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12 mars 2024

Votation sur la Constitution Valaisanne : recours déposé

Dimanche 3 mars, nous nous retrouvions très déçu.e.s à l'issue des votations. La Nouvelle Constitution qu'Entremont Autrement avait défendue a été balayée par la population. Jean-François Lovey avait communiqué à Canal 9 son désarroi et incompréhension face à cette votation (voir le passage TV ici).

Les bulletins pas encore dépouillés, beaucoup se posaient la question d'un bulletin de vote trop compliqué. Mais ces questionnements n'en sont pas restés là, lundi soir un recours contre le résultat de la votation a été déposé auprès du Grand Conseil. 

"On veut que citoyennes et citoyens sachent exactement ce qui s'est passé lors de ce vote et combien de personnes ont dit oui au changement", explique Cilette Cretton, députée à la Constitutante pour le groupe Appel Citoyen, revenant sur une information publiée par Le Temps.

Ce recours demande  que les communes mettent à disposition un relevé détaillé des bulletins comptabilisés le 3 mars dernier. Ces informations "réclamées à plusieurs reprises auprès des autorités permettront ensuite de prendre les mesures nécessaires".

En prenant en exemple la Commune d'Ardon, il semble que la Nouvelle Constitution serait passée si la question avait simplement été OUI ou NON.

Reste à savoir si tel aurait été également le cas pour d'autres communes.

La question est donc loin d'être résolue ! Affaire à suivre.

Articles :

- RTS, Le Journal horaire

- Le Temps, "Les Valaisans infligent un camouflet à leurs constituants"

- Le Temps, "En Valais, un recours déposé contre les résultats de la votation sur la nouvelle Constitution"





5 mars 2024

Pas de nouvelle Constitution pour le Valais : une déception

Jean-François Lovey a œuvré pendant 4 ans à la modification de la Constitution Valaisanne datant de 1907. Dimanche dernier, le peuple valaisan a fait savoir qu'il refusait totalement la proposition de la Constituante, que ce soit le projet dans son ensemble ou sa variante.

Elu à Appel Citoyen (qui sera amené à disparaître) et soutenu par Entremont Autrement, Jean-François Lovey était invité sur le plateau de Canal 9.

C'est l'incompréhension qui règne : après avoir voté pour modifier sa Constitution, puis élu des personnes de tous bords politiques, le peuple valaisan refuse. "Ce peuple qu'on a perdu en cours de route".

Entemont Autrement s'était également fortement engagé pour la Nouvelle Constitution et ne peut que regretter le choix de la population. Nous en profitons pour remercier Jean-François pour tout son travail et engagement dans la Constituante.



3 mars 2024

Taux de participation record, mais pas de nouvelle constitution pour le Valais

Le peuple suisse et valaisan, avec une participation importante à 61,49 % pour le Valais, s'est déplacé dans les urnes pour donner son avis sur de nombreux objets tant fédéraux que cantonaux. 

Projet de nouvelle constitution

C'est une déception pour la nouvelle constitution valaisanne. Autant le projet que la variante sans le droit de vote des étrangers n'ont su convaincre. Entremont Autrement est particulièrement déçu par ce résultat. Nous avions soutenu dès le départ le renouveau de la Constitution par une constituante. Le travail effectué par cette dernière tournait le Valais vers l'avenir et abordait des questions et des enjeux centraux et vitaux pour le Valais: environnement, industrie, tourisme. Avec un peu d'espoir, le travail de la constituante ne sera pas entièrement perdu et permettra des modifications constitutionnelles à l'avenir.
Entremont Autrement tient à remercier les constituant.es pour leur travail et plus particulièrement le représentant Appel Citoyen de l'Entremont, Jean-François Lovey, qui a travaillé d'arrache-pied pour le renouveau, certes refusé, de notre constitution.

Chiffres pour l'Entremont
- Bourg-St-Pierre : projet refusé à 88,98 %, variante refusée à 77.97 %
- Liddes : projet refusé à 73,15 %, variante refusée à 61,10 %
- Orsières : projet refusé à 72,36 %, variante refusée à 62,55 %
- Sembrancher : projet refusé à 78,41 %, variante refusée à 62,05 %
- Val de Bagnes : projet refusé à 65,15 %, variante refusée à 53,21 %
- Canton : projet refusé à 68,13 %, variante refusée à 57,04 %

Loi d'ouverture des magasins

La LOM n'a pas convaincu les électeur.rices valaisan.nes. Ces dernier.ères ont écarté une extension de l'horaire d'ouverture et des zones touristiques. Entremont Autrement avait soutenu le référendum et s'était donc prononcé contre cette loi pour garantir des conditions de travail dignes pour les employé.es de la distribution.

Chiffres pour l'Entremont
- Bourg-St-Pierre : NON à 62,4 %
- Liddes : NON à 76,4 %
- Orsières : NON à 68,4 %
- Sembrancher : NON à 78,9 %
- Val de Bagnes : NON à 59,6 %
- Canton : NON à 64,8 %

13e rente AVS

La population entérine la 13e rente AVS, et avec vigueur! Les citoyen.nes ont été sensibles à l'augmentation des coûts de la vie et surtout à l'importance de pouvoir vivre dignement à la retraite après avoir travaillé toute sa vie. Entremont Autrement salue ce soutien clair au premier pilier, le soutien à nos aîné.es est fondamental.

Chiffres pour l'Entremont
- Bourg-St-Pierre : OUI à 59,66 %
- Liddes : OUI à 59,03 %
- Orsières : OUI à 57,52 %
- Sembrancher : OUI à 64,21 %
- Val de Bagnes : OUI à 59,85 %
- Suisse : OUI à 58,24 %

Retraite à 66 ans

La journée était définitivement dédiée à la retraite. Et les électeur.rices n'ont largement pas souhaité augmenter l'âge de la retraite. Alors qu'AVS 21 venait d'être accepté, la population suisse ne souhaite pas d'une augmentation progressive de l'âge de la retraite. Entremont Autrement est très content de ce résultat et continuera de s'investir pour garantir une retraite digne pour toutes et tous.

Chiffres pour l'Entremont
- Bourg-St-Pierre : NON à 73,73 %
- Liddes : NON à 86,74 %
- Orsières : NON à 76,94 %
- Sembrancher : NON à 81,31 %
- Val de Bagnes : NON à 76,81 %
- Suisse : NON à 74,72 %

                                                                                                        Entremont Autrement


12 février 2024

Comment voter le 3 mars ?

