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27 août 2013

Position d'Entremont Autrement, section d'Orsières, concernant le projet hôtelier à la Fouly

Suite à la mise à l'enquête de la modification du PAZ et du RCCZ ainsi que du défrichement à la Fouly, Entremont Autrement section d'Orsières (EA)  prend position de la manière suivante:

I. DEFRICHEMENT 


I.1 Environnement 


EA s’oppose au défrichement pour des raisons environnementales. Cette déforestation portera une atteinte au paysage et contrevient manifestement à l’art. 5 de la LFo. La Forêt Derrière a, jusqu’à ce jour, été préservée. Son défrichement donnera une image négative de La Fouly, puisque ce sera la première chose que verront les visiteurs de la station.

Même si, pour le moment, la forêt n’est pas en recul dans notre Commune, il convient de ne pas banaliser tout changement de ce milieu naturel, d’autant plus que les climatologues et les scientifiques soutiennent qu’avec le réchauffement climatique, la forêt va diminuer dans les régions alpines au cours des cinquante prochaines années, en moyenne et basse altitude, et se modifier jusqu’à devenir identique à celle du bassin méditerranéen. Les forêts de montagne telles que nous les connaissons à ce jour seront peut-être les dernières « vraies » forêts que nos descendants pourront admirer.

Notons également que les forêts remplissent un rôle protecteur contre les avalanches, les glissements de terrain, l’érosion et les chutes de pierres.

 I.2 Projet nébuleux 


M. le Président Thétaz a certifié lors de la dernière assemblée primaire que des contacts avaient eu lieu avec des investisseurs étrangers. D’autre part, il est écrit dans le rapport Bisa qui figure dans le dossier de mise à l’enquête : « La Commune est ainsi en contact depuis plusieurs années avec une société qui souhaite investir et développer un projet hôtelier dans la région avec environ 75 chambres de qualité ».

Contrairement à ce qui précède, M. Thétaz a affirmé sur les ondes de Rhône FM, quelques jours après l’assemblée primaire, qu’aucun projet n’est encore défini et qu’il n’y a pas d’investisseurs connus, tout au plus quelques contacts.

EA regrette vivement le manque de clarté entourant ce projet et souhaite que toutes les informations qui pourraient aider la population à se faire une opinion soient communiquées. Une totale transparence est due aux bourgeois et aux citoyens dans un dossier d’une telle envergure. Comment un tel projet peut-il avancer sans consultation populaire préalable autre que deux présentations et informations de fin de soirée d’assemblée primaire et bourgeoisiale ?

II. ZONES HOTELIERES 


En préambule, EA affirme qu’il n’est pas opposé à toute ouverture de zones hôtelières sur la Commune, que les investisseurs soient suisses, israéliens, belges ou qataris. Mais EA mettrait la priorité sur un hôtel de type familial, avec des infrastructures spécifiques aux enfants ou sur un établissement du type du Grand Hôtel de la Fouly (propriété d’une ville, d’une commune, d’une paroisse).

Cependant, avant d’ouvrir une nouvelle zone, ne serait-il pas plus judicieux de maintenir en activité les établissements existants ?

II.1 Clause du besoin 


EA met en doute la clause du besoin établie par l’expertise de feu La Destination Verbier-St-Bernard affirmant que la région manque d’hôtels de luxe. Les hôtels de luxe foisonnent dans tout le Valais, et, plus précisément en ce qui concerne l’Entremont, à Verbier. Dans la Commune d’Orsières, on peut également citer « Montagne Alternative » à Commeire, qui continue de s’agrandir avec trois nouveaux chalets qui vont se construire.

EA se soucie avant tout des familles modestes qui, ayant déjà beaucoup de peine à se loger, se retrouvent également de plus en plus marginalisées pour les loisirs et les vacances.

Notons également qu’en Valais le taux d’occupation des hôtels n’est que de 30% et que même à Verbier, au gros de la saison, le taux d’occupation ne dépasse pas 80%.

II.2 Détournement de la Lex Weber 


Selon les propos de M. Meinrad Coppey entendus sur les ondes de Rhône FM, la zone hôtelière de 15'000 m2 va vraisemblablement être composée d’un hôtel et de dizaines de petits chalets. EA craint que ces petits chalets soient, à l’instar des résidences secondaires, vides les trois quarts du temps. Nous en arriverions donc à la même situation qu’avec la création de résidences secondaires, situation que le peuple suisse a déclaré ne plus vouloir lors de la votation du 11 mars 2012. EA redoute que ce projet hôtelier consiste en premier lieu à contourner la Lex Weber afin de favoriser les secteurs de l’immobilier et de la construction et ce, au détriment du tourisme familial existant.

