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2 avril 2024

Je ne sais pas ! Oui je ne sais pas.

En ce dimanche soir de Pâques 2024, je me suis rendu au cinéma avec mon épouse pour voir le film UNE VIE. Je ne sais pas combien de suisses l’on déjà vu ou iront le voir. J’espère un maximum. Je ne peux qu’enjoindre tout un chacun à prendre le temps d’y aller. Ce film, comme tant d’autres films ou reportages sur cette foutue 2ème guerre mondiale ou sur la misère de ce monde, m’a touché. Visiblement, ou plutôt sonorement, je n’ai pas été le seul à avoir été ému par cette fabuleuse histoire de Nicholas Winton.

🙈🙉🙊

Je ne sais pas si j’aurais eu la moitié du tiers de son courage et de son abnégation si j’avais été à sa place. Je ne le sais pas, je ne le pense pas. Ce qui est certain, c’est que son histoire m’a bouleversé. Je ne sais pas quelle part de suisses ignore tout des guerres passées et actuelles ainsi que dans quelles situations de détresse des millions d’êtres humains vivent de part notre monde. Je ne sais pas quelle proportion d’ignorants le sont vraiment ou font comme les trois singes. Dans tous les cas, au regard des sommes astronomiques qui dorment dans nos banques, je ne sais pas comment il est possible qu’autant de suisses puissent soutenir la thèse que la barque est pleine. A tout le moins, je ne sais pas comment l’on peut s’affirmer chrétien, se mettre à genoux chaque dimanche et continuer à soutenir des parlementaires et des formations politiques visant à diminuer notre soutien financier à l’aide au développement dans des pays en proie à la misère. 

Je ne sais pas non plus comment l’on peut être père ou mère et ne pas vouloir venir en aide aux enfants de nos prochains, qu’ils soient d’ici et d’ailleurs. Je ne sais pas les raisons qui avaient poussé autant de pères et de mères suisses à refuser, non pas de s’engager financièrement envers des enfants étrangers, mais de soutenir une Suisse demandant à ses multinationales d’être responsables partout de part le monde. Je ne sais pas pourquoi les enfants d’ailleurs ne mériteraient-ils pas la même protection que les nôtres. 

Pour moi un enfant est un enfant, et ce, quels que soient sa couleur de peau, son lieu de naissance, les croyances de ses parents ou que sais-je encore. Je ne sais pas pourquoi la défense de chaque enfant n’est pas une priorité pour chaque être humain qui se respecte.

   


 Je ne sais pas ! Oui je ne sais pas 

Urbain 

P.S. : Si notre planète comptait autant de M, Winton que de gens se prétendant pas raciste, l’UNICEF n’aurait plus de raison d’être. Comme cela n’est de loin pas le cas, n’hésitez pas à leur faire un don. 

31 décembre 2022

Dénazifier l'Ukraine? Vraiment?

Lorsque Vladimir Poutine, au matin du 24 février 2022 donne l'ordre d'invasion de l'Ukraine à ses troupes, il énonce deux objectifs: démilitariser l'Ukraine et la dénazifier. Ce terme de "dénazification" a profondément choqué en Occident, en partie parce qu'il était totalement hors de propos. Après plus de dix mois d'une guerre qui s'apparente de plus en plus à un échec pour l'armée russe, ce terme semblait avoir disparu de la rhétorique du Kremlin. Pourtant, il y a quelques jours à peine, Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères l'a repris à son compte.

Le présent article souhaite faire le point sur l'utilisation de ce mot pas anodin. Afin de constater s'il est approprié ou non à l'Ukraine moderne, il convient d'abord de bien comprendre à quoi il faut référence.


