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10 mai 2024

Nantermod et l'Islamo-Gauchisme

Je sirotais tranquillement mon café tout en parcourant distraitement mon téléphone portable, l'esprit un peu ailleurs, lorsque je suis tombé sur la dernière chronique de Nantermod. En règle générale, c'est toujours la même rengaine : "Aide-toi, Dieu t'aidera", autrement dit, l'État ne devrait uniquement garantir les libertés (sauf celles de manifester visiblement), laissant le reste au capitalisme qui va résoudre naturellement nos problèmes sans besoin d'intervenir (oui, certains y croient encore en 2024).

Je m'apprêtais donc à passer outre une énième chronique sans intérêt, mais le titre a attiré mon attention : "L’islamo-gauchisme à l’assaut des universités". Étonnant. Ce terme vidé de sens, inventé et utilisé par l'extrême droite pour dénigrer la gauche, est assez surprenant dans la bouche d'un libéral. La manchette racoleuse a donc réussi son coup : j'ai lu l'article !

Spoiler alerte : c'est juste triste. Je vous épargne la lecture détaillée. En résumé, il y a des manifestations dans les universités suisses réclamant un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et le gel des collaborations avec les universités israéliennes. Pour Nantermod, il s'agit d'une alliance entre l'extrême gauche anticapitaliste (les étudiants et professeurs universitaires) et l'islam radical (vouloir la fin du génocide palestinien, selon lui, revient à soutenir sans réserve le régime du Hamas). Si vous voulez vous faire mal, vous trouverez l'article ici.

Ainsi, selon lui, il y aurait un islam radical soutenu par une gauche radicale : l'islamo-gauchisme ! (Oui, je vous avais prévenu du niveau). Extrait choisi:

“Il n'est pas juste de réclamer un retrait de Tsahal sans considérer la reddition inévitable du Hamas. […] Appeler à la paix n’implique pas de se faire le porte-voix des exigences de groupes terroristes.”

D'accord, Philippe. Alors, laissons faire, c'est OK pour un pays de massacrer des populations civiles jusqu'à la restitution d'otages. Un enfant est tué ou blessé toutes les 10 minutes. On parle de plus de 34’000 morts, dont plus de 14’000 enfants. Tout est bombardé : hôpitaux, écoles et points d'eau sont détruits, les populations partent en exode sans but, sans nourriture ni médicaments. C'est immonde ce qui se passe en ce moment, et exiger que cela cesse immédiatement, ce n’est pas islamo-gauchiste, c'est simplement humain.

À l'heure où j'écris ces lignes Israel se prépare à une intervention militaire massive à Rafah (ou s'amassent dans des conditions atroces 1.4 millions d'habitants) que même Joe Biden condamne. Ce dernier a déclaré un arrêt des livraisons d’armes offensives à Israël si ces derniers attaquent la ville sus-mentionnée, encore un islamo-gauchiste d'après les critères nantermodiens?

Je n'irai pas plus loin. La politesse m'empêche de développer davantage mes pensées sur cette chronique et son auteur pour le moment. Je conclurai donc sur sa phrase :

“L'occupation des universités par ces soi-disant résistants suscite bien des agacements. On peut espérer que l'État rétablira un semblant d'ordre public, comme il a su le faire face à d'autres mouvements.”

Demander publiquement à l'État de rétablir l'ordre (contre une manifestation pacifique qui ne perturbe pas les cours), il semblerait bien que notre petit chroniqueur ne soit libéral que quand cela l'arrange !

Jonathan Darbellay

11 mai 2016

Loi sur l’asile : une procédure juste et sévère

Entremont Autrement invite de temps en temps des personnalités extérieures à s'exprimer sur son blog. Aujourd'hui c'est le conseiller national Philippe Nantermod qui nous fait l'amitié de nous écrire ces quelques mots sur la nouvelle loi sur l'asile..

Soixante ans après que son peuple cherchait refuge dans le reste de l’Europe pour fuir l’écrasement soviétique, la Hongrie tend des barbelés aux frontières. Alors que d’autres pays pensent à lui emboîter le pas, il est temps de rappeler que les Etats civilisés ont adhéré dans les années 1950 à la convention de Genève sur le statut des réfugiés qui impose aux parties contractantes d’assurer une protection à celles et ceux qui fuient des persécutions et des conflits armés, et le 5 juin, nous voterons une loi sur l’asile qui permet d’appliquer avec rigueur mais humanité ce principe.


