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19 novembre 2021

"L’idée est de permettre aux jeunes de découvrir la richesse culturelle valaisanne". Notre entretien exclusif avec Mathias Reynard


Entré en fonction comme conseiller d'Etat en mai dernier, Mathias Reynard est à la tête du gigantesque Département de la santé, des affaires sociales et... de la culture! En ces temps de crise sanitaire, nous avons voulu nous intéresser, une fois n'est pas coutume, au domaine culturel dont on parle moins.

Mathias Reynard vient d'annoncer la création d'un abonnement général culturel inédit pour les jeunes durant l'année de leurs 18 ans. Nous avons voulu en savoir davantage et sommes allés à sa rencontre.


Monsieur le Conseiller d’État, vous êtes entré en fonction en mai dernier. Honnêtement, en pleine pandémie, vous n’avez pas le temps de vous occuper de la culture… 

La gestion de la pandémie prend du temps, mais je consacre une part importante de mon travail à la culture. Celle-ci est une de mes priorités, que je veux mettre au centre du Département. La culture peut s’articuler autour de tellement de domaines : social, santé, intégration, patrimoine… Bref, sa place est centrale, surtout en pleine pandémie ; les gens ont besoin de penser à autre chose… et moi aussi (rires).

Vous avez annoncé cette semaine un « abonnement général culturel » pour les jeunes de 18 ans. Il sera valable un an. Concrètement, à quelles institutions valaisannes les jeunes auront-ils accès ?

Environ 80 institutions valaisannes sont concernées et touchent tous les domaines de la culture, des salles de concert, avec le Port Franc ou les Caves du Manoir, des expositions et musées plus traditionnels ou encore des festivals. La palette est vraiment large et s’étend également à d’autres cantons romands.

Cette offre est novatrice en Suisse. Mais pensez-vous qu’elle va vraiment intéresser les jeunes ? Répond-elle à une attente ?

J’en suis persuadé. L’idée est aussi de permettre aux jeunes de découvrir la richesse culturelle valaisanne. Le jeune de 18 ans sera peut-être d’abord intéressé par les salles de concert, mais pourra découvrir gratuitement d’autres lieux culturels, faire de nouvelles expériences. C’est une première, nous pourrons évaluer l’utilisation faite de ces AG culturels et voir leur efficacité.



Pour les jeunes des vallées latérales, le premier obstacle à l’accès à la culture est la distance avec les espaces culturels. Pour être véritablement efficace, cet AG culturel n’aurait-il pas dû être accompagné d’une offre de transport ?

On peut toujours faire plus… J’ai agi dans le cadre de mon Département. Et je rappelle que les institutions sont vraiment réparties sur l’ensemble du territoire. Rien que sur l’Entremont, l’offre est déjà très variée et intéressante : le Jardin botanique à Champex, le Verbier Festival, le Musée de Bagnes, le P’tit théâtre à Praz-de-Fort ou encore la Fête de la Musique à Orsières.

De manière générale, ne développe-t-on pas fortement la culture dans les villes au détriment des vallées ? Ne risque-t-on pas de creuser un fossé culturel entre la plaine et les montagnes ?

Le Valais est très attaché à ses vallées. Et on le voit, l’offre culturelle est également disponible sur les coteaux et de manière décentralisée. L’exemple du Palp Festival est un modèle à suivre.

Votre emploi du temps est particulièrement chargé. Avez-vous encore le temps de prendre part à des événements culturels ?

Heureusement oui ! J’essaie de participer à deux ou trois événements culturels par semaine. C’est important pour moi d’être sur le terrain, de découvrir la diversité culturelle du canton et de montrer mon soutien. Et c’est toujours avec plaisir !

Si vous deviez nous conseiller une pièce de théâtre, une exposition et un livre à ne pas manquer cet automne 2021 en Valais, lesquels seraient-ils ?

Côté littérature, « Regards sur Chandolin » d’Ella Maillart vient de paraître chez Zoé. Niveau arts de la scène, je me réjouis de découvrir le spectacle de Faustine Moret au TLH de Sierre. Et puis les expos ne manquent pas non plus : WomanHouse 2021 au Manoir de Martigny, Rapahel Ritz au Pénitencier de Sion ou encore une des deux expositions actuelles contre les violences (celle du Collectif Femmes Valais ou celle de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille).

Quel est le prochain grand projet dans le domaine culturel ?

L’accessibilité à la culture est essentielle ! Nous planchons sur une sorte de Magic Pass culturel, accessible à toute la population… Celui-ci devrait être présenté au printemps prochain.

Merci M. le Conseiller d'Etat de nous avoir accordé cet entretien exclusif. Bonne continuation dans vos activités.

17 novembre 2021

"Nous souhaitons que nos membres se fassent entendre". Interview avec notre présidente Jasmine Lovey


Près de trois mois après son entrée en fonction comme présidente de notre mouvement, Jasmine Lovey a reçu l'équipe de rédaction du blog pour faire le point sur quelques éléments liés au fonctionnement d'Entremont Autrement.


Madame la Présidente, vous venez de mener votre première assemblée générale du mouvement. Comment cela s’est-il passé?

L'assemblée générale s'est très bien déroulée! C'était effectivement une nouveauté autant pour moi que pour le reste du mouvement qui a été habitué depuis toujours à voir Sophie Juon dans cet exercice. Cette assemblée générale représente la fin d'une transition qui a été menée depuis plusieurs mois, notamment pour le passage de la présidence, mais aussi pour la nouvelle organisation du comité afin de s'activer et de proposer de nombreuses activités sur le district en dehors des périodes chaudes électorales. Je crois que notre organisation permettra de relever ces défis.

Vous venez de mener avec succès une révision des statuts de l’association. Quels étaient les buts de cette révision?

La révision de nos statuts s'inscrit dans un processus de longue durée et de réflexion que nous avons mené depuis un certain temps. Avec désormais 17 élu.e.s, nous avons remarqué qu'il existait des lacunes dans nos statuts, notamment en ce qui concerne les élu.e.s. Le comité a ainsi proposé de créer une section spéciale au sein de nos statuts afin de clarifier leurs droits et devoirs au sein de l'association.

De même l'ajout d'une section période électorale permet de définir clairement le rôle du comité directeur en période d'élections et d'encadrer son activité intense. Finalement, le comité souhaitait remettre plus de pouvoir à l'Assemblée générale. jusqu'à cette AG, le comité disposait d'un pouvoir conséquent et il nous semblait judicieux de poser des gardes-fous pour l'avenir. La révision de statuts a d'ailleurs permis de nombreuses questions et échanges avec les membres présent.e.s et témoignent aussi du grand intérêt des buts de notre association ainsi que de la forte démocratie qui règne au sein de notre mouvement.

Lors de la dernière AG, vous avez également présenté les résultats d'un sondage interne à EA sur le positionnement politique du mouvement et sur l'accord entre les sympathisants et le comité. Franchement, est-ce vraiment le plus important pour un mouvement politique de perdre plusieurs mois à faire de l’introspection?

Croire que ne pas écouter sa base et ses membres est une perte de temps est une position un peu condescendante. Nous ne pouvons présupposer de l'avis de nos membres et nous souhaitons qu'ils puissent se faire entendre en cas de désaccord avec la ligne du mouvement. Cette prospection est d'ailleurs très positive. Elle nous éclaire notamment sur les thématiques pour lesquelles nos membres espèrent un investissement du comité et du mouvement. Cette enquête nous a également permis de mesurer que le mouvement est actuellement en accord avec sa base sur la totalité des dernières votations et que par conséquent, nous ne nous sommes pas égarés en chemin depuis 12 ans. Le mouvement répond toujours à un besoin et à des attentes de la population entremontante et nous sommes prêts à relever le défi pour au moins autant d'années!

Est-ce que l’Entremont Autrement de 2021 est toujours le même qu’aux débuts en 2009?

Si je me souviens de mon arrivée à EA, il y a maintenant 6 ans, le mouvement avait un élu communal à Orsières et deux élus cantonaux. En deux élections successives, EA a augmenté sa représentation à 17 élu.e.s! C'est vraiment important et par conséquent le mouvement s'est considérablement agrandi et a petit à petit mené une mue professionnalisante. Néanmoins l'esprit de fondation du mouvement n'est jamais oublié et même soutenu par chaque membre actif de notre association. nous proposons une alternative forte aux partis traditionnels de la région, nous militons toujours pour les listes ouvertes, plus de représentativité sur les listes, la transparence de la vie politique, etc... Ce sont autant de valeurs qui ont fait notre ADN et si on en croit le sondage récent, qui rassemblent toujours nos sympathisants.

La pandémie de Covid a passablement compliqué la vie politique ces derniers mois. Est-ce qu’Entremont Autrement va organiser à nouveau des événements prochainement?