Quelles sont les caractéristiques de l'état nazi?
Entre 1933 et 1945, l'Allemagne vit sous un régime nazi. Voici ce que la plupart des historiens considèrent comme les principales caractéristiques de cet état ou comme ses lignes directrices:
  1. un racisme d'état: c'est la partie la plus connue du nazisme. Un état profondément raciste, qui classe les populations selon leur "race", et qui place en haut de l'échelle "la race aryenne", descendante supposée des chevaliers teutoniques. Dans cette logique, une race supérieure est censée gouverner les races inférieures. Ce racisme est évidemment doublé d'un fort antisémitisme. Les Juifs étant considéré, dans Mein Kampf, comme une race inférieure. Cette théorie est soutenue par un fort complotisme, imaginant cette communauté sur le point de mettre en oeuvre un "Nouvel Ordre mondial". C'est notamment cette pensée qui est à l'origine de l'Holocauste.
  2. une volonté pangermaniste: Adolf Hitler théorise à plusieurs reprises sa volonté de réunir en une seule nation toutes les populations germanophones (principe du pangermanisme). C'est ainsi, sous prétexte de protéger les populations germanophones locales opprimées qu'il décide d'envahir les Sudètes en 1938 (région de la Bohème en ex-Tchéquoslovaquie). C'est ce même principe qui motive l'Anschluss de l'Autriche en 1939. On peut parler de volonté nationaliste.
  3. une rhétorique impérialiste: dans Mein Kampf, Hitler insiste en long et en large sur le fait que la peuple allemand (Deutsches Volk) est à l'étroit dans ses frontières et qu'il lui faut agrandir son espace vital (Lebensraum). L'expansion du Reich à l'Est était donc présentée comme un élément de survie pour répondre à l'accroissement démographique allemand. Cela explique une bonne partie du pacte germano-soviétique de 1939 qui signe à la fois un accord de non-agression entre l'Allemagne et la Russie, mais qui définit aussi des "sphères d'influence" aux deux états.
  4. un état totalitaire: cela signifie que l'état à vocation à s'occuper de tous les aspects de la vie de ses habitants. Cette logique totalitaire mène forcément à un régime fasciste. L'Allemagne refuse progressivement le multipartisme; peu à peu les structures de l'état et celles du Parti se confondent; le rôle du Parlement est fortement diminué. On instaure un culte du chef qui n'est dès lors plus seulement un chef d'Etat, mais un "Guide"
  5. une profonde aversion pour le communisme: Hitler détestait viscéralement les bolchéviques et il les cite en permanence dans son livre comme des ennemis. Il convient de chasser les communistes d'Allemagne.
On pourrait certainement citer d'autres éléments constitutifs du nazisme, il nous semble pourtant avoir relevé les plus saillants.

Ces caractéristiques sont-elles applicables à l'Ukraine contemporaine?
Si nous reprenons ces 5 caractéristiques majeures du nazisme, sont-elles applicables à l'Ukraine d'avant le 24 février 2022? Le Kremlin avait-il raison de voir un régime nazi à la tête de l'Ukraine?
  1. un racisme d'état: les lois ukrainiennes ne définissent pas une hiérarchie entre les "races", pas plus qu'il ne parlerait de peuples qui seraient supérieurs aux autres. Les idéologues pro-russes prennent souvent l'exemple de la loi votée par le Parlement de Kiev en 2019 instituant l'ukrainien comme seule langue d'état en Ukraine, comme une loi anti-russe. Contrairement à ce qui est souvent présenté, la langue russe n'est pas interdite en Ukraine (la majorité de la population étant russophone cela serait une aberration), mais l'ukrainien est définit comme seule langue officielle. Cela n'empêche pas aux citoyens de s'exprimer dans d'autres langues (lire les explications de la RTBF). Concernant l'antisémitisme de l'état, strictement rien ne l'atteste, surtout que Volodymyr Zelensky est... juif!
  2. une volonté "panslaviste": à aucun moment, l'état ukrainien n'a émis, à notre connaissance, l'idée d'unifier toutes les populations slaves dans une seule nation. Au-delà de liens très étroits entre les communautés slaves et les liens familiaux omniprésents entre les Russes et les Ukrainiens, le peuple ukrainien semble au contraire vouloir mener son propre chemin, ce qui a fortement irrité de l'autre côté de la frontière.
  3. une rhétorique impérialiste: l'Ukraine n'a jamais fait mention d'une quelconque volonté impérialiste ou expansionniste. Par contre, elle a manifesté avant 2022 par de nombreux signaux sa volonté de se rapprocher de la "sphère d'influence" européenne.
  4. un état totalitaire: l'Ukraine est une démocratie, certes imparfaite, mais qui connaît un multipartisme, des élections régulières (tous ses voisins ne peuvent pas en dire autant). Les structures des partis ne sont pas celles de l'état.
  5. une profonde aversion pour le communisme: comme le communisme russe est tombé au début des années 90, cette catégorie n'est plus vraiment pertinente.
Le format d'un article sur le blog d'EA ne permet pas de rentrer dans chaque détail de cette histoire passionnante: chaque élément mériterait largement son propre article. Les éventuels lecteurs pro-russes de ce blog me reprocheront de faire l'impasse sur le régiment Azov ou sur la réhabilitation partielle de Stepan Bandera, j'y consacrerai volontiers un autre article à l'occasion. Ces éléments ne remettent nullement en question le fait qu'il est absolument inapproprié de citer de "nazisme" pour parler de l'état ukrainien. Cette rhétorique de Vladimir Poutine est donc une ineptie qui ne vise qu'à aiguillonner le sentiment patriotique de sa population. 