Vous l'avez peut-être remarqué, votre bulletin de vote pour la nouvelle constitution est assez déroutant. Si vous soutenez la nouvelle constitution, vous pouvez vous trouver devant un noeud: le texte original ou la variante? Afin de vous aider à vous décider, le comité pour le OUI a produit ce petit récapitulatif.



Entremont Autrement soutient le double OUI et vous encourage à glisser un bulletin doublement positif dans l'urne le 3 mars, pour un Valais tourné vers l'avenir ! 

24 janvier 2024

Débat Nouvelle constitution valaisanne

A vos agendas!

Les partis de l'Entremont, dont EA, organisent un débat sur la nouvelle constitution valaisanne soumise au vote le 3 mars 2024.



Rendez-vous le 1er février à 19h à l'aula de l'école primaire de La Proz à Orsières, apéritif offert!

Avec :      Jean-François Lovey (Appel citoyen)

                Pierre Darbellay (Le Centre)

                Côme Vuille (PLR)

                Jérôme Formaz (UDC)

Modération : Rhône FM



19 janvier 2024

Votations de mars : les membres du mouvement se prononcent !

Si Entremont Autrement était un citoyen suisse lambda, il se prononcerait comme suit pour les votations fédérales et cantonales de mars 2024.

13e rente AVS

A une quasi-unanimité, les personnes sondées soutiennent la 13e rente AVS. Alors que l’année passée l’âge de la retraite des femmes est passée de 64 à 65 ans, il semble important d’améliorer également le premier pilier de nos aîné.es. Avec la hausse des prix des loyers, des assurances maladies et de l’électricité pour 2024, il devient urgent de soutenir les retraité.es dont les pensions n’ont pas suivi la même augmentation. Assurer le financement de l’AVS est une chose, permettre à ses bénéficiaires de vivre dignement doit aussi être une priorité. De plus cette hausse améliorerait significativement la situation des femmes retraitées, dont les deuxième et troisième piliers sont beaucoup plus bas que ceux des hommes. Cette inégalité les impacte durement. C’est donc un grand OUI pour la 13e rente AVS.


Retraite à 66 ans


De nouveau, une écrasante majorité des sondé.es s’est exprimée en défaveur de cette initiative des JLR. Alors qu’AVS 21 vient juste d’être acceptée (et dans la douleur), le financement de l’AVS devrait être garanti pour les prochaines années. De plus, cette mesure impacterait particulièrement les métiers les moins rémunérés et créerait des inégalités sociales importantes. Certaines personnes ne peuvent prendre leur retraite anticipée pour des raisons financières, tandis que d’autres dont le revenu est plus confortable pourront toujours se le permettre. Il faut encore ajouter que de nombreux métiers sont particulièrement pénibles et travailler une année de plus représente un réel danger parfois. C’est donc un grand NON à cette initiative.


Nouvelle constitution valaisanne


Les membres consultés s’expriment à une majorité quasi absolue en faveur des deux variantes, et particulièrement de la première (celle avec le droit de vote des étrangers au niveau communal) qui est la plus plébiscitée en priorité. La Constitution valaisanne a besoin d’être rajeunie et de poser les bases d’une législation tournée vers l’avenir et prête à relever les défis de demain. Le nouveau découpage électoral, ainsi que les réformes de la justice semblent convaincre largement et le coût de la mise en œuvre apparait comme un investissement nécessaire. Entremont Autrement soutient depuis ses débuts le projet d’une constituante et continue de le faire en appelant à voter pour la première variante d’un texte fondamental pour notre canton.

Nous en profitons également pour vous annoncer la tenue d’un débat coorganisé avec EA, le PLR Entremont, le Centre Entremont et l’UDC Entremont à Orsières le 1er février 2024 à 19h à l’aula de l’école primaire de la Proz. Nous nous réjouissons de vous y voir nombreux !




Ouverture des magasins


A une unanimité complète, les sondé.es s’expriment en défaveur de la prolongation des heures d’ouverture des magasins. Entremont Autrement avait fait campagne pendant le référendum en collectant des signatures et nous avons déjà souligné en conférence de presse, que vous retrouvez ici, le fait que cette loi semble taillée sur mesure pour les grandes surfaces et pousse donc à la surconsommation. Les travailleurs et travailleuses du commerce de détail ont droit à des horaires de travail justes et équitables qui leur permettent d’avoir une vie familiale sans plus de contrainte (horaire de crèche, travail le week end, etc…). Les magasins, nous l’avons vu pendant le COVID, font partie des commerces de première nécessité et il est nécessaire de préserver la santé des travailleurs et travailleuses de ce secteur. 


A noter encore qu'Orsières vote au début février sur le passage de 11 conseillers communaux à 7. Vous pouvez trouver ici l'avis de notre section locale qui replace le débat de cette diminution dans un contexte plus large.


A vos bulletins!

20 décembre 2023

OUI à la nouvelle Constitution : Appel Citoyen a 2 mois pour convaincre

Chef de groupe "Appel Citoyen" pour la nouvelle Constitution et membre d'Entremont Autrement, Jean-François Lovey a été interviewé par Canal 9 le 18 décembre dernier.

Pour rappel, la Constitution valaisanne actuelle date de 1907 et "ne laisse aucune place ni trace pour l'enfant, pour la femme, pour la personne handicapée, il ne dit rien du droit au logement, du droit à la santé, de la protection des lanceurs d'alerte... il ne dit quasiment rien du tourisme, de la mobilité, des transports, de l'industrie.... bref, c'est un texte qui date d'une époque en partie révolue".

Jean-François Lovey fait campagne pour que le OUI l'emporte le 3 mars 2024 et Entremont Autrement apporte son soutien total. Pour une Constitution actualisée qui nous permette de poser de nouvelles bases pour un idéal de société.

Qu'est-ce que ça changerait concrètement pour les citoyens et citoyennes ? Les réponses de Jean-François Lovey à écouter ici.

Plus d'informations sur la campagne pour le OUI ici.




14 septembre 2023

Création d'un comité de soutien "Oui à la Constitution"


La campagne pour l'acceptation de la Constitution produite par la Constituante a commencé! Pour rappel, sur notre district, Jean-François Lovey a été élu comme constituant Appel Citoyen, soutenu par Entremont Autrement, dans cette étape politique majeure pour notre canton. Alors que la population se prononcera le 3 mars prochain sur ce sujet, un comité de soutien a été lancé cette semaine. Pour en savoir plus, retrouvez ci-dessous le communiqué de presse de ce comité de soutien!


