24 mai 2017

Réponse à Vincent Riesen

Attention, ça colle aux dents...
Suite au dépôt de l’initiative dentaire, nous lisons, dans Le Temps, ce vendredi 19 mai, que Vincent Riesen, directeur de la Chambre Valaisanne du Commerce et de l’Industrie, veut mener campagne contre ce projet parce que « l’initiative serait inefficace et injuste ». Il dit également que nous irons vers «une étatisation et une déresponsabilisation qui poussent à la surconsommation ».

Franchement, sérieux?

Revenons sur ses mots. Tout d’abord inefficace. Comment une initiative qui permettrait à tout le monde d’avoir accès à des soins dentaires peut être inefficace? Que faudrait-il donc à Monsieur Riesen pour efficacement soigner les maux bucco-dentaires de la population? Rappelons également que la santé bucco-dentaire impacte la santé en générale. Des dents en bonne santé, ou soignées, signifie des coûts moindres pour les autres assurances sociales. Donc des gains pour tout le monde. Pas efficace, ça?

Ensuite, injuste. Là, par contre, j’ai envie de lui donner raison. C’est injuste. Des personnes ont la chance d’avoir des dents plus robustes, plus résistantes, mieux agencées que d’autres. Alors c’est vrai, ce serait injuste de faire payer à ces personnes pour celles qui n’ont pas cette chance. Tout comme il y a des personnes qui n’ont pas de voitures et voient une part de leurs impôts utilisée pour du goudronnage. Et celles qui ne fréquentent pas les écoles polytechniques et participent à leur financement. Ou encore celles qui ne décollent jamais de l’aéroport de Sion tout en finançant sa survie… Oui, c’est injuste!

Parlons également de cette autre déclaration de M. Riesen : «une étatisation et une déresponsabilisation qui poussent à la surconsommation ». Voilà. Là, j’ai l’impression que tout est dit. Définitivement. Amen! Il veut nous dire quoi? Que parce que je suis assuré, je vais avoir du plaisir à me rendre régulièrement chez le dentiste ? Que parce que je suis assuré, je vais me faire fraiser les dents, me faire poser un appareil, me faire poser des ponts juste parce que c’est pas moi qui paie? Il tire ça des modèles statistiques qui montreraient (conditionnel, hypothétique) que, parce que j’ai une RC obligatoire à ma voiture, je touche les autres voitures juste pour le plaisir? Je rentre dans les poteaux de signalisation pour les dégommer juste parce que je suis assuré? Franchement…

Dépité par tant de mauvaise foi, je mentionnerais Aurélien Witzig qui, dans une chronique dans le même journal, le même jour, disait « Mesdames et Messieurs les libéraux dogmatiques, ne nous refusez pas la possibilité de discuter en commun de ce qui nous paraît, bon an mal an, comme le monde le plus désirable pour nous; laissez la démocratie pluraliste s’exprimer. » S’exprimer. Avec bonne foi, dignité et bienveillance.

Olivier Bender

23 mai 2017

Bilan des quatre premiers mois

Fin janvier, le Conseil général tenait son premier plénum. Quatre mois plus tard, il est temps de prendre la température de ce nouveau législatif composé notamment de six élus d’Entremont Autrement.

Pierre Troillet, chef du groupe EA, répond à quelques-unes de nos questions. 

Pierre Troillet, comment est l’ambiance en ce début de législature?
L’ambiance est bonne. Tout le monde a à cœur de vouloir faire avancer les dossiers qui occupent le ménage communal. Pour l’instant, le Conseil général se garde des querelles partisanes afin de privilégier l’intérêt commun et travaille plutôt en bonne intelligence au sein des différentes commissions.