La situation du COVID a en effet eu des répercussions sur de nombreux domaines et je pense qu'il en va de même pour le débat politique. Après une campagne menée principalement sur les réseaux sociaux en raison des restrictions COVID, je pense qu'il est nécessaire de recréer du lien, de proposer des débats, des échanges d'idées, de partir à la rencontre de nos membres mais aussi des citoyens de la région. Le comité s'est donc fixé comme objectif de renforcer ses sections et de mettre sur pied des évènements politiques rassembleurs, que ce soit des débats ou des rencontres citoyennes.

Merci Jasmine d'avoir répondu à nos quelques questions. Bonne suite à toi dans tes fonctions!

13 novembre 2021

Accorder le droit de vote aux étrangers? Nous avons posé la question à Jean-François Lovey


Entremont Autrement vous propose, via une série d'articles, de découvrir les travaux en cours à la Constituante valaisanne. Aujourd'hui, nous allons à la rencontre de Jean-François Lovey d'Appel Citoyen et constituant domicilié à Orsières. Nous avons voulu comprendre d'où venait cette proposition d'accorder le droit de vote aux étrangers.


A l’issue de la première lecture, l’Assemblée constituante a décidé d’accorder le droit de vote aux étrangers au niveau communal. Pourquoi cette disposition est importante selon vous ?

Parce qu’elle renvoie à des valeurs qui nous sont essentielles et qui sont porteuses d’ouverture pour l’avenir du canton. Le respect de la personne humaine doit aller jusqu’à permettre à celles et ceux qui obéissent à des règles communes de participer à leur élaboration. Vivre dans un village ou un quartier, y élever sa famille, y travailler, inscrire ses enfants à l’école, faire partie de sociétés locales, payer ses impôts, partager la quotidienneté de ses voisins donnent aux personnes des responsabilités certes, mais également des droits. En reconnaître la pertinence, c’est viser à une insertion sociale réussie. Le contraire, c’est un mélange préjudiciable d’intégration incomplète et de mise à l’écart. Cela n’a plus de sens ni de dignité aujourd’hui.

Est-ce que les étrangers qui veulent vraiment prendre part à la vie de leur communauté ne doivent pas viser la naturalisation ?

Devenir suisse relève d’une autre volonté. D’une autre visée. On en connaît le cheminement et l’aboutissement. Tous deux respectables. Mais obtenir le droit de vote et d’éligibilité à l’échelle communale appartient à un autre registre. Celui de la légitimité proche. Quand on vit pleinement dans un village ou un quartier jusqu’à une implication comparable à celle de tous les citoyen.nes, on peut légitimement aspirer à un droit de vote et d’éligibilité qui fait de chacun.e un être participant pleinement à la vie de la communauté. On peut être partie prenante de la vie locale, élire et voter localement, tout en restant italien, espagnol ou portugais.

Quels sont les critères donnant accès à ce double droit de vote et d’éligibilité ?

Pour pouvoir accéder à ce double droit au plan communal, il faut posséder un permis d’établissement (permis C) qui s’obtient après 10 ans de domiciliation en Suisse, voire 5 ans si l’intégration est particulièrement visible. L’étranger.ère doit être établi en Valais depuis au moins 1 an et être domicilié dans la commune concernée. On voit bien que les contraintes exigées éliminent tout arbitraire ou toute facilité exagérée.

Pourquoi ne pas avoir étendu ce droit à l’échelon cantonal ?

Parce qu’une majorité de la Constituante ne l’a pas voulu. Appel Citoyen le regrette.

Dans d’autres cantons, les personnes étrangères semblent ne guère profiter de ce droit accordé. N’est-ce pas une mesure surtout symbolique, à faible valeur concrète ?

Le symbole, - les valeurs qu’il sous-tend surtout -, est important. Mais au-delà de ce signe d’élargissement démocratique, il y a toute une image du canton que les Valaisan.nes entendent donner aux générations à venir. Celle, prioritairement, d’une société juste, solidaire et généreuse. Et ce n’est pas rien. 

Ne prenez-vous pas le risque, avec cette disposition, de fédérer les oppositions et de faire échouer l’ensemble de la révision ?

Comme dans tout texte d’ambition globalisante, le risque d’un rejet pour un élément parmi d’autres existe. Nous en sommes conscients. Mais les prétextes peuvent être multiples de cacher sous sa fibre conservatrice les raisons de dire non à l’innovation. Plus de 70% des Valaisan.nes qui ont voulu un changement de la Constitution attendent de nous autre chose qu’un exercice de cosmétique ou de frilosité.

Merci à Jean-François Lovey d'avoir accepté de répondre à nos questions.




12 novembre 2021

Quelques mots avec Frédéric Nouchi, président du POP.

Frédéric Nouchi nous donne avec enthousiasme quelques nouvelles du congrès du Parti Suisse du Travail - Parti ouvrier et populaire qui s'est tenu les 6 et 7 novembre 2021 à Montthey.

- Alors heureux?

- Nous venons de vivre un week-end extraordinaire lors du 24ème congrès du PST-POP à Monthey en Valais, avec des débats nourris, des invités internationaux avec qui nous avons pu échanger et renforcer nos liens, une belle ambiance générale grâce à l’organisation des camarades valaisans, un renouveau et un rajeunissement des instances nationales et l’élection d’une coprésidence entre Amanda Ioset et Alexander Eniline. 

-Du concret sur le terrain de l'actualité?

-Nous avons aussi lancé un message de solidarité aux travailleurs de Smood qui sont actuellement en grève. 

-Quel écho a votre section cantonale au sein du parti suisse ?

- Pour le PoPValais-Wallis, nous avons eut l'immense plaisir de voir la nomination de 2 délégués au sein du comité directeur national : 

Yves Niveaux ( vice- président) à la représentation au près des partis frères à l'international 
et... Frédéric Nouchi (président) au poste pour la représentation du parti au sein des sections nationales

Tu trouveras tout sur notre communiqué.


-Merci et bravo pour vos nominations, levons un verre à vos nouvelles responsabilités. Et revoyons nous bientôt pour parler de votre initiative pour un salaire minimum en Valais. 


-Santé!




10 novembre 2021

La Constituante dépoussière les institutions valaisannes. Nos questions à Cilette Cretton


Entremont Autrement vous propose une série d'articles pour suivre au plus près les débats fondamentaux en cours dans le cadre de la Constituante valaisanne. Aujourd'hui, nous recevons sur notre blog Cilette Cretton, élue Appel Citoyen du district de Martigny.


En première lecture, l’assemblée constituante a décidé d’augmenter le nombre de conseillers d’Etat de 5 à 7. Pourquoi ?
Les tâches du Gouvernement sont devenues de plus en plus complexes au fil du temps. Certains élus gèrent deux gros départements, en plus de nombreux services, comme c’est le cas par exemple des départements de la formation et de l’économie. Il n’est plus raisonnable de cumuler toutes ces tâches si l’on vise l’efficacité. De plus, un Gouvernement à sept membres permettrait une meilleure représentation des partis minoritaires et sans doute aussi, une représentation féminine qui peine à obtenir sa place dans le contexte actuel. Certains craignent des coûts supplémentaires mais ceux-ci sont marginaux dans la mesure où il ne s’agit pas de créer de nouveaux services mais de répartir différemment les dicastères existants.

Cilette Cretton
L’assemblée a également accepté l’élection du Conseil d’Etat au système proportionnel. Pourquoi pensez-vous que cette disposition est importante ? Quels seront ses effets ?
Il s’agit là d’une petite révolution. En effet, les Conseillers d’Etat ont toujours été élus au système majoritaire jusqu’ici. Ce système a permis de privilégier le parti dominant, soit le PDC. Jusqu’en 2013, ce parti détenait la majorité absolue et de ce fait, il pouvait gérer le canton à lui tout seul puisqu’il aurait même pu faire main basse sur les cinq sièges. Pour laisser un siège à la minorité de son choix, il présentait des listes fermées et seulement quatre candidats, ce qui est désastreux en terme de démocratie. On a toujours prétendu que le système majoritaire privilégiait l’élection de personnalités plutôt que des partis. Dans les faits, ce sont les instances dirigeantes d’un (ou deux) partis qui choisissaient les candidats que le corps électoral n’avait plus qu’à entériner, faute de choix. Le système de la représentation proportionnelle garantit le respect de la volonté populaire. Il permet d’ouvrir les listes et d’offrir ainsi un vrai choix aux citoyen-ne-s. Il permet enfin de répartir le pouvoir plus équitablement. Le Valais a tout à y gagner. Les groupes minoritaires de la Constituante l’ont bien compris puisqu’ils ont plébiscité ce système.

"Les tâches du Gouvernement sont devenues de plus en plus complexes au fil du temps. [...]
Il n’est plus raisonnable de cumuler toutes ces tâches si l’on vise l’efficacité."