Entremont Autrement a soutenu la création de la Constituante et se réjouit de voir aboutir ce projet d'une Constitution pour le XXIe siècle!

                                                                                                        La rédaction

Communiqué de presse du Comité de soutien “OUI à la Constitution”

12.09.2023

OUI à la Constitution: création d’un comité des Groupes de la Constituante

En ce jour symbolique marquant les 175 ans de l’adoption de la Constitution fédérale de 1848, six Groupes politiques de la Constituante valaisanne lancent la campagne en faveur du projet de nouvelle Constitution cantonale avec la création d’un comité de soutien.

Par la création de ce comité, les cheffes et chefs des Groupes politique du Centre, des Valeurs Libérales Radicales, des Verts et Citoyens, du Parti Socialiste et Gauche Citoyenne, de Zukunft Wallis et d’Appel Citoyen, ainsi que leurs représentantes et représentants au collège présidentiel, entrent de plain-pied dans la campagne à venir jusqu’à la votation populaire de mars 2024. Ensemble, ces Groupes politiques représentent près de 70 % de l’Assemblée constituante. Le projet de nouvelle Constitution avait été largement accepté lors du vote final de la Constituante du 25 avril 2023 par 87 voix contre 40.

Après quatre ans de travaux, la Constituante a accompli la mission qui lui a été confiée en proposant à la population valaisanne un projet de Constitution. Le mandat donné par les électrices et les électeurs en 2018 est donc rempli.

Le comité de soutien appelle l’ensemble de la population valaisanne à découvrir ce projet et à le soutenir. Grâce à un intense travail de négociations et de recherche de consensus, le texte proposé est solide, équilibré et fédérateur. Il reflète les tendances politiques en présence au sein de l’Assemblée élue par la population.

Il doit permettre au canton du Valais de vivre avec son temps, grâce à un texte fondamental en phase avec les défis à relever. Le texte de 1907, actuellement en vigueur, ne correspond plus aux réalités qui sont celles des habitantes et habitants de notre canton.

En modernisant les structures de l’État (notamment régions et autorités) et les tâches publiques devant être menées par le canton et les communes, ou encore en introduisant des droits fondamentaux auparavant totalement absents, le texte soumis au peuple propose un subtil équilibre entre modernité et tradition, entre plaine et montagnes, entre centres urbains et villages. Il vise à renforcer la cohésion cantonale, notamment au travers d’un soutien marqué au bilinguisme et à une intégration de tout un chacun.

Le 3 mars 2024, la population aura le choix entre un texte de 1907 et ce projet d’avenir. Il devra également se prononcer sur la question des droits politiques au niveau communal des résidentes et résidents au bénéfice d’un permis d’établissement.

Afin de débuter le travail d’information, un site web a été ouvert à l’adresse www.constitution-oui.ch. Les personnes intéressées à en savoir plus ou à s’engager dans la campagne sont invitées à prendre contact avec le Comité de soutien par le biais de ce site.

Membres du Comité

Géraldine Giannadda, membre du collège présidentiel (VLR), Jenny Voeffray, membre du collège présidentiel (Le Centre), Emilie Praz, membre du collège présidentiel (Appel Citoyen), Gaël Bourgeois, membre du collège présidentiel (PS-GC), Sabine Fournier, membre du collège présidentiel (Verts), German Eyer, chef du groupe Zukunft Wallis, Kamy May, co-cheffe du groupe Le Centre, Marie Zuchuat, co-cheffe du groupe Le Centre, Côme Vuille, chef du groupe Valeurs Libérales Radicales, Laurence Vuagniaux, cheffe du groupe des Verts et Citoyens, Fabien Thétaz, chef du groupe Parti Socialiste et Gauche Citoyenne, Jean-François Lovey, chef du groupe Appel Citoyen.

5 mai 2023

Nouvelle Constitution : Une légitime satisfaction

Du début à la fin, la démarche qui conduit à une possible révision de la Constitution valaisanne de 1907 est l’expression d’une rassurante vitalité démocratique. D’un processus qui ne relève pas de l’incantation, mais de la recherche du bien commun. De
l’enracinement autant que de l’envol. Le 
peuple est à l’origine; il en sera le point d’orgue. L’alpha et l’oméga. Du lancement de l’initiative en 2015 à la votation finale prévue en 2024, en passant par sa claire expression de mars 2018 lorsqu’il a plébiscité à hauteur de 73% son désir de réforme, puis qu’il a élu les 130 membres de la Constituante, le peuple valaisan a marqué de son empreinte son appel à la réflexion, puis auchangement. On le dit souvent « conservateur »; il l’est probablement moins que ceux qui se plaisent à le congeler ainsi.

Le groupe Appel Citoyen est issu de ce même mouvement d’une démocratie en quête de transparence, de solidarité et d’ouverture.

Au terme des travaux de la Constituante, tout en regrettant une « invocatio » de préambule par trop théocentrée, en regrettant de n’avoir pas réussi à convaincre quant à l’opportunité de créer une cour environnementale et une cour des comptes, en regrettant la timidité de l’énoncé dans l’article consacré à la non-discrimination, en trouvant numériquement trop lourde la composition future du Parlement et trop frileux le recours au système majoritaire pour l’élection du Gouvernement, Appel Citoyen salue la clarté retenue pour la rédaction des droits fondamentaux, en particulier ceux consacrés à l’enfant, à la personne handicapée, à l’intégrité numérique, à l’intégration et à l’inclusion, au libre choix de fin de vie, à la protection des lanceurs d’alerte.

Il tient à mettre en évidence également le fait que l’on a inscrit noir sur blanc dans ce texte fondateur le développement durable, la neutralité carbone, le droit à un environnement sain et sûr, la non-appropriation par des tiers des ressources naturelles.

Il salue la création de six régions en lieu et place des treize districts, l’augmentation à sept du nombre de Conseillers d’Etat, la création de conseils généraux à des conditions tout à fait acceptables par les communes, la baisse du quorum à 5%, la reconnaissance de la langue des signes, l’introduction d’un congé parental cantonal, la non-pénalisation des couples mariés ou pacsés ainsi que la dépolitisation de l’organisation judiciaire avec, en sus, la création d’une cour du droit de la famille.

