Affichage des articles dont le libellé est Formation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Formation. Afficher tous les articles

28 décembre 2017

Pour une entrée progressive à l’école

Le député Florian Alter s'engage depuis de nombreuses années pour une entrée progressive à l'école enfantine. Il réagit suite à une intervention de Christophe Darbellay, chef du Département de l'Economie et de la Formation, à visionner ici: lien vers la vidéo.

Il y a quatre ans, la loi sur l’école primaire était traitée au Grand Conseil. Plusieurs sujets furent discutés intensément par les élus notamment celui des horaires de classe.

Alors que certains fustigeaient l’introduction du mi-temps toute l’année pour le premier degré, s’affolant de voir disparaître des heures d’école et surcharger les crèches et les UAPE, d’autres se félicitaient de laisser les bambins de 4 ans entrer dans le système scolaire progressivement sans les sur-scolariser, ce qui à cet âge semblait peu utile pour leur bien.

Les débats étaient passionnés et le vote serré (67 pour le mi-temps, 61 contre).

Quelle ne fut ma surprise lorsque l’ordonnance du service partit dans le sens contraire en faisant disparaître des heures d’école dans le premier cycle diminuant ainsi l’horaire à 12 périodes pour le premier degré, 24 pour le deuxième et 28 pour les deux derniers. Les 1H ne se trouvent plus que neuf heures en classe, comme je l’avais déjà soulevé en 2015 dans une interpellation au sujet de cette même ordonnance.

La loi est claire: l'enfant entre dans la scolarité obligatoire de manière progressive. Durant toute la première année, il suit l'école à mi-temps. Durant les trois années suivantes de ce premier cycle, l'enfant suit la classe à plein temps. Or, si on accepte que le plein temps du premier cycle est de 28 périodes, ce qui me semble un bon équilibre entre l’épanouissement humain et scolaire des enfants, on peut facilement en déduire le mi-temps: 14 périodes.

Alors bien qu’au parlement des élus de tous bords s’inquiétaient de voir diminuer la durée du temps passé en classe par les élèves, c’est exactement ce que l’ordonnance à contribuer à faire.
Il y a quelques jours, Christophe Darbellay a donc jeté un pavé dans la mare en mettant le doigt sur cette sous-scolarisation. Et je découvre avec plaisir des réactions diverses suite à cette nouvelle, dont celle qui m’interpelle plus particulièrement: il ne faut pas se débarrasser de nos enfants en les scolarisant.

Je suis pleinement d’accord avec cette idée-là mais nous entrons alors dans un autre débat. Il faut que l’entrée à l’école se fasse en équilibre entre la famille et l’institution. Si nous enlevons des heures essentielles à l’école, il faudrait idéalement dégager en parallèle du temps pour les parents: commencer à réfléchir au temps partiel dans le secteur privé, parler du congé paternité, voire parental, développer le télétravail, revaloriser certains salaires qui poussent des parents à sacrifier leur vie de famille pour pouvoir tourner financièrement, … en résumé, réorganiser le monde professionnel afin de donner aux parents la possibilité de profiter davantage des premières années de vie de leurs enfants. Il n’est à mon avis nullement nécessaire de diminuer les heures d’école afin d’ouvrir crèches et UAPE à tour de bras.

Je profite donc de cette tribune pour souffler mon idée au département: 14 périodes la première année et 28 le reste du premier cycle. Cela aura un impact moindre sur l’organisation générale et renforcera l’école dans son rôle d’apprentissage.

Florian Alter

Député d'Entremont

12 novembre 2017

Les étudiants devront-ils toujours payer plus?

Dernièrement, il semblerait que le monde estudiantin soit frappé par une nouvelle vague de contestation : la question de l’augmentation des taxes d’études. Après l’augmentation annoncée de 500 francs par années des taxes d’études de l’EPFL et de l’ETH, voilà que Fribourg s’y met également et annonce une hausse de 35%. Mais qu’est-ce qui peut bien faire croire que le budget de l’étudiant moyen est celui qui mérite d’être ainsi exploité?

