repassage et le paiement des factures (cette dernière activité leur provoquant très souvent une bonne insomnie). A coup sûr, elles ne se sont pas coltiné 16 heures par jour de travail comme le font les mères de famille nombreuse ou les mères célibataires qui doivent travailler et élever seules leurs enfants. A coup sûr, elles n’ont jamais besogné comme serveuse dans des bistrots pourris 10 heures par jour pour un salaire de misère (en-dessous de Fr. 3'000.- brut parfois). A coup sûr, elles n’ont jamais subi sur leur lieu de travail harcèlements en tout genre, menaces, dénigrement, mépris. A coup sûr, elles ne se sont jamais rendues au travail la boule au ventre. A coup sûr, elles n’ont jamais eu la peur de perdre leur emploi. A coup sûr, elles n’ont jamais collaboré avec des collègues masculins mieux payés qu’elles pour le même travail et, dans le meilleur des cas, le même rendement. Je pourrais continuer, mais bon, vous avez compris le message…

Les femmes devront passer à la caisse alors que leur salaire est encore de 18 % inférieur à celui des hommes et qu’elles accomplissent encore à l’heure actuelle bien davantage de travaux non rémunérés que les hommes. La différence salariale pèse 7,7 milliards de francs et se traduit par une différence de Fr. 585.- par mois dans la moyenne du secteur privé. Pour combler cette inégalité salariale, l’âge de la retraite des femmes devrait être de …. 57 ans.

L’argument de Karin Keller-Sutter selon lequel les femmes verront l’effet de leur sacrifice dissipé par l’extension de la rente AVS me paraît également convaincant. Elles apporteront 1,2 milliards à l’AVS mais le bonus de Fr. 70.- coûtera 1,4 milliards de francs. De quoi nous laisser songeuses…Certains argumenteront que les femmes profiteront de ces Fr. 70.-. Et bien non ! Une femme touchant la retraite moyenne devra vivre jusqu’à 94 ans pour compenser l’année perdue. Pour celles qui n’ont que l’AVS (40 %), le bonus sera mangé par la baisse des prestations complémentaires.

Nous, les femmes, devons exiger que tous les moyens soient mis en œuvre pour que l’égalité salariale, inscrite dans la Constitution, soit respectée, avant d’entrer en discussion pour une égalité de l’âge de la retraite.

B***

19 août 2017

Réflexion pour la rentrée scolaire

A l’heure où nos petits chérubins commencent leur année scolaire, j’aimerais vous faire partager un extrait de l’essai Les Yeux Ouverts, paru en 1980, aux éditions Le Centurion. Les Yeux Ouverts rassemble un ensemble d’interviews de l’écrivaine et poète Marguerite Yourcenar (1903-1987), qui fut la première femme élue au sein de l’Académie française. Cet extrait n’a rien perdu de son actualité.

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation d’un enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Marguerite Yourcenar

Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique et aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions de ce monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses importantes plus tôt qu’on ne le fait »

Marguerite Yourcenar

Texte proposé par B***

4 août 2017

Petite discussion entre amis

Voilà, voilà, les amis. Entre apéro et Paléo, plage et bronzage, voyage et badinage, escapade et escalade, nous avons tous profité du soleil généreux que nous offre ce bel été. Nous en arrivons même à nous dire, entre deux verres de blanc pris sur une terrasse le soir à 22h00, alors qu’il fait encore 25°, que le réchauffement climatique a du bon!

Et c’est là que quelqu’un vient casser l’ambiance, devinez qui? Non, le réchauffement climatique n’est pas bon, non, tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes. Les glaces de l’Arctique et de l’Antarctique se décomposent, de même que nos glaciers, sécheresse et inondations se multiplient aux quatre coins du monde, des milliers d’hectares de forêts partent en fumée, un tiers des terres du globe est menacé de désertification, la déforestation met en danger la plupart des forêts tropicales et subtropicales d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, la forêt équatoriale amazonienne et toutes les espèces animales et végétales qu’elles abritent ainsi que les peuples indigènes qui y vivent. Les océans et les mers suffoquent sous les déchets et polluants de toute sorte. Plus de la moitié des populations de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont disparu durant ces 40 dernières années. Des espèces emblématiques comme l’orang-outan et le gorille, notre proche cousin, sont en voie imminente d’extinction. En Suisse plus précisément, dans un rapport publié il y a deux semaines, la Confédération s’inquiète de l’état alarmant de notre biodiversité. Près de la moitié des milieux naturels et plus d’un tiers des espèces animales et végétales sont menacés. Et à partir du mercredi 2 août, l’humanité a épuisé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en un an et vivra donc « à crédit » jusqu’au 31 décembre 2017. A bout de souffle, j’attends les réactions qui ne se font pas attendre.

« Et c’est quoi la solution, d’après toi? » Prenant mon courage à deux mains, je prononce le terme abhorré: décroissance. Au milieu du vacarme qui s’ensuit, je poursuis vaillamment. Non, je n’ai pas envie de revenir à la bougie (quoique…j’adore les bougies), non je n’ai surtout pas envie de renoncer à mon lave-linge. Non, je ne veux pas vivre en ermite. Par contre, je veux vivre en être responsable, responsable envers mes prochains, envers ma descendance, envers ma planète. Je veux revenir à des valeurs comme la sobriété, le partage, la solidarité, la convivialité. Toutes ces valeurs qui sont le contraire de l’individualisme qui gangrène notre société. La décroissance est une philosophie de vie joyeuse, un projet de société révolutionnaire, un changement profond de mentalité. Un projet politique en faveur d’une économie solidaire attentive au bien-être et à la qualité de vie des individus, ainsi qu’à leur environnement, loin des exigences de productivité, de rentabilité et d’accumulation du profit (en faveur de quelques-uns), qui constituent la logique du système économique dominant actuellement. Quelques exemples: réparer au lieu d’acheter à nouveau, échanger, partager, faire du troc, prêter, faire du covoiturage, renoncer à la villa individuelle ou en acheter une déjà construite, rénover au lieu de démolir, choisir là où il existe l’habitat coopératif et sinon, encourager les communes et les villes à mettre en avant ce type d’habitat, ne pas gaspiller, acheter de la qualité dans tous les domaines et user jusqu’au bout, manger des aliments de proximité, partager à tour de rôle les repas avec des voisins, faire ses courses et aller boire le café ou l’apéro à pied, éviter les vols low cost, etc...

