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28 novembre 2021

Tableau comparatif 27 septembre 2020 et 28 novembre 2021 sur la problématique élargie du loup

LA PEUR DU LOUP FAIBLIT DANS L'ENTREMONT ET EN VALAIS ET MEME DANS LE HAUT-VALAIS 

Résultats de la loi sur la chasse telle que refusée par le peuple suisse comparés aux résultats aujourd'hui à l'initiative cantonale sur les grands prédateurs. Le premier chiffre est celui du 27 septembre 2020, le second est celui du 28 novembre 2021.

Valais OUI 68,6% / 62,67%

Haut Valais 84,17% / 80,84%

(Vollèges OUI 73.3%)

Val de Bagnes OUI 76.4% / 69,83%

(Bagnes  OUI 77,3%)

(Bovernier  OUI 78% / 66,5% )

Entremont OUI 79,2% / 73,41%

Sembrancher OUI 79,2% / 71,3%

Orsières OUI 82,8% / 78,41%

Bourg St Pierre OUI 87,7% / 85,3%

Liddes OUI 89,3% / 86,83%


23 novembre 2021

L’enfumage de la votation sur un Valais sans grands prédateurs

Le 27 septembre 2020, par voie de référendum, les citoyennes et citoyens suisses ont rejeté la révision de la Loi sur la chasse. Un non prononcé du bout des lèvres (51,9 %) et essentiellement porté par la population citadine du pays.

En Valais, ce dimanche de votation a eu, pour beaucoup, l’effet d’une douche froide. La révision du texte avait été acceptée à l’unanimité des communes et par 68,6% des votants. A peine la votation passée que le Grand conseil valaisan, organe législatif cantonal, donnait son soutien au lancement d’une initiative populaire cantonale exigeant l’introduction d’un nouvel article dans la constitution cantonale en la teneur suivante : « L'Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu'à la limitation et à la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite ».

Une démarche manifestement désespérée et vide de sens à plusieurs égards.

D’abord sur la forme, car la marge de manœuvre accordée pour le développement d’un concept cantonal en la matière est très limitée. La Suisse est liée par des engagements internationaux en faveur des grands prédateurs (notamment Convention de Berne, Convention de Bonn, Convention Alpine). Le canton doit ainsi se conformer aux exigences fédérales en la matière et ne peut y déroger.

Ensuite sur le fond, car la gestion des grands prédateurs en Europe centrale doit, par nature, être gérée sur le plan international, l’agenda étant dicté par la forte mobilité de ces animaux.

Cet impératif est mis en lumière par de nombreuses recherches universitaires. ROSEN et BATH, soulignent dans un travail relatif aux ours bruns du Trentin combien il est difficile d’envisager un retour paisible des grands prédateurs dans un territoire aussi morcelé que celui de l’Europe centrale en se passant d’une synchronisation internationale. Sans efforts de coordination, ce retour est plus difficilement supportable notamment pour les éleveurs qui se voient régulièrement confrontés à des prélèvements inopinés sur leurs troupeaux. Si un Etat adopte une politique de conservation de manière unilatérale, sa population de grands prédateurs s’étend rapidement à ses voisins.

Pour une gestion transfrontalière réussie des grands prédateurs, les États doivent intégrer les facteurs qui influencent les attitudes sociales à l'égard de ces espèces, harmoniser les différents corps de lois et développer une manière commune des clés de compréhension, de définition et de traitement des comportements problématiques afin de limiter au mieux leurs impacts tant sur les activités humaines que sur l’image de l’espèce.

En Suisse, le KORA a émis en 2016 un avis allant dans ce sens dans ses recommandations pour une coordination internationale des loups dans les Alpes. Pour cet organisme leader sur l’écologie des carnivores et sur la gestion de la faune sauvage, il est crucial d’aménager au plus vite un programme pan-alpin de management des espèces. Un avis partagé par nos partenaires européens, qui rappellent encore l’importance que ces structures comprennent des espaces de communication et de dialogue avec toutes les parties prenantes.

Le 27 septembre 2020, le peuple suisse l’a plébiscité : les grands carnivores ont leur place en Suisse. Plutôt que de se fourvoyer dans un enfumage stérile, le législateur et le peuple valaisan auraient intérêt à se mobiliser pour un projet constructif de coordination internationale permettant un retour serein et contrôlé des grands prédateurs dans les espaces alpins.

Bastian Moulin
Conseiller général
Val de Bagnes

22 novembre 2021

Que faut-il entendre par interdiction de la promotion des populations de grands prédateurs?

Mais quelle est cette "promotion" que veulent interdire les initiants? 