1 août 2019

Racisme trop ordinaire

J’ai depuis longtemps appris à rire des publications sur les réseaux sociaux issues des milieux d’extrême droite. Mais il en est une, récente, qu’il aurait été intolérable de laisser sans réaction. D’abord parce qu’elle émane du compte d’un président de section de parti entremontant, de surcroît candidat aux fédérales de cet automne, deuxièmement parce qu’elle est particulièrement choquante et intolérable.
Adrien Dumoulin, qui est donc président de l’UDC Entremont, réagit à un article du 20 minutes qui traite du décès d’un enfant en Allemagne, poussé sur les rails avec sa mère (cette dernière s’en étant sortie) par une personne d’origine africaine. Il y ajoute le commentaire suivant: “L’enrichissement culturel, le progrès.”

La rage m’a submergé d’un coup à la lecture de cette publication. Parce qu’elle est simplement raciste.
Alex Sutter, codirigeant de l’association humanrights.ch, nous donne une définition claire du racisme. Il y intègre “ toute pratique qui discrimine, blesse, menace, calomnie en raison des caractéristiques culturelles (telles que la langue, la religion, le style de vie ou le nom)”. Il ajoute que le racisme culturel contribue à construire une identité de groupe, à diviser les individus en communautés d’origine, à attribuer aux membres de ces communautés imaginaires une culture et une mentalité communes, et finalement, en se fondant sur ces stéréotypes fabriqués, à hiérarchiser ces groupes et à prôner leur incompatibilité.

Par son commentaire, Adrien Dumoulin affirme clairement qu’il existe un groupe, constitué des personnes issues d’origine africaine, et que ces personnes sont culturellement incompatibles avec les valeurs occidentales. Pire, il corrèle directement un acte criminel, un meurtre (!) avec l’origine du coupable. Comme si sa culture impliquait cet infanticide.

C’est d’une part dénigrer, avec le plus haut degré de mépris et de méconnaissance imaginable, une certaine culture. Est sous-entendu que la prétendue “culture africaine” est primitive, amorale, sauvage, animale. Une vision qui est encore, à des degrés divers, trop présente dans l’esprit des occidentaux. On construit une image de l’autre fantasmée et dégradante. Je renvoie les lecteurs de cet article aux auteurs des études post-coloniales.

Et d’autre part c’est construire un amalgame aberrant: premièrement parce que les cultures africaines sont évidemment multiples - on parle d’un continent de plus de 30 millions de km2 et de plus d’1 milliard 200 millions d’habitants (donc dans les deux cas beaucoup plus que l’Europe). Et surtout deuxièmement, on sous-entend qu’1’200’000’000 d’individus doivent répondre des actes d’un seul. 

Je sais, les paragraphes précédents sont peut-être peu clairs. Mais il y a beaucoup trop de biais cognitifs à relever dans une simple phrase d’Adrien Dumoulin …

Et si seulement son cas était isolé. Mais comme je l’ai dit en introduction, ce genre de commentaire fleurit sur les réseaux sociaux, et donc dans l’esprit d’une certaine catégorie de personnes - car s’il faut construire une catégorie, ce n’est pas celle des “Africains”, mais bien celle de ceux qui propagent la haine. Afin de tenter de comprendre ce qui les amène à penser ainsi pour combattre ce genre de théories. Mais c’est une autre question. Les propos racistes qui ont suscité cet article ne sont donc pas spécialement originaux, ce qui explique en partie le succès électoral du parti de Mr. Dumoulin au niveau national.