Certains diront que de toute manière les étudiants coûtent cher. Cela est vrai et incontestable, mais ils sont également un investissement sur le long terme et plus encore une population ayant besoin de se nourrir, de s’habiller, de se loger. Dans une ville comme Fribourg, où la population estudiantine constitue le quart de celle de la ville peut-on vraiment les considérer comme une charge? N’occupent-ils pas d’appartements, n’achètent-ils pas dans les commerces, ne participent-ils pas à la vie culturelle de la ville? Il faut croire que non puisqu’une hausse de 180 francs par semestre, soit 360 francs par année, est prévue pour la rentrée universitaire 2018. Ce qui pour certains peut paraître complètement dérisoire ne l’est pas pour un petit budget de jeunes qui pour certains paient leurs études en travaillant en dehors de l’université et peinent déjà à joindre les deux bouts. Ce reportage est en même le porte-voix:



Finalement le coût de la vie générale en Suisse est l’un des plus chers au monde, augmenter d’un côté revient à serrer les finances d’un autre.

De plus le Conseil d’Etat fribourgeois ne considère pas réellement que l’étudiant coûte cher dans son raisonnement, il préfère mettre en avant ce que cette hausse financera, avec pour exemple unique dans son communiqué de presse, la création d’un master en médecine humaine. Ce que ce communiqué ne dit pas par contre est que l’Etat de Fribourg est le canton allouant l’un des plus petits budgets à une université suisse. Ce budget d’ailleurs n’a pas été augmenté selon les projets du rectorat qui a donc cherché un financement ailleurs. De plus l’université de Fribourg, bien qu’elle ait connu une augmentation d’étudiants considérable durant ces dernières années, n’a jamais connu de réelle augmentation de sa capacité en termes de personnels d’encadrement et de personnels scientifiques. Et si l’Etat n’ouvre pas le robinet de l’argent de temps en temps, il devient donc logique de chercher ce financement ailleurs et donc pourquoi pas dans les poches de l’étudiant qui finalement n’a aucun pouvoir sur cette décision. Faire rayonner le canton à travers l’université est largement recherché, le financer semble dérangeant.

Toute cette question des taxes d’inscription lève finalement une question de société que l’on ne semble pas vouloir discuter. L’éducation coûte cher certes. Mais elle est un droit fondamental, et pourtant on cherche aujourd’hui à la rentabiliser. L’éducation n’est pas un business dans lequel le profit est roi et qui doit se faire à moindre frais. Un enseignement de qualité passe par un investissement à la hauteur de cette qualité. Serait-on suffisamment schizophrène pour croire qu’on peut obtenir la qualité la meilleure au prix le plus bas? La société dans laquelle nous vivons ne sera-t-elle pas en partie constituée des étudiants actuels? Dans quel monde finalement souhaite-t-on vivre : dans celui du profit ou d’un monde humain? Si un étudiant sur cinq est concerné par des difficultés financières, pénaliser ainsi un cinquième de la population estudiantine est-il vraiment juste, est-ce vraiment le droit à l’éducation appliqué ici?

Jasmine Lovey

15 septembre 2017

Entretien exclusif avec Christophe Darbellay (2)


En ce début d'année scolaire, notre rédaction a voulu s'intéresser plus particulièrement à l'école, l'un des thèmes centraux de notre engagement. Nous avons donc adressé quelques questions à Christophe Darbellay, nouveau conseiller d'Etat en charge de l'économie et de la formation. Ne le remercions chaleureusement d'avoir pris le temps de nous répondre. Etant donné sa longueur, nous publions ce texte en deux volets, en voici la seconde partie:


