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25 mars 2023

La politique jeunesse d'Orsières et de Liddes labellisée

Dans la Revue pour les Communes et leur personnel. Communes Suisses no 3, du 20.03 2023.

On peut lire un article qui traite de la politique sociale d'Orsières et de Liddes qui ont obtenu ensemble le label du SAB «Commune de montagne – La jeunesse, notre avenir» en 2019. Interview de Roxanne Giroud. 





29 décembre 2022

Le temps d'un Grand Débat sur les services publics en Valais

Ces derniers temps, plusieurs articles de journaux ont mis en évidence les problèmes de personnel dans plusieurs services publics cantonaux. Le Valais fait face à des pénuries dans plusieurs secteurs cruciaux. Petite revue de presse, non exhaustive.


La santé sous forte pression

14 décembre: les urgences de l'hôpital de Martigny pourraient être contraintes de fermer la nuit (Nouvelliste). En cause un plan de réduction des coûts? Non, plus prosaïquement, il manque de médecins urgentistes pour assurer ce service. Conséquence: les patients devraient être redirigés vers l'hôpital de Sion, ce qui n'est pas sans poser d'importants problèmes (voir juste ci-dessous).

23 décembre: la RTS réalise un reportage aux urgences de Sion qui appréhendent les fêtes de fin d'année en raison d'un afflux important de touristes à prévoir. Or, les services hospitaliers sont déjà débordés par la grippe, la bronchiolite et les pathologies "ordinaires".

14 juillet: la pénurie de personnel ne date pas de décembre puisque l'été dernier déjà, le journal 20 Minutes annonçait que des opérations devaient être repoussées en raison d'un manque de techniciens en salle d'opération. Le même journal publiait le 14 octobre un second article sur la même problématique.

Et cela ne concerne pas que les soins hospitaliers, car on a appris le 23 décembre toujours, dans le Nouvelliste, que le personnel manquait également dans les EMS du canton, forcés de recruter des employés sur la plateforme en ligne JobUp.


Une justice valaisanne dysfonctionnelle?

Les dysfonctionnements du Ministère public valaisan sont connus depuis longtemps, c'est le Conseil de la Magistrature qui l'affirme dans un rapport paru fin novembre 2022. La RTS se fait alors l'écho d'un manque de personnel dans les tribunaux valaisans ce qui ne permet pas de suivre correctement les dossiers.

En avril 2022, le Nouvelliste rapportait déjà l'augmentation des affaires à traiter, le manque de personnel, et la nécessité d'une réforme de la justice valaisanne. Autre problème soulevé: le manque de place "pour l'exécution des mesures thérapeutiques institutionnelles".

Et cette situation a des conséquences très concrètes: le Nouvelliste révélait le 28 décembre qu'un prévenu (le chef de la sécurité de la commune de Bagnes) ne serait finalement pas jugé en raison d'une justice trop lente. En effet, dans le cadre d'un accident ayant tué un cycliste, la justice valaisanne a laissé traîner l'affaire au point que le délai de prescription a été dépassé. L'accident mortel remonte à... 2013.


Pénurie d'enseignants en vue?

13 mai 2022: Rhône FM se fait l'écho d'une pénurie d'enseignants dans le Canton. Des retraités pourraient être appelés à la rescousse. Cette situation ne touche pas que le Canton du Valais et concerne même l'ensemble des Cantons suisses, comme le révélait dernièrement le Blick.

La FMEP (Fédération des Magistrats, des Enseignants et du Personnel de l'Etat du Valais) s'alarme également du manque d'enseignants et craint une pénurie pour les prochaines années.

En août 2019, la RTS expliquait déjà que des étudiants de la HEP étaient appelés en renfort dans des classes du Haut-Valais pour pallier la pénurie d'enseignants.


Une police en sous-effectif? Ou pas...

Juin 2019le Nouvelliste affirme que le Valais manque de policiers. Pire, il ne respecte pas le ratio légal d'un policier pour 650 habitants. Pour autant, Stève Léger, porte-parole de la police cantonale, affirme le 5 novembre 2022 sur Rhône FM que le Valais ne connaît pas de problème de relève.