Profitant des quelques secondes de silence offertes par mes amis abasourdis, j’enfonce le clou: nos responsables politiques et les chefs d’entreprise devraient avant chaque décision se poser la question essentielle du philosophe français Jean-Claude Michea, né en 1950: « Quels biens une société décente devrait-elle continuer à produire, au bénéfice de qui, dans quelles conditions concrètes, et avec quelles conséquences immédiates et à long terme sur l’environnement ou sur notre propre humanité? » De l’utopie totale, entends-je ricaner plus ou moins amicalement. Non, les amis, l’utopie c’est de croire que nous pouvons continuer à croître. Et c’est là que j’assène avec une joie non dissimulée une citation de Serge Moscovici (ne pas confondre avec Pierre, pas du tout le même genre …): « Tout ce qui croît finit par s’écrouler sous son propre poids ».

Très belle fin d’été, les amis!

B***

21 mai 2016

Accord de libre-échange avec la Malaisie: stop à l'huile de palme

Un accord de libre-échange est en cours entre la Suisse et la Malaisie, dans le cadre de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Cet accord suscite beaucoup d’inquiétude dans les milieux agricoles et de défense des droits humains qui se mobilisent en faisant signer une pétition qui demande au Conseil fédéral:

  • d’exclure l’huile de palme de l’accord de libre-échange
  • de ne signer cet accord qu’à partir du moment où la Malaisie aura signé les pactes sur les droits de l’homme de l’ONU et reconnu les normes de travail de l’Organisation internationale du travail (OIT).  


Pourquoi l’Union suisse des paysans (USP), la Fédération suisse des producteurs de céréales (FSPC), le syndicat Uniterre, la Fédération romande des consommateurs (FRC), Pain pour le prochain, la Déclaration de Berne et ASK se mobilisent-ils pour que l’huile de palme soit exclue de cet accord de libre-échange ?

  • Pour des raisons de protection de l’environnement : en Malaisie, ce sont des millions d’hectares de forêt tropicale qui sont détruits pour la monoculture de l’huile de palme.
  • Pour des raisons de droits des travailleurs et de droits de l’homme : des violations répétées du droit du travail et du droit des autochtones entourent la production de l’huile de palme. Des milliers de petits paysans sont dépossédés de leurs terres.
  • Pour des raisons économiques : l’accord de libre-échange ratifierait la suppression des droits de douane liés aux importations d’huile de palme. Cette disposition réduirait de moitié le prix de l’huile de palme et exacerberait les ventes en Suisse où elles ont déjà presque quadruplé au cours de ces six dernières années. La production d’huile de colza suisse serait fortement menacée et une épée de Damoclès serait suspendue au-dessus de plus de 7000 hectares de colza helvétique. Cet accord n’aura pour conséquence que de favoriser de rares intérêts industriels exportateurs de notre pays, tout en détruisant des postes de travail dans la filière du colza et en détériorant la qualité de nos aliments. D’immenses efforts ont été consentis par les producteurs de colza pour développer et promouvoir cette huile végétale indigène. Par ailleurs, le colza est important dans la rotation des cultures et contribue aussi à la beauté des paysages suisses avec ses lumineuses fleurs jaunes.
  • Pour des raisons de santé publique : l’huile de palme possède 50% d’acides gras saturés (augmentation des risques d’accidents cardiovasculaires et du diabète), contrairement à l’huile de colza helvétique HOLL, de haute valeur nutritive grâce aux teneurs plus élevées d’acides gras polyinsaturés par rapport aux autres huiles végétales. L’huile de colza est également une source importante de vitamine E et d’Omega 3.


A l’heure où la France vient de décider de prélever, à partir de 2017, un impôt écologique de 90 euros par tonnes sur les importations d’huile de palme de Malaisie, la Confédération serait bien inspirée de ne pas sacrifier la production de colza suisse sur l’autel d’un libéralisme outrancier, irrespectueux de la nature et des hommes.

B***
La pétition peut être signée sur internet à l’adresse http://www.pro-foret-pluviale.ch

Source : journal Agri du 29 avril 2016

15 mai 2016

LPMA : vers quelle société nous amène-t-elle ?

Pour une raison de forme tout d’abord, je voterai non à la modification de la Loi sur la procréation médicalement assistée. Le 14 juin 2015, le peuple a accepté à 61,9% l’article constitutionnel relatif à la procréation assistée et au génie génétique dans le domaine humain. Cet article devait permettre aux couples porteurs d’une maladie génétique grave d’avoir des enfants non touchés par cette maladie. 

Dans une première version de la mise en œuvre de cet article, le Conseil Fédéral voulait n’autoriser le DPI (diagnostic préimplantatoire) qu’aux couples risquant de transmettre à leurs enfants une maladie héréditaire grave qui risque de se déclarer avant l’âge de 50 ans et contre laquelle il n’existe pas de thérapie.

