10 novembre 2016

L’avenir des stations touristiques

Lundi dernier, une étudiante de l’EPFL, Fiona Pià, soutenait en public la thèse de doctorat qu’elle vient de consacrer au développement des stations alpines. Son titre ? "Urbaniser les Alpes suisses : stratégies de densification des villes en altitude." Sa proposition est pour le moins originale et même audacieuse, si l’on en juge aux réactions que ses propos ont suscité dans la salle.

Des stations comme Verbier sont assimilables à des villes à la montagne, aujourd’hui déjà. Elles ont en général atteint leurs limites en matière d’emprise sur le territoire. Si l’on veut respecter le paysage tout en limitant les nuisances, il s’agit maintenant de "densifier" au mieux les espaces déjà construits - qui sont d’ailleurs équipés à grands frais - et éviter à tout prix de coloniser d’autres territoires vierges.

"Pour résoudre les problèmes de saturation du trafic", dit Fiona Pià, "la commune de Bagnes projette de construire deux nouvelles routes de contournement, dont une en zone d'avalanche rouge. Dans cette même logique de mitage du territoire, de nouveaux logements sont projetés sur les flancs presque vierges de Bruson, nécessitant encore de nouveaux équipements. Verbier contient pourtant déjà de nombreuses routes et infrastructures. Il est donc souhaitable de densifier encore la station pour prolonger son "cycle de vie" et éviter de coloniser d'autres territoires vierges." 

La doctorante ne propose ni de construire de grands immeubles en montagne ni de parsemer le territoire de chalets isolés. Elle propose en revanche d’assurer une continuité entre la construction de logements et les infrastructures de transports, des transports publics non polluants et non bruyants. Ainsi, à Verbier, elle préconise cinq stations de télécabines qui marient à la fois les commerces, les habitations, les hôtels et les espaces publics piétons.

Le conseil communal devrait être sensible à ces propositions. Il n’a jamais été opposé à une densification des constructions en station. Les milieux de la construction seront-ils prêts à changer de logique ?

Antoine Cretton
Conseiller communal élu
Entremont Autrement

2 commentaires:

  1. Merci Antoine de relayer et de partager ces visions pour un développement plus responsable; cela démontre aussi qu'Entremont autrement n'est pas un mouvement d'opposition, mais un partenaire d'opinions différentes et constructives. Bravo pour ton implication et tes réflexions. Je te souhaite beaucoup de courage pour faire avancer les dossiers et modifier la logique des "maquereaux des cimes blanches".
    PAP

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  2. Merci PAP. Ce que j'aime chez toi, c'est que tu es jeune depuis plus longtemps que les autres !

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