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21 avril 2023

Un cadeau inattendu



Mgr Voutaz qui a reçu des bières de l'évêché de Fribourg et de l'abbaye de St-Maurice
Ludovic Chappex.

Un sympathique colloque a réuni le jeudi 20 avril 2023 quelques spécialistes et un public attentif autour de 6 tableaux du prévôt Pierre-Joseph Rausis qui dirigea la congrégation des chanoines au début du XIXème siècle, se sont succédés au perchoir Mélanie Hugon-Duc, directrice du musée, Daniel Rausis, collectionneur, Gisèle Favre-Bulle, restauratrice d'art, Jean-Henry Papilloud, historien, Gaëtan Cassina, héraldiste, Ludovic Chappey, artiste peintre, Olivier Roduit, historien de l'abbaye de St-Maurice et enfin Jean-Pierre Voutaz qui intervenait en tant qu'archiviste et historien du Grand St Bernard. Les hasards du calendrier on fait que ce dernier avait été élu la veille 54ème prévôt de sa congrégation. Un des moments sympathiques de cette soirée a été le cadeau qui lui a transmis Ludovic Chappex: un projet d'armoiries pour accompagner sa nouvelle fonction. Reste à savoir si le souriant nouveau supérieur dont c'était la première apparition publique va l'adopter.





11 mars 2021

Le drapeau valaisan révèle qui seront les élus au gouvernement



On nous raconte que les treize étoiles du drapeau cantonal correspondent aux districts et deux demi-districts qui forment le canton. 
Personne par contre n'a jamais réussi à savoir à quelle étoile particulière correspond quel district. 

Il y a tant de manière de classer les districts valaisans que les critères à retenir ne sont pas évidents. 
Il y a les langues mais certains sont bilingues. 
Il y les districts qui touchent le Rhône, ceux qui touchent le canton de Vaud ou Berne mais Sion touche les deux, ceux qui touchent l'Italie ou la France, mais l'Entremont touche les deux.
Et il y a des demi-districts qui n'en font qu'un tout en étant pas dans le même arrondissement électoral, et d'autres qui sont coupés en deux comme Hérens, qui a perdu un petit bout de son territoire pour Sion avec les Agettes et qui est désormais un pays de migration.

Après de nombreuses analyses dont le critère principal était de rester dans le cadre strict des votations cantonales de 2021. J'ai réussi à établir très précisément la position des districts sur le drapeau, tenant compte, 1. des régions constiutionnelles, 2. des arrondissements électoraux, 3. de la répartition des sièges au conseil d'état qui garantit la représentation des régions mais exclue les doublons de district tout en ne disant rien des arrondissements. 4. de l'histoire qui distingue deux types de districts en Valais, non pas sur la langue mais sur la souveraineté exercée dans l'ancien régime. 

Voici le résultat compilé de tous ces critères.


A droite les sept dizains historiques à gauche les six nouveaux districts créés par le nouveau régime.




Les trois régions constitutionnelles utilisées uniquement pour la garantie de représentativité des membres du gouvernement.



Les six arrondissements électoraux. Avec Rarogne oriental avec Conches et Brigue, et Rarogne occidental avec Loèche et Viège. Sierre seul. Sion, Hérens et Conthey, puis Martigny, Entremont et enfin Monthey et St-Maurice. Utilisés uniquement pour les élections au grand conseil.



Enfin les 
cinq districts directeurs qui ont des représentants au conseil d'état triés ici selon leur appartenance idéologique. Martigny et Loèche, Brigue, Sion, Conthey. Il est intéressant de voir que cette figure se déduit des trois précédentes. Et qu'elle est la seule possible pour que la position des districts sur le drapeau soit cohérente. Elle démontre que la seule possibilité qu'aurait eu Serge Gaudin de siéger au gouvernement aurait été d'assumer qu'il était le légitime représentant du district de Sion.
J'ai consulté des champions d'échecs, des spécialistes de scrabble, des amateurs de sudoku, des joueurs de master mind, des pronostiqueurs de PMU, des majors de table, des metteurs en scène, des entraineurs d'exercices de groupe de gymnastique, une phalange de majorettes, une gugenmusik, un trieur de canettes en alu, un cérémoniaire d'ordination sacerdotale, un cartographe, un urbaniste, un architecte d'intérieur, un paysagiste, un officier d'état major, un moniteur OJ de course d'orientation, un mathématicien spécialiste d'analyse combinatoire, un topographe, deux pâtissiers-confiseurs, un amateur de puzzles. Nous avons retourné ensemble la combinaison dans tous les sens, Il est absolument impossible de faire différemment, c'est pas moi qui ai inventé.