Or, le Parlement a voulu aller plus loin et a demandé que la loi définitive prévoie que tous les embryons conçus en éprouvette peuvent être examinés avec toutes les techniques génétiques à disposition, puis sélectionnés (screening). Ainsi, les embryons révélant une anomalie chromosomique telle la trisomie 21, ou d’autres anomalies chromosomiques beaucoup moins graves, pourraient être détruits avant l’implantation. Cette loi que le Parlement a élaborée ne correspond donc tout simplement pas à ce que le peuple a voté et cette manière de faire est inacceptable.

Voilà pour la forme.

En ce qui concerne le fond du problème, je fais miens les arguments du Comité Interpartis, rassemblant une cinquantaine de parlementaires issus de tous bords qui craint que « cette modification de la constitution, prétendue inoffensive, ouvrirait grandes les portes à la sélection d’êtres humains ». En effet, la loi proposée par le Parlement s’éloigne totalement du concept de maladie grave et fait craindre un risque d’eugénisme. Ce terme n’est pas trop fort puisque le Conseil Fédéral lui-même l’a utilisé lorsqu’il combattait au Parlement la proposition « screening ». Au surplus, cette manière de procéder créerait inévitablement un nombre beaucoup plus élevé d’embryons surnuméraires.

Au lieu de 50 à 100 analyses par an concernant seulement les graves maladies héréditaires, ce serait alors tous les 6000 couples (et plus) qui pourraient faire examiner leurs embryons et les faire détruire s’ils ne leur conviennent pas. Le danger de dérives relatives à la sélection plane sur cette loi. Membre du Comité Interpartis, Mathias Reynard a clairement souligné que la loi présentée reste très vague : « Il n’est décrit nulle part quelles maladies héréditaires ou caractéristiques chromosomiques sont dignes de sélection ou pas. L’exemple de la Grande-Bretagne nous montre que la liste des critères de sélection ne cesse de s’allonger. A moyen terme, cela mènera à des tests globaux de normalité allant à l’encontre de la diversité humaine. » Rappelons ici par exemple qu’aux Etats-Unis, depuis de nombreuses années, des milliers de couples ne souffrant pas d’infertilité utilisent le DPI pour choisir le sexe de leur enfant. Même si cela sera interdit en Suisse, il est évident que des pressions émanant des milieux scientifiques ainsi que des enjeux financiers énormes feront évoluer le DPI vers de nouvelles applications.

En outre, la loi ne favorisera aucunement les progrès de la médecine. Au contraire, les recherches sur les maladies héréditaires et les anomalies chromosomiques risquent de diminuer fortement, voire disparaître. Ne serait-ce pas plutôt du côté de la recherche que l’effort devrait être mis ?

Pour terminer, et au-delà de toutes considérations religieuses, morales ou éthiques, la question se pose de savoir vers quelle société nous voulons nous diriger. Une société dominée par l’individualisme, la technologie et la science, une société qui nous donne le pouvoir de décider quels êtres humains sont dignes ou indignes de vivre, une société sur laquelle plane le danger de la recherche de l’être parfait ou une société solidaire, diversifiée et chaleureuse qui inclut tout naturellement dans ses trajectoires et dans sa philosophie les personnes dites handicapées.

Et puis, une dernière question qui pourrait créer un débat à elle toute seule : quels sont les critères qui définissent une personne handicapée ? Parce que, je ne sais pas vous, mais moi quand je suis en face d’une personne dite handicapée, je me sens souvent plus handicapée qu’elle …

B***

5 avril 2016

Rond-point à l'entrée d'Orsières: mais à quoi sert-il donc?

Le nouveau rond-point à l’entrée du village a déjà soulevé de nombreuses interrogations et sarcasmes. Une rumeur circule dans la commune faisant état de l’intervention et de la demande d’EA pour l’exécution de ce rond-point. Rumeur amusante et somme toute assez flatteuse, puisque d’aucuns supposent qu’EA aurait le pouvoir d’obtenir du canton ni plus ni moins qu’un rond-point. Rassurez-vous, bonne gens, EA n’est (encore) pas si puissant … 

Les braves citoyens et usagers de la route se posent, à raison, deux questions. A quoi sert le rond-point et pourquoi a-t-il été si mal exécuté ? Si à la deuxième question, mes connaissances techniques sont trop limitées pour y répondre, je peux essayer de donner quelques pistes menant à l’élucidation de la première.

Ca pourrait être pire!

Le rond-point a été demandé par la commune d’Orsières. Cette demande a été effectuée en son temps en relation avec le projet du Vieux-Bourg. Pour finaliser ce projet, un rond-point servant à dévier une partie de la circulation était nécessaire. La commune devait également reprendre à son compte la route qui traverse le village. Le canton, qui s’est enthousiasmé pour ce beau projet, a accepté. Nous voici donc avec ce fameux rond-point fonctionnel depuis environ cinq mois et une troisième question s’impose aux esprits curieux. Que va faire maintenant la commune d’Orsières avec cet énigmatique rond-point, le projet du Vieux-Bourg semblant être malheureusement tombé dans les oubliettes de la maison de commune ?

Avec précaution, j’ose échafauder quelques réponses. La commune pourrait par exemple, dans un premier temps, exiger des camions, des bus, des cars, des tracteurs qui arrivent de La Vallée, de Champex, de la gare et qui se rendent direction Liddes, ainsi que de ceux qui font le trajet contraire, de ne plus circuler à l’intérieur du village, ce qui constituerait déjà un progrès considérable au niveau du bruit et de la circulation. Elle pourrait aussi, dans un deuxième temps, imposer un 20 km/h, tout à fait justifié si l’on considère que nous sommes au centre d’un village fortement habité et où cohabitent de nombreux bistrots, restaurants et commerces. Une signalisation appropriée aux entrées Sud et Nord d’Orsières, ainsi qu’au Bourgeal est évidemment indispensable.