Pourquoi garantir un représentant par région. Etait-ce vraiment indispensable ? Pourquoi ne pas garantir deux sièges sur sept au Haut-Valais ?
Alors que la population s’accroît régulièrement dans le Bas-Valais, le Haut voit la sienne s’effriter. Elle ne représente plus aujourd’hui que 23% de l’ensemble de la population valaisanne. Les élus du Haut à la Constituante réclamaient que deux sièges leur soient automatiquement garantis, ce qui représente 28% des sièges, soit largement au dessus de leur force réelle. Cette surreprésentation a été refusée. En revanche, partant du principe que trois régions (le Haut, le Centre et le Bas) constituent des entités plus équilibrées quant au nombre d’habitants, la Constituante a accepté de réserver au moins un siège à chacune de ces trois entités, ce qui ne devrait pas avoir de conséquences particulières. Evidemment, une majorité d’élus PDC auraient préféré que deux sièges par région soient garantis. Ils craignent à terme de voir un seul élu UDC l’emporter dans le Haut-Valais, ce qui aggraverait encore davantage sa position dans le canton.

La suppression des sous-circonscriptions au profit de grands arrondissements électoraux inquiète les vallées latérales. Ont-elles raison ?
Ici, il s’agit des élections au Grand Conseil, qui se sont faites longtemps par districts, donc sur la base de 13 circonscriptions électorales très inégalement peuplées. Le Tribunal fédéral a contesté ce mode de faire, parce que les chances d’élections étaient très inégales selon que l’on demeure à Rarogne ou à Sion. La Constitution fédérale garantit que la volonté populaire soit respectée, qu’il n’y ait pas de biais qui permettent de la détourner, autrement dit qu’il n’y ait pas de discriminations liées au lieu d’où l’on vient. Suite à l’arrêt du TF, il a donc été décidé de créer dans le canton 6 circonscriptions sensiblement de population équivalente. Mais aussitôt, pour tenter de ne rien changer, le Parlement a créé des sous-circonscriptions, situation que l’on connaît aujourd’hui. La majorité des Constituants n’en a plus voulu, parce qu’il s’agit une fois de plus de fausser la volonté du peuple.

Un autre mécanisme tend aussi à fausser la volonté du peuple : celui du quorum (aujourd’hui de 8% soit le plus élevé de Suisse) qui permet d’écarter d’emblée les « petites fractions politiques » de la répartition des sièges. Les élus ne l’ont pas supprimé mais laissent le soin au Grand Conseil de fixer ce taux qui devra être inférieur à 5%. Dans des circonscriptions plus vastes, ces petites fractions doivent déjà aujourd’hui nouer des alliances pour survivre. Elles risquent de devoir les renforcer à l’avenir.

En tout état de cause, c’est le Haut-Valais qui pâtira le plus de ces nouvelles dispositions. Il faut dire que jusqu’ici, le système électoral avait surprotégé cette partie du canton.

Merci beaucoup Cilette d'avoir accepté de répondre à nos questions sur les travaux en cours à la Constituante valaisanne. Bonne suite dans vos débats!

9 septembre 2020

AIR2030 : Le prix de la sécurité

Suite à l'article d'Antoine Wasserfallen contre l'achat de nouveaux avions de combat et à la prise de position de notre comité et de nos élus, nous publions ici, dans une volonté de pluralisme, la réaction d'Alexandre Vautravers, colonel EMG et rédacteur en chef de la Revue militaire suisse.

La sécurité a un prix, certes, qui peut se chiffrer aisément. L’insécurité en revanche a un coût, beaucoup plus élevé et qui peut se révéler très difficile à estimer. Une fois la catastrophe en vue, ce coût est parfois impossible à assumer. La politique de sécurité de la Suisse a pour objectif de trouver le bon équilibre entre les risques et les moyens d’y répondre.

Une police d’assurance ne se calcule pas en fonction des frais administratifs de l’entreprise, ou du prix de la publicité, ou encore des déplacements des ses agents ou vendeurs. Le prix est fonction de ce que l’on veut assurer, protéger ou défendre. Le budget de la défense, quatre milliards de francs annuels ou 0,7% du PIB, est aujourd’hui adéquat pour assurer la protection et l’appui ou l’intervention, en cas d’urgences majeures sur notre territoire. Le renouvellement des forces aériennes se fera dans le cadre du budget ordinaire de l’armée. Il ne coûtera pas plus cher au contribuable helvétique.


L’armée suisse est vouée à demeurer encore longtemps la « réserve stratégique » du pays. Car la police ou la protection civile sont des organisations cantonales. Selon le principe de subsidiarité, c’est dans les mains de l’armée que l’on trouve : les biens logistiques et sanitaires, les troupes spécialisées pour appuyer les organisations « feux bleus » (police, hôpitaux, services techniques), l’aide en cas de catastrophe, sans oublier la police aérienne. Tous ces moyens sont payés et entretenus par le budget ordinaire de l’armée - une organisation constituée d’une centaine de milliers de citoyens-soldats ou de réservistes, encadrée par quelques milliers de professionnels.

Parmi les nombreuses obligations d’un Etat, on trouve celui de protéger sa population et les biens qui s’y trouvent, les évènements qui s’y déroulent. Depuis les années 1990, le nombre de formations de combat de l’armée suisse a été sensiblement réduit : des quelque 200 bataillons de fusiliers de la guerre froide, il ne reste désormais plus que 20 bataillons d’infanterie. Le Conseil fédéral souhaite cependant conserver un « noyau » et des compétences dans le domaine de la défense, au cas où la situation internationale devrait continuer à s’assombrir, ou au cas où il faudrait pouvoir coopérer avec nos voisins. Rappelons que l’on compte aujourd’hui une quarantaine de conflits armés à travers le monde, dont plusieurs aux frontières, voire au sein de l’Europe. La majorité de nos moyens militaires sont désormais orientés vers la protection des infrastructures critiques, des zones urbaines densément peuplées, la résilience de la société et de notre activité économique.

La Suisse est un petit pays, mais un pays qui compte dans les relations internationales. Plus de 177 pays y comptent une, voire plusieurs représentations permanentes. Trente-huit organisations internationales y disposent d’un siège. Et plus de 420 organisations non-gouvernementales y coordonnent leurs opérations à travers le monde. De très nombreuses conférences et rencontres internationales y ont lieu – dans le domaine de la santé, de l’action humanitaire, du droit international, du commerce mondial, de la propriété intellectuelle, de la finance et du développement. Abandonner la souveraineté aérienne signifie condamner, à moyen terme, les bons offices de la Suisse, sa neutralité et sa place privilégiée dans les relations ou le commerce international. Les rencontres, sommets et conférences se tiendront désormais ailleurs, dans des Etats qui assument leurs obligations et sont en mesure d’assurer l’organisation et la sécurité de ces évènements et des diplomates ou des personnalités qui s’y rendent.

La politique de sécurité de la Suisse est neutre, pragmatique, prévoyante, polyvalente. Elle se fonde sur une analyse des risques, l’adaptation à la situation internationale. Elle agit à long terme et investit dans des outils capables d’assurer à long terme la sécurité de la population vivant en Suisse, contre un grand nombre de menaces et dans un grand nombre de scénarios possibles. Notre sécurité requiert la collaboration de nombreux services – des services de santé à la protection civile, en passant par les pompiers. Mais dans les airs, au-delà de la durée de vie de nos F/A-18 en service actuellement, une relève sera nécessaire en 2030. C’est pourquoi le vote du 27 septembre 2020 compte. Le « oui » dans l’urne est le témoin de notre confiance et de notre responsabilité. Il en va de la sécurité à long terme de la Suisse et de sa place dans le monde.

Alexandre Vautravers
Rédacteur en chef, Revue militaire suisse (RMS+), 9.09.2020

5 avril 2018

Je suis contre les JO

Voici un texte qui a été publié préalablement sur Facebook et que nous reproduisons ici avec l'aimable autorisation de son auteur.

Je suis contre des JO, qu’ils se passent à Sion ou ailleurs. Pour des raisons de corruption, d’endettement des communautés et de gaspillage des ressources.

En ce qui concerne Sion 2026, je ne ferai confiance ni au CIO ni aux Valaisans. Ceux-ci n’ont toujours pas démontré leurs compétences en matière de développement durable. Et la récente démonstration au sommet du Cervin prouve qu’ils ont beaucoup de peine à apprendre.

En regardant ce qui nous attend en termes climatique et environnemental, et par conséquent économiques surtout dans les Alpes, dans le très moyen terme, ce projet me semble d’un autre temps et dans le déni de ce qui s’annonce déjà de manière flagrante. Alors on cherche à forcer (par mille stratagèmes peu démocratiques) une petite communauté (Sion et le Valais) à y investir de l’argent public (et ça a déjà commencé).

Alors non. Ces mêmes groupes politiques qui coupent à chaque budget dans la santé, la culture, l’éducation, la fonction publique, le réseau public de communication, etc et qui réclament des baisses d’impôts sans cesse. Les mêmes qui par leurs votes permettent aux riches de toujours s’enrichir et aux pauvres de l’être un peu plus chaque jour. Et là nous devrions prendre le risque de nous endetter pour des jeux dont nous n’avons pas besoin?

Pour moi, c'est une non-entrée en matière.

