28 août 2014

Au coeur de la guerre des langues

Dans le vaste débat qui fait rage depuis quelques jours au sujet de l’enseignement des langues, il convient de rappeler que

L’école n’a pas pour mandat de former des élèves bilingues.
Cela est vrai autant pour l’allemand que pour l’anglais. Les attentes pour l’enseignement de l’allemand sont les suivantes d’après le Plan d’études romand (PER):

8e correspond ici à sixième primaire et 11e à troisième année du cycle. Dans le PER, le niveau fondamental est appelé niveau 1, le degré moyen niveau 2 et le niveau avancé niveau 3.

Ces lettres et ces chiffres correspondent à la description de l’acquisition des langues par le conseil de l’Europe.

On se rend donc bien compte que l’objectif de l’école n’est pas de former des élèves bilingues, mais d’atteindre un niveau de conversation usuel. Les niveaux A2 et B1 signifient que les élèves ne comprennent pas toutes les subtilités de ce qui leur est dit et qu’ils ne s’expriment pas « sans faute » dans une langue étrangère; mais qu’ils sont capables de se débrouiller dans des situations de la vie courante (se présenter, réserver une table au restaurant, comprendre des informations de lieu, fixer un rendez-vous, décrire son cadre de vie, donner son avis sur un film, etc).


 A aucun moment il n’est question de faire des élèves des personnes s’exprimant indifféremment dans leur langue maternelle ou dans une langue étrangère. On n’aura donc jamais d’élèves quittant la scolarité obligatoire capables de disserter en allemand sur le redressement économique de l’Allemagne au tournant du XXIe siècle ou sur les effets néfastes du réchauffement climatique sur nos modes de vie.

Mais est-ce vraiment l’objectif?

J.Lovey

6 commentaires:

  1. La chose qui nous embête est simple, vu que nous on fait aucun effort pour l'allemand, on préfère que ce soit ceux d'en face qui apprennent le français!

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  2. Je ne crois pas que ce soit juste une question d'effort, c'est une question de priorité:
    - soit on décide que l'école est soumise aux intérêts économiques et dans ce cas, on enseigne l'anglais
    - soit on pense que l'école a un rôle à jouer dans le "vivre-ensemble" et alors on commence par l'allemand

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    1. Très bien résumé. Et vu comme ça, je choisis l'allemand !

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    2. Moi aussi, je regrette même parfois de ne pas avoir été assez assidu à mes cours d'allemand!

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  3. A en croire certains politiciens(ciennes) nos chers têtes blondes auraient une nette perte de neurones par rapport à certaines populations étrangères....Lorsqu'on connait des bambins allophones qui se mettent au français, à l'allemand, à l'anglais en jouant avec des copains, tout naturellement, comment croire que de petits suisse-allemands auraient plus de peine à enregistrer notre langue. Peut-être la peur de l'étranger les prive elle d'une connaissance de l'autre....Jetons des ponts sur le Rösti-graben au lieu de l'approfondir...

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  4. Vous relevez, à juste titre, la question de l'immersion (on parle également de bain linguistique). Si l'on n'a pas le choix de communiquer dans une langue, alors on l'apprend remarquablement vite. Les échanges linguistiques restent ainsi un excellent moyen d'acquérir une langue étrangère; lorsque la durée de ces échanges est courte, on note quand même une nette progression de la motivation dans l'apprentissage scolaire.
    Certains partis suggèrent de rendre obligatoire un échange linguistique en Suisse allemande pour les Romands (l'inverse pour nos voisins) afin de forcer les jeunes à faire l'expérience de la langue de l'autre. Néanmoins, cela poserait de gros problèmes d'organisation pour les parents, les écoles, etc. De plus, il n'est pas certain que le gain en motivation soit flagrant si l'échange est obligatoire.

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