Le projet du Vieux-Bourg est peut-être abandonné, à mon grand regret car c’était un magnifique projet avant-gardiste et de développement durable. Par contre, il semble impératif dans l’immédiat d’améliorer la circulation et le parcage au cœur d’Orsières pour des raisons évidentes de qualité de vie et de sécurité. La commune dispose maintenant des atouts pour le faire avec ce rond-point et j’espère vivement qu’elle les utilisera dans un avenir proche. Les habitants toujours plus nombreux du centre du village lui en seront immensément, que dis-je, prodigieusement reconnaissants ! Ces mesures les aideront à patienter avant la prochaine étape, soit la construction d’un vrai parking !

B***

17 février 2016

Initiative contre la spéculation sur les produits alimentaires. Position des paysans suisses

L’initiative contre la spéculation sur les produits alimentaires a pour but d’interdire les paris risqués effectués en bourse et touchant le domaine vital qu’est la nourriture. Ainsi, elle supprimerait uniquement la spéculation financière motivée par des gains à court terme. En revanche, elle ne toucherait pas au commerce direct et aux transactions sur le marché réel, ni aux couvertures de prix, qui eux permettent la stabilisation du système.

L’initiative réunit une large alliance qui va du PS aux Verts, en passant par diverses organisations humanitaires, des organisations chrétiennes et des organisations d’agriculteurs. EA a voulu s’intéresser de plus près à la position des paysans suisses.

Si l’Union suisse des paysans n’a pas donné de mots d’ordre, elle a annoncé que plus de 82% de ses membres voteront oui à l’initiative. De nombreuses organisations de paysans la soutiennent officiellement : Uniterre (syndicat paysan qui vise à promouvoir une agriculture durable), Bio Suisse, Biofarm, Bioforum, Demeterre, Alliance Agraire, Kleinbauern Vereinigung. Quant au syndicat vaudois Prometerre, son secrétaire général Jean-Luc Kissling s’est clairement prononcé en sa faveur. Un large comité de paysans s’est par ailleurs constitué devant la presse le 4 février 2016 pour soutenir cette initiative.

Avis du comité de paysans en faveur de l’initiative et de certains de ses membres
Selon ce comité, la spéculation est un facteur d’instabilité qui provoque des hausses massives de prix. La spéculation sur les denrées alimentaires nuit financièrement à l’agriculture suisse, car elle augmente les prix de revient pour les denrées alimentaires. Par exemple, durant la crise alimentaire de 2088-2009, les agriculteurs suisses ont déboursé jusqu’à 15% de plus pour acheter leur fourrage. Rien qu’en 2012, l'agriculture suisse aurait perdu, à cause de la flambée des prix, près de 100 millions de francs, selon les calculs du quotidien « La Liberté ».

Pour Urs Brändli, président de Bio Suisse : « L’enrichissement et les profits au détriment des moins favorisés sont incompatibles avec nos valeurs et nos principes ».

Maya Graf, conseillère nationale et paysanne affirme : « Même les agriculteurs suisses ont besoin de prix équitables pour les importations et les exportations, des prix qui ne soient pas soumis aux aléas spéculatifs ».

Régina Fuhrer, présidente du syndicat des petites exploitations agricoles insiste sur le fait que : « Une évolution des prix imprévisibles est dévastateur pour les petits agriculteurs du Sud, car elle peut conduire à moins d’investissements dans la production agricole et/ou à la vente du bétail, des semences ou des terres dans des situations d’urgence ».

Martin Köchli, président de Bioforum, en parlant du Congo qu’il connaît bien, explique : « Les agriculteurs qui n’ont pas de capital, à l’exception de quelques animaux et d’un peu de terre, sont totalement dépendants de la stabilité des prix des produits agricoles et des denrées alimentaires ».

Avis de Prometerre et d’Uniterre

Jean-Charles Kissling, secrétaire général de Prometerre, écrit dans le journal Agri du 29 janvier : « Il est constaté que la spéculation sur les marchés agricoles amplifie la volatilité des prix, néfaste pour les producteurs comme pour les consommateurs. Lutter contre elle, ce n’est pas, il est vrai, supprimer la faim dans le monde, mais c’est au moins donner un signe de moralité aux crocodiles du marécage spéculatif….. La culture du sol, l’élevage ne se prêtent ni aux marchés internationaux, ni à la spéculation sur les matières premières…. Lorsque le Département fédéral de l’économie s’obstine à libéraliser l’agriculture, c’est en outre mauvais pour l’emploi. Le secteur primaire a perdu plus de 22'000 postes de travail dans les derniers dix ans (-12,4%). En comparaison, le secteur secondaire en a gagné 6% et le secteur tertiaire 13,6%. »

Avis d’Uniterre
Le syndicat Uniterre étant certainement celui qui s’est le plus exprimé au sujet de l’initiative, il est intéressant de se pencher sur quelques-uns de ses arguments, par la voix de M. Paul Sautebin, membre de son comité :