On pense spontanément qu’il s’agit d’interdire d’exprimer un avis, une théorie, un savoir scientifique propre à dédiaboliser les grands prédateurs et du coup à interdire de tenter d’infléchir l’opinion publique vers une plus grande acceptation de ces animaux.

La chose a été explicitement évoquée lors de la diffusion du film LYNX, est-ce que ce type de diffusion constitue une promotion des prédateurs et ce type de promotion est-il visé par la loi future? Si la réponse est oui alors le délit d’opinion, la fin de la liberté de la recherche, de l’enseignement et le musellement de la presse entreraient dans la loi. 

En poursuivant la réflexion, on peut se demander si l'existence des louveteaux dans le scoutisme par sa promotion des valeurs de la meute ne pourra pas in fine être visée par la constitution. 

L'auteur en louveteau à Bruson en 1966

On pourrait imaginer aussi qu’il pourrait s’agir d’interdire de promouvoir toute mesure de protection contre les dégâts fait par les prédateurs, plutôt que de s’attaquer aux prédateurs eux-mêmes. La protection des troupeaux serait donc une mesure de promotion des prédateurs et serait interdite.

Il semble aussi qu’entretenir les gibiers, les nourrir pourrait également être considéré comme une promotion des prédateurs qui s’en nourrissent eux-mêmes.

La chose paraît étonnante mais Christophe Darbellay a dû s’en défendre explicitement tant ce concept de «promotion» est insaisissable, dans le message pour le débat d’entrée en matière. Le conseil d’état le 12 octobre 2020 s’est exprimé ainsi:

«Un environnement adapté et la présence de cheptels de proies sont les principaux paramètres qui influencent le nombre de grands prédateurs. Dans le cas du loup, les proies sont surtout le cerf et le chevreuil. Le canton ne procède à aucun encouragement sur ce point et essaie d’éviter la présence excessive de gibier, dans ce cas souvent affaibli, en adaptant les plans de chasse et en réduisant la surface des districts francs. 

Dans le canton, nourrir les animaux sauvages n’est toléré qu’en périodes de détresse absolue ou pour éviter les dommages occasionnés par la faune et les accidents de la circulation. 

Les mesures de protection des troupeaux peuvent être considérées comme une promotion du moins indirecte des grands prédateurs. 

Toutefois, étant donné qu’elles sont absolument nécessaires pour prendre les mesures de protection précitées et exigées par l’initiative, le Conseil d’Etat ne considère pas qu’elles tombent sous le coup de l’interdiction de promotion des grands prédateurs, d’autant plus qu’elles sont nécessaires pour obtenir des dédommagements ou pour qu’une autorisation de tir soit octroyée.»

Autant dire que ce concept d’interdiction de la «promotion» est une absurdité, parce que soit il est une atteinte à la liberté d’expression et contredit à toutes les valeurs démocratiques et des droits de l’homme, soit il vise une action concrète sur le terrain comme des mesures de protections du gibier ou de sauvegarde des proies, qui sont des devoirs légaux selon un droit supérieur.

Cette formulation est une scorie vide de sens du texte original de l’initiative du début de 2017, dont le chef du SISJ, Michel Perrin avait exprimé des doutes sur la constitutionnalité, et qui a été déclaré incompatible avec le droit fédéral par l’Office fédéral de la Justice à la fin de 2017 et nul sous certain point par le Grand Conseil lui-même en septembre 2019, qui l’a amputé, réécrit et donné au vote sous sa formulation inutile actuelle. L’idée de l’interdiction de la promotion est restée mais déjà la COJU en 2017 avait exprimé ses doutes: «L’interdiction de la promotion n’est pas précisée dans l’initiative.»

On n’en sait donc fichtrement rien.

Cette interdiction de la promotion est une formule creuse. Encore une preuve de l’inutilité de cet article constitutionnel. qu'EA a rejeté comme flou et sans effet. 

Daniel 

21 novembre 2021

L'Etat du Valais fait ce dimanche encore la promotion du lynx.

Magnique LYNX, film de Laurent Geslin, suivi d'un débat ce matin à 11h au Casino de Martigny, avec la présence des membres d'Oppal.


 

Au cour du débat s'est posée la question pertinente: ce film fait-il la promotion du lynx au sens où veut l'interdire l'article constitutionnel proposé au scrutin du dimanche 28 novembre 2021.

« L’Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu'à la limitation et la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite. »

La réponse est claire, oui ce film fait la promotion de la population du lynx.

Il a été également remarqué que ce film a été soutenu par l'Etat du Valais à travers la fondation CinéFOROM.