II.3 Développement durable et tourisme doux 


EA défend le développement durable et le tourisme doux. A son avis, ce projet de va pas du tout dans ce sens, étant donné d’une part, l’atteinte considérable faite à l’environnement (déforestation de 15'000 m2, emprise sur le territoire, débauches de consommation d’énergies inhérentes à un hôtel de luxe) et, d’autre part, l’arrivée dans la station d’une clientèle aisée à très riche, clientèle que l’on sait n’être jamais assouvie et dont les demandes en infrastructures risquent de faire fuir tous les autres touristes qui recherchent tranquillité et authenticité.

II.4 Compatibilité avec le monde paysan 


EA s’inquiète pour les paysans, déjà terriblement mis sous pression par la politique agricole, qui devront s’adapter à ce nouveau tourisme. Il est évident que la présence de ces nouveaux touristes richissimes sur nos chemins et nos alpages ne va pas simplifier les choses, étant donné leurs exigences parfois surréalistes relatives aux odeurs, au bruit (cloches des vaches), etc. Pour exemple, la Commune de Bagnes exige déjà depuis quelques années de ses paysans qu’ils nettoient les chemins pédestres des excréments de leurs animaux !

EA trouve en outre que ce type de projet n’est pas en harmonie avec les traditions et l’histoire du Val Ferret.

*** 


En conclusion, étant donné les incertitudes et le flou qui émanent de ce projet totalement démesuré pour notre Commune, Entremont Autrement section d'Orsières s’oppose à la modification du PAZ ainsi qu’au défrichement.

Toute personne ou groupe de personnes résidant à la Fouly ou ayant une résidence sur place et n’étant pas d’accord avec la modification du PAZ peut faire opposition.

Pour faire opposition au défrichement, il faut être voisin de celui-ci ou être une organisation de défense de la nature. Les oppositions doivent se faire en deux exemplaires et en recommandé.

Entremont Autrement section d'Orsières

24 juillet 2013

La zone hôtelière de la Fouly sur RhôneFM

Le feuilleton du jour sur RhôneFM:

Aux informations de 6h00, Meinrad Coppey, conseiller communal en charge de l'aménagement du territoire s'est exprimé au micro de Sarah May. Le flash est animé par Cédric Jordan.
A 6h30, le flashiste revient sur le sujet et donne la parole à Jean-François Thétaz, président de la commune et Florian Alter, député.
A 7h00 Cédric Jordan ouvre le flash avec le même sujet et Florian Alter fait part des rumeurs sur l'identité des investisseurs pressentis.
A 7h30, ce 24 juillet 2013, le président d'Orsières et le député d'Entremont Autrement Florian Alter ont donné leurs points de vue sur la question.
A 8h00, ouverture du flash par le sujet avec Sarah May qui donne la parole au président Jean-François Thétaz qui se déclare ouvert à toutes les propositions, mais les spéculations vont bon train précise le journaliste.
A 9h00, Cédric Jordan ouvre encore le flash avec ce dossier. Florian Alter assure qu'il ne veut pas péjorer le tourisme qui est le poumon économique de notre région.
A 10h00, l'increvable Cédric Jordan est toujours au micro, le dossier passe au second plan dans le flash.
A 11h00, encore Cédric Jordan qui ouvre avec les tiques, puis les dangers d'incendie,  et enfin en troisième position le dossier de la Fouly.
A 12h15 la nouvelle refait le premier titre du journal de Christelle Fournier, c'est Meinrad Coppey qui présente le projet, Jean-François Thétaz décidément très en phase avec l'opinion publique annonce texto que "la majorité de la population a bien accueilli ce projet". Rappelons pourtant que pour l'instant seule l'assemblée bourgeoisiale a été informée et non pas consultée. Le député Florian Alter prend un peu de recul avec le projet et développe son point de vue.
A 15h00 Christelle Fournier ouvre son flash avec les tiques, puis les orages et les vagues de chaleur, enfin un sujet entremontant avec Michel Darbellay de la Fouly et sa conquête de l'Eiger en solitaire par la face nord, il y a cinquante ans.  L'autre dossier de la Fouly est désormais sorti du sommaire.




16 juillet 2013

Assemblée primaire du 27 juin 2013 à Orsières

Présentation du projet de défrichement à la Fouly : de nombreuses questions encore en suspens

M. le Président de la Commune, Jean-François Thétaz, ne cache pas ses intentions lorsqu’il introduit le sujet : « Comme nous ne pouvons plus construire de résidences secondaires, nous devons trouver d’autres débouchés pour la construction ».