  • La vision économique de l’agriculture prévue dans le mouvement mondial des paysans Via Campesina met l’orientation de l’agriculture en main citoyenne, à l’inverse du néolibéralisme qui la met au service du profit.
  • Les producteurs des deux hémisphères sont victimes de la spéculation sur les denrées alimentaires car ils ne bénéficient que rarement d’une augmentation de prix. Chez nous, dans les secteurs de l’industrie laitière et de la viande, les agriculteurs voient même leurs revenus baisser en raison de l’augmentation des coûts de production. Dans de nombreux pays du sud où les cultures de rente (café, cacao, coton, canne à sucre etc..) ont été favorisées au détriment des cultures vivrières, les paysans ne produisent plus leur propre nourriture. Cela signifie que même si l’agriculteur reçoit une légère augmentation pour sa culture de rente, il doit acheter de la nourriture beaucoup plus coûteuse sur le marché. Par conséquent, l’augmentation des prix des produits alimentaires entraîne aussi une plus grande pauvreté au sein des familles agricoles elles-mêmes.
  • 30 entreprises internationales, dont 6 sont en symbiose avec l’industrie et la production boursière, ont pris le contrôle de presque toute la production commerciale mondiale : elles ont l’emprise sur les semences, les stocks, les engrais, les pesticides, les fourrages, les machines agricoles, la génétique animale et végétale, les produits vétérinaires et les connaissances scientifiques. Les agriculteurs ne peuvent plus utiliser une partie de leur production pour produire à nouveau, mais sont obligés d’acheter à crédit les outils nécessaires pour le faire. L’application d’idéologies néolibérales et des marchés libres nuit à la survie des petites exploitations agricoles.
  • L’agriculture traditionnelle a des rendements par hectare 5 à 10 fois plus élevés que la production industrielle. Faire croire que l’agriculture industrialisée va résoudre les défis alimentaires est une mascarade. De plus, ce modèle de production implique une très forte mécanisation énergivore, ce qui implique un rapport négatif entre calories produites et calories consommées.
  • La spéculation alimentaire oblige une partie des 1,2 milliards de personnes qui vivent de l’agriculture traditionnelle à renoncer à leur moyen de vivre et d’émigrer vers les villes.
  • Dans les pays du sud, des monocultures sont imposées dans le seul but d’exporter, et non pas de nourrir la population. Au final, 70 pays du monde (pour la plupart africains) n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins et sont dépendants des importations, tandis que la nature et la biodiversité sont détruites.
  • Il faut développer une agriculture durable et mettre un frein à l’emprise grandissante de la dictature des actionnaires sur la citoyenneté. L’initiative « stop à la spéculation » est un pas vers la bonne direction.


En résumé, la position des paysans et des agriculteurs suisses est quasi unanime :

  • La spéculation sur les denrées alimentaires nuit aux agriculteurs suisses et du monde entier.
  • Il semble impossible de lier la production de denrées alimentaires aux lois de l’ultra libéralisme.


B***
Entremont Autrement

14 août 2015

Entremont Autrement en ordre de bataille!

Entremont Autrement a d'abord longuement hésité à se lancer dans la campagne aux élections fédérales de 2015. Nous pensions qu'il n'y avait pas de légitimité pour une liste "EA" à la conquête de Berne.

En voyant la situation politique se détériorer, notamment avec une UDC toujours plus xénophobe et extrémiste, nous avons décidé d'engager des moyens exceptionnels pour cette échéance qui peut potentiellement changer le visage du pays:



  • Entremont Autrement a décidé de "prêter" certains de ses membres à des listes alliées. C'est ainsi que Michèle Steiner a rejoint la liste PS 60+ et Jonathan Darbellay celle du Centre-gauche PCS.
    En appui à ces candidatures, notre présidente Sophie Juon ainsi qu'Antoine Cretton siègent au comité de campagne du Centre-gauche PCS Valais.
  • En décembre 2014, c'est un autre membre d'Entremont Autrement qui se lance dans la bataille: Josué Lovey est nommé chef de campagne du candidat PS Gaël Bourgeois. Malgré ses nouvelles responsabilités au niveau cantonal, Josué reste actif au sein d'EA, au secrétariat et dans la communication. Pierre Troillet et Laure Sauthier-Rausis ont également rejoint l'équipe de campagne de Gaël pour des coups de main ponctuels.
  • Nous contribuons aussi financièrement à plusieurs campagnes de nos partenaires historiques afin de leur permettre de lutter face au rouleau-compresseur publicitaire et financier des grands partis.
  • La rédaction de notre blog a décidé d'ouvrir largement ses colonnes aux candidats qui en feraient la demande. Nous participons ainsi activement au débat d'idées qui est la condition sine qua non d'une élection démocratique. Le blog retranscrira d'ailleurs des échos de la campagne jusqu'au jour J! Nos pages Facebook et Twitter permettent également de suivre l'actualité politique valaisanne.
  • Enfin, Entremont Autrement organise une soirée-événement à Orsières le 28 août, au Café National (dès 18h) à laquelle toute la population est bien entendue invitée! B*** se charge actuellement des derniers détails en lien avec l'organisation. De très nombreuses personnalités politiques valaisannes seront présentes pour discuter librement avec la population, parmi lesquelles notamment Thomas Burgener, Mathias Reynard, Gaël Bourgeois, Raymond Borgeat, Christophe Clivaz, Robert Métrailler, Jonathan Darbellay et Michèle Steiner.
Aujourd'hui, Entremont Autrement est pleinement engagé dans la campagne pour les élections fédérales de cet automne afin de défendre des valeurs humanistes et de développement durable!

Si vous souhaitez donner un peu de votre temps pour nous épauler dans nos différentes actions, n'hésitez pas à nous contacter via entremont.autrement(arobase)gmail.com ou à faire un don en cliquant ici.


17 mars 2015

B*** dans le peuple.vs



Le peuple.vs l'organe renouvelé du PS-Vr est un excellent magazine auquel on est prié de s'abonner et dont on peut retrouver on line les anciens numéros.
Voilà pourquoi dans notre recension des articles parlant d'Entremont Autrement, ou rédigés par nos membres, nous ne vous en offrons qu'une version illisible et nous vous recommandons de vous reporter à l'original.
Dans le numéro du vendredi 13 mars 2015, B*** commente l'étude Zenger et Folkman évaluant près de 8000 leaders, hommes ou femmes et partage ses réflexions et analyses sur l'excellence du leadership féminin.

L'archiviste.

7 janvier 2015

Rencontre avec B***

Au début de cette année 2015, Entremont Autrement a voulu aller à la rencontre de ses élus et de ses représentants politiques afin de faire le bilan à mi-parcours leur engagement. Notre blog se fera l'écho de ses entrevues durant le mois de janvier.