Mohamedou, professeur d’histoire internationale au Graduate Institute de Genève parle de ce fléau dans Le Temps en septembre 2018. Il affirme que la parole raciste s’est libérée ces dernières années, se faisant passer pour une opinion légitime. Comme si elle valait un autre point de vue. Comme s’il s’agissait d’un droit démocratique. Pour le professeur, certaines “élites” politiques ou intellectuelles servent à légitimer cette conception, à l’image de Donald Trump ou d’Eric Zemmour. On assiste à une “banalisation sociétale” qui est extrêmement dangereuse. Le racisme est à nouveau acceptable.

Ce phénomène se mêle à l’évolution des politiques d’immigration européennes, comme relevé par Tsoukala (2002) (1). Ces politiques poursuivent de plus en plus une logique sécuritaire, l’immigration étant désignée comme cause aggravante des principaux problèmes de nos sociétés, malgré l’avis contraire de nombre d’analyses scientifiques. On se concentre alors de moins en moins sur les individus coupables de crimes, mais sur des groupes sociaux (ici l’immigration), par la même dissociant l’acte criminel des réels motifs des malfaiteurs. Comme le relève toujours très bien Tsoukala, on ne vise plus à contrer des individualités qui ont effectivement commis un crime, mais à anticiper des comportements de “membres de groupes déviants” ou “à risque”. En d’autre termes, on vise à contrôler des populations entières à cause des risques qu’elles représentent soit disant, au lieu d’individus en fonction de leur dangerosité avérée.
Le risque est aussi d’oublier les réels mobiles ou causes contextuelles des crimes perpétrés, je le répète, par des individus et non une communauté, ce qui est pourtant nécessaire pour les combattre.
Le genre de propos tenus par Dumoulin sont à la fois une conséquence et une cause de ce problème. 

Finalement, quand on partage publiquement une opinion infondée, on ne peut éluder la question de sa réception. Les personnes d’origine africaine ne sont pas un conte pour faire peur aux enfants, ce sont des personnes qui existent vraiment et qui risquent de tomber sur des propos que l’on partage via Facebook. Il m’a donc semblé légitime que certains d’entre eux prennent la parole dans cet article: 

Rock Ahavi

Rock Ahavi, musicien, chanteur et lead guitariste du groupe Arka’n, Togo“Je suis très ancré dans ma culture et ma tradition, et je n'ai jamais eu écho d'une pratique culturelle qui demande à pousser des gens sous des trains. J'ai cherché dans bon nombre d'autres cultures africaines et je n’ai trouvé un seul peuple qui pratique comme activité récréative de pousser des gens sous des trains, ni même de tuer. L'âme vraie de l'Afrique (avant l'arrivée d'autres façons de voir les choses) est basée sur le respect de l'environnement, le respect de la terre, des plantes, des animaux et des hommes: sur une connexion spirituelle globale. Et ôter la vie n'est pas un acte anodin. Pour revenir à l'article, dans toutes les races du monde il existe des génies, des sages, des guerriers, des fous, des meurtriers, etc... Quand j'ai vu cette publication sur Facebook, un homme qui pousse une femme et son enfant sous un train, et ce monsieur, qui, visiblement a encore beaucoup à apprendre, en profiter pour poster un commentaire raciste... Toute proportion gardée, ces deux actes sont complètement étrangers aux vraies valeurs connues de notre humanité. Je crois que notre espèce est en pleine descente dans un gouffre. Et ce n'est pas un concept qui prône le rejet de l'autre qui sauvera qui que ce soit. Nous sommes en 2019!! Il y a internet, l'information est disponible partout. Il est temps pour nous tous de nous informer, de comprendre la véritable cause des problèmes que nous avons et d'envisager de réelles solutions. L'approche raciste est franchement très bête, vulgaire, dépassée et suicidaire.”


Djibril Niang
Djibril Niang, étudiant en master aménagement urbain, Université Cheikh Anta Diop, Dakar“Le racisme c’est le vers qui ronge le fruit de l’intelligence. Le racisme est fait de peur et d’ignorance. Le raciste est à la fois le danger et la victime. Une victime de ses travers qui devient bourreau de l’autre. Rappelons les paroles de Martine Brunshwig Graf: “ combattre le racisme et les discriminations, c’est défendre les valeurs qui ont fait la Suisse”. Je n’ai pas été surpris par ce commentaire raciste. Je déplore cependant qu’on blâme une communauté pour l’acte d’un seul homme. Si ça ne m’a pas étonné plus que tant, c’est quelque chose qui m’a quand même profondément choqué”.