Les obligations relatives à l’asile n’imposent pas, contrairement à ce qu’on pourrait le penser, d’accueillir « toute la misère du monde ». Si les réfugiés dits économiques ne peuvent pas prétendre à l’asile, les pays d’Europe ont une obligation morale et juridique d’offrir à celles et ceux qui traversent la méditerranée, avec femmes et enfants, au péril de leur vie, une procédure digne qui leur permette d’être au moins écoutés avant que l’on ne tranche de leur sort.

Depuis quelques mois, l’Europe est complètement dépassée. Les frontières se ferment et on imagine régler la procédure de l’asile en laissant les passeurs faire le travail des douaniers. Certaines personnes attendent depuis des mois dans la boue aux frontières, on retrouve des cadavres dans un camion frigorifique, des milliers d’enfants errent sur le continent, à la merci des trafiquants d’êtres humains. Pourtant, régler la question migratoire est une des tâches fondamentales d’un Etat organisé et moderne qui ne peut décemment s’en débarrasser sous prétexte qu’elle est peu populaire.

La nouvelle loi sur l’asile n’a pas pour objet de définir qui a le droit et qui n’a pas le droit de bénéficier de la protection de la Suisse. Ces questions ont déjà été liquidées. Cette révision vise uniquement à adapter la procédure à la nouvelle réalité, pour pouvoir traiter plus efficacement un nombre grandissant de dossiers, pour éviter que les requérants d’asile ne poireautent des mois durant dans les centres cantonaux en attendant un oui ou un non, ce qui n’arrange personne.

Pour y parvenir, le Parlement a décidé de constituer des centres fédéraux, dans lesquels l’on trouvera l’ensemble des protagonistes de l’asile. Les délais de recours ont été divisés par trois. Chaque requérant d’asile se verra conseiller par un juriste qui assurera un lien entre l’administration et l’administré, permettant d’éviter les procédures qui n’en finissent plus comme c’est le cas aujourd’hui. Ces fameux « avocats gratuits » comme les appellent les référendaires seront, contrairement aux avocats commis d’office aujourd’hui, rémunérés forfaitairement et n’auront plus d’intérêt à recourir par principe.

Cette procédure a été testée, depuis plusieurs années, dans un centre pilote à Zurich, à très grande satisfaction. Les procédures sont courtes, les requérants obtiennent une réponse rapidement sur leur sort. On évite qu’ils ne finissent à l’aide sociale et ceux qui ne peuvent pas rester sont expulsés. Appliquée à l’échelle suisse, cette nouvelle procédure permettra d’économiser 110 millions de francs par année.

Pour constituer les dix futurs centres fédéraux, la loi prévoit une procédure d’approbation des plans avec, à la clef, une option d’expropriation, épouvantail des opposants. Cette expropriation n’a pourtant rien d’original. Elle est prévue pour toutes les tâches de la Confédération : on l’a introduite pour la construction des lignes de chemin de fer, des lignes électriques, pour les installations militaires et même pour les remontées mécaniques touristiques. Elle ne peut être appliquée qu’en dernier recours, si aucune autre option n’est possible. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, sauf à considérer que la réponse au problème de l’asile est de fermer les frontières, de rejeter à la mer ceux qui fuient les bombes en se félicitant d’être bien né.

Un pays qui a la prétention d’organiser des jeux olympiques, d’accueillir des dizaines de milliers de spectateurs pendant quelques semaines, dans des conditions luxueuses, avec des infrastructures touristiques et sportives y-relatives ne peut pas décemment prétendre être incapable d’offrir à autant de miséreux fuyant la guerre une procédure digne. Et il n’est pas question ici de leur offrir l’asile, mais uniquement de leur donner une réponse à leur demande d’aide. De ne pas détourner le regard. Et c’est ce à quoi servira la nouvelle loi sur l’asile.

Philippe Nantermod
Conseiller national PLR-VS

28 avril 2016

En direct du débat de Vollèges

Il y a des questions dans la salle.
Mathias Reynard et Philippe Nantermod décident tous deux de débattre debout! C'est #NuitDebout à Vollèges!
Les avis divergent, les arguments s'affrontent, mais le débat est passionnant.
Notre présidente Sophie Juon accueille les deux débatters de la soirée, à Vollèges.

11 avril 2016

Débat sur le service public entre Nantermod et Reynard


Entremont Autrement et le Centre-Gauche PCS organiseront un débat sur le thème "Quels services publics pour les régions de montagne" le 28 avril prochain à Vollèges.

Nous aurons le plaisir d'accueillir Philippe Nantermod et Mathias Reynard lors de cette soirée. L'entrée est, bien évidemment, gratuite. Le débat sera précédé de brèves présentations sur les objets de votation soumis au peuple le 5 juin.

Entremont Autrement

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