Justement! Comment s’est passée l’intégration d’Entremont Autrement au sein des différentes commissions?
Nous avons été très bien accueillis par les élus plus anciens issus des autres partis qui nous conseillent et nous informent régulièrement sur le rôle du législatif. Entremont Autrement est présent dans les cinq commissions permanentes du Conseil général:

  • affaires sociales, santé, école (Clotilde Perraudin et Fanny Vaudan)
  • tourisme, sport, culture, jeunesse (Vincent Michellod et Marie Oreiller)
  • aménagement du territoire, bâtiments et constructions (Pierre Troillet)
  • travaux publics, environnement, agriculture et sécurité (Mélina Deslarzes)
  • gestion (Vincent Michellod)

En plus de ces commissions, Entremont Autrement bénéficie également de représentants dans plusieurs commissions dont l’existence est souvent limitée dans le temps:

  • énergies (Vincent Michellod)
  • Bagnes Info (Pierre Troillet)
  • conseil de district (Marie Oreiller & Pierre Troillet)
  • assemblée de la maison de la santé (Clotilde Perraudin)
  • mobilité (Marie Oreiller)

Enfin, j’ai récemment été invité à intégrer les séances des cadres du Conseil général qui regroupent les différents présidents de commission et le bureau.

Lors de la campagne, vous vous êtes beaucoup engagés pour plus de transparence et un renouveau politique, avez-vous l’impression de répondre à vos promesses électorales?
Nous y travaillons. Même si cela peut paraître anodin, j’ai récemment obtenu que l’ensemble des règlements communaux soient mis à disposition des citoyens sur le site communal. Cela devrait en fait aller de soi puisque relevant du domaine public. Je constate aujourd’hui que les craintes de l’exécutif et de l’administration sont nombreuses dès qu’il s’agit de communiquer. Malheureusement, cette retenue est souvent perçue par le citoyen comme de la paresse, voire du mépris.
À l’heure où la communication est omniprésente, les autorités communales doivent donc opérer un changement de mentalité. Il est aujourd’hui du devoir de toute administration publique d’expliquer et de transmettre le sens et l'opportunité des décisions qu'elle prend.

Le Conseil général s’est prononcé deux fois à l’unanimité de ses membres lors de ce début de législature, une fois lors de la motion Tellen destinée à changer la règlementation communale en matière de panneaux solaires et l’autre fois afin d’accepter un postulat intimant au Conseil communal de rejoindre la maison de la santé de Sembrancher. Comment expliquez-vous ce soutien aussi unanime? Pensez-vous que l’exécutif tiendra compte de ces revendications?
Qu’il s’agisse de la maison de la santé ou de la motion Tellen, le Conseil général a su privilégier dans les deux cas notre avenir commun. Premier représentant du peuple, le Conseil général a adressé un message clair au Conseil communal: il attend de ce dernier qu’il repense sa pratique afin de gagner en réactivité et de répondre aux défis de demain.

Dans les deux cas précités, le Conseil communal a fait preuve d’une lenteur coupable qui explique cette unanimité qui s’accompagne d’un certain ras-le-bol face à la lenteur de l’exécutif, incapable d’empoigner certains dossiers pourtant importants pour l’ensemble des Bagnardes et des Bagnards.

Vous évoquez le rôle de l’exécutif, comment jugeriez-vous les relations entretenues avec les différents membres du Conseil communal depuis le début de cette législature?
Il convient de préciser que le Conseil communal a enregistré un renouvellement important de ses membres et que, tout comme au Conseil général, les nouveaux venus ont dû faire face à un temps d’adaptation important. De manière générale, nous rendons attentifs l’exécutif quant à l’importance de nous communiquer les dossiers suffisamment tôt et de pouvoir parfois s’appuyer sur le Conseil général pour les faire avancer. Il apparaît aujourd’hui important de rétablir un climat de confiance sans pour autant occulter les dossiers plus problématiques.
Des contacts réguliers ont lieu entre Antoine Cretton, conseiller communal EA, et les conseilleurs généraux.

Merci à Pierre Troillet pour cet éclairage. Notre rédaction invitera régulièrement les élus Entremont Autrement à communiquer sur leur action au quotidien.

22 mai 2017

Jonathan et la session de mai.