Et, par dessus tout, il applaudit à l’inscription formelle d’une répartition équilibrée des genres au sein des instances politiques ainsi qu’au droit de vote et d’éligibilité des étrangers à l’échelle communale (même s’il eût été préférable à ses yeux d’éviter de l’offrir en variante lors du vote final).

Les constituantes et constituants redeviendront bientôt des anonymes, conscients d’avoir été élus pour accomplir une mission confiée par le peuple. A ce titre, ils ont eu à écrire une page d’histoire de ce canton. Pas pour eux. Ni pour leur fierté, ni pour leur gloire. Mais pour les enfants et petits-enfants qui les ont observés et qui, par leurs attentes, désormais les jugent.

L’exercice sera achevé lorsque le peuple aura pu débattre du contenu de ce texte ambitieux, faire valoir ses espérances ou ses craintes. Et enfin voter. Auparavant, il s’agira de faire preuve d’engagement, de zèle et de lucidité pour convaincre les hésitants et contrer les opposants. Appel Citoyen ne rejoindra les limbes et les livres de souvenirs qu’une fois le rideau constitutionnel tiré…

En ce qui me concerne, c’est un OUI fort que j’espère entendre lorsque, le jour venu, l’horizon se découvrira sur ce texte fondamental et sur un Valais à l’âme généreuse.

Jean-François Lovey

Appel Citoyen




26 avril 2023

Le projet de nouvelle Constitution cantonale est sous toit !

La Constituante réunie en séance plénière a adopté par 87 voix contre 40 le projet de nouvelle Constitution cantonale lors du vote final de ce jour. Elle a également approuvé par 87 voix contre 29 et 7 abstentions un projet de variante portant sur les droits politiques au plan communal des personnes de nationalité étrangère. Le projet de nouvelle Constitution et sa variante pourront donc être remis dans le délai au Conseil d’État pour être soumis au vote du peuple.

Une majorité absolue approuve le projet

La Constituante était réunie ce jour pour sa dernière séance plénière afin de procéder à la finalisation, ainsi qu'au débat et au vote final du projet de nouvelle Constitution et de sa variante. Lors du vote final, la Constituante a adopté le projet par 87 voix contre 40 – une majorité absolue de 66 voix était nécessaire pour son adoption. Elle a également décidé par 87 voix contre 29 et 7 abstentions de soumettre au peuple une variante au projet de Constitution tel que prévu par l'actuelle Constitution cantonale. Le peuple se prononcera ainsi sur le projet de nouvelle Constitution. Il décidera en outre s’il souhaite ou non accorder des droits politiques au plan communal aux personnes de nationalité étrangère au bénéfice d’un permis C et domiciliées dans le canton depuis au moins une année.

Prochaines étapes

Le projet de nouvelle Constitution, signé par les dix membres de la Constituante ayant siégé au Collège présidentiel, sera remis dans le courant du mois de mai au Conseil d’État, respectant ainsi le délai de quatre ans et demi dès la séance constitutive prévu par le décret sur la Constituante. Le projet sera ensuite soumis au vote du peuple. Le Conseil d’État fixera la date et les modalités de la votation populaire. Après le vote populaire, la Constituante se réunira pour prendre acte du résultat du vote et prononcer sa dissolution.

Une version provisoire du projet de nouvelle Constitution est d’ores et déjà disponible sur le site internet de la Constituante : https://www.vs.ch/fr/web/constituante/

Issu du communiqué de presse officiel de la Constituante

Interviewé à ce sujet pour le 19h30 de la RTS, Jean-François Lovey se réjouit "d'une première réussite sur un parcours qui est encore long. Une première grande satisfaction effectivement".


26 septembre 2022

Un constituant UDC dérape

Vous devez prendre la parole cinq minutes en public, que ce soit au travail, au Grand-Conseil, devant votre famille ou à la Constituante mais vous avez peur d’avoir l’air stupide? Et bien cette semaine, Damien Fumeaux nous a donné un parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire; profitons en ce dimanche de rappeler quelques fondamentaux sur la construction d’un discours à travers son intervention. 

Découvrez ici l'intervention de Damien Fumeaux: Voir la vidéo sur le site du Blick


L’introduction a trois objectifs principaux : Attirer l’attention du lecteur, donner le contexte du discours et en définir le sujet de manière précise. Ecoutez les premières minutes de la vidéo, on comprend vaguement que l’udc s’attaque à ceux qui viennent en Suisse imposer les règles du pays qu’ils ont quitté, mais c’est flou. Soyez précis, si vous n’arrivez déjà pas à cibler le sujet lors de l’introduction, il y a de fortes chance que le reste de votre discours soit hors sujet.

Une fois l’introduction posée, définissez trois axes principaux dans votre discours. Ici Fumeaux a choisi la structure :

  1. Le traitement de la femme au Quatar et en Iran,
  2. Le Grand Remplacement : Da Silva est le nom le plus répandu en Suisse
  3. Il n’y a plus de crèche de Noel à Lyon et Grenoble.

Je ne vais pas m’attarder sur le fond de l’argumentaire puisqu’il n’y en a pas, mais on voit clairement qu’il manque des liens entre les axes pour donner une cohérence et une logique au discours. N’oubliez pas qu’il faut utiliser prudemment les comparaisons. Ici, comparer le Valais avec le Quatar, l’Iran et Lyon, mettre ensemble la culture de l’Islam et l’immigration portugaise, cela donne l’impression (si seulement ce n’était qu’une impression) qu’on essaie de remplacer l’absence de contenu par des lieux communs.

Enfin, au delà de sa structure, la forme du discours est également importante: il faut rendre le texte sympathique à écouter et l’utilisation de l’humour ou de clins d’oeil est souvent bienvenue. Damien ne va pas s’en priver, il s’adresse directement aux verts pastèques, verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur (lol), aux chevaliers du temple LGBT et toutes les lettres qui viennent après - à force d’en rajouter on perd le fil (ahaha, t’es trop fort Dam) aux défenseurs de la sacro-sainte théorie du genre (ah ouais, bien envoyé!). Contrairement à lui, évitez de tomber dans des phrases trop clichées ou attendues, soyez originaux et si vous voulez faire une référence culturelle, faites-le intelligemment ; tout le monde se passerait volontiers d’entendre : « L’herbe n’est pas plus verte dans le jardin du voisin et ce n’est pas ce cher monsieur Seguin qui va dire le contraire ».

