23 mars 2016

Le premier fusible

Le bouc émissaire qu'on sacrifie
«Le bouc émissaire est un concept de sociologie qui désigne en langage courant la personne qui est choisie par un groupe comme devant endosser un comportement social que ce groupe souhaite évacuer » Cette définition ne s’applique-t-elle pas à la perfection au municipal Jean Baillod dans l’affaire des constructions de Verbier ?

Le dernier communiqué de la commune de Bagnes nous apprend que ce monsieur a démissionné «spontanément» du conseil, par «solidarité avec ses collègues». On comprend dès lors que Jean Baillod a choisi de se sacrifier pour «l’intérêt supérieur de la Commune». Ceci devrait en rassurer plus d’un et permettre de laver plus blanc que blanc tous ceux qui ont réclamé des indulgences et qui les ont complaisamment obtenues, comme tous ceux qui ont fermé les yeux sur des pratiques illégales mais largement approuvées. Autant dire que ça fait une belle jambe à tous ceux qui n’ont bénéficié d’aucun privilège et qui voudraient simplement avoir la conviction que la commune est gérée conformément au bien commun et que l’égalité de traitement y est respectée.

Le ministère public a donc reçu le rapport des experts, complet cette fois. Et enfin, le nouveau mandat d’expertise a officiellement été confié à l’ancien juge fédéral Claude Rouiller. Cette expertise sera-t-elle rendue publique ? La question peut se poser si l’on se réfère à l’omerta dont la première expertise a été l’objet.

Tout le monde souhaite que cette affaire soit résolue une fois pour toutes et que Bagnes redore son blason. Cela ne peut en aucun cas signifier que tout doit redevenir comme avant, mais que tout devra au contraire être différent. Pour cela, il faut que la lumière soit faite sur tout ce qui s’est réellement passé et ne pas se contenter d’explorer les espaces délimités par l’éclairage d’un vieux réverbère. On connaît tous le vieux gag :

- Qu’est-ce que tu cherches ?
- Je cherche les clefs que j’ai perdues.
- Tu es sûr de les avoir perdues ici ?
- Non, mais ici, c’est éclairé par le réverbère.

Et on attend la suite avec impatience.


Antoine Cretton, Entremont Autrement

3 commentaires:

  1. Merci monsieur Cretton pour votre engagement pour obtenir des réponses et pour que le système change.

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  2. Au-dessus des lois, il y a Eloi
    Au-dessus d'Eloi, il y a Anne-Brigitte

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    1. Un peu d'humour dans cette triste affaire, enfin ! Ce petit clin d'œil à la First Lady lui fera sûrement plaisir :)

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