A lire dans le peuple.vs, no 94, vendredi 19 mai 2017, p.4

/UG

Dans la Newsletter parlementaire du Centre Gauche PCS de mai 2017

(extrait)

Rapport de la commission de gestion sur l’analyse de la procédure concernant la démission et le réengagement de Jean-Marie Cleusix (consulter le rapport)

Jonathan Darbellay a relevé le décalage entre l’impressionnante longueur de la liste des griefs formulés à l’encontre de l’ancien chef du Service de l’enseignement Jean-Marie Cleusix (affabulations et manipulations, comportement inadéquat envers les collaborateurs, intimidation de collaborateurs d’autres services, dégradation du comportement et des performances au travail, enregistrement de séances, etc.) et la douce sanction infligée (transfert implicite à un poste d’enseignant au secondaire II). Suivant le rapport de la commission de gestion, il souligne que le comportement de Jean-Marie Cleusix méritait effectivement un licenciement immédiat pour justes motifs et que les autorités judiciaires, en cas de recours, l’auraient dûment confirmé. Il ne peut ainsi recevoir l’argument avancé pour défendre la décision du Conseil d’Etat.

21 mai 2017

Votation fédérale du 21 mai 2017. Le oui massif de Vollèges!

Loi du 30 septembre 2016 sur l'énergie (LEne)

Liddes:
Oui à 61.03 %

Bagnes:
Oui à 66.16 %

Orsières:
Oui à 62.77 %

Sembrancher:
Oui à 60.00%

Bourg-St-Pierre:
Oui à 61.54 %

Vollèges:
Oui à 80.31 %

Entremont:
Oui à 66.44%

Martigny
Oui à 62.30 %

Bas-Valais:
Oui à 63.66 %

Valais:
Oui à 63.38 %

Suisse:
Oui à 58,2 %

Votation cantonale du 21 mai 2017. 3/4 d'Entremontants favorables

Modification du 9.9.2016 de la loi d'application de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire

Liddes:
Oui à 71.2 %

Bourg-St-Pierre:
Oui à 67.09 %

Bagnes:
Oui à 78.4 %

Orsières:
Oui à 73.61 %

Sembrancher:
Oui à 69.78 %

Vollèges:
Oui à 69.27 %

Entremont:
Oui à 74.66 %

Martigny
Oui à 70.29 %

Bas-Valais:
Oui à 71.23 %

Valais:
Oui à 72.29 %





Entremont Autrement prend position par rapport aux deux sujets soumis à votation le 21 mai 2017

18 mai 2017

Dépôt de l'initiative dentaire cantonale

Aujourd'hui, le PS, le PCS et Entremont Autrement ont déposé l'initiative dentaire cantonale dont nous vous parlons depuis quelques mois.

L'objectif est d'offrir la prise en charge des frais dentaires (environ 450.- CHF par personne, par année) dans l'assurance de base. Le financement est assuré au moyen d'une hausse modeste des cotisations salariales (0.5% par l'employeur et 0.5% par l'employé). Il s'agit d'un financement solidaire.

Ce projet permettra aux familles sans couverture médicale adéquate de se soigner correctement, sans repousser indéfiniment les consultations dentaires. D'autre part, ce mode de financement réduit les coûts pour les familles.

Entremont Autrement remercie Roxanne Di Blasi, membre de notre comité, pour sa participation à la conférence de presse qui avait lieu ce matin à Sion.

16 mai 2017

La gifle éducative

Mercredi 3 mai, le Conseil national par 158 voix contre 51 a refusé une motion visant à interdire la gifle éducative.

La gifle peut être poursuivie sous plainte ou d’office si l’auteur l’inflige régulièrement sur un mineur dont il a la responsabilité ou la garde. Dans cette situation, la difficulté est d’évaluer si la gifle est due à un débordement occasionnel ou à de la réelle maltraitance.