Un problème de main d'oeuvre large

Le taux de chômage particulièrement bas (2,3% dans le Valais romand à l'été 2022 et 0,5% dans le Haut-Valais) entraînent une véritable chasse au personnel qualifié dans de nombreux secteurs (construction, restauration et domaine pharmaceutique).


Un nécessaire réveil du Grand Conseil

Face à ces problèmes généralisés, il faut une action politique forte. La santé, l'éducation, la sécurité et la justice représentent le coeur de l'action de l'Etat dans nos sociétés démocratiques. Voir que l'ensemble de ces domaines sont sous pression en raison d'un manque de personnel doit alerter les politiques. En particulier le Grand Conseil, notamment ses ailes PLR et UDC qui, arcboutées sur le principe du respect des finances cantonales ont imposé un "personal stop" incompréhensible (même si celui-ci épargne l'enseignement).

Aujourd'hui, le Grand Conseil valaisan doit lancer des états généraux sur les services publics. La thématique est complexe et ne dépend pas uniquement du Canton. Pour autant, elle est le coeur du mandat qu'ont reçu les députés valaisans, représentants du peuple pour lequel ces services sont absolument vitaux.

J. Lovey



18 août 2022

Des pionniers de l'intégration

On nous signale dans la version on line de Le Temps du 17 et la version papier du 18 août 2022, un grand interview de l'actuel chef du Service valaisan de l'enseignement qui déclare en titre "L'intégration scolaire, c'est un investissement durable." Revenant sur l'histoire dynamique et progressiste de ces mesures en Valais, il rappelle les rôles de pionniers joués par Jean-Pierre Cretton, à l'époque directeur des écoles de Martigny et de Cilette Cretton. 


 

24 août 2018

Que lis-je ?

Le NF du 18 août 2018 consacre un article sur la fréquentation des écoles publiques de la station de Verbier. Cet article relève que pour la rentrée scolaire 2018-2019, 114 élèves s’installeront dans les écoles publiques de Verbier. Il est précisé que ce sera deux fois moins d’élèves qu’il y a quinze ans. En 2003, les écoles de Verbier recensaient 235 élèves.


La nette baisse d’effectif de ces classes est préoccupante. Du côté de la présidence de la commune de Bagnes, Eloi Rossier, souligne que face à cette évolution démographique, la commune n’a pas grande marge de manœuvre. Il relève toutefois deux points très surprenant pouvant donner des chances de stabiliser ce phénomène inquiétant.

Aussi, pour le président, l’évolution du cadre légal après les votations sur la lex Weber et la LAT aura des chances de stabiliser ce phénomène. Et pourquoi pas ramener des élèves en station.

Rappelez-vous les campagnes en vue des votations sur ces deux objets, et les positions de clair rejet par les politiques et les partis majoritaires de la commune de Bagnes et du district. Aujourd’hui, quelques petites années seulement après l’acceptation de ces objets, il est tout simplement hallucinant … mais réjouissant, de lire ce genre de constat venant de la présidence de Bagnes.

Urbain

5 août 2016

Du grand guignol !

Jean-Marie Cleusix a dû quitter son poste de chef de service pour celui de professeur, sans maintien des acquis (salaire, statut) et surtout en migrant à Brigue, ce qui laisse entendre que cette décision est moins le résultat d'une négociation (comme l'affirme Oskar Freysinger) que la capitulation d'un collaborateur dûment sanctionné.

Pourquoi n'avoir pas pris cette décision plus tôt ? Oskar prétend qu'il n'y avait pas de motif légal pour le faire dans le cadre du dossier fiscal. Et aujourd'hui ? En invoquant un problème de santé, le Conseiller d’État ne donne pas plus de garanties que cette sanction soit légitime. Plus surprenant, une enquête est demandée après que la décision ait été prise. Le risque que le Gouvernement n'a pas voulu courir il y a deux ans, alors que le Parlement l'y invitait fermement, voilà qu'il le prend aujourd'hui, à quelques mois des élections communales et cantonales. Comme par hasard.