Après l'interview d'Urbain Gaillard, nous avons rencontré B***, ancienne candidate au Conseil communal d'Orsières, qui est restée très active dans notre mouvement.

B***, tu représentes Entremont Autrement dans une commission politique de la commune d'Orsières. Pourquoi avoir accepté ce mandat?
Je représente EA au sein de la commission Patrimoine et Rénovation. Dans cette commission, siègent deux conseillers communaux, à savoir Mme Janine Mottier Obrist, présidente de la commission et M. Yvan Laterza, deux membres du PDC, Mme Roseline Luy et M. Ferdinand Lattion, une membre du PLR, Mme Anouck Pellaud et moi-même. C’est tout naturellement que j’ai accepté ce mandat me permettant de me rendre utile à la commune dans une commission qui m’intéresse particulièrement.

En quoi consiste votre travail?
Nous nous réunissons trois à quatre fois par année. Une partie de notre mission consiste en gros à donner notre accord ou notre désaccord aux demandes de subventionnement effectuées par des personnes désirant rénover une habitation.
L’autre partie de notre travail consiste à mener à son terme le projet du Vieux Bourg, comprenant un parking souterrain et un réaménagement de la Place du Clocher et de la Place Centrale. Ce projet nous tient vraiment à cœur et nous espérons vivement qu’il soit mis en exécution dans un proche avenir.

Pourquoi ce projet est-il si important?
Nous sommes persuadés que ce projet est indispensable pour que le village d’Orsières ne sombre pas dans la laideur et l’anonymat causés par le déferlement toujours plus important des véhicules qui envahissent tout l’espace. Le centre du village montre depuis quelques années - et cela va toujours en s’aggravant - l’image désolante d’un immense parking complètement désordonné et d’une route encombrée, éliminant de manière inexorable les piétons et, de ce fait, les rencontres et la convivialité.
D’autre part, si nous voulons attirer des jeunes familles au centre du village, il faut pouvoir leur offrir une qualité de vie agréable mêlant beauté, convivialité et sécurité, trois éléments en train de disparaître à grande vitesse. Le bureau GAME qui a conçu le projet fait un travail remarquable.
Je précise que toutes nos décisions sont présentées au conseil communal et doivent être avalisées par celui-ci. Notre marge de manœuvre est donc relativement faible. 

En quoi le mouvement Entremont Autrement peut-il amener un regard intéressant dans ce domaine?
Pour répondre à ta dernière question, il m’est très difficile de dire qu’en tant que membre d’EA j’apporte une sensibilité différente dans cette commission. Pour le moment, je dirais que je n’en ai pas vraiment eu l’occasion … Il faut dire aussi que, tous partis confondus, nous visons le même but, et c’est très bien ainsi !

Merci B*** pour ces précisions. Bonne continuation dans ton mandat et bravo pour ton engagement auprès de nos concitoyens.





1 décembre 2014

Je suis juste venue vous dire...

L’image d’une petite fille pâle et maigre, à l’entrée d’un taudis en Lettonie, me poursuit depuis quelques semaines. Elle a le courage de sourire et ce sourire me fait mal. Derrière elle, dans le taudis, se tient son petit frère, pieds nus sur la terre battue. Ils sont tous deux vêtus de haillons légers, malgré le froid intense, nous dit l’article de cette petite revue. Les parents sont derrière, ils se cachent, honteux d’être si pauvres. Tout cela est bien banal, pensez-vous, des familles comme cela, il y en a des centaines de millions.

Oui, mais moi, en ce lendemain de votations, je suis juste venue vous dire que je ne trouve pas ça banal. Que ma commune ait dit non à 85,6 % à la fin des privilèges fiscaux pour les riches et que, d’un autre côté, des centaines de millions d’enfants vivent dans la misère la plus totale, je ne trouve pas ça normal. Je suis juste venue vous dire ma colère face à l’ampleur de ce résultat. Que la Suisse, le pays le plus riche du monde, se prostitue aux plus offrants tout en étant si frileuse à l’égard des plus démunis, je trouve ça amoral. Je suis juste venue vous dire que si les riches forfaitaires vivant en Suisse offraient une toute petite partie de leurs richesses, il n’y aurait plus de pauvres en Suisse. Que si tous les riches de la terre partageaient leurs biens équitablement, il n’y aurait plus de pauvres sur notre planète. Je suis juste venue vous dire que lorsque vous affirmez que ces riches aident à diminuer la pauvreté, vous vous moquez du monde et surtout des pauvres. Je suis juste venue vous dire ma honte de vivre dans un pays d’opulence qui fait des cadeaux aux plus favorisés, alors qu’il existe des millions de petites filles pâles et maigres en haillons avec des petits frères aux pieds nus terrés dans des taudis sales et sombres. Je suis juste venue vous dire … ma grande déception.

B***

24 octobre 2014

Oyez, oyez bonnes gens !

La commune d’Orsières a mis au concours le poste de collaborateur/-trice en bibliothèque à 20%.



Vous pensez peut-être que pour pouvoir postuler à ce poste, il faut avoir en premier lieu de l’expérience dans le domaine et de bonnes connaissances littéraires. Que nenni ! Ces qualités ne viennent qu’en troisième et dernière position dans l’offre d’emploi et ne sont que des atouts. Quant à la motivation, l’amour des livres, l’aisance dans les contacts, l’autonomie, le dynamisme, la formation, l’amabilité, de bonnes connaissances en informatique, il n’y est fait aucune allusion.