EA: On annonce pour les prochaines années une possible pénurie au niveau des enseignants (due à de nombreux départs à la retraite). Quelles mesures votre département envisage-t-il pour régler ce problème?
Christophe Darbellay: Le Département a procédé à une analyse de cette problématique préoccupante qui a révélé des situations diverses selon les degrés d’enseignement, les régions linguistiques et les différentes branches enseignées notamment au CO. Le Service de l’enseignement a demandé que les mesures CPVAL ne soient pas aussi abruptes que celles pressenties, a demandé de tenir compte du principe de l’année scolaire pour les enseignants. Il a également fait en sorte qu’une nouvelle classe soit ouverte à la HEPVs pour les futurs enseignants des cycles 1 et 2. Enfin, un nouveau modèle de stages en semestre 5 et 6 (HEPVs) est actuellement étudié selon le modèle BEJUNE. De plus, une nouvelle volée de formation de niveau Master pour l’enseignement spécialisé est planifiée pour 2018. Ainsi, l’école valaisanne ne devrait pas se retrouver en situation de pénurie d’enseignants lors de l’entrée en vigueur des mesures de la CPVAL.
Concernant l’image de l’enseignant, il faut montrer de bons exemples (best practice) avec l’objectif de trouver les bonnes personnes pour ce métier. Il faudra également définir des mesures incitatives favorisant l’augmentation du taux d’activité des enseignants.

Le Valais a une moyenne de 16.7 élèves par enseignant (équivalent plein-temps). Pensez-vous qu’il faille rester dans un ratio proche ou équivalent ces prochaines années ou envisagez-vous une augmentation du nombre d’élèves par enseignant?
Il n’est pas envisagé de modifier les normes d’organisation des classes. Dans tous les cas les comparaisons sont difficiles. Plus que le nombre, ce sont les profils des élèves et les conditions de travail qui définissent une partie de la pénibilité !

Vous avez souhaité, lors de la répartition des départements, rapprocher la formation et l’économie. Quelles synergies comptez-vous mettre en place entre ces deux « mondes »? Ou plus simplement en quoi ce rapprochement apportera-t-il une plus-value à la formation et/ou à l’économie?
Entre l’école et l’économie un dialogue doit se nouer. Le rapprochement de ces deux « mondes » dans un département, qui pourrait paraître ailleurs comme une hérésie dangereuse, produit déjà des synergies intéressantes. Le service de l’agriculture dialogue avec le service de l’enseignement pour la mise en place d’actions et de projets. L’économie peut apporter son expérience à l’école sur le développement de l’esprit d’entreprise des étudiants. Le développement de grandes entreprises sur nos terres nécessitent ces interactions. Si le lien est déjà naturel entre les écoles professionnelles et l’économie, il peut ainsi être renforcé dans l’ensemble des degrés. Dans le Haut-Valais, nous soutenons par exemple, via le Service de l’enseignement, avec des partenaires du cercle de l’économie, de l’agriculture et du tourisme une couleur valaisanne dans le nouveau plan d’études (Lehrplan 21) en élaborant un ouvrage purement valaisan qui accentuera le lien important entre formation, économie, agriculture et tourisme.
En conclusion, les élèves doivent donner du sens à leurs apprentissages et l’économie ne peut s’appuyer que sur une formation solide et ouverte aux défis à venir.

Merci à Christophe Darbellay d'avoir pris le temps de nous répondre.

La rédaction

14 septembre 2017

Entretien exclusif avec Christophe Darbellay (1)

En ce début d'année scolaire, notre rédaction a voulu s'intéresser plus particulièrement à l'école, l'un des thèmes centraux de notre engagement. Nous avons donc adressé quelques questions à Christophe Darbellay, nouveau conseiller d'Etat en charge de l'économie et de la formation. Ne le remercions chaleureusement d'avoir pris le temps de nous répondre. Etant donné sa longueur, nous publions ce texte en deux volets.

EA: Dans votre programme de campagne, vous affirmiez vouloir « renforcer les acquis de l’école valaisanne en évitant les mesures d’économie affectant la qualité éducative ». Peut-on comprendre que, maintenant que vous êtes en fonction, c’est la fin des mesures d’austérité dans le domaine de la formation?
Christophe Darbellay: Le domaine de la formation a subi durant ces dernières années plusieurs coupes budgétaires assorties de mesures d’économie aussi nombreuse que diverses. La contribution de l’école valaisanne a en effet été très importante aussi bien en terme de millions d’économies que de postes perdus. Aller au-delà pourrait péjorer la qualité de l’enseignement dispensé à nos élèves, car cela toucherait la substance même de l’école. Ainsi, il y a une volonté de réfléchir aux mesures ETS2 déposées afin de préserver la qualité globale de notre enseignement et de maintenir, voire d’améliorer encore, notre excellente place dans les comparatifs inter-cantonaux. C’est la raison pour laquelle, à l’avenir, un budget fort sera défendu pour l’éducation qui a déjà consenti à suffisamment de sacrifices. Enfin il conviendra d’anticiper les variations d’effectifs afin d’adapter les éventuelles mesures d’économie. 

