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17 août 2021

Aller plus haut!

En voilà un étrange été : mon ami paysan cherche les jours où la météo veut bien lui laisser une petite fenêtre de beau temps pour activer sa fenaison. Mon ami du nord panse ses blessures béantes après les dernières intempéries. Mon ami du sud brûle sous une chaleur digne de l’enfer. Mais ici à Orsières tout va bien. La pollution c’est pas chez nous qu’on la voit. En plus, c’est la faute des Chinois, des Américains, des Russes et on n’en passe !


Alors saluons la dernière attraction touristique de la région : un vol en hélicoptère pour prendre l’apéro dans nos si chères montagnes. Au départ de la Laiterie d'Orsières!  Que la planchette du terroir se promène avec un bilan carbone explosé, doit la rendre savoureusement meilleure. Il faut bien dire que pour une petite escapade de ce type, ce n’est pas moins de 70l de kérosène qu’il faut compter… 70l de kérosène pour aller admirer un glacier, sans le plaisir de l’avoir gravi, de l’avoir approché respectueusement sur nos deux jambes, d’avoir porté notre en-cas jusqu’en sa demeure.

Si le bilan carbone de ce type d’escapade est scandaleux, son prix laisse également à désirer Est- ce que tous ces efforts pour vendre notre région si authentique aux yeux de nos hôtes doivent-ils passer par le chic d’une clientèle richissime ? 319.- par personne ! Où est passé la promotion d’un tourisme 4 saisons familiale ?

Quand les plus grands spécialistes nous alarment sur l’état de santé de notre planète (rapport du GIEC), nous sommes en droit de nous demander ce que l’on laissera aux générations suivantes. Si même chez nous, nous ne voulons voir l’inéluctable, personne ne le fera. Notre planète sera sauve seulement si chacun y met du sien, et ceci commence chez nous. Et surtout pas en allant prendre l’apéro sur un glacier en voie de disparition à bord d’un hélicoptère.


Valérie Maret, Michèle Steiner, Baptiste Fellay, Jasmine Lovey, John Gault, Aurélie Vodoz, Sophie Juon, Florian Alter, Didier Buisson

Section EA Orsières


8 octobre 2017

Prévoyance 2020, fausse bonne ou vraie mauvaise idée?

Le 24 septembre dernier, le peuple suisse refusait la réforme de la prévoyance vieillesse 2020. Cette décision, plonge maintenant le pays dans une incertitude quelque peu inquiétante, car cette réforme, malgré les imperfections qui la caractérisaient, avait pour objectif de garantir le financement de notre système de retraites ces prochaines années, ainsi que de maintenir le niveau des rentes.

Le peuple suisse en a décidé autrement. Et maintenant?

Il y a urgence, le temps nous est compté. Les détracteurs de cette réforme n’ont pas plus de solution que ses défenseurs, et c’est bien dommage, car nous devons trouver une solution pour nous assurer une belle fin de vie, et assurer une belle fin de vie à la génération suivante.

Il est évident que, suite à ce refus de réforme, nos représentants à Berne doivent proposer des idées qui puissent convaincre le peuple suisse. Un des premiers à faire entendre sa voix du côté de la capitale n’est autre que notre conseiller national valaisan Jean-Luc Addor. Notre représentant vient de déposer une interpellation demandant au Conseil fédéral d’évaluer le potentiel d’économies pour l’AVS et l’AI si les rentes versées à l’étranger étaient adaptées au coût de la vie sur place (Le Matin du 30.09.2017).

Si je comprends bien la réflexion de M. Addor, on priverait d’une partie de leur rente des gens qui ont travaillé toute leur vie, souvent dans des emplois pénibles et peu rémunérés, des gens qui pour une grande partie se voient presque contraints à l’exil afin de s’offrir une meilleure retraite, le coût de la vie en Suisse ne leur permettant pas de profiter pleinement de leurs dernières années de vie. Si je poursuis dans ce sens, ces gens n’auraient donc plus la liberté de disposer de cet argent qui leur revient de droit, car si on adapte leur rente au coût de la vie du pays qu’ils ont choisi pour y vivre leur retraite, ils ne pourront plus s’y installer, leurs revenus devenant alors insuffisants même dans un pays dont le coût de la vie est moins élevé qu’en Suisse.

J’ose espérer que ce genre d’idées ne sera pas trop pris au sérieux du côté de Berne car je considère que c’est une atteinte à la liberté individuelle de chacun, de ne pas pouvoir disposer librement de l’argent qui lui revient de droit, après une vie de labeur.

Didier Buisson

31 juillet 2017

1er août - Mon patriotisme


Le patriotisme est-il l’apanage d’une certaine catégorie de la population? A en croire certaines affiches qui fleurissent régulièrement lors de campagnes électorales, cela semble être le cas. Les messages affichés laissant clairement entendre que hors du chemin qu'ils tracent, il n’y a point de patriotisme. Sous-entendu: ceux qui s’opposent à leur vision n’aiment pas leur pays!