Non, si vous voulez postulez, vous devez jouir d’une bonne santé et d’une bonne réputation. Ces exigences pour un poste de collaboratrice en bibliothèque à 20% me laissent perplexe. J’ai essayé de me mettre dans la peau de toute personne qui désire adresser sa postulation et me suis posée les questions qui lui passeront par la tête :

Ai-je bonne réputation si je suis protestant ou pire, musulman, si j’ai en enfant homosexuel ou pire, si je le suis, si je suis membre d’Entremont Autrement, si je suis portugais, si j’ai déjà subi 45 contraventions de parcage à la place du Clocher, si j’ai déjà écopé d’un retrait de permis pour excès de vitesse ou pire, pour alcool au volant, si je suis divorcé, ou séparé ou pire, si j’ai des aventures extraconjugales, si j’ai déjà été condamné pour un délit, même mineur, s’il m’arrive de boire plus que de coutumes, si mes enfants ne font que des bêtises ? Si je ne fais partie d’aucune société ? Au fait, c’est quoi avoir bonne réputation ?

Bref, les questions pourraient s’allonger à l’infini, tant l’expression « avoir bonne réputation » peut se comprendre de manière subjective.

De même, en ce qui concerne la « bonne santé ». Suis-je en bonne santé si je suis enceinte, si je suis un rescapé du cancer, si je suis un traitement quelconque, si j’ai des bouffées de chaleur, si j’ai parfois des migraines, si je boîte, si je louche, si j’ai les pieds plats, si parfois je déprime. Si je touche une rente AI à 20%, ai-je le droit de postuler ? Et puis, finalement, comment savoir si je suis en bonne santé ?

Il y a quelque temps, un poste de concierge mis au concours par la commune d’Orsières exigeait une tranche d’âge de 25 à 45 ans. Une candidate de 48 ans a ainsi été écartée pour le motif invoqué de son âge. Ainsi donc, pour la commune d’Orsières, à 48 ans, vous êtes hors circuit, et avant 25 ans, vous êtes un incapable.

Oyez, oyez bonnes gens, si vous offrez vos services pour le poste de collaborateur/trice en bibliothèque à 20%, munissez-vous d’un certificat médical, d’un certificat de bonnes mœurs et d’un extrait de votre casier judiciaire. Et n’oubliez pas d’être jeune, mais pas trop 

B***

8 mars 2014

Suite de la revue de presse carnavalesque

Pour mémoire notre archiviste se propose de conserver aussi cette page 19 très suggestive de l'Oursin, journal du carnaval d'Orsières.


3 février 2014

YANNICK BUTTET FAIT-IL DE LA PROVOCATION, DE L’HUMOUR NOIR OU DU CYNISME ?

C’est la question que je me suis posée en lisant son article « Bienvenue à Sotchi » dans le Nouvelliste
du 30 janvier, dans lequel Monsieur le conseiller national de la grande famille C ose plaider pour les jeux olympiques de Sotchi et pour le régime de Poutine.

Dans son plaidoyer, M. Buttet est donc plus dérangé par tous ceux qui dénoncent les abus en tous genres du régime de Poutine, dont font partie de nombreuses atteintes aux droits de l’homme et à l’environnement, que par ces abus eux-mêmes. Ces dénonciateurs ne sont pour M. Buttet que de simples trouble-fêtes. Les défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement en Russie qui craignent pour leur sécurité, voire leur vie, et qui, heureusement, ne lisent pas le Nouvelliste, apprécieraient !

Si l’on s’en tient au message de M. Buttet, qui admet tout de même que la Russie n’est pas une démocratie, il est tout à fait normal de fermer les yeux sur tous les malheurs et toutes les souffrances engendrés par le pouvoir de Poutine et de regarder béatement et joyeusement, sur le canapé et une bière à la main, cette immense imposture que sont les jeux de Sotchi. Pour parodier M. Buttet, je dirais qu’avec un point de vue comme le sien, la corruption et la dictature ont encore de beaux jours devant elles.

M. Buttet préfère donc jubiler à la vue d’exploits d’athlètes malheureusement pris en otage et entraînés malgré eux dans ce tourbillon d’hypocrisie, plutôt que d’avoir, ne serait-ce qu’une pensée, pour ceux qui croupissent dans les geôles infâmes de la Russie, ceux qui ont vu leurs terres ou leurs maisons expropriées pour un prix dérisoire ou carrément confisquées, ceux qui triment pour quelques kopeks pour bâtir ces JO de la honte et du luxe, ceux qui doivent se taire de peur de mettre leur vie et celle de leur famille en danger. La politique de l’autruche de M. Buttet, imitée par nombre de nos élus, a, elle aussi, de beaux jours devant elle, et nous incite à ressentir quelques inquiétudes pour l’avenir de notre canton…

Poutine avait annoncé que les JO de Sotchi coûteraient 6,5 milliards ; or, leur coût avoisinera les 45 milliards de dollars. Pendant ce temps, durant le 1er trimestre 2013 plus précisément, le taux de pauvreté en Russie a augmenté de 2,6% par rapport à la même période 2012 (statistiques du Service fédéral de la statistique russe, le Rosstat). Le peuple russe ne semble donc aucunement bénéficier des JO. L’espérance de vie en Russie n’est que de 69 ans et cette faible moyenne, honteuse pour la grande puissance dont se réclame Poutine, devrait l’amener à travailler à l’amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens afin qu’ils ne sombrent pas dans l’alcool, cause première de la mortalité, plutôt que de jouer à l’empereur mégalo.

Organiser des JO d’hiver dans une station balnéaire est une aberration qui ne peut être expliquée que par les énormes intérêts économiques de certains puissants oligarques et ceci, avec l’approbation très intéressée du monde occidental. Tout cela ne me donne pas envie de faire la fête, malgré tout le respect et l’admiration que je porte aux athlètes.