Il y aurait bien plus à dire sur ce discours, la rhétorique est un art complexe et chacun peut continuellement s’améliorer, mais de manière générale, plus vous aurez de fond, plus il vous sera facile de faire un bon discours, ce qui est malheureusement tout le problème de l’UDC. Parler du grand remplacement de notre civilisation par l’Islam en l’illustrant par le fait que Da Silva soit le nom le plus répandu de Suisse montre bien l’étendue du désastre. Cela prouve bien que sans contenu, on finit par toucher le fond.

Jonathan Darbellay

15 décembre 2021

Constituante - un premier bilan intermédiaire

Après les premiers débats préliminaires de l’an dernier (1er round), la Constituante a procédé à un examen de détail (2e round), article par article, de l’ensemble des propositions émises et défendues par ses 130 membres et ses 10 commissions thématiques. Cet exercice de « première lecture », sanctionné par de très nombreuses prises de paroles, d’amendements et de votes, s’est achevé il y a quelques jours.

A ce stade, Appel Citoyen salue un certain nombre de points qui représentent à ses yeux une incontestable amélioration par rapport à la Constitution actuelle (datée de 1907) et un signe clair à dessiner un Valais plus ouvert, plus courageux et plus solidaire.


Parmi ces points, - et ce qui suit est loin d’être exhaustif -, nous tenons à mentionner :

  • la création de six régions à la place des treize districts actuels
  • la mise en place de conférences régionales avec suppression des postes de préfets et nomination de coordinateurs-trices nommés par les présidents et vice-présidents de communes
  • un Gouvernement (Conseil d’Etat) de sept membres, élus au système proportionnel, avec seule garantie d’un siège pour chacune des trois régions électorales (haut, centre et bas)
  • un Parlement (Grand Conseil) élu au système proportionnel, sans sous-circonscriptions électorales, avec prise en compte (pour le Valais romand) de la population résidante et non seulement suisse pour l’attribution du nombre de sièges; avec, en sus, un quorum plafonné à 5%
  • la création d’une cour constitutionnelle, d’un tribunal du droit de la famille, de juges de paix professionnels (à la place des juges de commune)
  • la reconnaissance de la langue des signes au même titre que les langues officielles
  • l’inscription de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre comme ne pouvant plus faire l’objet de discrimination
  • le droit de l’enfant à être entendu dès son plus jeune âge
  • l’inscription du droit à l’identité numérique
  • le droit de vote et d’éligibilité des étrangers à l’échelle communale
  • la renonciation à supprimer automatiquement les droits politiques aux personnes en situation de handicap
  • l’adoption d’un quotient familial permettant d’alléger l’imposition des couples mariés
  • l’introduction d’un congé parental à la place du simple congé maternité
  • le droit fondamental à une fin de vie digne et librement choisie
  • le droit, dans la mesure du possible, accordé à l’enfant en situation de handicap de suivre une scolarité régulière
  • la reconnaissance du fait que la ressource en eau devient un bien public
  • la préservation de la qualité et de la quantité des sols agricoles etc…

Ce n’est là qu’un succinct survol de ce qui a retenu l’attention des élus de la constituante pendant de longs mois.

Même s’il n’a pas atteint tous ses objectifs, même si tous ses voeux n’ont pas été comblés (ainsi pour un préambule plus accueillant, pour un impôt ecclésiastique plus transparent, pour l’abaissement du nombre de députés et de suppléants, pour la création d’une cour des comptes, celle d’une cour environnementale, pour l’atteinte de la neutralité climatique…) Appel Citoyen reconnaît la juste valeur de cet exercice démocratique où les espérances des uns se frottent aux réserves des autres et il a voté à l’unanimité le projet de Constitution issu de cette première lecture.

Désormais ces textes se retrouvent dans les mains d’experts du droit constitutionnel jusqu’à fin janvier, puis les travaux reprendront pour une deuxième et, en principe, dernière lecture (avec des commissions complètement remaniées) qui se tiendra courant 2022.

Avant d’arriver à la votation populaire qui sera le point d’orgue de cette passionnante aventure.

Jean-François Lovey
Chef du groupe Appel Citoyen

13 novembre 2021

Accorder le droit de vote aux étrangers? Nous avons posé la question à Jean-François Lovey


Entremont Autrement vous propose, via une série d'articles, de découvrir les travaux en cours à la Constituante valaisanne. Aujourd'hui, nous allons à la rencontre de Jean-François Lovey d'Appel Citoyen et constituant domicilié à Orsières. Nous avons voulu comprendre d'où venait cette proposition d'accorder le droit de vote aux étrangers.


A l’issue de la première lecture, l’Assemblée constituante a décidé d’accorder le droit de vote aux étrangers au niveau communal. Pourquoi cette disposition est importante selon vous ?

Parce qu’elle renvoie à des valeurs qui nous sont essentielles et qui sont porteuses d’ouverture pour l’avenir du canton. Le respect de la personne humaine doit aller jusqu’à permettre à celles et ceux qui obéissent à des règles communes de participer à leur élaboration. Vivre dans un village ou un quartier, y élever sa famille, y travailler, inscrire ses enfants à l’école, faire partie de sociétés locales, payer ses impôts, partager la quotidienneté de ses voisins donnent aux personnes des responsabilités certes, mais également des droits. En reconnaître la pertinence, c’est viser à une insertion sociale réussie. Le contraire, c’est un mélange préjudiciable d’intégration incomplète et de mise à l’écart. Cela n’a plus de sens ni de dignité aujourd’hui.

Est-ce que les étrangers qui veulent vraiment prendre part à la vie de leur communauté ne doivent pas viser la naturalisation ?

Devenir suisse relève d’une autre volonté. D’une autre visée. On en connaît le cheminement et l’aboutissement. Tous deux respectables. Mais obtenir le droit de vote et d’éligibilité à l’échelle communale appartient à un autre registre. Celui de la légitimité proche. Quand on vit pleinement dans un village ou un quartier jusqu’à une implication comparable à celle de tous les citoyen.nes, on peut légitimement aspirer à un droit de vote et d’éligibilité qui fait de chacun.e un être participant pleinement à la vie de la communauté. On peut être partie prenante de la vie locale, élire et voter localement, tout en restant italien, espagnol ou portugais.

Quels sont les critères donnant accès à ce double droit de vote et d’éligibilité ?

Pour pouvoir accéder à ce double droit au plan communal, il faut posséder un permis d’établissement (permis C) qui s’obtient après 10 ans de domiciliation en Suisse, voire 5 ans si l’intégration est particulièrement visible. L’étranger.ère doit être établi en Valais depuis au moins 1 an et être domicilié dans la commune concernée. On voit bien que les contraintes exigées éliminent tout arbitraire ou toute facilité exagérée.