Daniel Rausis









7 novembre 2018

La commune d'Orsières hors la loi!


Ceci n'est pas un panneau didactique comme on pourrait le voir sur le chemin Emile Lovey représentant des animaux comme le cerf, le chamois, le bouquetin, le chevreuil, le grand corbeau, l'aigle, le renard, le lynx, le blaireau, l'écureuil etc... mais un panneau d'ordre au bord du lac.

On y voit de haut en bas, un ours castré qui ne correspond pas à l'héraldique locale, peu importe, un chien de St-Hubert qui fait caca, ce qui est interdit et amendable et on s'en réjouit.

Mais le dernier dessin semble vouloir dire qu'on est prié de tenir les dogues allemands qui ont la queue et les oreilles coupées en laisse sous peine d'amende, ou serait-ce un schnauzer?

Or il est interdit en Suisse de faire couper les oreilles des chiens depuis le 1 juillet 1981 et la queue depuis depuis le 1 juillet 1997, art.22 de l'ordonnance sur la protection des animaux.

A l'heure d'un grand débat sur l'écornage des vaches, la chose saute à l'oeil.

En autorisant à promener en laisse des animaux dont la présence est illégale en Suisse, la commune d'Orsières, nom d'un chien, se met elle-même dans l'illégalité.

Daniel Rausis


15 septembre 2018

Le folklore pontifical et l'héraldique entremontante

Pendant quelques semaines, je me suis amusé à explorer les armoiries de l'Entremont pour bien comprendre leur fonctionnement. La plus fameuse est quand même celle de Bourg-St-Pierre qui évoque la papauté en général et un pape en particulier, mais ce n'est pas la seule qui peut s'enorgueillir d'un tel parrainage. D'autres communes de la région peuvent en dire autant, et pas seulement dans le district d'Entremont.

On nage bien sûr en plein folklore dans un domaine qui peut paraître anodin, mais qui prend toute son importance dans le débat actuel sur la fusion des communes. Que ce petit clin d'oeil allège ce débat.
Bel fin d'été à tous

Daniel Rausis



2 août 2018

Simplifier les armoiries du Val de Bagnes pour accueillir Orsières et le reste de l'Entremont.

Après tant d'élucubrations sur le blason d'une future commune du Val de Bagnes, je suis de plus en plus persuadé que la solution est d'aller vers plus de simplification. Et là, je suis un peu plus sérieux que d'habitude.

Deux idées me viennent à l'esprit:

La première est de renouer avec le plus vieux blason de Bagnes, en rajoutant un troisième baigneur dans la cuve. Le troisième baigneur montrerait qu'il s'est passé quelque chose, que la commune a grandi.




D'autres part les trois bonhommes dans la baignoire permettrait un jour d'accepter avec subtilité les gens d'Orsières dans une commune encore plus grande, puisqu'on pourrait y reconnaître une partie de la légende de St-Nicolas, saint patron de la paroisse:


St-Nicolas d'Orsières bénissant les deux baigneurs de Bagnes accueillant un petit camarade vollégeard dans leur pédiluve.


ET VOICI MA PROPOSITION SÉRIEUSE


Plus sérieusement on peut aussi imaginer que ce soit les armoiries de Vollèges qui inspirent le drapeau de la future commune du moyen Entremont, en simplifiant on obtient un motif graphique assez parlant, facile à reproduire et simple.



Le nouveau drapeau de la commune réunie pourrait évoquer à la fois les deux monts qui sur les couleurs de Vollèges représentent le col du Lein, les deux seins triomphants de la baigneuse des armoiries de Bagnes, et l'Entremont au sens littéral.



Lorsque  les autres communes de l'Entremont fusionneront, il suffira d'ajouter d'autres monts, si la première version est homologuée, les autres le seront aussi assez facilement. 