Dans quelques jours, les responsables de l’École valaisanne vont achever l'organisation de la prochaine rentrée scolaire. C'est le moment choisi par le Chef du Département pour limoger son bras droit. L'Office de l'enseignement spécialisé est lui aussi laissé à l'abandon puisque son chef n'a pas été remplacé. A-t-on jamais vu pareille pagaille au sein de ce Département ?

N'est-il pas grand temps de le confier à quelqu'un de sérieux, pour le bien de tous les élèves du canton ?


Antoine Cretton
Entremont Autrement - Bagnes

28 juillet 2016

Jean-Marie Cleusix ulcéré

Entremont Autrement prend acte de la "démission" de Jean-Marie Cleusix.


Pour être francs, cette nouvelle nous attriste assez peu - bien que nous souhaitons un bon rétablissement à M. Cleusix - tant il est vrai que dès sa nomination nous avons été effarés par ses frasques fiscales. Il y a plus d'une année que nous demandions activement une démission de M. Cleusix en raison du haut degré moral que requiert la fonction qu'il s'apprête à quitter. Il aura fallu bien du temps pour que le Conseiller d'Etat en charge de la Formation se rende compte qu'il ne "peut plus assumer sa charge".

Nous souhaitons - au regard des récentes affaires qui ont secoué son département - que M. Freysinger sache faire preuve de plus de discernement en lui cherchant un successeur. Il en va de la dignité et de la qualité de l'école valaisanne, reconnues unanimement en dehors des frontières cantonales. Nous souhaitons vivement que cette nomination soit dépolitisée.

Enfin, il faudra savoir faire toute la transparence sur la crise qui a obligé un retour d'urgence des vacances du Conseiller d'Etat. Pour ce faire, il est important de laisser travailler la Commission de Gestion, qui se penche actuellement sur le sujet.

Bon été à tous!

Le comité d'Entremont Autrement

27 juillet 2016

Le Conseil d'Etat va prendre des mesures... de capacité ou de longueur ?

Service de l'enseignement: Jean-Marie Cleusix démissionne
"Le Conseil d'Etat va prendre des mesures..."

Des mesures de capacité ou de longueur ? (cf l'office de l'enseignement spécialisé)



Antoine Cretton 
Entremont Autrement

4 juillet 2016

Les étudiants contre ETS2


Rhône FM annonçait cette semaine que les étudiants de la HES-SO s'opposaient aux mesures d'économie prévues par le paquet ETS2. Ils dénoncent en effet un train de mesures qui prévoit une baisse des bourses d'étude et une augmentation des taxes.

Une pétition en ligne permet de soutenir la démarche de ces étudiants et de dire au Grand Conseil qu'il ne peut pas constamment couper dans les dépenses sans conséquences concrètes sur le quotidien de milliers de Valaisannes et de Valaisans.


Entremont Autrement s'oppose aux plans d'économie successifs et est préoccupé des inégalités que ceux-ci engendrent: des finances saines oui, au détriment du service public et de ceux qui en ont le plus besoin non!


Voici le texte publié par M. Sébastien Delalay sur la plateforme change.org en lien avec cette pétition.



Dans le cadre de l’examen des tâches et des structures ETS 2 présenté au Conseil d’Etat le 23 mars 2016, une mesure pour économiser 32 millions de francs est envisagée sur les services de l’Etat du Valais suivant : Le social, la santé, l’économie et l’enseignement. 
Les mesures concernant l’enseignement et plus particulièrement la HES-SO Valais//Wallis sont : Une augmentation des taxes d’études, une diminution des bourses d’études ainsi que l’arrêt des rémunérations par l’Etat des stagiaires en santé (Soins infirmiers et physiothérapie). 
Selon une étude effectuée à la HES-SO en 2013, 72% de ses étudiant-e-s avaient une activité rémunérée en parallèle de leurs études dans le but de les rendre possible et d’améliorer leur situation financière. Ceci démontre déjà le besoin d’un soutien financier. La mise en place de ces mesures reviendrait à précariser d’avantage leur situation économique. La HES-SO Valais//Wallis ne devrait pas être réservée à une élite dont les moyens financiers peuvent supporter des coûts plus élevés. Les personnes issues d’un milieu économique modeste ont également le droit de s’assurer un avenir professionnel de leur choix.

