9 juillet 2015

Bicentenaire

La Valais fête ces jours-ci le 200e anniversaire de son adhésion à la Confédération. Ceci nous permet de réfléchir à la relation de notre canton avec le reste de la Suisse. Est-ce l’anniversaire d’un succès ? D’un mariage de raison ? D’une relation ambiguë ? Cette fête est avant tout la fête d’un diktat que notre canton a subi lors du Congrès de Vienne en 1815, confirmé avec la défaite lors du Sonderbund quelques décennies plus tard. Avec notre soif de souveraineté nous aurions préféré établir une république libre et indépendante.


Partons de l’idée que nos désirs de l’époque se soient concrétisés. Où en serait le Valais aujourd’hui ? Permettez-moi un persiflage un peu osé. On pourrait très bien imaginer qu’on serait un îlot de prospérité, un pays offshore, un paradis fiscal avec une monnaie refuge encore plus forte que le franc suisse, mais sans banque nationale. Notre créativité et notre force d’innover auraient fait de ce Valais une Silicon Valley d’excellence avec plein de start-ups qui se transforment en blockbusters économiques recherchés auprès de la bourse valaisanne. Nos vins se vendraient exclusivement et sans concurrence auprès des touristes qui cherchent la qualité de nos produits et la chaleur de notre accueil assuré par les indigènes dévoués à la cause et ouvert à d’autres cultures. Le Valais serait le modèle mondialement reconnu d’une société bilingue bien protégée, sans loups et autres dangers naturels.

Réaliste ? Irréaliste ? Si on prenait comme benchmark Monaco, le Liechtenstein ou le Vatican, on pourrait s’imaginer que ça marcherait. Néanmoins trois défis particuliers se seraient posés pour que ce beau (?) rêve ne soit pas brisé. Qui aurait payé les grands ouvrages, en particulier, les voies ferroviaires et les tunnels du Lötschberg (2 fois) et du Simplon ? Qui aurait payé l’autoroute… jusqu’à Sierre (pour le moment…)? Qui aurait assuré et financé l’éducation de la jeunesse y compris les belles Hautes écoles spécialisées qu’héberge le Valais ? Et finalement la sécurité – à qui demander de l’aide quand nous sommes sous pression ? Tournons la page. Le Valais fait aussi partie de la Confédération et nous ne pouvons pas seulement nous plaindre. Dans un pays déjà passablement isolé au centre de l’Europe nous ne pouvons pas nous isoler encore plus. L’indépendance fait rêver, l’interdépendance est la réalité, et ceci compte pour la Valais en Suisse, comme pour la Suisse en Europe. Deux recettes. Les fameux compromis helvétiques, certes créactifs, peuvent nous aider à sortir des différentes impasses que nous avons eu l’art de construire. Meilleures que les compromis seraient des visions et l’anticipation. Cherchons des solutions créatives. Exploitons efficacement nos ressources et nos talents. Donnons des perspectives pour notre jeunesse. Prenons en compte que le monde change et que nous pouvons y contribuer.
C’est dans cette direction que je vois mon engagement politique. Mieux vaut d’anticiper que de subir. Prenons ce credo comme devise pour la fête du bicentenaire.


Thomas Burgener
Candidat PS au Conseil des Etats 

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