Abdoulaye Sow
Abdoulaye Sow, étudiant en Licence 3 géographie, Université Cheikh Anta Diop, Dakar“Nous avons été créés égaux. L’humain a inventé le racisme, à cause de son ignorance. Le racisme n’est qu’un question d’ignorance et de haine. A la lecture de cette publication, c’est de l’amertume et de la tristesse que j’ai ressenti. Mais l’acte commis par un frère africain m’a fait me sentir encore plus mal.”

Cheikh Oumar Kane
Cheikh Oumar Kane, étudiant en licence de droit, Université Cheikh Anta Diop, Dakar“ Le commentaire sur cette publication Facebook m’a touché et m’a déçu. Les déclarations racistes fleurissent dans la presse. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus regarder la justice tempérer. La vie ne doit pas être une compétition, mais une entraide mutuelle. L’homme doit être un remède pour l’homme, et non un loup comme le veut l’adage. Ensemble, faisons appel à notre bienveillance et notre générosité.”

Alioune Kane
Alioune Kane, étudiant en licence de géographie, Université Cheikh Anta Diop, Dakar
“Je condamne cet acte barbare qui a lieu en Allemagne. Mais nous devons dépasser aujourd’hui ces conceptions racistes et trop simples. Nous vivons dans un monde complexe et sensible. Que justice soit faite, nul n’est au-dessus de la loi.”


Ibrahima Diakhate, étudiant en licence de physique et chimie, Université Cheikh Anta Diop, Dakar
Ibrahima Diakhate
“A chaque espèce vivant sur terre, dans l’air, ou dans les eaux nous pouvons compter une multitude de familles. Ces familles ont bien évidemment des points communs qui les rendent différentes des autres au sein de la même espèce. Avons-nous déjà vu des animaux d’une même espèce et aux couleurs de peaux différentes se battre pour exprimer une quelconque supériorité? Si même les animaux ne se créent de frontières par leur couleur quand doit-il en être pour nous humains dotés d’une intelligence bien supérieure. Ceci étant nous pouvons donc percevoir à travers ce phénomène répandu sur toutes les espèces qu’il n’existe en aucune façon et sur aucun plan une condition de supériorité entre nous humains aussi divers que nous soyons. Nous devons par-là, comprendre qu’une race toute entière ne peut détester une autre, mais que ces pensées néfastes n’émanent que des personnes mal intentionnées créant des doctrines nocives à l’entente et le bien être des peuples.”

Affirmer qu’un acte criminel est culturel est lourd de sens et extrêmement grave.

Patrice Lumumba, Cheikh Anta Diop, Nelson Mandela, Sélassié, Marcus Garvey, W.E.B Dubois s’en retournent plus que certainement dans leur tombe.

Dans un Etat de droit, dans une démocratie, il faut laisser la justice faire son travail, à savoir dans ce cas juger un individu pour ses actes. Il ne revient en aucun cas à un UDC entremontant lambda de faire le procès d’une communauté entière, pire, de la population d’un continent entier.

Et qu’en est-il des “personnes d’origine africaine” qui apportent quelque chose de positif à notre société? Leur cas ne mérite-t-il pas une publication Facebook parlant de la culture africaine? Je terminerai en appelant M. Dumoulin (ainsi que Messieurs Pellouchoud et Desmeules qui ne se sont pas non plus retenus de nous partager leur analyse sur la question) à aller s’informer sur le nombre d’enfants qui pâtissent des activités occidentales sur le territoire africain. Après tout, l’exploitation est peut-être bien ancrée dans la culture blanche.

Baptiste Fellay
Député-suppléant EA


1) Tsoukala Anastassia, « Le traitement médiatique de la criminalité étrangère en Europe », Déviance et Société, 2002/1 (Vol. 26), p. 61-82. DOI : 10.3917/ds.261.0061. URL : https://www.cairn.info/revue-deviance-et-societe-2002-1-page-61.htm

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