La rédaction 

18 juin 2016

L'école valaisanne confiée aux intégristes ? Suite 2

Vendredi, une majorité de députés se sont étonnés que la mise au concours du poste de chef-fe de l'Office de l'enseignement spécialisé n'exige aucun titre d'enseignement ni aucune expérience dans ce domaine. Elle a donc accepté le postulat urgent déposé par Gaël Bourgeois et signé par J. Rausis, Ch. Claivaz et D. Théoduloz. Ce postulat demande au Conseil d’État "qu'une formation ou expérience dans le domaine de l'enseignement soit considérée comme un pré-requis absolument nécessaire pour le ou la futur-e chef-fe de l'Office de l'enseignement spécialisé."

Oskar Freysinger a évidemment rappelé que les nominations sont du ressort du Conseil d’État.

Par 56 oui, 37 non et 30 abstentions, le Parlement a néanmoins accepté le postulat, émettant ainsi un vœu ferme à l'intention du Gouvernement. On verra si celui-ci décide d'entendre ce message ou s'il fait la sourde oreille, comme il l'a fait dans le cas de Jean-Marie Cleusix.

Antoine Cretton 
Entremont Autrement

11 juin 2016

L'école valaisanne confiée aux intégristes ? Suite


Plusieurs mois après la démission du responsable actuel de l'office de l'enseignement spécialisé, le DFS a enfin mis au concours le poste à repourvoir (extrait du BO du 11.06 ci-dessous). 
On constate que pour gérer l'enseignement spécialisé dans notre canton, il n'est nul besoin d'avoir une formation ni expérience dans ce domaine. Aucune allusion à l'enseignement spécialisé dans le profil demandé ! Tout citoyen lambda peut correspondre aux exigences. 
Une aubaine pour le département qui pourra nommer son favori, sans enfreindre le règlement !

Tous les efforts de concertation entre la SPVal et les partis politiques n'ont pas réussi à empêcher cette mise au concours bidon.
La politique ce n'est pas le Pérou !

Antoine Cretton
Entremont Autrement

10 juin 2016

L'école valaisanne confiée aux intégristes?


La nomination d’une collaboratrice scientifique sympathisante d’Ecône et méfiante à l’égard de l’école publique valaisanne (ses enfants fréquentent l’école privée) n’avait pas inquiété les milieux de l’instruction publique ni fait grand bruit dans les médias. C’était un cas isolé.

Aujourd’hui le chef de l’Office de l’enseignement spécialisé a donné sa démission. Le candidat pressenti à sa succession est issu des rangs de l’UDC (ce n’est pas rédhibitoire), n’a pas de formation d’enseignant et ne fait pas non plus confiance à l’école valaisanne (ses enfants sont aussi à l’école privée).

C’est grave ; ce n’est plus un cas isolé mais une volonté politique délibérée.

Pourtant l’Association des maîtres de l’enseignement spécialisé ne se manifeste pas et le président de la Société pédagogique valaisanne n’est même pas conscient de la situation.

Les députés et les partis politiques ont d’autres chats à fouetter et les conseillers d’Etat n’osent pas contrer leur collègue Chef du DFS.

Le « par cœur » en littérature ouvrira-t-il la porte du « par cœur » catéchétique ?