Pourquoi ne pas avoir étendu ce droit à l’échelon cantonal ?

Parce qu’une majorité de la Constituante ne l’a pas voulu. Appel Citoyen le regrette.

Dans d’autres cantons, les personnes étrangères semblent ne guère profiter de ce droit accordé. N’est-ce pas une mesure surtout symbolique, à faible valeur concrète ?

Le symbole, - les valeurs qu’il sous-tend surtout -, est important. Mais au-delà de ce signe d’élargissement démocratique, il y a toute une image du canton que les Valaisan.nes entendent donner aux générations à venir. Celle, prioritairement, d’une société juste, solidaire et généreuse. Et ce n’est pas rien. 

Ne prenez-vous pas le risque, avec cette disposition, de fédérer les oppositions et de faire échouer l’ensemble de la révision ?

Comme dans tout texte d’ambition globalisante, le risque d’un rejet pour un élément parmi d’autres existe. Nous en sommes conscients. Mais les prétextes peuvent être multiples de cacher sous sa fibre conservatrice les raisons de dire non à l’innovation. Plus de 70% des Valaisan.nes qui ont voulu un changement de la Constitution attendent de nous autre chose qu’un exercice de cosmétique ou de frilosité.

Merci à Jean-François Lovey d'avoir accepté de répondre à nos questions.




10 novembre 2021

La Constituante dépoussière les institutions valaisannes. Nos questions à Cilette Cretton


Entremont Autrement vous propose une série d'articles pour suivre au plus près les débats fondamentaux en cours dans le cadre de la Constituante valaisanne. Aujourd'hui, nous recevons sur notre blog Cilette Cretton, élue Appel Citoyen du district de Martigny.


En première lecture, l’assemblée constituante a décidé d’augmenter le nombre de conseillers d’Etat de 5 à 7. Pourquoi ?
Les tâches du Gouvernement sont devenues de plus en plus complexes au fil du temps. Certains élus gèrent deux gros départements, en plus de nombreux services, comme c’est le cas par exemple des départements de la formation et de l’économie. Il n’est plus raisonnable de cumuler toutes ces tâches si l’on vise l’efficacité. De plus, un Gouvernement à sept membres permettrait une meilleure représentation des partis minoritaires et sans doute aussi, une représentation féminine qui peine à obtenir sa place dans le contexte actuel. Certains craignent des coûts supplémentaires mais ceux-ci sont marginaux dans la mesure où il ne s’agit pas de créer de nouveaux services mais de répartir différemment les dicastères existants.

Cilette Cretton
L’assemblée a également accepté l’élection du Conseil d’Etat au système proportionnel. Pourquoi pensez-vous que cette disposition est importante ? Quels seront ses effets ?
Il s’agit là d’une petite révolution. En effet, les Conseillers d’Etat ont toujours été élus au système majoritaire jusqu’ici. Ce système a permis de privilégier le parti dominant, soit le PDC. Jusqu’en 2013, ce parti détenait la majorité absolue et de ce fait, il pouvait gérer le canton à lui tout seul puisqu’il aurait même pu faire main basse sur les cinq sièges. Pour laisser un siège à la minorité de son choix, il présentait des listes fermées et seulement quatre candidats, ce qui est désastreux en terme de démocratie. On a toujours prétendu que le système majoritaire privilégiait l’élection de personnalités plutôt que des partis. Dans les faits, ce sont les instances dirigeantes d’un (ou deux) partis qui choisissaient les candidats que le corps électoral n’avait plus qu’à entériner, faute de choix. Le système de la représentation proportionnelle garantit le respect de la volonté populaire. Il permet d’ouvrir les listes et d’offrir ainsi un vrai choix aux citoyen-ne-s. Il permet enfin de répartir le pouvoir plus équitablement. Le Valais a tout à y gagner. Les groupes minoritaires de la Constituante l’ont bien compris puisqu’ils ont plébiscité ce système.

"Les tâches du Gouvernement sont devenues de plus en plus complexes au fil du temps. [...]
Il n’est plus raisonnable de cumuler toutes ces tâches si l’on vise l’efficacité."

Pourquoi garantir un représentant par région. Etait-ce vraiment indispensable ? Pourquoi ne pas garantir deux sièges sur sept au Haut-Valais ?
Alors que la population s’accroît régulièrement dans le Bas-Valais, le Haut voit la sienne s’effriter. Elle ne représente plus aujourd’hui que 23% de l’ensemble de la population valaisanne. Les élus du Haut à la Constituante réclamaient que deux sièges leur soient automatiquement garantis, ce qui représente 28% des sièges, soit largement au dessus de leur force réelle. Cette surreprésentation a été refusée. En revanche, partant du principe que trois régions (le Haut, le Centre et le Bas) constituent des entités plus équilibrées quant au nombre d’habitants, la Constituante a accepté de réserver au moins un siège à chacune de ces trois entités, ce qui ne devrait pas avoir de conséquences particulières. Evidemment, une majorité d’élus PDC auraient préféré que deux sièges par région soient garantis. Ils craignent à terme de voir un seul élu UDC l’emporter dans le Haut-Valais, ce qui aggraverait encore davantage sa position dans le canton.

La suppression des sous-circonscriptions au profit de grands arrondissements électoraux inquiète les vallées latérales. Ont-elles raison ?
Ici, il s’agit des élections au Grand Conseil, qui se sont faites longtemps par districts, donc sur la base de 13 circonscriptions électorales très inégalement peuplées. Le Tribunal fédéral a contesté ce mode de faire, parce que les chances d’élections étaient très inégales selon que l’on demeure à Rarogne ou à Sion. La Constitution fédérale garantit que la volonté populaire soit respectée, qu’il n’y ait pas de biais qui permettent de la détourner, autrement dit qu’il n’y ait pas de discriminations liées au lieu d’où l’on vient. Suite à l’arrêt du TF, il a donc été décidé de créer dans le canton 6 circonscriptions sensiblement de population équivalente. Mais aussitôt, pour tenter de ne rien changer, le Parlement a créé des sous-circonscriptions, situation que l’on connaît aujourd’hui. La majorité des Constituants n’en a plus voulu, parce qu’il s’agit une fois de plus de fausser la volonté du peuple.