Les jalons étant posés, M. Meinrad Coppey prend alors le relais avec enthousiasme, sans toutefois éviter quelques sarcasmes dirigés contre les écologistes et les services de protection de l’environnement, pour présenter le projet de défrichement de 15’000m2 de forêt bourgeoisiale, au lieudit Fin Derrière à l’entrée de La Fouly, en vue de la construction d’un complexe hôtelier.

M. Coppey a expliqué d’une manière assez détaillée les démarches entreprises afin d’obtenir l’autorisation de défrichement par le canton. Il nous a informés que trois études avaient été entreprises dans ce but. La première étude, qui devait prouver la clause du besoin, a été effectuée par la destination Verbier-St-Bernard. Elle arrive à la conclusion que la clause du besoin est bel et bien réalisée et que l’offre, en particulier pour du moyen et haut de gamme, est totalement insuffisante à la Fouly.

C’est le bureau ETUFOR SA à St-Léonard qui a réalisé la deuxième étude portant sur la justification de la localisation du projet. L’expertise conclut que la forêt convoitée est bel et bien le meilleur endroit pour ce méga projet.

La troisième étude porte sur les compensations, inévitables lors d’un défrichement. C’est le bureau BTE à Liddes qui a géré ce dossier et qui a élaboré un savant échange entre d’un côté, le défrichement, et de l’autre, l’entretien et la revitalisation des haies, dans le cadre du réseau agro-environnemental. Ces mesures compensatoires auraient été acceptées par le canton. Le travail d’entretien des haies serait effectué par le service forestier de la Commune. Quant au bois, il semblerait qu’il serait utilisé par la Commune pour le CAD.

M. le Président clôt l’assemblée rapidement, après que lui-même et M. Coppey aient répondu à quelques questions. Et après le défrichement, que se passera-t-il ? De nombreuses questions restent en suspens, auxquelles les autorités communales devront répondre afin que l’assemblée bourgeoisiale puisse voter en toute connaissance de cause pour l’acceptation, ou non, du défrichement :

- A-t-on vraiment besoin de 15'000 m2 pour construire un hôtel ?

- N’y a-t-il pas une autre solution (terrains ou bâtiments privés) ?

- Est-ce que ce sont les investisseurs (apparemment israéliens) qui ont contacté la Commune ou le contraire ?

- Sous quelles conditions financières la transaction aura-t-elle lieu (vente, location ?)

- Que se passera-t-il si les investisseurs font faillite ? Ou si ceux-ci abandonnent l’hôtel après quelques années, faute de rentabilité ou pour toute autre raison ?

- Ce projet s’inscrit-il vraiment dans une démarche de développement durable ?

- Sera-t-il utile pour les générations futures ? A qui profitera-t-il vraiment dans l’immédiat ? A qui portera-t-il préjudice ?

- N’y a-t-il aucun risque que des terrains à bâtir soient dézoné pour compenser l’ouverture de cette zone hôtelière ?

- A-t-on vraiment réfléchi aux conséquences d’un hôtel de luxe sur l’environnement ? Aux nuisances durant les travaux ? Aux infrastructures à mettre en place ?

- Alors que l’on sait que les hôtels valaisans ne présentent un taux d’occupation que de 30%, ce projet est-il bien raisonnable ?

- L’intrusion du service forestier sur des parcelles privées sera-t-elle acceptée par les paysans propriétaires ? Comment la Commune envisage-t-elle à long terme l’entretien des haies, celui-ci étant un travail à recommencer indéfiniment ?

- Est-on prêt à changer radicalement le visage de la petite station familiale de La Fouly ? Voulons-nous abandonner le tourisme doux ?

- Un hôtel de luxe est-il compatible avec l'agriculture, très vivante à la Fouly, dans toute la vallée et sur les alpages ? Ne devait-on pas se préoccuper de l’hôtellerie bien avant que ne tombe la Lex Weber ? (que sont donc devenus les magnifiques hôtels de Ferret et Alpes et Lac de Champex ?)

- Des rumeurs font état de pistes VTT qui seraient envisagées par les investisseurs. Comment conciliera-t-on ce sport avec la présence des nombreux troupeaux de vaches et de moutons paissant sur les alpages ? Et avec les randonneurs qui recherchent paix et tranquillité ?

- Ce défrichement n’est-il pas le début d’une fuite en avant dictée par des investisseurs fortunés et que nous ne pourrons plus maîtriser ?

Une bourgeoise*

*nom connu de la rédaction

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