15 septembre 2017

Entretien exclusif avec Christophe Darbellay (2)


En ce début d'année scolaire, notre rédaction a voulu s'intéresser plus particulièrement à l'école, l'un des thèmes centraux de notre engagement. Nous avons donc adressé quelques questions à Christophe Darbellay, nouveau conseiller d'Etat en charge de l'économie et de la formation. Ne le remercions chaleureusement d'avoir pris le temps de nous répondre. Etant donné sa longueur, nous publions ce texte en deux volets, en voici la seconde partie:


EA: On annonce pour les prochaines années une possible pénurie au niveau des enseignants (due à de nombreux départs à la retraite). Quelles mesures votre département envisage-t-il pour régler ce problème?
Christophe Darbellay: Le Département a procédé à une analyse de cette problématique préoccupante qui a révélé des situations diverses selon les degrés d’enseignement, les régions linguistiques et les différentes branches enseignées notamment au CO. Le Service de l’enseignement a demandé que les mesures CPVAL ne soient pas aussi abruptes que celles pressenties, a demandé de tenir compte du principe de l’année scolaire pour les enseignants. Il a également fait en sorte qu’une nouvelle classe soit ouverte à la HEPVs pour les futurs enseignants des cycles 1 et 2. Enfin, un nouveau modèle de stages en semestre 5 et 6 (HEPVs) est actuellement étudié selon le modèle BEJUNE. De plus, une nouvelle volée de formation de niveau Master pour l’enseignement spécialisé est planifiée pour 2018. Ainsi, l’école valaisanne ne devrait pas se retrouver en situation de pénurie d’enseignants lors de l’entrée en vigueur des mesures de la CPVAL.
Concernant l’image de l’enseignant, il faut montrer de bons exemples (best practice) avec l’objectif de trouver les bonnes personnes pour ce métier. Il faudra également définir des mesures incitatives favorisant l’augmentation du taux d’activité des enseignants.

Le Valais a une moyenne de 16.7 élèves par enseignant (équivalent plein-temps). Pensez-vous qu’il faille rester dans un ratio proche ou équivalent ces prochaines années ou envisagez-vous une augmentation du nombre d’élèves par enseignant?
Il n’est pas envisagé de modifier les normes d’organisation des classes. Dans tous les cas les comparaisons sont difficiles. Plus que le nombre, ce sont les profils des élèves et les conditions de travail qui définissent une partie de la pénibilité !

Vous avez souhaité, lors de la répartition des départements, rapprocher la formation et l’économie. Quelles synergies comptez-vous mettre en place entre ces deux « mondes »? Ou plus simplement en quoi ce rapprochement apportera-t-il une plus-value à la formation et/ou à l’économie?
Entre l’école et l’économie un dialogue doit se nouer. Le rapprochement de ces deux « mondes » dans un département, qui pourrait paraître ailleurs comme une hérésie dangereuse, produit déjà des synergies intéressantes. Le service de l’agriculture dialogue avec le service de l’enseignement pour la mise en place d’actions et de projets. L’économie peut apporter son expérience à l’école sur le développement de l’esprit d’entreprise des étudiants. Le développement de grandes entreprises sur nos terres nécessitent ces interactions. Si le lien est déjà naturel entre les écoles professionnelles et l’économie, il peut ainsi être renforcé dans l’ensemble des degrés. Dans le Haut-Valais, nous soutenons par exemple, via le Service de l’enseignement, avec des partenaires du cercle de l’économie, de l’agriculture et du tourisme une couleur valaisanne dans le nouveau plan d’études (Lehrplan 21) en élaborant un ouvrage purement valaisan qui accentuera le lien important entre formation, économie, agriculture et tourisme.
En conclusion, les élèves doivent donner du sens à leurs apprentissages et l’économie ne peut s’appuyer que sur une formation solide et ouverte aux défis à venir.

Merci à Christophe Darbellay d'avoir pris le temps de nous répondre.

La rédaction

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