Marlyne Andrey-Berclaz

6 février 2018

JO Sion 2026: Choisir entre conscience et responsabilité ou vanité et course en avant…

Ce texte d'Yves Ecoeur est d'abord paru sur le blog de l'1dex et sur son mur Facebook. Nous le reproduisons ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Lettre ouverte aux Valaisannes et aux Valaisans


Je sais, je ne suis pas un bon client pour les JO. Ne possédant pas de télé et passant plus de temps dans mes baskets ou sur mes skis de fond qu’à regarder un petit écran, je ne fais pas partie du public cible de la manifestation. Oui cependant je m’enthousiasme pour des exploits sportifs et je regarde parfois, il est vrai plutôt des disciplines que je pratique ou un Mundial de foot par exemple. Ceci dit je ne rédige pas cette lettre pour moi donc je devrais faire fi des premiers éléments personnels. Mais je ne peux pas taire le second et omettre que je ne me suis jamais rendu ni à Sotchi, ni à Lillehamer (pourtant déjà été en Norvège) ni à Nagano et j’en passe. Ceci simplement pour dire que oui j’ai entendu parler ces lieux, certains en bien comme Lillehamer et d’autres pas. Par contre, oui je suis passé par St-Moritz ou Alberville et pas à cause des JO passés. Ainsi réfutons le premier argument évident qui est celui des retombées futures d’éventuels JO: Celles-ci sont très négligeables sur le long terme et même de nombreux touristes habituels ne viendront pas durant les JO et iront en France, Autriche ou Italie tout proche. Reviendront-ils après avoir découverts la qualité d’infrastructure et surtout l’accueil dans ces régions? La question mérite d’être sérieusement étudiée.
Les questions et objections de nature environnementale entre autre ont déjà été présentées par les Verts (entre autres objections soulevées) et je ne vais donc pas y revenir car des arguments solides on été présentés. Cependant il faut savoir que durant les 15 jours à un mois d’activité intensive les inconvénients et l’impact sur la nature seront massifs, il ne faut pas le négliger ni peindre le diable sur la muraille mais juste en être conscient.

Une question de confiance oui.
Un rapide regard sur la liste du CIO fait froid dans le dos: entre les marquis, comtes et autres nababs et potentats (je sais je suis férocement démocrate et n’apprécie pas le népotisme) il faut bien y regarder pour trouver de sympathiques sportifs et personnes désintéressées. Il y a certes des purs, aussi, cependant il y a de nombreuses personnes à la tête de fédérations sportives qui sentent le soufre. Souvenez-vous des descentes de police à Zürich dans le cadre des affaires de la FIFA… Et bien, ce sont ces gens-là qu’il faudra convaincre si le oui l’emporte en juin. Pas sûr qu’un carton de golden ou d’abricots de Moret fruits à Martigny ou un carton de fendant de Varone à Sion fera l’affaire… Le comité de candidature est-il prêt à mettre en place la stratégie gagnante et les moyens spéciaux idoines? Je le dis tout net, je n’ai aucune confiance dans l’appareil du CIO malgré les efforts honnêtes de certaines personnes qui y sont actives.
Evidemment je crois en l’enthousiasme des éventuels futurs bénévoles, et des sportifs accomplis ou encore en herbe et qui veulent les JO ici. Dommage de les décevoir par une position critique, je sais. 

Une question de priorités
Pour rappel nous votons sur la Constitution en mars et l’on entend le Conseil d’Etat s’exprimer (en tout cas Monsieur Favre) presque uniquement sur les JO dont la votation a lieu en juin, cherchez l’erreur… Déjà maintenant l’éclat des lumières olympiques attire toute l’attention et les énergies. Imaginez si on les obtient automne 2019! Finies les arguties concernant une nouvelle constitution car ce qui comptera ce sera uniquement les JO: tu penses bien le monde nous regarde! Faudra pas être trop regardant sur des conditions de travail, sur cinq arbres mal placés ou sur d’autres aspects du vivre ensemble si tout est conditionné par l’ambition, ou plutôt la vanité, qui fera avancer ce canton durant ces prochaines années. A la lecture des commentaires sur les réseaux sociaux je n’ose imaginer l’union sacrée obligatoire qui règnera en Valais durant plusieurs années. Obligation de participer, d’aimer les JO à nous, et interdiction de critique sous peine de se faire traiter de pisse-froid, négatif, anti-jeunes tout cela est (déjà) au programme.

Pour moi les urgences climatiques dont les effets sont déjà présents (éboulements, avalanches de nouvelle nature, inondations etc) doivent être au centre de la stratégie cantonale. De même le vivre-ensemble entre générations et entre cultures, ou la question d’une croissance consciente et partagée représentent des défis centraux qui méritent un plan d’action valaisan et national qui n’a rien à voir avec l’organisation des JO. La conscience et l’intelligence à mettre en œuvre pour relever ces défis doivent prévaloir et les moyens trouvés pour les JO seraient mille fois mieux investis pour ces causes. Développer une politique et une éducation vantant la complémentarité et l’émulation plutôt que la compétitivité, voilà la direction à prendre. Ou, et pour faire peur à certains, introduire des moments de méditation en pleine conscience dans le cursus scolaire ferait plus de bien à la paix entre les peuples que deux semaines de bastringue olympique… Je sais je rêve… de ranimer la flamme humaine !

Yves Ecoeur

4 octobre 2017

Reconstruire une vie de paix

#OnEnParlePasAssez

Nous tous, les rêveurs et les militants, les gens, tous, indistinctement, avons une grande responsabilité de construire et de nous positionner en faveur de la paix.
Nous devons parcourir différents chemins qui nous conduisent à la paix et à la justice sociale, dans le respect des droits de l'homme et des besoins de l'homme.
Puissions-nous tous transmettre des messages d'amour et d'espoir. Sensibiliser l'humain qu'il n'a pas été fait pour la guerre. Le facteur de complication est que la paix n'est pas à vendre, ni à acheter ni à déterminer. Sans effort, elle n'existera pas. Et, d'abord, elle doit naitre au cœur de chaque être humain. S'il n'y a pas de paix dans chacun, comment va-t-elle la paix du peuple et d'une nation?

La paix est notre obligation. Obligation de chacun d'entre nous. Elle doit exister dans notre maison. Nous devons l'enseigner à nos enfants. Ils doivent apprendre le respect pour eux-mêmes et leurs camarades; vivre avec les différentes personnes qui ont des droits et des devoirs et résoudre leurs problèmes.
La paix est si fragile que nous devons travailler chaque moment dans sa construction. La paix est vécue. La paix est la justice. C'est l'absence de faim. Ce n'est pas la soif. Il s'agit d'éducation, de santé et de sécurité. C'est la solidarité. La paix est de voir la dignité de chaque personne en tant que personne reconnue. C'est connaitre la différence entre le bien et le mal. Respecter la vie, l'environnement. C'est l'absence de violence. Respectez les vertus. La paix se retrouve dans la charité, non comme une limousine, mais comme un amour.

Les fruits de la paix sont la justice et le bien commun qui seront atteints avec le silence des différences religieuses. Dans la force et la volonté de tous les héritiers des prophètes, que l'on appellera un Accord de paix général, cherchant à concilier tous les acteurs concernés.
Restaurer et régénérer l'unité entre les peuples et la volonté de construire, de grandir, de progresser vers la recherche de l'espoir, en supposant le désir de construire une société dans laquelle nous pouvons marcher dans la recherche du droit inaliénable à la dignité inhérente de l'être humain.

Mais nous savons que nous ne ferons rien de nous-mêmes.
Il est nécessaire que nous réinventons la façon dont nous résolvons les conflits.

Frédéric Nouchi
Vice-président Romand PSMigrant(e)sSuisse
Co-président du PSVRMigrant(e)s Valais/Wallis
Conseiller général ADG -Ville de Martigny

15 septembre 2017

Entretien exclusif avec Christophe Darbellay (2)


En ce début d'année scolaire, notre rédaction a voulu s'intéresser plus particulièrement à l'école, l'un des thèmes centraux de notre engagement. Nous avons donc adressé quelques questions à Christophe Darbellay, nouveau conseiller d'Etat en charge de l'économie et de la formation. Ne le remercions chaleureusement d'avoir pris le temps de nous répondre. Etant donné sa longueur, nous publions ce texte en deux volets, en voici la seconde partie:


EA: On annonce pour les prochaines années une possible pénurie au niveau des enseignants (due à de nombreux départs à la retraite). Quelles mesures votre département envisage-t-il pour régler ce problème?
Christophe Darbellay: Le Département a procédé à une analyse de cette problématique préoccupante qui a révélé des situations diverses selon les degrés d’enseignement, les régions linguistiques et les différentes branches enseignées notamment au CO. Le Service de l’enseignement a demandé que les mesures CPVAL ne soient pas aussi abruptes que celles pressenties, a demandé de tenir compte du principe de l’année scolaire pour les enseignants. Il a également fait en sorte qu’une nouvelle classe soit ouverte à la HEPVs pour les futurs enseignants des cycles 1 et 2. Enfin, un nouveau modèle de stages en semestre 5 et 6 (HEPVs) est actuellement étudié selon le modèle BEJUNE. De plus, une nouvelle volée de formation de niveau Master pour l’enseignement spécialisé est planifiée pour 2018. Ainsi, l’école valaisanne ne devrait pas se retrouver en situation de pénurie d’enseignants lors de l’entrée en vigueur des mesures de la CPVAL.
Concernant l’image de l’enseignant, il faut montrer de bons exemples (best practice) avec l’objectif de trouver les bonnes personnes pour ce métier. Il faudra également définir des mesures incitatives favorisant l’augmentation du taux d’activité des enseignants.