Evolution de la bannière d'Entremont jusqu'à la fusion complète de gauche à droite:
2. Vollèges-Bagnes
3. Vollèges-Bagnes-Sembrancher
4. Vollèges-Bagnes-Sembrancher-Bourg-St-Pierre
6. Vollèges-Bagnes-Sembrancher-Bourg-St-Pierre et la commune fusionnée de Liddes-Orsières.

On avouera que c'est quand même plus beau qu'un cavalier tenant une branche de sapin qui se baigne avec un cheval un ours et un dragon dans un baquet avec deux dames?

Quand on fusionne, mieux vaut travailler par soustraction que par addition!

Ce qui est intéressant dans cette armoirie c'est que les couleurs tranchent avec le rouge de la Suisse et du Valais et font allusion ainsi à la France et à l'Italie qui sont nos voisins et rappelleront aux générations futures que c'est Vollèges qui a initié ce mouvement vers l'unité entremontante, il a d'autre part les couleurs du district dès qu'on lui enlève son bouquetin.

Daniel Rausis



29 juillet 2018

Et si on s'inspirait de Genève

Après m'être amusé à contempler les armoiries de Vollèges et à imaginer comment elles pourraient interagir avec les armoiries d'une hypothétique commune fusionnée du val de Bagnes, j'ai imaginé plusieurs solutions.

1. Simplification extrême Vollèges était tout entière contenue dans ses deux étoiles.

2. Conservation des racines de son sapin volant arraché, tout en acceptant les corrections héraldiques.

3. Disparition pure et simple des armoiries de Vollèges avec adoption de l'écu bagnard.

Voici une nouvelle tentative: la tentative du mi-parti qui introduit les composantes dont chacun n'est tracé qu'à moitié, le reste mouvant de la partition. Exactement comme l'écu de Genève où l'aigle à deux têtes ne se retrouve que comme une demi-aigle dont on ignore la bicépalité, de même les deux clés de Saint-Pierre dont il n'en reste qu'une.


Cette armoirie bien connue est l'addition de l'aigle bicéphale du saint Empire:



et des armes du chapitre cathédrale de Saint-Pierre de Genève.




pour notre nouvelle commune en appliquant la même recette le résultat est:



ce qui on l'avouera n'est pas beau du tout, sauf les seins de la dame ci-dessous:



La solution est d'aller vers plus de simplification. Je le montrerai le 2 août, ne manquez pas mon prochain billet.

DR



27 juillet 2018

Le sapin qui vole léger de Vollèges et les mélèzes en l'air des Mélères de Mex.

Depuis quelques semaines je m'amuse ici à contempler les armoiries de Vollèges et à imaginer comment elles pourraient venir s'inscrire en partie dans les nouvelles armoiries d'une hypothétique commune fusionnée du val de Bagnes.

D'abord dans un souci de simplification extrême, j'ai montré que Vollèges était tout entière contenue dans ses deux étoiles.

Puis répondant au document du copil, j'ai tenté de préserver l'autre marque vollégearde, les racines de son sapin volant arraché, tout en acceptant les corrections héraldiques.

J'ai même tenté de bricoler deux blasons qui pouvait en partie répondre à toutes ces exigences.

Graphisme selon le copil avec baquet d'or, cheveux du même et racines.


Graphisme ancien avec baignoire d'argent.

L'histoire de Mex va nous permettre de revenir encore une fois sur les conséquences de la fusion sur les armoiries de la futur probable commune.

Voici tout d'abord les armoiries de l'actuelle commune de Vollèges:


Et voici celles de l'ancienne commune de Mex. D'argent à trois maisons de gueules posées en pal, accostées de deux vergettes ondées d'azur, elles-mêmes accostées de deux mélèzes arrachés de sinople futé de gueules. 


Si Vollèges a un sapin arraché, Mex à deux mélèzes arrachés également.



Les trois maisons rappellent l'histoire de trois fondateurs de Mex, les torrents sont le St-Barthélémy et le Merdenson.
Les deux mélèzes en l'air sont une paronomase, c'est à dire un calembour sur le nom des habitants:
les mélères.

Nous avons donc deux calembours du même type:
Le sapin vaolu qui vole léger de Vollèges et les mélèzes en l'air des mélères de Mex.