Antoine Cretton
Entremont Autrement

[EDIT: 11.06.16 à 12h30]
Nous apprenons que le monde politique est en train de se mobiliser en concertation active avec les milieux enseignants. On vous tiendra au courant des développements.
La rédaction du blog d'EA

13 mars 2016

Thèses numéros neuf et dix

Les deux dernières thèses sur l’école concernent l’enseignement des langues et la subsidiarité des décisions dans le domaine scolaire. Ce sont des thèses un peu chewing gum dans lesquelles on lit qu’il est important d’enseigner les langues et que priorité doit être donnée aux langues parlées dans le canton. C’est un fait établi depuis longtemps. Quant à la subsidiarité, il est simplement dit que les décisions doivent être prises au plus près de la réalité du terrain - sans précision particulière sur la nature de ces décisions - et que la paperasse doit être limitée au strict minimum, sans autre luxe de détails.

Au terme de ce parcours fléché, il apparaît que les 10 thèses sur l’école ne révèlent ni vision très précise ni idée originale et encore moins d’ambition forte pour les élèves d’aujourd’hui et de demain. Les silences et les omissions qu’on y décèle (tiens, pas un mot sur les parents par exemple) sont presque plus révélateurs que les propos souvent lénifiants qu’elles contiennent. On y trouve parfois tout et son contraire, comme dans la thèse 10 où après avoir affirmé que « le fonctionnement et la structuration de l’administration scolaire jouent un rôle déterminant » on découvre que « le champ d’action pédagogique est dans les salles de classe et non dans les bureaux de l’administration », Qui en aurait douté ? Bref, difficile, sur cette base, de se faire une idée claire des conséquences concrètes qui ne manqueront pas d’en découler.

Les enquêtes PISA placent régulièrement le Valais dans le peloton de tête des classements internationaux en termes de résultats et il y a fort à parier que ce sera encore le cas demain. Ce succès tient à des facteurs qui échappent largement à la seule influence d’un Conseiller d’Etat ou d’une équipe administrative : des écarts socio-culturels moins grands que dans d’autres régions du pays, une culture commune plus homogène de la population et partant des familles, un corps enseignant sérieux et majoritairement bienveillant, un temps plus important consacré aux apprentissages et d’autres ingrédients encore se sont construits dans la durée et permettent de résister aux frimas de toutes sortes.

Et ça au moins, c’est plutôt rassurant.

Cilette Cretton

12 mars 2016

Thèse numéro huit

«L’école est aussi une école de vie» : tel est l’intitulé de la thèse numéro 8, qui insiste sur la nécessité de fournir aux élèves des repères de jugement universels, autrement dit des valeurs qui leur permettront de se forger une «conscience morale». Cette conscience morale n’a semble-t-il rien à voir avec l’enseignement religieux dont OF ne dit pas un mot. On ne va pas s’en plaindre. On pourra néanmoins s’interroger sur la nature des accords passés par le Département avec l’Evêché en ce qui concerne l’école et sur la volonté affirmée par ailleurs de maintenir des cours systématiques de religion dans les classes plutôt que la formation «éthique et cultures religieuses», sans caractère confessionnel, prévue dans les plans d’études romands.
 Certes, les cantons ont la possibilité d’y déroger en fonction des particularismes locaux.

Il est plus surprenant encore de lire que «une conscience morale ne peut être formée et cultivée qu’à travers l’enseignement prioritaire des fondements de l’histoire de notre civilisation.»
 Doit-on comprendre qu’OF manifeste un intérêt particulier pour l’histoire ? Cette discipline doit-elle donc faire partie des fameux «fondamentaux»? Doit-elle être traitée comme une discipline distincte avec sa propre dotation horaire (ce qui n’est pas prévu dans le PER qui l’intègre à l’ensemble plus large des sciences humaines et sociales)? L’avenir le dira, quand il s’agira de concrétiser cette thèse, «La connaissance de son devenir permet d’en assurer la pérennité», ajoute le Chef du Département, qui se mue soudain en astrologue pour mieux nous convaincre qu’avant de s’ouvrir aux valeurs des autres (celles des étrangers), il faut avoir foncièrement assimilé les nôtres. On n’aura pas la cruauté de demander à OF quelles sont les valeurs dont il parle, tant il paraît convaincu qu’elles sont partagées par tous les Valaisans.
 
(à suivre)

Cilette Cretton

11 mars 2016

Thèse numéro sept

«Les fins commandent les moyens et non l’inverse», lit-on dans cette thèse.