Le Valais a une moyenne de 16.7 élèves par enseignant (équivalent plein-temps). Pensez-vous qu’il faille rester dans un ratio proche ou équivalent ces prochaines années ou envisagez-vous une augmentation du nombre d’élèves par enseignant?
Il n’est pas envisagé de modifier les normes d’organisation des classes. Dans tous les cas les comparaisons sont difficiles. Plus que le nombre, ce sont les profils des élèves et les conditions de travail qui définissent une partie de la pénibilité !

Vous avez souhaité, lors de la répartition des départements, rapprocher la formation et l’économie. Quelles synergies comptez-vous mettre en place entre ces deux « mondes »? Ou plus simplement en quoi ce rapprochement apportera-t-il une plus-value à la formation et/ou à l’économie?
Entre l’école et l’économie un dialogue doit se nouer. Le rapprochement de ces deux « mondes » dans un département, qui pourrait paraître ailleurs comme une hérésie dangereuse, produit déjà des synergies intéressantes. Le service de l’agriculture dialogue avec le service de l’enseignement pour la mise en place d’actions et de projets. L’économie peut apporter son expérience à l’école sur le développement de l’esprit d’entreprise des étudiants. Le développement de grandes entreprises sur nos terres nécessitent ces interactions. Si le lien est déjà naturel entre les écoles professionnelles et l’économie, il peut ainsi être renforcé dans l’ensemble des degrés. Dans le Haut-Valais, nous soutenons par exemple, via le Service de l’enseignement, avec des partenaires du cercle de l’économie, de l’agriculture et du tourisme une couleur valaisanne dans le nouveau plan d’études (Lehrplan 21) en élaborant un ouvrage purement valaisan qui accentuera le lien important entre formation, économie, agriculture et tourisme.
En conclusion, les élèves doivent donner du sens à leurs apprentissages et l’économie ne peut s’appuyer que sur une formation solide et ouverte aux défis à venir.

Merci à Christophe Darbellay d'avoir pris le temps de nous répondre.

La rédaction

14 septembre 2017

Entretien exclusif avec Christophe Darbellay (1)

En ce début d'année scolaire, notre rédaction a voulu s'intéresser plus particulièrement à l'école, l'un des thèmes centraux de notre engagement. Nous avons donc adressé quelques questions à Christophe Darbellay, nouveau conseiller d'Etat en charge de l'économie et de la formation. Ne le remercions chaleureusement d'avoir pris le temps de nous répondre. Etant donné sa longueur, nous publions ce texte en deux volets.

EA: Dans votre programme de campagne, vous affirmiez vouloir « renforcer les acquis de l’école valaisanne en évitant les mesures d’économie affectant la qualité éducative ». Peut-on comprendre que, maintenant que vous êtes en fonction, c’est la fin des mesures d’austérité dans le domaine de la formation?
Christophe Darbellay: Le domaine de la formation a subi durant ces dernières années plusieurs coupes budgétaires assorties de mesures d’économie aussi nombreuse que diverses. La contribution de l’école valaisanne a en effet été très importante aussi bien en terme de millions d’économies que de postes perdus. Aller au-delà pourrait péjorer la qualité de l’enseignement dispensé à nos élèves, car cela toucherait la substance même de l’école. Ainsi, il y a une volonté de réfléchir aux mesures ETS2 déposées afin de préserver la qualité globale de notre enseignement et de maintenir, voire d’améliorer encore, notre excellente place dans les comparatifs inter-cantonaux. C’est la raison pour laquelle, à l’avenir, un budget fort sera défendu pour l’éducation qui a déjà consenti à suffisamment de sacrifices. Enfin il conviendra d’anticiper les variations d’effectifs afin d’adapter les éventuelles mesures d’économie. 

Vous souhaitiez également « revaloriser le métier d’enseignant de l’école obligatoire en lui accordant tout le respect qu’il mérite ». Cela inclut-il également une éventuelle revalorisation salariale pour les enseignants des cycles I et II? Si oui, dans quelle mesure?
Les enseignants de l’école primaire ont vu leur situation revalorisée à partir de l’année scolaire 2012/13 par une augmentation de 200 CHF par mois. Le temps dû pour le plein temps a également été diminué d’une période. Un montant forfaitaire a aussi été octroyé aux titulaires de classes, en plus du salaire de base. Ces différentes améliorations ont permis aux enseignants primaires de se situer au-dessus de la moyenne suisse.
Le renforcement du rôle du titulaire contribuera également à une revalorisation. La reconnaissance du métier d’enseignant par les autorités politiques est indispensable.
Il faut également analyser la situation des enseignantes de l’ancienne école enfantine afin de ne pas péjorer leur statut. Il convient aussi de relever que la baisse du nombre de périodes correspond à une augmentation de salaire de 1/33e. 

Soutenez-vous l’insertion des élèves allophones dans les classes ordinaires ou privilégiez-vous un placement dans des classes séparées? Et pour les élèves en situation de handicap?
La future ordonnance concernant la nouvelle loi sur l’enseignement spécialisé ne prévoit pas de modifications majeures, mais renforce les pratiques actuelles favorisant l’inclusion. Les élèves allophones doivent pouvoir bénéficier de cours de soutien spécifiques et du bain linguistique et culturel d’une classe ordinaire. Les élèves en situation de handicap doivent pouvoir avoir accès à l’intégration. Une analyse individuelle est réalisée par les conseillers pédagogiques de l’enseignement spécialisés, en collaboration avec les parents et les professionnels. Des solutions alternatives restent prévues pour certaines situations.

Plusieurs programmes efficaces d’échanges linguistiques existent déjà dans notre canton bilingue. Que pensez-vous de la proposition de Philippe Nantermod de rendre les échanges linguistiques obligatoires dans le cursus scolaire? Envisagez-vous d’autres moyens de promouvoir les échanges entre le Haut et le Bas du canton?
Le rapport de l’agence Movetia montre que le Valais est le leader suisse dans les échanges. La conférence de presse de la rentrée mettait l’accent donné sur une volonté de développement de l’enseignement des langues et sur le bilinguisme. Ainsi, nous avons une volonté de développer les possibilités d’échange linguistique et de permettre à chaque élève de concrétiser l’apprentissage de la L2. Actuellement, on tend notamment vers une généralisation des échanges au CO. Pratiquement tous les cycles d’orientation sont concernés. Une piste reste peut-être à explorer : trouver des enseignants qui seront prêts à enseigner dans l’autre partie linguistique et favoriser des échanges dans toutes les parties de la Suisse, en début de carrière par exemple.

(à suivre vendredi...)

3 août 2017

Le coup de gueule de Frédéric Nouchi

De temps à autres, la rédaction d'Entremont Autrement offre une tribune libre à des personnalités politiques. Aujourd'hui, c'est Frédéric Nouchi, président de la fédération socialiste Martigny-Entremont qui nous écrit.



À la base je voulais vous décrire ma peine face à toutes ces personnes qui errent sur la Méditerranée à la recherche d'une terre d'accueil, de paix, de liberté et surtout un peu de dignité! Vous dire qu'ils /elles sont comme nous! Des femmes, des hommes et surtout énormément d'enfants. Mais voilà il y a une toute grande différence!

Eux, ils fuient la guerre, la mort et surtout la barbarie! Ils ont quitté leurs nations, leurs souvenirs (bons et mauvais) sur des embarcations telles des "Exodus" et errent en Méditerranée! Ils viennent de pays où l'on meurt sous des bombes fabriquées par nos soins et où les enfants jouent dans des ruines avec la mort comme seule compagnie! Alors ils embarquent (à quel prix au vu des trafiquants d'Exodus) pour chercher la paix. Ils veulent frapper à la porte de cette Europe, terre des libertés et des droits de l'homme! Mais voilà, cette Europe regarde ailleurs ou élève des murs! Marre de lire et entendre partout tous ces cyniques qui affirment qu'ils auraient dû rester là-bas chez eux! Les cris de la misère peuvent déranger la tranquillité de certain-e-s! Mais soyons réalistes, ils sont comme nous, ils ont même des mains qui peuvent s'agripper à l'espoir d'une vie meilleure! Comme nous ils préfèrent la vie à la mort, la liberté à l'esclavage et surtout la tolérance à la barbarie!