En cas d'acceptation du nouvel article constitutionnel dimanche prochain, ce film soutenu par l'état du Valais à travers CinéFOROM qui constitue l'essentiel du soutien au cinéma du canton, ce film soutenu par la Loterie Romande et la RTS ainsi que la RTS elle-même, la Loterie Romande, suissimage, l'Office fédéral de la culture, CinéFOROM et l'action de l'Etat du Valais, enfin l'Etat du Valais lui-même seront hors la loi en ce qui concerne leur complicité de promotion du lynx.

Dépêchons-nous donc d'aller voir ce film au cinéma arlequin de Sion ce dimanche à 14h30 et à Sierre au Casino à 17h30. 

Daniel 



 

15 novembre 2021

Le Sapin plus que haut que les montagnes...

Les amoureux des armes à feu du salon de la chasse et du tir sportif utilisent une métaphore en adéquation avec la poudre lors qu'ils parlent d'explosion pour décrire la croissance de la population du Loup (qu'ils écrivent d'ailleurs avec une majuscule pour l'essentialiser voire le diaboliser avant même toutes discussions).

Il y a des vocabulaires qui ne sont pas anodins.

Au-delà de sa connotation guerrière et en dehors de son adéquation symbolique et polémique avec l'idéologie de ceux qui l'utilisent, cette métaphore de l'explosion est-elle adéquate pour rendre compte de la croissance du nombre des loups?

Pas vraiment si l'on se réfère à l'argumentaire ci-dessous:


Nemrod*

*nom connu de la rédaction



14 novembre 2021

Ce matin, un lapin...





Passion nature, 4ème salon international de la chasse, du tir sportif, de la pêche et de la biodiversité, dont le président d'honneur est Narcisse Seppey, le président Jean-Pierre Seppey et le manager Patrice Seppey est en train de démontrer sa conception de la diversité en organisant en ce moment précis un débat:




Les impacts et les nouvelles données causés par l’explosion de la population du Loup en suisse

avec:

Nicolas Bourquin, Pascal Vuignier, Paul Oreiller, Christine Cavalera, Florian Volluz et Pascal Pittet.

A lire la liste à peine orientée des participants on n'est pas sûr qu'il y ait matière à débattre.

Le seul fait de mettre un L majuscule à Loup et un s minuscule à suisse montre également une focalisation significative.


On s'amusera plus à zigzaguer entre les fusils et les jacuzzi.




Une visiteuse 



31 octobre 2021

Votations fédérales et cantonales du 28 novembre 2021

Comme à son habitude, Entremont Autrement prend position sur les objets soumis au scrutin populaire au niveau fédéral et cantonal. Pour rappel, nous ne donnons jamais de recommandation de vote, mais exprimons toujours l'avis majoritaire au sein du comité et des élus de notre mouvement.


1) Initiative sur les soins infirmiers

Le texte demande que la Confédération et les cantons s'assurent qu'il y ait suffisamment de personnel infirmier formé et précise la réglementation des conditions de travail. Il prévoit aussi des contrôles concernant une rémunération appropriée. A la suite de la pandémie que nous avons vécue et vivons encore, il est apparu de manière particulièrement claire que ce domaine avait besoin d'un soutien fort et de meilleures conditions de travail.

La Conseil fédéral et le Parlement s'opposent à cette initiative et proposent un contre-projet à la place.

Entremont Autrement dit OUI à l'unanimité à cette initiative. Il est temps de renforcer notre système de santé, de reconnaître à sa juste valeur le travail du personnel soignant et de sortir le système médical d'une logique du profit à tout prix.


2) Initiative sur la justice

Aujourd'hui l'Assemblée générale est chargée de nommer les juges fédéraux. Le problème est qu'il faut être affilié à un parti et reverser des contributions à ce même parti pour avoir une chance d'être élu. Un candidat indépendant n'a que peu de chances d'être élu comme juge fédéral. Le comité d'initiative propose que les juges fédéraux soient tirés au sort. Ce tirage au sort tiendrait évidemment compte des critères de langue et s'assurerait que les candidats aient les compétences requises.

Le Conseil fédéral et le Parlement s'opposent à cette initiative populaire. Ils estiment que le système actuel a fait ses preuves.

Entremont Autrement dit NON à une très nette majorité à cette initiative. Le tirage au sort est une fausse bonne idée pour un problème qui est réel. D'autres réformes du système de nomination des juges sont possibles sans accorder une place prépondérante à l'arbitraire.


3) Modification de la loi COVID de mars 2021

Depuis le début de la pandémie, le Conseil fédéral, dans le cadre des pouvoirs que lui accordent la Constitution suisse, a pris de nombreuses mesures exceptionnelles pour accompagner les entreprises et les habitants de ce pays.