Or qu'est-il advenu des mélèzes en l'air de Mex lors de la fusion avec St-Maurice?

Après réflexion les deux communes ont décidé de conserver les armoiries de St-Maurice: "Un choix justifié par l'ancienneté de la croix tréflée " Une histoire millénaire face à des armoiries bricolées très récente.



On pourrait imaginer le même destin pour les armoiries de Vollèges, le baquet de Bagnes n'est pas aussi vieux que la croix tréflée de St-Maurice, mais est quand même attestée depuis plus de cinq cents ans. C'est pour moi l'idée la plus économique et la plus logique. Pourquoi bricoler une armoirie complexe, qui sera de toute façon remise en cause à la prochaine fusion?


Mais les armoiries de l'ancienne commune de Mex se rencontrent encore un peu partout dans le village, même si elles ne reçoivent parfois pas tous les soins qu'elles méritent.


Daniel Rausis

P.S. Je démontrerai  après quelques autres élucubrations qu'on peut également aller vers une simplification drastique des armoiries qui les rendent plus faciles à reconnaître et à dessiner, me manquer pas mon billet du 2 août 2018, ici-même.







25 juillet 2018

A l'arrache

J'ai emprunté les armoiries à l'Armorial Valaisan de 1946 et les descriptions à Les Communes Valaisannes et leurs armoiries, Ketty & Alexandre éditeurs, La Chapelle sur Moudon, 1985.


L'arbre de Vollèges, qui est un sapin volant est dit arraché parce qu'on lui voit ses racines, il est ici au naturel: D'azur à deux montagnes d'argent terrassées de sinople et surmontées de deux étoiles d'or un sapin arraché de sinople futé au naturel brochant sur le tout. 



La commune de Lax dans le district de Conches connaît a peu près la même image: D'azur à trois monts d'argent posés en face et surmontés de trois sapins arrachés au naturel.





Le dizain des deux Rarogne avec ces deux ceps arrachés entrelacés comme antidote à la séparation.



Le district de Rarogne qui n'a plus qu'un cep mais à deux branches: De gueules au cep de vigne arraché, figé et feuillé de trois pièces de sinople et fruité de deux grappes d'or, les racines au naturel.


La commune est une variante: De gueules au cep de vigne arraché d'or, fruité de deux grappes du même et feuillé de deux pièces de sinople.



Dans le district de Brigue l'ancienne commune de Brigerbad aujourd'hui fusionné avec Brig avait également un cep arraché: D'azur au cep arraché de sinople fruité de deux grappes d'or, surmonté d'une croisette d'argent accostée de deux étoiles du même.



Dans le district de Viège, c'est Staldenried qui arbore un sapin arraché: D'argent au sapin arraché de sinople futé au naturel, accosté de deux trèfles du second.


Dans le district de Loèche, c'est Varone: D'or à l'arbre arraché de sinople futé au naturel surmontant un mont à trois couteaux du second, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent.



Les armoiries de Saint-Claude en France voisine, en bois dont on fait les pipes au sapin arraché de sinople



ici les armoiries de la commune d'Onex avec un aulne arraché au naturel.



Le blason imaginaire d'une hypothétique commune fusionnée tel que je l'ai décrit dans un précédent article:



D'azur à la baignoire d'argent, occupé par un couple de baigneurs au naturel aux cheveux d'or surmonté des racines d'argent du sapin arraché volant de Vollèges accosté de deux étoiles d'or.
Ceci est une proposition cohérente mais qui va dans le sens de ce qui est proposé aujourd'hui, à savoir intégrer les éléments significatifs de Vollèges dans l'écu bagnard. On peut bien sûr également choisir une voie plus sage, vers plus de simplification. Je le démontrerai le 2 août 2018 sur ce blog. D'ici là je me permettrait encore quelques érudites fantaisies, non pas pour troubler le copil, mais pour vous distraire en ce temps de vacances.

/DR









Daniel Rausis

19 juillet 2018

Tous à poil dans le baquet.

Le projet de Fusion Bagnes-Vollèges s’occupent de choses importantes et d’autres plus secondaires mais dont la signification symbolique et médiatique n'est pas anodine.