Frédéric Nouchi
En parlant de barbarie, voici ce qui a été le détonateur de mon trop long article: nous vivons dans ce monde en totale globalisation! De nouveaux objets de consommation apparaissent ... Ainsi avec une petite carte de crédit en plastique, vous pouvez vous offrir tout et n'importe quoi sur internet même la vie d'humains en fuite! En Méditerranée, pendant que vous y bronzez au soleil, il s’y déroule une sacrée "Saloperie "! Un bateau de la honte, tel un Exodus, affrété pour entraver le travail des ONG avec des mercenaires armés! Qui sont-ils ces tristes personnages emmenés par un capitaine raciste et xénophobe, suisse de surcroît? Ce sont des militants d'extrême-droite européens à l'origine de cette opération qui veulent lutter contre l'immigration clandestine au large de la Libye. Le comble est qu'une partie de ces fonds provient de Suisse: sur les quelques 125'000 francs issus de toute l'Europe et des Etats Unis, qui ont été collectés via une opération de crowdfunding, plusieurs milliers proviennent de membre de l'UDC et surtout du Parti national suisse (PNS). Ces groupements de haineux font transiter leurs fonds par ces entreprises de crowdfunding. Tout y est: des skinheads aux membres des « Think Tanks suprémacistes » qui se développent à une vitesse éclair et qui, derrière un langage académique et des costumes chers payés, cachent la même vieille idéologie de la suprématie de la race blanche!
Mais quelle que soit leur portée sur les réseaux sociaux, ou comment ils ont été revigorés par des Trump, des Poutine, voire même des Erdogan et leurs alliés! Heureusement, ces groupes ont encore besoin de ressources financières importantes pour faire fonctionner leurs sites. Si nous pouvons empêcher que ces groupes d'haineux aient accès à des services de paiement en ligne, nous pourrions être en mesure de nous débarrasser de certains de ces noyaux de racisme. Signez et faites signer cette pétition afin de faire bloquer tous leurs comptes de collecte de fond "pourris". Nous, les citoyens acteurs, devons faire notre part car ensemble, sans prétention mais avec détermination, nous pouvons lutter contre ces malfaisants!

https://actions.sumofus.org/a/pas-de-services-de-paiment-en-ligne-pour-les-groupes-de-haine?sp_ref=320781931.99.181280.t.577928.2&rid=18849065&source=tw

Moralité: le XXIe siècle sera celui des grandes migrations comme celle que nous vivons actuellement mais surtout des migrations climatiques. Alors préparons-nous à accueillir et à partager! Anticipons au lieu de regarder ailleurs et d'élever des murs! Unis, nous sommes en mesure de nous débarrasser de certains de ces noyaux de racisme. "Soyez ouvert, amical et positif avec toutes les personnes que vous rencontrez; tout le monde mène un combat long et difficile. " dixit Socrate.

Frédéric Nouchi
Vice-président romand du PSSMigrants
Co-président du PSVR migrant Valais/Wallis

16 juillet 2017

Quand l’appétit des caisses relègue Pantagruel au rang d’anorexique

Ignazio Cassis, candidat tessinois au Conseil fédéral
Alors que la majorité de la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil national (CSSS-N) compte une majorité d’élu-e-s ayant des liens d’intérêt avec les caisses d’assurance-maladie; alors que le président du Conseil des Etats, Ivo Bischofberger (PDC/AI), est membre du « Groupe de réflexion santé » du Groupe mutue ; alors que le premier citoyen du pays, le président du Conseil national Jürg Stahl (UDC/ZH), est membre de la direction du Groupe mutuel; il semblerait que les lobbyistes des caisses ressentent un irrépressible besoin de renforcer leurs positions.

Et pourtant, les assureurs semblent déjà bien implantés et leurs intérêts largement et vivement défendus sous la coupole fédérale. Si les besoins de réformes sont pourtant bien présents dans les dossiers liés à la LaMal et à l’assurance obligatoire des soins (AOS), les Chambres fédérales ne s’emparent de ces questions que lorsque le choix ne leur est vraiment plus laissé. Les élu-e-s bourgeois s’assurant alors que les lignes de front ne bougent quasiment pas et que le dossier s’enlise. 

Mais cela ne semble toujours pas suffisant, l’appétit des assureurs ne connaît donc aucune limite, reléguant les célèbres Pantagruel et Gargantua au rang d’anorexiques. Le Conseil fédéral est désormais en ligne de mire pour Curafutura, association fondée par la CSS, Helsana, Sanitas et CPT et surtout présidée par un certain Ignazio Cassis (PLR /TI), dont le nom ne cesse de revenir sur le tapis pour la succession de Didier Burkhalter.

Le Tessinois jure ses grands dieux qu’il n’est pas sous influence et tente de jouer la transparence, en annonçant qu’il perçoit la modique somme de CHF 180'000 annuels dans cette fonction de président (en oubliant au passage de préciser le taux d’activité que ces CHF 15'000 francs mensuels représentent).

Nous verrons donc en mois de septembre si, en plus de la Présidence des deux Chambres et de la majorité absolue de la CSSS-N, les caisses maladie s’installent durablement au gouvernement. Il reste à espérer que cela n'aille pas de soi pour tout le monde.

Gaël Bourgeois
Député au Grand Conseil valaisan

11 mai 2016

Loi sur l’asile : une procédure juste et sévère

Entremont Autrement invite de temps en temps des personnalités extérieures à s'exprimer sur son blog. Aujourd'hui c'est le conseiller national Philippe Nantermod qui nous fait l'amitié de nous écrire ces quelques mots sur la nouvelle loi sur l'asile..

Soixante ans après que son peuple cherchait refuge dans le reste de l’Europe pour fuir l’écrasement soviétique, la Hongrie tend des barbelés aux frontières. Alors que d’autres pays pensent à lui emboîter le pas, il est temps de rappeler que les Etats civilisés ont adhéré dans les années 1950 à la convention de Genève sur le statut des réfugiés qui impose aux parties contractantes d’assurer une protection à celles et ceux qui fuient des persécutions et des conflits armés, et le 5 juin, nous voterons une loi sur l’asile qui permet d’appliquer avec rigueur mais humanité ce principe.


Les obligations relatives à l’asile n’imposent pas, contrairement à ce qu’on pourrait le penser, d’accueillir « toute la misère du monde ». Si les réfugiés dits économiques ne peuvent pas prétendre à l’asile, les pays d’Europe ont une obligation morale et juridique d’offrir à celles et ceux qui traversent la méditerranée, avec femmes et enfants, au péril de leur vie, une procédure digne qui leur permette d’être au moins écoutés avant que l’on ne tranche de leur sort.

Depuis quelques mois, l’Europe est complètement dépassée. Les frontières se ferment et on imagine régler la procédure de l’asile en laissant les passeurs faire le travail des douaniers. Certaines personnes attendent depuis des mois dans la boue aux frontières, on retrouve des cadavres dans un camion frigorifique, des milliers d’enfants errent sur le continent, à la merci des trafiquants d’êtres humains. Pourtant, régler la question migratoire est une des tâches fondamentales d’un Etat organisé et moderne qui ne peut décemment s’en débarrasser sous prétexte qu’elle est peu populaire.

La nouvelle loi sur l’asile n’a pas pour objet de définir qui a le droit et qui n’a pas le droit de bénéficier de la protection de la Suisse. Ces questions ont déjà été liquidées. Cette révision vise uniquement à adapter la procédure à la nouvelle réalité, pour pouvoir traiter plus efficacement un nombre grandissant de dossiers, pour éviter que les requérants d’asile ne poireautent des mois durant dans les centres cantonaux en attendant un oui ou un non, ce qui n’arrange personne.

Pour y parvenir, le Parlement a décidé de constituer des centres fédéraux, dans lesquels l’on trouvera l’ensemble des protagonistes de l’asile. Les délais de recours ont été divisés par trois. Chaque requérant d’asile se verra conseiller par un juriste qui assurera un lien entre l’administration et l’administré, permettant d’éviter les procédures qui n’en finissent plus comme c’est le cas aujourd’hui. Ces fameux « avocats gratuits » comme les appellent les référendaires seront, contrairement aux avocats commis d’office aujourd’hui, rémunérés forfaitairement et n’auront plus d’intérêt à recourir par principe.

Cette procédure a été testée, depuis plusieurs années, dans un centre pilote à Zurich, à très grande satisfaction. Les procédures sont courtes, les requérants obtiennent une réponse rapidement sur leur sort. On évite qu’ils ne finissent à l’aide sociale et ceux qui ne peuvent pas rester sont expulsés. Appliquée à l’échelle suisse, cette nouvelle procédure permettra d’économiser 110 millions de francs par année.

Pour constituer les dix futurs centres fédéraux, la loi prévoit une procédure d’approbation des plans avec, à la clef, une option d’expropriation, épouvantail des opposants. Cette expropriation n’a pourtant rien d’original. Elle est prévue pour toutes les tâches de la Confédération : on l’a introduite pour la construction des lignes de chemin de fer, des lignes électriques, pour les installations militaires et même pour les remontées mécaniques touristiques. Elle ne peut être appliquée qu’en dernier recours, si aucune autre option n’est possible. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, sauf à considérer que la réponse au problème de l’asile est de fermer les frontières, de rejeter à la mer ceux qui fuient les bombes en se félicitant d’être bien né.