La loi COVID du 19 mars 2021 porte notamment l'extension de l'aide financière pour les cas de rigueur, l'extension des allocations pour perte de gain, l'extension des RHT, augmentation des indemnités journalières et des indemnisations pour les associations et organisateurs de manifestations. Cette loi permet également la mise sur pied d'un certificat COVID comme alternative aux fermetures que nous avons connues. La liste complète des mesures incluses dans cette loi COVID sont à découvrir ici https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/votations/20211128.html

Le Conseil fédéral et le Parlement soutiennent largement ce texte. Tous les grands partis suisses également à l'exception notable de l'UDC.

A une très large majorité, Entremont Autrement dit OUI à ce texte.


4) Initiative cantonale "Pour un canton du Valais sans grands prédateurs"

Le texte demande que "L'Etat élabore des prescriptions contre les grands prédateurs et à la limitation et la régulation du nombre des grands prédateurs. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite".

S'il n'est pas cité nommément, il s'agit bien évidemment du loup qui est visé.

Le Conseil d'Etat valaisan et le Grand conseil recommandent à la population d'accepter ce texte. Le communiqué officiel de l'Etat reconnaît cependant que "l'initiative ne changera pas fondamentalement la situation actuelle et future".

Une très nette majorité d'Entremont Autrement rejette ce texte flou et inutile. La problématique posée par la présence du loup est réelle, mais demande des réponses concrètes et applicables. Cette initiative cantonale rate complètement sa cible et n'aura aucun effet sur la situation.


Vous pouvez retrouver des explications complémentaires sur les textes fédéraux en suivant le lien suivant:

https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/votations/20211128.html


10 septembre 2020

Loup y'es-tu ?

Qui a peur du grand méchant loup ?
Moi ! Moi !

Vous connaissez tous cette comptine de notre enfance. Nous avons toutes et tous déjà joué à se faire peur…

Dans ce contexte particulier de ces prochaines votations et élections, cette question épineuse et éminemment émotionnelle du loup revient sur le devant de la scène. Elle s’invite dans les discussions de bistrot et sur les réseaux sociaux du grand village global.

Comme un épouvantail, on agite la chimère du grand méchant loup, qui inévitablement nous renvoie à nos peurs enfantines les plus profondes et les plus irrationnelles. Elle nous incite à dresser entre nous des murs d’incompréhension : les protecteurs vertueux de la nature contre les chasseurs qui tirent contre tout ce qui bouge, les partisans du loup contre ceux qui veulent l’éradiquer. Nous créons inutilement des murs au lieu de construire des ponts.

Je crois aux vertus du dialogue, de l’écoute et surtout du débat démocratique argumenté. Comme mes collègues de l’exécutif, j’ai interrogé Yves, notre collègue moutonnier (et chasseur), pour bien comprendre sa situation et les démarches, constructives qu’il est prêt à entreprendre. Et je me suis rendu compte, par l’échange entre les uns et les autres, par la discussion, que des solutions pragmatiques existent, qui pourraient satisfaire les uns et les autres.

Avec l’aide de la bourgeoisie, de la commune, avec l’appui du canton par ses subventions et ses conseils, avec l’accord des associations écologistes, nos paysans peuvent rester sur l’alpe, y faire vivre leurs moutons, sans pour autant massacrer le loup. Une forme de consensus intelligent, qui emporte l’adhésion de toutes les parties, par des solutions concrètes, non seulement possibles mais nécessaires. Agir plutôt que légiférer…

Dès lors, pourquoi ne pas construire entre nous des ponts plutôt que des barrières ?

Qui a peur du grand méchant loup ?
Pas moi.

Antoine Cretton 
Conseiller communal Bagnes 

2 août 2020

Tirons ces loups

Le 27 septembre 2020 le peuple suisse est appelé à voter sur la révision partielle de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages. Une fois encore ce débat enflammé me touche et m’amène à écrire quelques mots.

Premier constat, la loi actuelle légiférant la chasse date de 1985, période durant laquelle plus aucun loup ne vivait en Suisse. Avec le retour de l’animal dès 1995 puis des premières meutes dès 2012, notre pays compte aujourd’hui près de 80 loups, principalement dans notre canton. En plus de parcourir nos forêts, le loup tue. Il tue pour se nourrir, mais pas seulement, et laisse malheureusement derrière les traces de son funeste passage, des paysannes et paysans en colère, découragés et fatigués. Ces mêmes femmes et hommes qui travaillent tous les jours, dimanches compris, dans des conditions difficiles pour entretenir nos paysages.