Si on ouvre le dictionnaire Larousse, et que l’on consulte la définition du patriotisme, voici ce que l’on peut lire:

Patriotisme: Attachement sentimental à sa patrie se manifestant par la volonté de la défendre, de la promouvoir.

J’ai beau lire et relire cette définition, je ne vois rien dans celle-ci qui me fasse penser que les idées défendues par les partis plus modérés ne sont pas patriotiques.

  • Si je pense que les étrangers qui vivent dans ma région ont le droit de donner leur avis sur les décisions communales, voir même cantonales, cela fait-il de moi quelqu’un qui n’aime pas son pays? 
  • Si je pense qu’un musulman doit pouvoir pratiquer sa religion dans une mosquée ou qu’un juif dans une synagogue, ou qu’un bouddhiste dans une pagode et j’en passe, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense que mon pays doit être une terre d’accueil pour des gens qui doivent quitter leur pays afin d’assurer leur survie et celle de leurs enfants, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense que la diversité culturelle, religieuse, idéologique est une richesse pour mon pays, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense que, plutôt que de refouler des migrants chez mon voisin ou de les renvoyer chez eux, il vaudrait mieux aider les pays d’où proviennent ces migrants à prospérer afin que les gens n’aient plus besoin de fuir, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense que la survie écologique de mon pays est aussi importante que sa survie économique, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense qu’il faudrait trouver un système de répartition des richesses plus équitable afin que les riches ne deviennent pas de plus en plus riches et les classes moyennes et inférieures de plus en plus pauvres, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense qu’un étranger peut apporter une plus-value à mon pays, cela fait-il de moi un non patriote?
  • Si je pense que mon pays peut trouver une place dans cette Europe et ce monde global qui se construisent autour de lui, cela fait-il de moi un non patriote?

Au plus profond de moi, j’ai l’intime conviction que la réponse à toutes ces questions est non.

Le patriotisme, comme le définit très clairement le Larousse c’est-à-dire l’attachement à son pays, en le défendant, bien sûr, mais aussi en le promouvant. Et quelle meilleure manière de promouvoir son pays qu’en l’ouvrant au monde qui l’entoure, qu’en faisant de lui une terre d’accueil, qu’en autorisant les gens qui y vivent à pratiquer leur religion librement et à participer activement aux décisions qui sont prises dans leur lieu de résidence? Libres à certains de penser qu’ils sont les seuls vrais patriotes, mais personnellement je me sens aussi patriote qu’eux et aussi attaché à mon village, ma région, mon pays qu’eux!

A tous les amoureux de notre belle patrie, je vous souhaite un joyeux 1er août.

Didier Buisson

15 mars 2017

Pourquoi je ne voterai pas Oskar Freysinger.

Les gens qui me connaissent savent que je n’appartiens à aucun bord politique, ni droite, ni gauche, ni centre. Bien sûr, les valeurs prônées par la gauche correspondent beaucoup plus que toute autre à mes propres valeurs notamment en matière de protection de l’environnement, de développement touristique et de justice sociale. Mais au fond je suis comme beaucoup de citoyens qui votent et élisent en fonction de leurs propres idées, sans se soucier d’une quelconque recommandation de parti, ou de l’appartenance d’un candidat à une formation politique.
C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que j’ai rejoint, il y a quelques années, le cercle des sympathisants d’Entremont Autrement. Je suis de ceux qui pensent que tous les courants d’idées doivent être représentés dans les différents hémicycles, communaux, cantonaux et fédéraux.

Ainsi je pense que l’UDC, qui prône des valeurs qui sont très éloignées pour ne pas dire totalement opposées à ce que je pense, a toute sa place dans le paysage politique de notre démocratie. Donc, je devrais dire que l’UDC, fort d’un pourcentage électoral important en Valais, doit être représenté dans l’exécutif cantonal, pour lequel les Valaisans sont appelés à voter le 19 mars prochain. Toujours dans la même logique il devrait également y avoir un conseiller d’Etat PLR, un conseiller issu de l’alliance de gauche, et deux du PDC. Sans être un grand analyste politique, je pense que cette répartition serait la plus équitable afin que chaque courant d’idées soit représenté au Conseil d’Etat, proportionnellement à sa « puissance électorale ».

Mais voilà, une élection répond rarement à cette logique. Encore moins un deuxième tour d’élection au Conseil d’Etat, ou l’appartenance à tel ou tel parti perd de l’importance, au profit de la personnalité des différents candidats en compétition. Et c’est bien là que le «problème» Freysinger se pose. Plus que le parti qu’il représente, c’est bien sa personnalité qui ne correspond pas au poste qu’il occupe. Lorsqu’une personne entre dans un exécutif, elle doit savoir laisser ses convictions partisanes au vestiaire et agir dans l’intérêt unique du canton et de tous ses citoyens.

Après quatre ans de mandat au sein du conseil d’Etat valaisan, on peut affirmer que M. Freysinger a failli à sa tâche. Pour étayer cette affirmation, il suffit de faire un bilan de ses années passées au gouvernement. Alors qu’il se présentait en sauveur du Valais, capable de ramener 1 milliard de francs de Berne pour les déverser dans les caisses cantonales, et qu’il promettait de venir à bout de la politique de copinage dont il accusait les partis au pouvoir (pas totalement à tort d’ailleurs), le bilan de son travail au conseil d’Etat est bien maigre et ses agissements souvent très contestables.