A défaut d’affirmer que les enseignants sont soumis aux objectifs fixés dans les plans d’études officiels, on peut craindre en effet que les moyens d’enseignement se substituent aux programmes. La nature a horreur du vide. Il est plus facile d’organiser ses cours en fonction des chapitres successifs du livre d’histoire que de s’assurer que les élèves aient bien compris les notions essentielles à leur formation. En éducation, les fins, ce sont les objectifs inscrits dans les programmes. Ils sont évidemment plus importants que les moyens d’enseignement, manuels ou exercices divers qui doivent favoriser l’accès aux compétences requises.

Or OF aura quand même réalisé l’exploit de pondre 10 thèses sur l’école sans jamais prononcer le terme : plan d’études romand, sans jamais se référer aux exigences du Concordat HarmoS (adopté formellement par le Grand Conseil) ni à la moindre base légale qu’elle soit cantonale ou intercantonale. Une omission aussi systématique ne saurait être fortuite. D’autant moins d’ailleurs que l’adoption du «Lehrplan 21» a été mise en veilleuse par ses soins dans les classes du Haut-Valais. On sait à quel point l’UDC s’est battue pour combattre l’harmonisation scolaire, non seulement en Valais mais dans l’ensemble de la Suisse. Confier l’instruction publique à l’un des plus acharnés pourfendeurs de l’école actuelle ne laissait guère d’illusion sur sa volonté d’appliquer les règles démocratiquement adoptées dans ce domaine. OF a choisi de ne pas attaquer frontalement HarmoS, mais de l’ignorer, comme un «sale gamin
» qui ne respecterait pas les consignes du maître, ou comme un enseignant qui refuserait d’appliquer les décisions de son chef.

A une exception près toutefois : quand OF est personnellement concerné par l’application d’une règle, là il invoque haut et fort la Constitution. C’est ce qu’il fait aujourd’hui pour conserver le droit au cumul des fonctions dans les instances supérieures de son parti et au Gouvernement.

(à suivre) Cilette Cretton

8 mars 2016

Thèse numéro six

Cilette Cretton poursuit sa stimulante lecture commentée des thèses d'OF:

Ce chapitre s’intitule: «Pour la dignité de l’école». Il n’est donc plus question ici simplement de pédagogie mais de l’institution qui, voulue par les citoyens, est l’instrument que la société se donne pour assurer la formation de ses membres. A l’inverse des écoles privées, l’école publique, en tant qu’institution, est fondée sur des lois votées par le peuple. En général, les critiques formulées à l’égard de l’école ne s’attaquent pas à l’institution elle-même, mais à la manière dont elle est administrée, à ce qu’on y enseigne ou à la façon dont les autorités ou les enseignants y exercent leur métier ou leur fonction.

Respecter l’institution scolaire, c’est d’abord respecter le cadre légal dans lequel elle exerce sa mission. En remettant en cause les décisions prises par des instances supérieures, en l’occurrence celles de la Coordination intercantonale, on affaiblit l’institution en la soumettant à l’arbitraire ou à la seule volonté de quelques chefs de tribu locaux. OF a donc raison lorsqu’il dit que l’école n’est pas un supermarché où chacun peut venir réclamer ce qu’il désire ou ce qu’il estime lui être dû. En revanche, il semble ignorer que l’exigence de respect face à l’institution lui confère une obligation de rigueur qui ne saurait échapper au contrôle citoyen.

Concrètement, cela signifie que les lois et concepts adoptés au plan cantonal comme au niveau supérieur dans des domaines comme l’intégration de tous les élèves par exemple, ou l’adoption de programmes communs, priment sur la vision personnelle de l’autorité scolaire cantonale, même si cela doit la rendre un peu impopulaire auprès de ses amis politiques du Haut. C’est du moins ce que les citoyens sont en droit d’attendre. (Pour rappel, le Lehrplan 21 adopté par la CDIP en 2014 n’est toujours pas en vigueur dans le Haut-Valais).