J’ai ici même imaginé ce que pourrait être l’addition des armoiries de deux communes fusionnées en me penchant sur les spécificités de l'écu de Vollèges.

J’aimerais aujourd’hui préciser mes intuitions en me confrontant à ce qui a été déjà diffusé sur le sujet par le comité de pilotage.



Un héraldiste a travaillé sur ces armoiries dont trois des projets ont été sélectionnés par le copil.

Les solutions choisies répondent au besoin d'intégrer à l'armoirie de Bagnes autant que possible des éléments de Vollèges.

Les solutions sont élégantes d'autant plus que l'héraldiste en a profité pour corriger ce qui contrevient à la règle de contrariété des couleurs:


Comme on ne peut pas mettre des couleurs sur des couleurs, le sapin de Vollèges a perdu ses couleurs naturelles pour être figuré en argent.
De même le baquet du bain qui est figuré en or, alors qu'il est souvent représenté au naturel, mais que le chanoine Dupont-Lachenal blasonnait comme une baignoire d'argent. La chevelure des baigneurs est ici plutôt d'or.

Les deux éléments retenus de la commune de Vollèges est le sapin qui vole léger et les deux étoiles qui représentent la dualité de la commune autour de ses deux gros bourgs du Levron et de Vollèges.
Le premier a été corrigé en argent, les deux étoiles étaient déjà d'or.

Si comme le dit l'Armorial Valaisan de 1942: "Jeu de mot : un sapin vaolu un sapin coupé, ou arraché entier avec ses branches pour fermer l'accès d'un pâturage (Jaccard: Toponymie, 520)." Ou pour faire un jeu de mot plus moderne, un sapin qui vole léger, alors si on le conserve, il faudrait que l'aspect volant du sapin avec ses racines soit bien manifeste. Et c'est donc bien la troisième possibilité retenue par le copil, à droite ci-dessus qui rend le mieux compte du calembour.

Je propose par contre vu l'effort consenti pour appliquer le plus possible la règle de contrariété des couleurs d'en rester aux cheveux d'or, projet que je bricole ainsi.



Ou alors pour être le plus simple possible et pour bien insister sur l'aspect aérien du sapin:



L'avantage de ce dernier projet qui peut sembler humoristique est qu'il rend bien compte du calembour de l'armoirie de Vollèges. Et qu'il entre en écho avec celui qui est déjà dessiné sur la maison de commune de Bagnes. 


Même si ce n'est peut être pas une très bonne idée que d'habiller les baigneurs, on remarquera que ce blason a déjà deux étoiles qui ont disparu depuis mais que nous proposons de remettre pour signifier Vollèges et un soleil dont on jurerait les racines d'un sapin fraîchement tombé.




Enfin cette dernière version des armoiries anciennes de la commune me paraît géniale pour une bonne raison que le baquet est d'argent et qu'il ne s'encombre pas du détail de planchettes d'or ou au naturel, ce qui est beaucoup plus lisible sur une miniature, un papier à lettre par exemple.

D'azur à la baignoire d'argent, occupé par un couple de baigneurs au naturel aux cheveux d'or surmonté d'un soleil figuré du même et accosté de deux étoiles du même encore

Voici encore la clé de voûte de l'église paroissiale qui fait le chemin inverse, ce sont les baigneurs qui sont d'argent et la baignoire au nature.



La croix de St-Maurice dans le ciel à la place du soleil préfigure elle aussi notre proposition d'y placer juste les racines du sapin volant Vollèges.


Voici donc en conclusion à cet article ma proposition joyeuse, qui ne sera sûrement pas la dernière, que je ne dessinerai pas aujourd'hui mais que je blasonne ainsi:

D'azur à la baignoire d'argent, occupé par un couple de baigneurs au naturel aux cheveux d'or surmonté des racines d'argent du sapin arraché volant de Vollèges accosté de deux étoiles d'or.


Daniel Rausis 

P.S. Le fond de ma pensée va plutôt vers la simplification, je le montrerai le 2 août 2018, d'ici là je vous proposerai quelques fantaisies de mon cru.







11 juin 2018

Le sapin au vol léger? Ou les étoiles? Qu'est-ce qui est important?





Un jour, la commune de Vollèges fusionnera avec une autre commune.

