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25 avril 2018

Constantin, écrivain.

« Constantin, écrivain » : hexasyllabe sec et sonnant, à la rime intéressante mais qui, franchement, me fait mal aux oreilles. Le mot est lâché : (se) confier. Et si ce verbe peut faire penser au substantif « les confessions », il mène surtout aux maîtres de la discipline pour n’en citer que deux : d’abord Saint-Augustin (397-401) puis référence plus canonique et récente, Rousseau. Figure forte du XVIIIème siècle, l’écrivain Genevois s’inscrit comme un incontournable des confidences. Dans une réflexion anachronique, la critique considère d’ailleurs volontiers Les Confessions (1782) comme le prototype de l’autobiographie. Au-delà du débat au sujet de la porosité des genres, retenons ses premiers mots issus du Préambule :
« Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme ce sera moi ».
Ainsi donc, CC s’engagerait dans un projet similaire ? Silence sceptique, d’autant plus que l’entreprise littéraire pourrait être doublée d’un certain débat politique.

En toute honnêteté, je n’ai pas encore eu l’occasion de feuilleter son livre. Et je ne sais pas si je le ferai. J’ai parcouru son article dans lequel il en fait la publicité et cela me semble suffisant, malgré une déclaration d’amour sincère au Valais, pour y déceler une attaque directe à la littérature en soi (je m’en tiens ici à ce domaine uniquement). Celle qui provient d’individualités réfléchies, profondes, légitimes, du point de vue tant existentiel qu’intellectuel. Pas celle qui naît d’un business puissant (et qui, par ailleurs, pourrait dissimuler à tort un homme plus vrai), au goût amer pour les littéraires de mon espèce. Quand bien même les bienfaits de l’écriture sont destinés à quiconque, il ne faut pas non plus croire au miracle d’une plume réparatrice de certaines initiatives plus ou moins mal perçues par les Valaisans…et les autres.

Justine Volluz

21 juillet 2010

Le texte gagnant

Voici le texte de Justine Volluz dont il était question dans notre entretien d'hier:

J’aperçois une ombre. Quelque chose bouge. Je continue à enfoncer les touches de mon clavier, tentant de rester calme. Mais rien n’y fait. Je suis perturbée, dérangée. Soudain je la vois. Je l’observe. Elle se déplace, vite, très vite.
Cependant, mes doigts continuent à s’activer inlassablement. Des centaines de lettres alignées, toutes plus significatives les unes que les autres.
Le «C» hante mon texte. Comme si le «O» le mettait en avant. Elle est omniprésente, décide de tout! Je n’ai plus aucun contrôle. Je subis sa loi, celle du plus fort.

Cela fait maintenant une dizaine de minutes. Je suis tellement sous son emprise que je remplis d’innombrables pages.
Oh diable! revoilà le «C», doublement cette fois. Je ne saisis pas ses si nombreuses présences. Que me veut-il? Pourquoi réapparaît-il autant de fois?
Je ne cesse de ruminer. Mes doigts se fatiguent. J’angoisse, m’active, panique. Je ne cerne pas la raison de cette emprise.

La voilà à l’arrêt sur «enter». Je crois qu’elle se vide. Oui, c’est ça, elle se vide. Tant pis, je nettoierai plus tard.
Elle n’en finit pas de tourner sans cesse autour de ce foutu clavier. Elle est vraiment décidée à me mettre des bâtons dans les roues. Elle monte, puis descend, puis remonte, puis redescend.
Brusquement, elle prend son envol. Je sursaute. Je la cherche. Je frotte mes habits. Je ne vois rien.
J’observe, je me fige. J’attends. Je suis là devant mon écran. J’ignore sa position. S’est-elle glissée dans ma poche, dans ma manche? Elle a disparu… Plus aucune lettre ne s’ajoute sur mon écran.

Puis soudain, le calme demeure. Je l’aperçois du coin de l’œil. Ce sont ses yeux contre les miens. Elle me nargue. Elle poursuit son tour d’honneur. Elle me provoque. Puis, elle s’immobilise. Elle me scrute. Comme si elle riait de mon anxiété.

Finalement, elle me tourne le dos et…Tout à coup, je frappe. La voilà inerte…Je n’ai aucun regret, non aucun!

Après un instant de silence, je réagis. Oh Madone! Sotte que je suis! Je viens d’assassiner mon précieux porte-bonheur.

Tout correspond! Elle le décide: elle s’arrête. Je ne décide pas: ça s’arrête. Comme un étrange lien unit ces deux cas. Une coïncidence…peut-être pas si aléatoire que ça!..

Avant que la bête à bon Dieu ne rejoigne définitivement le ciel bleu, elle m’a murmuré dans son dernier soupir: «Je suis maîtresse de ton inspiration.»



GuP1

17 avril 2010

Une matinée littéraire à Orsières

Catherine Lovey la romancière et Roger Fellay l'animateur de cette dédicace.



(photo mise à jour en 2023)

Justine Volluz, primée (catégorie 13-15ans) par l'Association valaisanne des écrivains pour sa première nouvelle.

Une cinquantaine de personnes était présentes, pour recevoir Catherine Lovey.

Photos Urbain

Catherine remonte à Orsières.

Matinée dédicace à la bibliothèque d'Orsières avec Justine Volluz et Catherine Lovey.

En plein pendant que se prépare le salon du livre, c'est sympa de penser que des auteurs prennent le temps de se déplacer. La bibliothèque municipale et scolaire vous invite ce samedi 17 avril, à 10 h, à rencontrer Catherine Lovey, originaire d’Orsières, à l’occasion de la sortie de son 3e roman «Un roman russe et drôle» dont nous étions d'ailleurs les premiers à parler. Une belle matinée en perspective.


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