(à suivre)

Cilette Cretton

7 mars 2016

Thèses numéros quatre et cinq

Cilette Cretton poursuit sa lecture critique des 10 thèses d'OF:

«La qualité de l’école dépend de la qualité des enseignants». Bon. Là, ça sent un peu la brosse à reluire mais personne ne contestera l’importance d’un bon corps enseignant, garant d’une bonne école.

Passons donc à la thèse numéro 5 : «Pour un retour aux fondamentaux». Le Chef du Département regroupe sous les fondamentaux «la langue maternelle» et «les mathématiques». Or la langue maternelle des écoliers n’est pas la même selon qu’ils sont originaires du Val d’Anniviers ou récemment immigrés d’un pays où l’on ne parle pas le français. Un renforcement de la langue maternelle peut donc aussi bien concerner le français que n’importe quelle autre langue parlée dans les familles domiciliées en Valais. On se réjouit par conséquent de voir quelle application concrète OF entend donner à cette thèse.

Le Chef voit dans la lecture des œuvres littéraires le moyen d’accéder à une connaissance approfondie de l’humain qui doit permettre d’aborder autrui avec humanité et bienveillance. On ne peut que souscrire à cette vision humaniste et s’en réjouir Et comme l’exemple vient d’en haut, on attend du Chef ce même regard compréhensif à l’égard de toutes les personnes, élèves et familles, que la misère ou la faim ont poussées sur le chemin de l’exil. On voit mal comment cette bienveillance pourrait s’accommoder d’un contingentement étriqué, voire d’un refoulement abrupt de tout individu qui demande asile chez nous. On cherche également en vain la bienveillance qui découle de l’interdiction forcenée du voile à l’école, d’autant qu’elle vise des enfants qui n’ont pas forcément prise sur leur tenue vestimentaire…

On se demande bien quelles sont les œuvres littéraires dans lesquelles OF a baigné sa jeunesse pour manifester autant d’empathie envers autrui et tout particulièrement à l’égard des musulmans.

(à suivre)

Cilette Cretton

6 mars 2016

Thèse numéro trois

 Cilette Cretton analyse les thèses d'OF.:

Cette thèse, intitulée «pour un enseignement basé sur les contenus», précise simplement que l’élève n’est pas à l’école simplement pour apprendre à apprendre, mais aussi pour apprendre quelque chose. Il faut bien dire qu’on s’en doutait. Elle demande de «réhabiliter» la mémorisation, comme si celle-ci avait été bannie des apprentissages scolaires. Rien à dire sur ce point, si ce n’est que cette thèse, comme bien d’autres, part d’abord de l’hypothèse qu’un mode de faire aurait été abandonné depuis belle lurette par l’école pour justifier ensuite sa réhabilitation. (voir à ce sujet la magistrale démonstration de Yann Lambiel sur les bananes bleues).

Cette suspicion permanente a quelque chose de méprisant non seulement pour les enseignants qui passent pour des rigolos, mais aussi pour tous ceux qui depuis des années s’attachent à rédiger des programmes scolaires conformes aux exigences de notre temps.

A l’heure actuelle, tous les enseignants disposent d’un plan d’études unifié au niveau de la Suisse romande (le PER), qui fixe des objectifs de compétences (fondées sur des connaissances) que les élèves devront atteindre. Ce plan d’études harmonisé ne constitue pas une simple référence à bien plaire mais il a un caractère contraignant. Ces objectifs vont bien au-delà de l’apprentissage du livret ou de quelques dates d’histoire. On aurait souhaité que le Chef du Département le rappelle et surtout qu’il manifeste clairement son adhésion aux engagements pris dans ce domaine par tous les cantons, Valais y compris. A défaut… on risquerait imaginer qu’il pourrait ne pas y souscrire…

(à suivre)

Cilette Cretton

5 mars 2016

Thèse numéro deux

Cilette Cretton, enseignante spécialisée
Cilette Cretton analyse les thèses d'OF.:

Elle s’intitule « pour une école de l’élévation ». Elle prône l’effort sous toutes ses formes pour que chaque élève comprenne qu’il forge lui-même son destin. Pas question de baisser les exigences si l’élève ne parvient pas à réaliser ce qui est demandé, ce ne serait qu’un effroyable nivellement par le bas. Interprété au premier degré, cela fait immédiatement penser au film «les Intouchables», quand le jeune aide-soignant dit au paraplégique : «pas de main, pas de chocolat». De toute manière, lit-on dans cette thèse, «l’échec est certes douloureux mais il n’est pas une honte ou une disgrâce mais un «instrument pédagogique » qui doit stimuler. Oui, sans doute, mais uniquement les bons élèves !

Pour les autres, chaque enseignant digne de ce nom sait qu’il ne sert à rien de fixer d’emblée des objectifs inaccessibles. Il vaut mieux prévoir des paliers successifs qui permettront l’accès à la connaissance, autrement dit pratiquer une pédagogie différenciée. Considérer l’échec comme un «instrument pédagogique » c’est un peu du foutage de gueule mais surtout, ça ne marche pas.

Ces considérations visent à valoriser la présentation de ce deuxième «instrument pédagogique» (aux yeux du Chef du Département) : les notes. «Les paysans ont compris depuis longtemps que la truie ne devient pas plus grasse du seul fait qu’on la pèse régulièrement», écrivait un éducateur suisse alémanique. Dans l’enseignement, certains croient encore que les élèves réussiront mieux si on leur balance une interro quotidienne. En tant qu’indicateur des acquis, la note n’est certainement pas un moyen pire qu’un autre. Lui attribuer des vertus de «précision» ou de «neutralité» relève néanmoins du fantasme. Il est plus facile de fabriquer un test qu’aucun élève ne sera capable de réussir que d’apprendre une notion complexe à un élève qui peine.

(à suivre)

Cilette Cretton

4 mars 2016

Thèse numéro un


Cilette Cretton, à l'époque où elle présidait l'AVESP
Que le Conseiller d’Etat en charge de la formation livre la substantifique moelle de sa réflexion dans le domaine dont il a la responsabilité est plutôt réjouissant. Cela signifie qu’il a une vision et des projets pour l’école et que ceux-ci fonderont ses décisions dans ce domaine. L’exercice est forcément périlleux puisque l’auteur se met à nu (si je puis dire) et livre le fond de sa pensée. On s’attend donc à ce qu’il retire son masque à gaz, ses jambières et ses caleçons longs et qu’il parle clairement.

La 1ère thèse s’intitule « La pédagogie est un art de vivre et non une science exacte ». Ah bon ? En dehors des mathématiques, il n’y a plus guère de science qui s’arroge le qualificatif d’exacte. On ne voit pas très bien pourquoi la pédagogie y prétendrait. Mais de là à la définir comme un art de vivre, il y a quand même un pas un peu difficile à franchir. La formule relève sans doute de la fantaisie poétique plus que de la démonstration étayée. Mais passons…

Dans cette 1ère thèse, on insiste sur la relation privilégiée entre maître et élève. il est cependant précisé qu’il « faut éviter de trop fractionner les groupes et les rendre ainsi ingérables et inopérants ». D’accord, il vaut mieux lire cette phrase plusieurs fois pour tenter de la comprendre. Sans autre précision, on peut imaginer qu’il s’agit de groupes « d’élèves ». Mais pourquoi vouloir les gérer ? On gère un patrimoine, des budgets, un décompte fiscal, mais pourquoi vouloir « gérer » des élèves ? Et pourquoi le fait de fractionner des groupes les rendrait moins gérables ? A moins que ce fractionnement concerne un allègement des effectifs (de classe), ce qui entraîne effectivement une gestion financière plus difficile en cas de contraction inopinée des budgets de l’Etat. Dès lors, on pourrait comprendre que fractionner les groupes les rend effectivement ingérables… pour le Chef du Département.

Si on a tout bien compris, on attend donc sans impatience quel résultat concret aura cette première «thèse » sur l’école valaisanne de demain...

(à suivre)

Cilette Cretton

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