Un autre mécanisme tend aussi à fausser la volonté du peuple : celui du quorum (aujourd’hui de 8% soit le plus élevé de Suisse) qui permet d’écarter d’emblée les « petites fractions politiques » de la répartition des sièges. Les élus ne l’ont pas supprimé mais laissent le soin au Grand Conseil de fixer ce taux qui devra être inférieur à 5%. Dans des circonscriptions plus vastes, ces petites fractions doivent déjà aujourd’hui nouer des alliances pour survivre. Elles risquent de devoir les renforcer à l’avenir.

En tout état de cause, c’est le Haut-Valais qui pâtira le plus de ces nouvelles dispositions. Il faut dire que jusqu’ici, le système électoral avait surprotégé cette partie du canton.

Merci beaucoup Cilette d'avoir accepté de répondre à nos questions sur les travaux en cours à la Constituante valaisanne. Bonne suite dans vos débats!

15 février 2021

PETITE SALVE IRONIQUE À L'ADRESSE DES MEMBRES DE L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE SUR UN SUJET SENSIBLE

Lu sur la page FB de Jean-Pascal Genoud, ce rare message que nous reproduisons ici pour l'offrir à votre appréciation et selon les mots de son auteur "épicer le débat". 




Au nom du Dieu dit « Tout-Puissant » !

Il semble qu’au stade actuel des débats, les membres de l’Assemblée constituante valaisanne soient tombés d’accord pour retenir, en exergue de la future nouvelle Constitution, la formule traditionnelle du «Au nom de Dieu Tout-Puissant». Ce choix me gêne très profondément, mais ne me surprend pas plus que tant. En effet, si vous faites le cumul des quatre couches interprétatives suivantes, le résultat me paraît sans appel. 

- Prenez tout d’abord une dose suffisante de PARESSE INTELLECTUELLE. Elle peut facilement se satisfaire d’une formule toute faite, sans vouloir en mesurer la teneur ou en interroger le sens.

- Ajoutez-y un brin de NOSTALGIE à l’égard d’un slogan antique et vénérable. Avec l’effondrement de toutes les idéologies du progrès, à défaut d’avoir un avenir, autant avoir un passé. Étant donné que, de nos jours, tout est constamment sujet à remise en question, il y a un certain confort à maintenir le reliquat d’une tradition séculaire. Après tout, le texte de la Constituante constitue un tel effort de reformulation, que, sur un sujet aussi épineux, il est assez reposant de reprendre tels quels des mots d’un autre temps.

- Mettez-y encore une bonne dose de CONFORMISME. Une telle formule énigmatique autant que lapidaire ne dérange pas outre mesure. Elle est assez courte pour que l’on passe dessus comme chat sur braises, que l’on tourne vite la page pour en venir au vif du sujet. C’est juste une affaire d’habitude que de survoler une épitaphe aussi insignifiante sans s’y attarder vraiment.

- Il faudrait encore mettre un ingrédient non négligeable et en bonne quantité. La RÉDUCTION DU TRÉSOR DE LA FOI en une valeur culturelle précisément dénuée de foi. Travail dans lequel excellent les droites en tout genre et surtout les plus extrêmes. La déconstruction de l’héritage chrétien est une formidable carrière qui peut fournir toutes sortes de pierres sacrément utiles à la construction d’une identité locale, en forme de mur ou même de rempart. On attendrait de la présence ornementale de l’expression «Dieu Tout-puissant» au début de la Constitution, la même réjouissante efficacité que peut avoir une crèche dans un super-marché ou un crucifix dans une salle de classe. Que la dite «puissance de Dieu», sans qu’on ait besoin d’y croire, soit au moins la caution de notre propre puissance à défendre notre identité cantonale. La fierté d’être valaisan suffit à elle seule à mépriser toute pensée autre, perçue comme nouvelle et dangereusement ouverte à l’universel. La grande Amérique a bien ses «réserves de Sioux», pourquoi la petite Suisse ne pourrait-elle pas avoir, en Valais, sa «réserve de cathos» ?

Si je pouvais mettre mon grain de sel pour épicer le débat, en lieu et place d’une formule qui me paraît être aussi tristement désuète que sinistrement ambiguë, voici comment je rêverais, pour ma part, que s’ouvre notre nouvelle Constitution : 

«EN VERTU DE PRINCIPES INVIOLABLES ET UNANIMEMENT PARTAGÉS, 

- ENRACINÉS TRADITIONNELLEMENT DANS LA FOI EN DIEU,

- GARANTS DE NOTRE ÊTRE ENSEMBLE ET DE LA DIGNITÉ DE TOUTE PERSONNE HUMAINE,

NOUS PROMULGUONS SOLENNELLEMENT CE QUI SUIT».

Chne Jean-Pascal Genoud, 11 février 2021

23 janvier 2021

Votre contribution à la future Constitution

Note: des parties de cet article sont parues dans Le Confédéré du 22 janvier 2021, édition spéciale à l'occasion du 160e anniversaire de ce journal.

La révision en cours de la Constitution valaisanne est issue du peuple. Non d’un collège d’experts ou d’un cénacle d’initiés. Au terme de l’exercice, elle signera sa réussite ou son échec devant ce même peuple. A travers une longue réflexion dont ce peuple ne peut être absent. C’est en effet une initiative populaire, puis une double votation qui ont donné à cette démarche sa couleur participative. Son ancrage et ses élans viennent de personnes soucieuses d’offrir à leur canton un socle solide où inscrire ses aspirations et ses espérances pour les générations futures.

Les 130 élus de l’Assemblée constituante ont achevé la première phase de leurs travaux, celle des débats préliminaires. Des thèses et des principes en sont issus qui constituent la possible ossature de ce que sera le futur texte fondateur de nos droits et devoirs. Dix commissions ont oeuvré à en dessiner les lignes de force et les débats en séances plénières ont permis d’en mesurer les enjeux autant que les taux d’acceptabilité ou de refus.

Les médias se sont fait l’écho de ces élans, - jugés trop craintifs pour certains; trop audacieux pour d’autres -. Les groupes et partis politiques ont accompagné les propositions faites de leurs soupirs déçus (quand ils les ont jugées trop prudentes) ou de leurs rejets avoués (quand ils les ont jugées trop innovantes). Et, par commodité, on en est revenu à opposer la gauche à la droite, les conservateurs aux progressistes, les nostalgiques aux généreux.