Un pays qui a la prétention d’organiser des jeux olympiques, d’accueillir des dizaines de milliers de spectateurs pendant quelques semaines, dans des conditions luxueuses, avec des infrastructures touristiques et sportives y-relatives ne peut pas décemment prétendre être incapable d’offrir à autant de miséreux fuyant la guerre une procédure digne. Et il n’est pas question ici de leur offrir l’asile, mais uniquement de leur donner une réponse à leur demande d’aide. De ne pas détourner le regard. Et c’est ce à quoi servira la nouvelle loi sur l’asile.

Philippe Nantermod
Conseiller national PLR-VS

18 février 2016

Non à l'initiative dangereuse de "mise en oeuvre"

Entremont Autrement publie aujourd'hui ce texte qui nous provient des opposants à l'initiative de l'UDC.

Le PS Migrant-e-s lutte pour l’égalité de tous les migrant-e-s, que ce soit dans les domaines politique, économique, social ou culturel. Nous luttons contre toute discrimination et collaborons étroitement avec les partis et organisations de toutes les personnes issues de la migration.

De nombreux partis et organisations issus des diverses communautés de Suisse se sont réunis pour lutter ensemble contre l’initiative inhumaine et dangereuse de « mise en œuvre ».
Ces partis ou organisations viennent des communautés albanaises, alévies, allemandes, arabes, espagnoles, françaises, italiennes, kurdes, portugaises, serbe- slovène-croate-bosnienne, tamoules et turques. Comme lors de la dernière campagne fédérale, le PS Migrant-e-s Suisse, a mis en place une campagne en plus de 10 langues (albanais, espagnole, italien, kurde, arabe, serbe-slovène-croate, etc...) pour dans les diverses communautés afin de lutter, tous ensemble, contre cette l’initiative.

L’Etat de droit serait nié, le séjour de milliers de personnes immédiatement menacé.

Il faut vraiment que le peuple dise un grand "Stop" aux mensonges et aux tromperies perfide de l’UDC et de ses partisans !

Ne serait-ce que par la dénomination de cette initiative: « mise en œuvre ». En effet, cela suggère que l’on doit favoriser l’entrée en vigueur de quelque chose qui aurait été décidé il y a longtemps.

Or, ici, on a bien affaire à une tromperie, parce que l’initiative de « mise en œuvre » et le catalogue de délits correspondant, vont bien au-delà de ce qu’avait été décidé par une courte majorité lors de l’acceptation de l’initiative sur le renvoi.

Durant les divers débats sur ce sujet on a peu parlé des « secondos » qui seraient directement touchés par cette initiative:

Cette loi reviendrait à donner au peuple le pouvoir d’expulser directement sans prise en compte des circonstances particulières des personnes qui sont nées et vivent en Suisse depuis toujours, et ce, même pour des délits mineurs (exemple : vols bénins ou déprédations). Du reste même un membre « éminent » du clan des UDC a dû monter au front pour défendre les « secondos ». Il a estimé début janvier que, quiconque étant né en Suisse, ne devrait pas être expulsé, semant ainsi une sacrée « zizanie » au sein de son clan.

Si cette initiative devait aboutir, ce serait un automatisme méprisant le droit de séjour de plus de deux millions de personnes.

L’initiative de « mise en œuvre » menace le droit de séjour de plus de 2 millions de personnes qui vivent et travaillent en Suisse mais ne disposent pas d’un passeport suisse. Elles doivent être expulsées automatiquement et sans égard aux circonstances même en cas de délit mineur – même si elles sont nées ou ont grandi en Suisse. Les « secondos » et les « secondas » seraient aussi concerné-e-s. La législation d’application décidée au Parlement à propos de l’initiative sur le renvoi prévoit tout de même une clause de rigueur pour de tels cas. C’est précisément celle-ci que l’initiative de « mise en œuvre » rejette. 

C'est une véritable course contre la montre et le résultat risque d’être très serré pour que le NON à l'initiative inhumaine de l'UDC l’emporte le 28 février prochain. Depuis la semaine dernière, l'UDC fait paraître des publicités avec leurs fameux moutons presque tous les jours dans les journaux. C’est pourquoi le PS Suisse, et sa branche PS Migrant-e-s, ainsi que la section valaisanne se sont engagés et appellent instamment les Suissesses et les Suisses, tous les citoyens et citoyennes, socialement responsables et conscients d’appartenir à la société civile suisse, à refuser l’initiative de «mise en œuvre» raciste et discriminatoire de l’UDC le 28 février 2016.


Frédéric Nouchi
Vice-président du PS-SP Migrants
Co-président du PSMigrant(e)s Valais/Wallis
psmigrantsvalaisan@gmail.com
fred.nouchi@bluewin.ch
Tel: (+41) 079.221.00.38

12 février 2016

Bagnes - suite de la saga

Le texte qui suit est publié avec l'aimable autorisation de son auteur Alexandre Luy, ancien député-suppléant PLR. Il nous semblait que dans le dossier difficile des constructions à Bagnes, il pouvait offrir un éclairage intéressant sur la question.



CE QUE NOUS SAVIONS DEJA DEPUIS DECEMBRE
Le rapport est explosif et démontre des pratiques courantes et généralisées de violation de la législation en matière de constructions (contrairement à ce que laissait entendre laconiquement le président Rossier, pour qui ce n'était ni systématique, ni volontaire... ou quelque chose comme ça). - Le rapport est de facto un document public qui doit être mis à la disposition de quiconque en ferait la demande. Il suffit de lire la loi sur l'information et la protection des données publiques pour s'en convaincre. - L'existence de cette loi n'a pas empêché le Conseil communal de marteler qu'il s'agit d'un document interne, qu'il a été demandé par lui-même et pour lui-même et que, en l'état ils préféraient ne pas décider si oui ou non ce rapport sera rendu public ou pas.

CE QUE NOUS AVONS APPRIS CETTE SEMAINE
Le caractère public du rapport a été confirmé par Me Sebastien Fanti, la personne la mieux placée en Valais pour en parler (en tant que préposé cantonal à la protection des données) et accessoirement le meilleur spécialiste de la question, reconnu loin à la ronde, au moins à l'échelle de la Suisse romande. Chaque fois que le sujet de la protection des données est évoqué, c'est lui que la RTS invite. Il est devenu désormais difficile pour le Conseil communal de prétendre mieux connaitre le sujet que Me Fanti et continuer d'hésiter à rendre les informations publiques. 

CE QUE NOUS AVONS APPRIS AUJOURD'HUI: (grâce à l'enquête de Julien Wicky dans le Nouvelliste)
Le Conseil communal refuse de répondre pour dire s'il rendra le rapport public et précise qu'il communiquera quelque chose d'ici la fin du mois.

CONCLUSION
Il est désormais certain que le Conseil communal en a autant à foutre de l'avis de Me Fanti que des différentes dispositions légales sur les constructions. 

DEDUCTION
Le rapport incrimine de manière prépondérante un ou plusieurs membre(s) de l'exécutif. Sinon, comment expliquer cette incroyable hésitation à rendre public le rapport et ainsi faire taire les rumeurs ?

COUP DE GUEULE PERSONNEL
Le Conseil communal mesure-t-il la grogne populaire qui monte partout ? la grogne des petits indépendants, excédés des tracas qu'ils ont peut-être subi alors que visiblement on s'est montré beaucoup moins tracassants pour les copains du CC ? la grogne de Monsieur et Madame tout-le-monde, à qui on ne pardonnerait peut-être pas 3 m2 de bâti en plus ou 30 cm de largeur de balcon, pendant qu'on autorise des millionnaires à construire des piscines de luxe illégales en prétextant des extensions de densité "Minergie" ? A défaut d'avoir une date pour la publication du rapport, peut-on au moins espérer une date pour l'arrêt du foutage de gueule envers les citoyens bagnards ???

1 octobre 2015

Une CCT, pour quoi faire?

Ils ont suivi de hautes études et on leur confie nos enfants. Jour après jour, ils accompagnent, sociabilisent, écoutent, sont attentifs et attentionnés, répondent aux exigences des parents et des autorités. Leur travail est essentiel, il permet aux deux parents de pouvoir travailler et donc, à tout un chacun de rester intégré au monde du travail. 

Seulement voilà, si leur travail est salué par les parents et ô combien apprécié des enfants, la reconnaissance matérielle et salariale n’est clairement pas au rendez-vous. Les disparités entre les différentes communes ou structures sont abyssales et les conditions d’embauche, généralement peu avantageuses peuvent parfois relever de l’exploitation au vu des formations et des responsabilités exigées.


Lors de la dernière session du Grand Conseil valaisan, j’avais déposé un postulat demandant que le Conseil d’Etat réunissent les différents acteurs, afin de déterminer si une convention collective de travail (CCT) était envisageable dans ce domaine.

La demande, réalisée dans le canton de Vaud, ne semblait pourtant pas excessive, réunir les principaux concernés et engager une discussion ne semblait pas particulièrement dangereux. Par 71 voix contre 39, les député-e-s ont suivi les arguments avancés par les opposant-e-s. Ceux-ci se sont levés pour expliquer la dangerosité et la rigidité d’une CCT. De même, les petites structures n’auraient pas les moyens d’assumer les frais supplémentaires, notamment salariaux.