B***

19 janvier 2014

B*** publie


Le peuple.vs l'organe renouvelé du PS-Vr est un excellent magazine auquel on peut s'abonner et dont on peut retrouver on line les anciens numéros.
Voilà pourquoi dans notre recension des articles parlant d'Entremont Autrement, ou rédigés par nos membres, nous ne vous en offrons qu'une version illisible et nous vous recommandons de vous reporter à l'original.
Dans le numéro du vendredi 17 janvier 2014, B*** évoque la situation des femmes et les violences qui leur sont faites.

L'archiviste.

15 mars 2013

B***, Laure et Raphaël dans les commissions communales d'Orsières

Nous avons eu déjà l'occasion à plusieurs reprises de communiquer sur la répartition des dicastères à Orsières.  Urbain nous avait accordé un entretien à ce sujet. puis au début janvier la commune publiait son organigramme sur son site avant même la décision officielle du conseil. Information qui semble ne plus s'y trouver plus à ce jour.

En sus, des 11 commissions présidées par un conseiller communal différent et numérotées de 1 à 11, il existe encore 5 commissions ad-hoc classées de a à e.

Ces 5 commissions sont présidées par un conseiller assisté par un second conseiller et réunit  plusieurs personnes hors Conseil.
  
Entremont Autrement sera représenté dans 4 d'entre-elles.

Urbain Gaillard  est représentant du Conseil dans la commission  a) RCCZ & PAZ. Cette commission a pour cahier des charges de réviser le plan d'aménagement de zones et le règlement communal des constructions et des zones. Avec des objectifs assez clairs: densification, implantation des lits chauds, mise en valeur des zones réservées pour les résidences secondaires, en anticipant les "éventuels effets négatifs de la révision de la LAT"

B*** va participer à la commission b) Patrimoine et Aide à la Rénovation. Une commission qui s'occupe de favoriser la conservation et la mise en valeur du patrimoine, notamment en finalisant la rénovation du Vieux Bourg, mais également le patrimoine naturel.

Laure Sauthier Rausis a été nommée pour la commission c) Naturalisation qui traite des demandes de naturalisation et vérifie l'intégration. Elle transmet ses évaluations au conseil communal pour décision concernant le droit de cité.

Raphaël Moulin va siéger à la commission e) Ressources Naturelles et Energies. Cette commission va notamment étudier la mise en valeur des ressources en bois et en eau. Mais mettra l'accent aussi sur d'autres sources d'énergies comme le solaire et l'éolien.

 Entremont Autrement remercie chaleureusement B***, Laure et Raphaël pour leur accord et leur volonté de s'investir dans ses commissions.

21 février 2013

Dans l'Oursin

Pour la première fois depuis longtemps les élections communales d'Orsières étaient des élections ouvertes. Des candidats allaient donc rester sur le carreau, et cette fois ce fut deux femmes. Elles ont été chaleureusement félicitées le soir même des élections lors de la proclamation des résultats par le secrétaire communal qui a eu un mot gentil pour les candidates malheureuses. L'Oursin à carnaval se devait quand même de faire une souriante allusion à ce double échec des courageuses candidates.

Oursin 2013, p.15

20 février 2013

LA REVISION DE LA LAT VUE AUTREMENT

C’était le temps des fleurs, on ignorait la peur…………on était jeune et on croyait au Ciel.

C’était le temps où l’on n’avait rien, je veux dire rien sur le plan matériel (pas de voiture, pas d’argent, pas de fringues, pas de bijoux, pas de terrain), mais tout sur le plan humain : des parents qui étaient là, mais pas trop, pas tout le temps, sans nous couver, sans trop en faire, qui nous laissaient vivre et devenir adultes à notre manière, des frères et sœurs souvent nombreux, avec qui l’on partageait chambres à coucher, salle de bains, disputes et fous rires, des amis, pleins d’amis, de copains, de copines que l’on retrouvait dans les bistrots ou dans la rue et avec lesquels on partageait joie de vivre et insouciance. On marchait beaucoup, on passait des journées entières dans cette nature bouleversante qu’on aimait et dont on pressentait par moments, avec tristesse, la mise en danger. Dans nos discussions interminables, des mots comme salaire, revenu, hypothèque, terrain à bâtir, carrière, construction, n’avaient cours. On se fichait de l’héritage qu’auraient pu laisser nos parents comme de notre première clope. On se réjouissait d’avoir des enfants. Les éduquer nous paraissait si simple, ils n’avaient besoin que d’amour, d’attention, et encore d’amour et … c’est tout.

C’était une autre époque, c’était dans un autre monde, c’était le temps des fleurs.

Aujourd’hui, lorsque j’entends les réflexions de vieux qui n’ont jamais été jeunes et de jeunes qui sont déjà vieux pour contrer la révision de la LAT, je me sens mal. Lorsque j’entends parler de notre vieille mère la terre uniquement en termes financiers et en tant que vulgaire objet de placement, de profit et de spéculation, alors que depuis des millénaires elle nous nourrit et nous comble de ses bienfaits, je me sens mal. Lorsque j’entends les jérémiades d’enfants gâtés qui ont peur de ne pas hériter de ce terrain sur lequel ils veulent ériger ce qu’ils pensent être leur bonheur, je me sens mal. Lorsque je vois mes concitoyens, habitants du pays le plus prospère du monde, trembler de peur à l’idée de, peut-être, perdre quelques milliers de francs, j’ai honte. Lorsque je sais que la grande majorité des Valaisans choisiront de prendre le risque de voir notre superbe paysage, dont nous avons par ailleurs tant besoin pour le tourisme, enlaidi, détruit et inutilisable pour les générations futures, je me dis que notre société a mal à ses valeurs.

Lorsque je plonge mon regard dans les yeux innocents de mes petits-enfants, j’y vois une immense confiance. .. et je me sens triste.

B***

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