Alors se posera la question de l’identité à travers le nom de la nouvelle entité. Et plus particulièrement à travers les armoiries de la nouvelle commune.

Fusionner deux armoiries n’est pas facile. En principe on ne mélange pas un dessin avec l'autre, on les juxtapose. Comme à Genève qui a deux drapeaux en un, ou celui des Grisons qui est un triple drapeau, le drapeau des trois ligues.



Si on veut réinventer en mélangeant les éléments, alors c'est encore plus compliqué, il y a une grammaire du dessin, comme il y a une grammaire de l'écriture.

C'est comme si vous vouliez mélanger deux hymnes nationaux, pas facile. S'il faut respecter les règles musicales et celles de la poésie.

L'héraldique a plutôt tendance à simplifier qu'à compliquer:



On n'imagine pas l'ours d'Orsières tenir à bout de bras comme à Sembrancher le sapin de Vollèges dans un baquet bagnard fermé à double avec les clés de Bourg-St-Pierre, il se mettrait où le St-Georges de Liddes? Et son cheval? Et son dragon? Dans le sapin?

Est-ce que le drapeau valaisan est une bande dessinée avec les détails de chaque district?

Non!

Et pourtant, il est tout à fait légitime qu’une commune qui se fond dans une autre laisse une trace jusque sur son blason.

Que devrait prendre dans ses bagages une commune comme Vollèges en cas de fusion avec une autre commune?

Assurément le moins possible, à condition que ce minimum soit le plus significatif possible.

Que voit-on sur les armoiries de Vollèges?

Deux montagnes, deux étoiles, un ciel bleu, un sapin déraciné qui vole léger au-dessus d’un pré vert, mais qui n’est parfois qu’une bande de couleur bleue comme le ciel, ce qui lui donne l’air de voler encore mieux.

Et qu’est-ce que nous raconte ce tableau très compliqué?

Les montagnes qui sont un lieu commun de tant de blasons dessinerait le col du Lein dans le ciel. Et le col du Tronc, il est où? Pas très important semble-t-il. L'héraldique préfère les symboles à la réalité.

Un sapin déraciné dont le nom est un jeu de mot sur Vollèges, un sapin VAOLU est un sapin coupé dont on se sert pour fermer un pâturage, explique l'armorial valaisan. C’est un calembour sur Vollèges que j’ai toujours décrypté comme le sapin qui vole léger. Au milieu de l'entre mont. A Bagnes, on a représenté les bagnards comme des baigneurs.

Dans le ciel bleu deux éléments incongrus me frappent qui sont décalés par rapport au pittoresque de la scène, les deux étoiles.

Deux étoiles en plein jour? Des vrais étoiles?



Non, des étoiles symboliques qui, à la manière des 13 étoiles du drapeau valaisan, ou des 50 du drapeau américain racontent que la commune est l’union de deux villages principaux: Vollèges et Levron. Ces deux étoiles sont donc les représentations de la vertu de paix et d’harmonie qui règne sur la commune: car Vollèges est déjà une fusion bien avant de fusionner et ces deux étoiles le disent bien. Tout le reste est une carte postale anecdotique.

Elles disent, ces deux étoiles, que notre caractéristique à nous, c’est de savoir tenir ensemble ce qui est multiple.




Assurément, s’il ne fallait garder de Vollèges qu’un détail pour le transplanter dans un autre décor, ces deux étoiles seraient parfaites. Nax et Vernamiège avant de fusionner avec Mase portait chacune les deux mêmes étoiles dans leurs armoiries pour dire leur destin commun.



Ces étoiles diraient: « comme nous avons été capables chez nous d’être double et en paix, cette expérience nous vous l’amenons et nous saurons faire que règnent la paix et l'harmonie dans cette nouvelle grande commune.»

Nous, de Vollèges, nous serons les garants de l’harmonie et de la paix.



Deux étoiles qui pourraient s’importer facilement dans le ciel de n’importe quel blason de n’importe laquelle des 6 communes voisines. Ici par exemple Sembrancher.


Daniel Rausis

N.B. J'ai un peu simplifié le propos, que les héraldistes scientifiques me pardonnent. Je sais aussi que dans le cadre d'un rapprochement avec Bagnes, des essais graphiques ont déjà été présentés.



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