Vous souhaitiez également « revaloriser le métier d’enseignant de l’école obligatoire en lui accordant tout le respect qu’il mérite ». Cela inclut-il également une éventuelle revalorisation salariale pour les enseignants des cycles I et II? Si oui, dans quelle mesure?
Les enseignants de l’école primaire ont vu leur situation revalorisée à partir de l’année scolaire 2012/13 par une augmentation de 200 CHF par mois. Le temps dû pour le plein temps a également été diminué d’une période. Un montant forfaitaire a aussi été octroyé aux titulaires de classes, en plus du salaire de base. Ces différentes améliorations ont permis aux enseignants primaires de se situer au-dessus de la moyenne suisse.
Le renforcement du rôle du titulaire contribuera également à une revalorisation. La reconnaissance du métier d’enseignant par les autorités politiques est indispensable.
Il faut également analyser la situation des enseignantes de l’ancienne école enfantine afin de ne pas péjorer leur statut. Il convient aussi de relever que la baisse du nombre de périodes correspond à une augmentation de salaire de 1/33e. 

Soutenez-vous l’insertion des élèves allophones dans les classes ordinaires ou privilégiez-vous un placement dans des classes séparées? Et pour les élèves en situation de handicap?
La future ordonnance concernant la nouvelle loi sur l’enseignement spécialisé ne prévoit pas de modifications majeures, mais renforce les pratiques actuelles favorisant l’inclusion. Les élèves allophones doivent pouvoir bénéficier de cours de soutien spécifiques et du bain linguistique et culturel d’une classe ordinaire. Les élèves en situation de handicap doivent pouvoir avoir accès à l’intégration. Une analyse individuelle est réalisée par les conseillers pédagogiques de l’enseignement spécialisés, en collaboration avec les parents et les professionnels. Des solutions alternatives restent prévues pour certaines situations.

Plusieurs programmes efficaces d’échanges linguistiques existent déjà dans notre canton bilingue. Que pensez-vous de la proposition de Philippe Nantermod de rendre les échanges linguistiques obligatoires dans le cursus scolaire? Envisagez-vous d’autres moyens de promouvoir les échanges entre le Haut et le Bas du canton?
Le rapport de l’agence Movetia montre que le Valais est le leader suisse dans les échanges. La conférence de presse de la rentrée mettait l’accent donné sur une volonté de développement de l’enseignement des langues et sur le bilinguisme. Ainsi, nous avons une volonté de développer les possibilités d’échange linguistique et de permettre à chaque élève de concrétiser l’apprentissage de la L2. Actuellement, on tend notamment vers une généralisation des échanges au CO. Pratiquement tous les cycles d’orientation sont concernés. Une piste reste peut-être à explorer : trouver des enseignants qui seront prêts à enseigner dans l’autre partie linguistique et favoriser des échanges dans toutes les parties de la Suisse, en début de carrière par exemple.

(à suivre vendredi...)

19 août 2017

Réflexion pour la rentrée scolaire

A l’heure où nos petits chérubins commencent leur année scolaire, j’aimerais vous faire partager un extrait de l’essai Les Yeux Ouverts, paru en 1980, aux éditions Le Centurion. Les Yeux Ouverts rassemble un ensemble d’interviews de l’écrivaine et poète Marguerite Yourcenar (1903-1987), qui fut la première femme élue au sein de l’Académie française. Cet extrait n’a rien perdu de son actualité.