On est en droit de se questionner si cela est suffisant pour protéger les enfants, car la décision du Conseil national envoie un message clair: une claque de temps en temps c’est tolérable. Et pourtant, la gifle n’a aucune valeur éducative, bien au contraire.

Le but de l’interdiction n’est pas de punir les parents dépassés mais de prévenir les débordements. Cette motion vise aussi à sensibiliser les adultes aux violences éducatives en posant un cadre légal. 

Suite au rejet de cette motion, je me pose cette question: comment apprendre à nos enfants à bien vivre ensemble si nous, les adultes, nous nous permettons de les frapper?

Clotilde Perraudin
Conseillère générale à Bagnes

14 mai 2017

Le système de vote français est-il légitime?

En Europe, on a la chance de vivre dans des démocraties. On a pu d'ailleurs assister à l'élection de Macron en France dernièrement. Mais si aujourd'hui, on peut est relativement tous d'accord sur le fait que la démocratie est le "moins mauvais système", on peut tout de même s'interroger sur la légitimité du système d'élection.

Tout le monde le sait probablement, mais je vais quand même le rappeler: le système d'élection présidentiel français est relativement simple: les deux candidats qui ont le plus de voix au premier tour sont qualifiés pour le second et celui qui compte le plus de voix est élu. Ce système a l'avantage d'être simple, cependant, il a quelques faiblesses que je vais tenter d'illustrer par deux petits exemples.

Le premier problème est l'impact des "petits candidats" sur le résultat. Disons qu'il y a, dans un pays, le parti J qui pèse 50% des voix avec comme candidate Julie et deux plus petits partis dont les candidats sont Mike et Steve et qui font 25% chacun. Julie devrait logiquement être facilement élue, c'est son parti qui est le plus représentatif de son pays. Or, il suffit qu'il y ait trois autres candidats avec un programme très proche de celui de Julie et qui font chacun 9%, et Julie se retrouvera derrière Mike et Steve et sera éliminée. Pourtant, les électeurs qui ont voté pour les "petits candidats" auraient tous préféré voir Julie au pouvoir que Mike ou Steve.

C'est ce problème qui est à l'origine du "vote utile". Au lieu de voter pour mon candidat préféré, Jean par exemple, je vais voter pour Julie car elle a plus de chance d'être élue et elle représentera mieux mes idées que Mike et Steve.

Un deuxième paradoxe peut également apparaître avec ce système. Partons de la situation suivante: 32% de la population voterait pour Macron en premier, pour Fillon en deuxième et pour Marine en troisième et ainsi de suite. On voit que Macron serait éliminé au premier tour, et ses électeurs se rabattrait sur Fillon qui serait élu au deuxième tour contre Marine.

Maintenant, imaginons que Fillon fait une super fin de campagne, qu'il améliore son score en prenant des voix aux autres candidats et principalement à Marine, on serait dans cette situation.
On constate que Fillon fait bien mieux, passant de 35% à 41%, mais au final il élimine au premier tour Marine et, puisque les électeurs de Marine préfèrent voter pour Macron au deuxième tour, c'est ce dernier qui va être élu; Fillon, en améliorant son score, diminue ses chances d'élections!

Evidemment que ces deux exemples sont très théoriques et simplifiés, mais ils permettent d'illustrer le fait que la légitimité de ce système n'est pas entière. C'est un problème qui est largement connu et documenté, si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez taper sur google "Paradoxe de Condorcet" ou "Théorème d'impossibilité d'Arrow". Ce soucis de légitimité est souvent mis en avant dans le débat, on s'interroge aussi régulièrement sur la place à donner au vote blanc.
Dans tous les cas, si la démocratie est sans doute le meilleur système politique existant, le système de vote majoritaire à deux tours est loin d'être aussi légitime et d'autres options seraient sans doute meilleures.
Cependant, il est rare qu'un politicien remette en question et critique le système de vote qui lui a permis d'être élu et il est probable que ce système accompagne la vie politique française durant encore quelques législatures...

Jonathan Darbellay