Du coup, le personnel des crèches, UAPE ou autres haltes-garderies a le droit d’être sous-payé en regard de leur cahier des charges. Aucune recherche de solution, aucune tentative de reconnaissance, aucune volonté d’harmonisation !

Il reste trois pistes à exploiter : celle d’un contrat-type cantonal, qui permette une harmonisation, celle d’un rehaussement de l’échelle de recommandation cantonale ou celle de prendre son bâton de pèlerin et de convaincre, commune après commune.

La tâche s’annonce ardue mais, au vu du travail fourni et des attentes vis-à-vis du personnel travaillant dans le domaine de l’enfance, il s’agit du minimum que l’on puisse faire pour reconnaître enfin correctement leur travail.


Candidat PS au Conseil national

8 septembre 2015

Tribune libre de Barbara Lanthemann

En 1971, les femmes suisses ont obtenu le droit de vote. J’avais alors 6 ans et bien d’autres préoccupations moins militantes. Mais forcément, je fais partie de ces privilégiées qui, une fois leurs 18 ans révolus, ont pu glisser dans l’urne leurs opinions, et leurs choix de candidat-es.

Est-ce un réflexe identitaire, un automatisme de défense ? J’ai quasiment toujours voté pour des femmes lors d’élections. Je n’ai a ce jour pas compris pourquoi si peu d’entre elles ont été élues, malgré leurs compétences, leur dynamisme et leur engagement.

L’éviction de Christiane Brunner et l’élection de Ruth Dreyfuss ont marqué mon parcours de citoyenne. La démission d’Elisabeth Kopp m’avait profondément troublée alors, un homme aurait-il consenti à avouer ce faux-pas ? Aurait-il quitté son poste ensuite ? Mystère… L’expulsion de Ruth Metzler au profit d’un politicien transparent est toute aussi déplorable. On remercie au passage les Lady Killer qui ont œuvré dans les coulisses au profit de leurs collègues…

Les femmes élues aux plus hautes fonctions ont prouvé leurs mérites et leurs aptitudes. Ruth Dreyfuss, Simonetta Sommaruga, Micheline Calmy Rey pour ne citer que les élues socialistes, ont largement contribué à donner à la Suisse des figures qui imposent le respect, bien au-delà de nos frontières.

C’est donc avec une certaine amertume que je regarde aujourd’hui les listes principales pour les élections fédérales. Le Valais, une fois encore, fait mauvaise figure. Le PDC romand présente une femme, et une autre pour la liste du Haut. Le PLR du canton, une femme. L’UDC, une femme. Le PS, deux femmes. Les listes apparentées sont un peu plus équilibrées, maigre soulagement me direz-vous. Pour ces élections fédérales, 50 femmes et 123 hommes se présentent pour le conseil national.

Mais alors, où sont les femmes ? N’y en a-t-il pas ? Il existe pourtant dans les travées du parlement cantonal ou dans les communes valaisannes quelques personnalités féminines qui au fil des années, se sont imposées par leurs compétences, leurs connaissances des dossiers, leur aptitude à dialoguer, négocier, présider des commissions…

La presse valaisanne, entre pronostics et mathématiques, se détermine déjà. A croire le rédacteur en chef du Nouvelliste, sur les 50 en lice seules 2 à 3 femmes, PDC et UDC (???), ont une chance d’être élues. On se demande alors forcément si cette étude incongrue est un parti pris ou simplement une analyse basée sur des suppositions boiteuses. On s’interroge sur le rôle de la presse qui, volontairement ou pas, met systématiquement en lumière les candidatures masculines, plus particulièrement les « vedettes », et fait l’impasse sur les photos des candidates de gauche lors d’un article sur la réforme de l’AVS. On s’étonne de voir figurer sur une page du quotidien représentant toutes les candidats-es la seule parlementaire valaisanne en fonction en 7ème position, alors que son nom commence par la première lettre de l’alphabet.

Certaines femmes le reconnaissent volontiers, figurer sur une liste pour réaliser un pseudo équilibre, et risquer ensuite un score décevant, ne les séduit pas. Ou plus. D’autres avant elles ont accepté ce défi et encaissé sans broncher… Aujourd’hui, les femmes candidates ne sont plus, ne veulent plus être des alibis. Elles en veulent tout autant que leurs collègues masculins.

Encore faudra-t-il que les électeurs, et permettez-moi de souligner, les électrices, inscrivent ces femmes sur les listes, voire les cumulent. Et c’est là que tout se décidera.

Le 18 octobre, nous saurons si les Valaisannes et Valaisans sont prêts-es à accorder leur confiance aux femmes pour représenter le canton à Berne. Aucune excuse ne sera valable si tel n’était pas le cas.

Mon engagement en faveur de l’égalité fait immanquablement partie de mes thèmes de campagne. L’égalité hommes femmes, mais également l’égalité de droit pour les minorités, pour les personnes en situation de handicap, et pour les migrants. Parmi les nombreux sujets qui me préoccupent, celui-ci ne peut tout simplement pas être éludé.

Qu’une nation qui, comme la Suisse, se prétend garante des droits humains ne soit pas en mesure d’assurer à chaque citoyenne et citoyen une égalité de traitement est absurde. Il en va de même pour l’égalité des chances, l’égalité face aux soins, dans la formation et sur le lieu de travail. Il en va de même pour l’équité fiscale, pour une plus juste répartition des richesses.

Pour les électeurs de l’alliance de gauche, il suffira d’inscrire une seconde fois mon nom sur une liste. Simplement. Je vous en serai reconnaissante et poursuivrai mon engagement, sans relâche.

Barbara Lanthemann
Candidate PS au Conseil national sur la liste n°2

9 juillet 2015

Bicentenaire

La Valais fête ces jours-ci le 200e anniversaire de son adhésion à la Confédération. Ceci nous permet de réfléchir à la relation de notre canton avec le reste de la Suisse. Est-ce l’anniversaire d’un succès ? D’un mariage de raison ? D’une relation ambiguë ? Cette fête est avant tout la fête d’un diktat que notre canton a subi lors du Congrès de Vienne en 1815, confirmé avec la défaite lors du Sonderbund quelques décennies plus tard. Avec notre soif de souveraineté nous aurions préféré établir une république libre et indépendante.


Partons de l’idée que nos désirs de l’époque se soient concrétisés. Où en serait le Valais aujourd’hui ? Permettez-moi un persiflage un peu osé. On pourrait très bien imaginer qu’on serait un îlot de prospérité, un pays offshore, un paradis fiscal avec une monnaie refuge encore plus forte que le franc suisse, mais sans banque nationale. Notre créativité et notre force d’innover auraient fait de ce Valais une Silicon Valley d’excellence avec plein de start-ups qui se transforment en blockbusters économiques recherchés auprès de la bourse valaisanne. Nos vins se vendraient exclusivement et sans concurrence auprès des touristes qui cherchent la qualité de nos produits et la chaleur de notre accueil assuré par les indigènes dévoués à la cause et ouvert à d’autres cultures. Le Valais serait le modèle mondialement reconnu d’une société bilingue bien protégée, sans loups et autres dangers naturels.

Réaliste ? Irréaliste ? Si on prenait comme benchmark Monaco, le Liechtenstein ou le Vatican, on pourrait s’imaginer que ça marcherait. Néanmoins trois défis particuliers se seraient posés pour que ce beau (?) rêve ne soit pas brisé. Qui aurait payé les grands ouvrages, en particulier, les voies ferroviaires et les tunnels du Lötschberg (2 fois) et du Simplon ? Qui aurait payé l’autoroute… jusqu’à Sierre (pour le moment…)? Qui aurait assuré et financé l’éducation de la jeunesse y compris les belles Hautes écoles spécialisées qu’héberge le Valais ? Et finalement la sécurité – à qui demander de l’aide quand nous sommes sous pression ? Tournons la page. Le Valais fait aussi partie de la Confédération et nous ne pouvons pas seulement nous plaindre. Dans un pays déjà passablement isolé au centre de l’Europe nous ne pouvons pas nous isoler encore plus. L’indépendance fait rêver, l’interdépendance est la réalité, et ceci compte pour la Valais en Suisse, comme pour la Suisse en Europe. Deux recettes. Les fameux compromis helvétiques, certes créactifs, peuvent nous aider à sortir des différentes impasses que nous avons eu l’art de construire. Meilleures que les compromis seraient des visions et l’anticipation. Cherchons des solutions créatives. Exploitons efficacement nos ressources et nos talents. Donnons des perspectives pour notre jeunesse. Prenons en compte que le monde change et que nous pouvons y contribuer.
C’est dans cette direction que je vois mon engagement politique. Mieux vaut d’anticiper que de subir. Prenons ce credo comme devise pour la fête du bicentenaire.


Thomas Burgener
Candidat PS au Conseil des Etats 

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