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation d’un enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Marguerite Yourcenar

Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique et aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions de ce monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses importantes plus tôt qu’on ne le fait »

Marguerite Yourcenar

Texte proposé par B***

4 juillet 2016

Les étudiants contre ETS2


Rhône FM annonçait cette semaine que les étudiants de la HES-SO s'opposaient aux mesures d'économie prévues par le paquet ETS2. Ils dénoncent en effet un train de mesures qui prévoit une baisse des bourses d'étude et une augmentation des taxes.

Une pétition en ligne permet de soutenir la démarche de ces étudiants et de dire au Grand Conseil qu'il ne peut pas constamment couper dans les dépenses sans conséquences concrètes sur le quotidien de milliers de Valaisannes et de Valaisans.


Entremont Autrement s'oppose aux plans d'économie successifs et est préoccupé des inégalités que ceux-ci engendrent: des finances saines oui, au détriment du service public et de ceux qui en ont le plus besoin non!


Voici le texte publié par M. Sébastien Delalay sur la plateforme change.org en lien avec cette pétition.



Dans le cadre de l’examen des tâches et des structures ETS 2 présenté au Conseil d’Etat le 23 mars 2016, une mesure pour économiser 32 millions de francs est envisagée sur les services de l’Etat du Valais suivant : Le social, la santé, l’économie et l’enseignement. 
Les mesures concernant l’enseignement et plus particulièrement la HES-SO Valais//Wallis sont : Une augmentation des taxes d’études, une diminution des bourses d’études ainsi que l’arrêt des rémunérations par l’Etat des stagiaires en santé (Soins infirmiers et physiothérapie). 
Selon une étude effectuée à la HES-SO en 2013, 72% de ses étudiant-e-s avaient une activité rémunérée en parallèle de leurs études dans le but de les rendre possible et d’améliorer leur situation financière. Ceci démontre déjà le besoin d’un soutien financier. La mise en place de ces mesures reviendrait à précariser d’avantage leur situation économique. La HES-SO Valais//Wallis ne devrait pas être réservée à une élite dont les moyens financiers peuvent supporter des coûts plus élevés. Les personnes issues d’un milieu économique modeste ont également le droit de s’assurer un avenir professionnel de leur choix.

La rédaction 

31 mai 2015

OUI aux bourses d'étude - OUI à l'égalité des chances

Le débat sur l’initiative populaire en faveur des bourses d’études se déroule actuellement dans un climat particulier. Une partie des médias ont fait le choix de ne pas traiter cet objet de votation, qui se fait donc très discret. Alors que la formation doit être la force de la Suisse, cette attitude est incompréhensible. Parallèlement, les opposants à l’initiative et le Conseil fédéral en tête manient le double discours, affirmant dans les débats soutenir une augmentation des moyens pour les bourses d’études mais dans un cadre strictement fédéraliste. Les mêmes votent pourtant systématiquement l’inverse tant au niveau fédéral que cantonal.

En réalité, les opposants espèrent surtout que ce sujet – sur lequel ils sont très mal à l’aise – disparaitra vite de la discussion politique de notre pays. Et le malaise est compréhensible, tant le système actuel ne fonctionne pas et tend à se détériorer année après année.

Un système insuffisant et inégal
Ces deux adjectifs caractérisent parfaitement le système actuel des bourses d’études en Suisse.

  • « Insuffisant », tout d’abord, parce que, depuis 25 ans, nous assistons à une baisse des dépenses en faveur des bourses d’études, tant de la part de la Confédération que de plusieurs cantons. Le montant total a baissé de 8% depuis 1990. Il faut ajouter à cela l’augmentation du nombre de personnes en formation durant la même période (+30% rien que pour ces dix dernières années). Ainsi, en 2012, un triste record a été atteint : celui du taux le plus bas, depuis 1990, du nombre de personnes en formation post-obligatoire ayant reçu une bourse d’études (à peine plus de 7%).
  • Mais aussi « inégal » : en effet, le fait de se voir attribuer ou non une bourse, ainsi que le montant de l’allocation, dépend davantage du canton de la personne en formation que de sa situation financière. Entre deux cantons voisins, la bourse peut aller du simple au double. A titre d’exemple : un jeune du Chablais vaudois touchera en moyenne une aide deux fois plus élevée qu’un jeune Valaisan habitant à quelques kilomètres. Devant ces 26 systèmes cantonaux différents, l’égalité des chances n’est absolument pas assurée.