Dès lors, l’animal alimente les débats politiques ou de bistrots, contribuant également à nous monter les uns contre les autres. D’un côté les éleveurs ou chasseurs sans cœurs et sans scrupules, prêts à tuer par soif de victoire et de virilité ; de l’autre les défenseurs bourgeois, écolo-bobo-romantico, d’une nature dans laquelle ils ne vivent pas. Des discussions sourdes, des éleveurs et éleveuses en à bout de nerfs, des citadins ravis de leurs balades alpines du week-end, rien ne semblait pouvoir un jour rallier les deux camps. Jusqu’à cette proposition de révision partielle de la loi fédérale qui définit les animaux sauvages protégés, les espaces animales pouvant être chassées et les périodes de protection. « Enfin ! », ai-je pensé, enfin un équilibre entre préservation et protection.



Concrètement, cette nouvelle loi apporte les ajustements suivants :
  • Les cantons seront obligés de tenir compte des principes du développement durable et des exigences de la protection des animaux lorsqu’ils réglementent et organisent la chasse.
  • Douze espèces de canards sauvages seront désormais protégées de la chasse. De plus, la période de protection de la bécasse des bois est plus longue.
  • Sur le plan national, environ 300 voies de liaison naturelle des animaux sauvages seront protégés pour ainsi restés connectés. Des ponts et des passages souterrains seront construits pour les animaux aux abords des voies de chemin de fer et des routes.
  • La Confédération participera financièrement davantage à la surveillance cantonale de la faune.
  • Les agriculteurs devront ériger des clôtures respectueuses de la faune sauvage.

Globalement, nous pouvons donc à mon sens considérer que ces propositions sont bien des améliorations d’une vieille loi complètement obsolète.

Seulement voilà, reste le débat éternel du loup. En ce sens, voici les modifications proposées :
  • Ce sont les cantons qui pourront désormais décider de faire abattre les membres d’une meute avant que des dégâts ne soient causés. Cet abattage est évidemment soumis à plusieurs conditions : le canton devra agir de manière proportionnée et ne pourront pas intervenir dans une meute qui reste éloignée des troupeaux et des villages. De plus, il devra justifier au préalable la nécessité de ces tirs auprès de la Confédération.
  • Le loup demeure une espèce protégée et les meutes seront conservées. La Confédération et les associations de protection de la nature pourront toujours recourir contre une décision cantonale d’abattage.  
  • En ce qui concerne les loups solitaires et comme c’est déjà le cas aujourd’hui, le canton peut autoriser le tir d’un loup solitaire lorsque des dégâts sont occasionnés en dépit de mesures de protection des troupeaux de moutons et de chèvres. Dorénavant, il pourra également autoriser l’abattage d’un loup solitaire lorsque ceux-ci présentent un comportement attirant l’attention (intrusion dans une bergerie ou vagabondage sans crainte dans un village par exemple).
  • Enfin, la loi révisée renforce les obligations des agriculteurs et agricultrices en matière de protection des troupeaux. Pour qu’une indemnisation soit versée pour les chèvres et les moutons tués, il faudra que les animaux soient protégés par un chien ou une clôture.

Si l’on sort du strict débat émotionnel, on peut se rendre compte que cette loi se lit comme un dialogue entre deux mondes opposés. D’un côté il s’agira de protéger les éleveurs et éleveuses dans leur travail et d’un autre de les responsabiliser et de tout mettre en œuvre pour assurer la protection de leurs animaux. Pourrait-on trouver meilleure alternative ?

Reste le dernier argument des opposants : « nous ne devons pas vouloir maitriser et dominer la nature ». Mais la maitriser et la dominer ont deux significations complètement opposées. Les hommes et les femmes qui y vivent et y travaillent tous les jours sont les premiers conscients qu’on ne la domine pas, bien plus que de nombreux citadins laissant trainer leurs ordures après leur pique-nique. En revanche il est important pour eux de pouvoir continuer à travailler dans des conditions dignes. Leur labeur demande plus de passion et de respect pour la nature qu’on ne peut imaginer, à nous de respecter leur travail.

Je voterai donc OUI à cette nouvelle loi sur la chasse car elle répond concrètement à cette guerre d’usure qui dure depuis bien trop longtemps dans notre canton. Elle est juste et appropriée à la situation actuelle, elle est adaptée à la nature et non aux égos. Elle définit un juste milieu, un équilibre précieux entre l’environnement ainsi que les hommes et les femmes qui font un travail de fou pour en prendre soin, et c’est bien tout ce qui compte.

Roxanne Di Blasi Giroud

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