Le mouvement Appel Citoyen, - né de cette occasion unique d’élargir le champ de la politique à celles et ceux qui n’en font pas profession -, est convaincu, quant à lui, que c’est moins la préservation des acquis que la richesse du changement qui est attendue. C’est vers l’horizon qu’il entend tourner son regard. Et il se réjouit pour l’instant de voir inscrits parmi les principes retenus: la neutralité climatique, le développement durable, la mobilité douce, le souci de cohésion cantonale, un congé parental cantonal, le principe de l’imposition individuelle sur le plan fiscal, la création de six régions en lieu et place des treize districts, la création d’un tribunal de la famille, d’une cour des comptes, le passage à sept membres d’un gouvernement élu au système proportionnel, la répartition du nombre de députés calculé sur la base de la population résidente et non sur celle de la seule population suisse etc… Même s’il regrette le refus de la création d’une cour environnementale, le faible engagement à mettre en place une réelle parité dans l’attribution des postes à responsabilité ainsi que le rejet du droit de vote et d’éligibilité des étrangers. 

Mais c’est moins l’inventaire des engagements qu’il convient d’évoquer ici que la possibilité offerte à tous d’agir sur ce futur texte essentiel pour l’avenir de notre canton.

L’important à mes yeux, à ce stade d’avancement des travaux, est bien l’appel à la participation citoyenne. Une phase de consultation est ouverte dès maintenant et jusqu’au 14 mars 2021 (pour y accéder, aller sur le site www.vs.ch/valaisdemain) qui permet à chacune et chacun d’abord de prendre connaissance du contenu élaboré et ensuite de faire valoir son point de vue quant à ce qui s’y trouve de souhaitable, de stimulant, de lacunaire ou de décevant.

La vraie vigueur démocratique réside dans une circulation des idées qui se méfie aussi bien de leur congélation que de leur affadissement.

Jean-François Lovey
Constituant du district d'Entremont





Suite à la parution de cet article nous avons reçu par mail un élégant message du précieux Philippe Bender que voici:

Bonjour,
J’ai lu avec intérêt votre récent blog, en particulier l’article du “constituant du district d’Entremont” et président du groupe Appel citoyen, M. Jean-François Lovey  intitulé : “Votre contribution à la future Constitution”.
Connaissant la rigueur de votre blog, je regrette que vous ne mentionnez pas, en relation avec cet article, le fait qu’il reprend de larges passages des “Positions des 10 groupes de la Constituante” publiées dans l’édition spéciale du journal “Confédéré”, à l’occasion notamment de son 160e anniversaire, dont j’assume une part de responsabilité.
Cette édition du 22 janvier est encore disponible à mon adresse, sous forme numérique ou papier.
Avec mes meilleures salutations,
Philippe Bender, membre de la Constituante, VLR, Fully

8 septembre 2020

La droite encombrée

Au soir du 4 mars 2018, à une écrasante majorité, le peuple valaisan manifesta son désir d’une révision complète de la Constitution et en confia le soin à une assemblée constituante. Le PDC et l’UDC devaient avoir les oreilles bouchées en ce dimanche soir-là. Ou peut-être étaient-ils occupés à se pousser du coude pour être plus à droite encore que leur voisin…

Le soin qu’affichent certains leaders de ces deux partis à ne pas se mettre en question relève à la fois de leur fort ancrage conservateur et de la suffisance de leurs raisonnements qui font du « y en a point comme nous » une signature d’originalité. A la seule évocation du lancement d’une initiative visant à un rajeunissement d’un texte fondateur vieux de plus d’un siècle, il se sont réveillés sur leurs pattes arrière, ergots dressés, dénonçant la vanité d’une démarche pareillement populaire.

Le PDC et l’UDC n’ont pas voulu cette réforme et ont fait connaître, en amont de la votation y-relative, leur double opposition à la révision et, pis encore, au fait de la confier à une constituante. Peut-être ont-ils pensé qu’il y avait plus à perdre qu’à gagner dans un tel processus démocratique et ils ont revêtu leur refus des vêtements de l’inutilité.

Qui pouvait penser alors que le PLR se ferait l’allié d’une telle retenue ? Qu’il mettrait, lui aussi, l’essentiel de ses forces à déséquilibrer les balances.

Il a fallu les deux journées de sessions plénières à Brigue pour revoir à l’oeuvre la lourde machine à ne point oser.

Tous les thèmes susceptibles de brûler les doigts furent traités avec des gants d’abord, des extincteurs ensuite. Les rapports Etat-Eglises, la revue de détail des droits fondamentaux, la transparence financière des partis, le vote des étrangers, l’abaissement à 16 ans du droit de vote, les règles menant à une véritable équivalence des genres… autant de thèmes pour les alliés de circonstance où clamer sa volonté de ne rien changer et où préparer les utiles fratries pour le printemps prochain.

Frustrant ?

Certes. Mais enfin on sait depuis longtemps que sous les propos vertueux se cachent parfois des intentions moins nobles.

Les jeunes générations et celles à venir jugeront de l’attention que l’on porte à leurs élans comme à leurs désarrois. Puissent-elles ne pas retenir l’abstention pour remède à leur étonnement !

Jean-François Lovey
Constituant du district d'Entremont

30 novembre 2019

Rencontre citoyenne à Sembrancher

Le nouvelle Constitution cantonale est l'affaire de tous. Chaque citoyen peut participer à son élaboration en ligne ou en vrai.

Une des rencontres citoyennes aura lieu le jeudi 5 décembre à Sembrancher à la salle polyvalente. Venez débattre, donner votre avis sur l'avenir de notre canton!


2 avril 2019

Café-citoyens Martigny, Appel Citoyen et la Constituante.

11 avril de 18 h 00 min - 19 h 00 min

Casino, Martigny
Avenue de la Gare 17 Martigny,
Valais 1920 Suisse

Une rencontre entre la population et les élues et élus.
Cet évènement se veut une invitation au dialogue et à l’échange avec le grand public sur les enjeux de la Constituante.
Qu’est-ce qui a été fait depuis le 25 novembre?
Quel est le rôle du bureau transitoire? Et la suite de l’aventure?
Autant de questions pour les 4 années à venir autour de ce grand projet commun: écrire la nouvelle Constitution!

Venez nombreuses et nombreux pour ce premier Café citoyens et vive la participation citoyenne.


(note du webmaster: le 11 avril est un JEUDI, je trouve nul et ça n'engage que moi de constater que de plus en plus d'organisations ne prennent plus la peine d'indiquer les jours de la semaine dans les invitations et convocations, ce qui leur donnent un petit air technocrate et geek.)

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