Même le Conseil fédéral reconnaît dans son « Message » les graves lacunes du système et la non-réalisation de l’idéal d’égalité des chances. Un chiffre illustre bien cette situation : depuis des décennies, la proportion d’étudiants parmi les enfants d’ouvriers stagne autour de 5%.

Sans l’initiative, rien ne changera
Contrairement à ce qui a été dit par le Conseil fédéral lors de sa conférence de presse sur le sujet, rien ne changera en cas de « non » à l’initiative. Le contre-projet voté par le Parlement n’encourage pas l’harmonisation puisqu’il n’oblige absolument pas les cantons à respecter le concordat pour obtenir les contributions fédérales. Ma proposition allant dans ce sens a finalement été rejetée par les Chambres. De même, le Parlement a refusé une proposition demandant d’attribuer les contributions fédérales en fonction des dépenses des cantons en matière d’aides à la formation, et non en fonction de la population. Ce mécanisme incitatif a été coulé, tout comme la demande d’augmentation des moyens fédéraux pour les bourses d’études. En somme, toutes les propositions concrètes ont été supprimées du contre-projet, qui n’est plus qu’une coquille vide.

Ainsi, en cas de refus le 14 juin, rien ne changera. Les moyens continueront de baisser et ce n’est pas un concordat minimaliste et non-contraignant qui permettra de gommer les disparités cantonales. La seule réponse crédible est aujourd’hui l’initiative de l’UNES. Sans elle, les élu-e-s du pays continueront d’ignorer le problème.

Une initiative réaliste
L’initiative sur les bourses d’études pose un objectif clair : assurer que chaque jeune puisse suivre la formation qu’il souhaite, en fonction de ses capacités et de sa motivation, et non du porte-monnaie de ses parents. Cela sera valable pour toutes les filières de formation de degré tertiaire (universités, HES, HEP, formations professionnelles supérieures,…). Il ne s’agit pas d’une politique de l’arrosoir mais d’une aide ciblée pour celles et ceux qui en ont vraiment besoin, afin de permettre à toutes les personnes en formation de s’en sortir, en complétant – lorsque cela est nécessaire – leurs ressources, provenant généralement avant tout d’un apport familial et d’un « petit boulot » d’étudiant. Rappelons au passage que ¾ des étudiant-e-s travaillent à côté de leur formation, ce qui est le taux le plus élevé d’Europe. Si le fait de travailler pour financer ses études n’est pas un problème en soi (et apporte sans doute beaucoup au jeune également), cela peut se faire jusqu’à un certain point et se révèle être particulièrement complexe dans certaines filières d’études.

Notons d’ailleurs que, contrairement aux propos des opposants, l’initiative ne propose pas une centralisation. Les commissions cantonales des bourses continueront d’analyser chaque situation individuelle au cas par cas mais les moyens seront plus importants et les critères d’attribution seront harmonisés.

La formation, c’est l’avenir !
Certains osent aujourd’hui pointer du doigt le coût d’une telle initiative. Peut-être est-il nécessaire de commencer par rappeler que les bourses d’études ne représentent qu’un pourcent des dépenses publiques en faveur de la formation. Sans changement, la Suisse risque bien de posséder demain des écoles reconnues au niveau international, mais qu’une grande partie de sa jeunesse ne peut même pas fréquenter, faute de moyens. Rappelons également que le manque de personnel qualifié nous coûte chaque année plusieurs milliards ! Surtout, il nous faut répéter : investir dans la formation, c’est investir dans la jeunesse, dans l’avenir de notre pays, dans la seule véritable richesse de la Suisse.

Pour un système de bourses d’études juste et équilibré, pour soutenir les familles qui en ont vraiment besoin, pour assurer l’égalité des chances, un grand OUI le 14 juin !


Mathias Reynard
Conseiller national
Membre de la Commission de la Science, de l’Education et de la Culture (CSEC)

Les derniers commentaires