  • Le milliard venant de Berne promis pendant la campagne: nous n'en avons aucune trace.
  • L’affaire Cleusix on en a assez parlé, pas besoin d’en rajouter.
  • Idem pour Le cas « San Giorgio ».
  • L’armée qui quitte le canton sans réelles compensations.
  • Les apparitions contestables auprès de dirigeants populistes à l’étranger.
  • Le courrier adressé à François Hollande sur papier à en-tête de l’état du Valais.


Sinon, rien de bien neuf sous le soleil valaisan, le sauveur du Valais était bien trop occupé ailleurs pour tenir ses promesses électorales. Dès lors, je pense qu’Oskar Freysinger n’a plus sa place au sein de l’exécutif cantonal. Je pense également que l’UDC valaisanne aura de la peine à trouver un candidat dans ses rangs au cours des prochaines années, qui répondra au cahier des charges extrêmement difficile à remplir pour accéder au poste de conseiller d’Etat, puisque tous les lieutenants de Freysinger ont été formés à son école.

Pour ce 19 mars, et pour toutes les élections à venir, je souhaite que nous, peuple valaisan, élisions des personnalités qui savent gouverner dans le respect le plus total de notre magnifique canton et de tous ces citoyens et en respectant le point de vue de leurs adversaires.

Didier Buisson
Orsières

28 octobre 2016

LOGIQUE politique vs LOGIQUE tout court

Voici maintenant presque deux semaines, les Valaisans élisaient leurs nouveaux conseils communaux. Le moins que l’on puisse dire c’est, qu’excepté quelques surprises çà et là, le parti démocrate-chrétien nous a encore une fois prouvé que son électorat est solide et prêt à se mobiliser afin de soutenir ses candidats jusqu’aux exécutifs communaux.

Ce fut le cas dans notre district d’Entremont puisque, mis à part à Vollèges, le PDC n’a cette année pas souffert de la concurrence à Orsières, Liddes, Sembrancher et surtout à Bagnes. La population de Bagnes a même choisi de plébisciter le parti majoritaire et plus encore son président Eloi Rossier et ceci, malgré les « affaires » qui ont secoué la commune et particulièrement le parti au pouvoir. Je ne mentionne pas la commune de Bourg-Saint-Pierre, vu que la réélection des cinq conseillers PLR s’est faite tacitement. Du côté d’EA, la percée est flagrante, le mouvement remporte trois nouveaux sièges, à Bagnes, Liddes et Vollèges.

Malheureusement, le deuxième siège espéré par notre mouvement à Orsières nous a encore échappé, malgré la belle campagne réalisée par Valérie et Urbain, épaulés par une équipe très dynamique et motivée. Dans cette dernière commune, la « surprise » de ces élections vient incontestablement du PLR qui a conservé ses trois sièges de manière indiscutable.

Nous apprenions assez rapidement après les élections du 16 octobre que, fort de ce résultat, le PLR s’intéressait à la vice-présidence en lançant la candidature de Pascal Tornay. Le président du PLR, Michel Cretton, souhaitait évidemment et très logiquement, qu’Entremont Autrement soutienne la candidature de M. Tornay qui sera en compétition pour ce poste avec Mme Sylvie Rausis, candidate PDC déclarée de longue date.

Je souhaite revenir particulièrement sur un mot: logiquement.

Logiquement? Quelle logique dans cette démarche?

M. Cretton s’épanche volontiers, auprès de qui veut bien l’écouter, sur l’importance de la pluralité au sein du conseil. Mais c’est ce même M. Cretton qui, lors de la campagne martelait, à qui voulait bien l’entendre, l’importance de soutenir exclusivement ses candidats, de peur de diluer les forces des minoritaires (blog.plrorsieres.ch). Comme si le PLR était le seul parti minoritaire à avoir sa place au sein du conseil. Et c’est ce même M. Cretton qui reprochait à la gauche d’être engluée dans ses carcans idéologiques, dans un article publié au sujet de l’initiative AVS+. Dans cet article, M. Cretton accusait la gauche de ne proposer quasiment que des initiatives dangereuses. Et maintenant, nous devrions, logiquement soutenir le candidat libéral radical pour la vice présidence?

C’est une logique politique à laquelle je ne peux absolument pas me résoudre. Malgré le respect que j’ai pour M. Cretton, ainsi que pour les deux candidats en lice, je ne vois qu’une seule manière de respecter mes idées pour cette élection: le vote blanc. Certains me diront que le vote blanc est un vote inutile, j’y vois plutôt un moyen de dire que je ne me retrouve dans aucun choix parmi ceux qui me sont proposés.

De toute façon, je ne sais plus si les candidats sont démocrates libéraux ou radicaux chrétiens (PDC – PLR blanc bonnet, bonnet blanc), donc quelle importance a le nom du vainqueur?

Je souhaite bonne chance aux deux candidats.

Didier Buisson

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