27 mai 2020

La DDC ambitionne de subventionner des multinationales à hauteur de plusieurs centaines de millions de francs, et ce, dans l’intransparence totale.

Mais qu’est-ce que la DDC ?
La Direction du développement et de la coopération (DDC) est l’organe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) responsable des activités de Coopération internationale de la Suisse. Lui incombent la coordination de la coopération au développement et de la coopération avec l'Europe de l’Est avec d’autres offices de la Confédération, ainsi que l’Aide humanitaire de la Suisse.

Un monde sans pauvreté et en paix pour un développement durable: tel est l’objectif de la coopération internationale de la Suisse, laquelle fait partie intégrante de la politique étrangère du Conseil fédéral. Elle promeut l'accession à l'autonomie économique et politique des États, contribue à améliorer les conditions de production et aide à gérer les problèmes environnementaux ainsi qu’à améliorer l’accès à la formation et aux soins médicaux de base.
https://www.eda.admin.ch/deza/fr/home/ddc/portrait.html

De quels subventionnements de multinationales s’agit-il ?
Ce n’est un secret pour personne : la Direction du développement et de la coopération mise de plus en plus sur la collaboration avec le secteur privé. Mais pour la première fois, des documents internes de la DDC montrent qu’un montant annuel de 400 à 600 millions de francs, financé par le contribuable, pourrait à l’avenir être investi dans des partenariats public-privé.

La privatisation : un produit phare d’exportation suisse

La stratégie défendue par le chef du DFAE Ignazio Cassis interpelle, non seulement en raison des millions (d’argent public) en jeu, mais aussi et surtout par la question politique qu’elle souligne : quel type de développement la Suisse veut-elle encourager, et quel modèle de coopération défend-elle sur le plan international ? Selon la DDC, le secteur privé suisse détient une expertise particulière dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de l’alimentation et de la santé. Un exemple de projet issu du secteur « dialogue politique » illustre bien ce qu’elle entend par là : la DDC investit 5,6 millions de francs sur trois ans pour promouvoir le « Water Stewardship 2030 ». Les quatre illustres partenaires de la DDC pour ce projet sont :
Le « Water Ressources Group 2030 », qui associe Nestlé, Pepsico et Coca Cola et qui déclare lui-même son intention de combler le fossé entre l’offre et la demande d’eau au niveau mondial (tout tourne ici autour du mot « bouteille »).
L’« Alliance for Water Stewardship », un label à la réputation fort douteuse, comme l’a récemment révélé en Suisse alémanique le Beobachter.
La « WEF Water initiative », qui fait partie de l’offensive de Klaus Schwab pour privatiser le secteur des biens publics.
Le « CEO Water Mandate » qui, en 2010 déjà, avait reçu le « Public Eye Greenwash Award » du label social ou écologique le moins crédible.

Avec quelle transparence ces multinationales sont-elles subventionnées ?
Un discours honnête plutôt que du ripolinage politique !
La direction de la DDC est bien consciente du caractère explosif de sa proximité avec le secteur privé, comme en témoigne un procès-verbal de septembre 2019. On y lit que la « communication politique est essentielle », et qu’il faut faire clairement passer le message que l’objectif est « une meilleure mise en œuvre de l’Agenda 2030 de l’ONU (…) et non le financement d’entreprises suisses ou multinationales ». Une communication transparente, basée sur des faits, vaudrait mieux que de telles manœuvres de diversion.
La direction de la DDC devrait indiquer concrètement à quels projets des multinationales ont participé au cours des dix dernières années, et de quelle manière : ce ne serait que le strict minimum. 

Sans oublier d’inclure les coopérations par le biais de fondations indépendantes, les contributions fournies, qu’elles soient financières ou non (les heures de travail, par exemple), ainsi que les résultats obtenus. La DDC n’a pour l’heure pas donné d’indications sur ces points. Le Parlement devra donc, ces prochains jours, se prononcer à l’aveugle sur le message le plus important de la DDC depuis des années.
https://www.publiceye.ch/fr/des-subventions-de-la-ddc-pour-les-multinationales

Et
Entremont Autrement s’engage depuis sa création pour une meilleure transparence en politique. Certaines affaires communales au sein de notre district démontrent à l’envi que le manque de transparence aboutit quasi inévitablement à des injustices de traitement entre citoyens ou à une mauvaise gérance des affaires et biens publics. Il en est de même au niveau cantonal dans divers dossiers. Pour ce qui est de ces subventionnements fédéraux (au travers du budget de la DDC) à des multinationales, le manque de transparence affiché jusqu’ici ne laisse rien présager de bon et pose de nombreuses questions sur notre démocratie.
L’objectif de la DDC est un monde sans pauvreté et en paix pour un développement durable. Qui peut croire un instant que des sociétés comme Nestlé, Pespico et Coca Cola ont comme but stratégique un monde sans pauvreté et le développement durable ? Comment peut-on penser qu’en subventionant Nestlé pour développer la distribution d’eau dans une région, les citoyens de cette région ne verront pas exploser le coût de leur accès à cette eau et que la gestion durable des réserves d’eau de cette région sera l’une des priorités de cette multinationale ? Les différents liens ci-dessous tendent à démontrer que pour ce qui est de cette multinationale ayant son siège dans notre pays, la lutte contre la pauvreté et le développement durable ne font pas partie de leurs priorités.

https://www.arcinfo.ch/articles/lifestyle/sortir/nestle-jette-l-eponge-36260
https://reporterre.net/A-Vittel-Nestle-controle-l-eau-la-politique-et-les-esprits
https://www.lepoint.fr/environnement/floride-un-nouveau-projet-de-nestle-fait-polemique-26-08-2019-2331703_1927.php

Pour terminer, chaque conseiller national ou conseiller aux états ayant donné et/ou qui donnera son aval pour de nouveaux subventionnement de multinationales sans être au fait de l’ensemble du contenu des accords entre la Confédération (DDC) et des multinationales seront clairement à mes yeux des imposteurs et des fossoyeurs de la démocratie.

Urbain Gaillard

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