7 juin 2016

Tout ce qui rentre fait ventre


Une ambulance stationnée huit mois par année dans le chef-lieu entremontant et le reste de l'année - en haute saison - à Verbier, une antenne médicale à Verbier, une autre au Châble et enfin une dernière à Sembrancher, l'offre de soins dans le district n'aura jamais été aussi conséquente dans quelques années. Pour quels coûts et quels bénéfices? À l'heure où nos primes maladies ne cessent de croître, la commune de Bagnes a-t-elle eu raison de faire cavalier seul sur ce dossier? Le développement d'un centre médical au Châbles est-il un signe de raison ou s'agit-il d'un aveu de faiblesse de nos politiques qui n'ont pas su ou pas voulu rassurer la population sur la qualité des soins que lui garantiraient les centres de Verbier et de Sembrancher? S'agit-il d'un caprice de riche ou ce dernier répondra-t-il à un véritable besoin?

Dernièrement j'ai eu le plaisir d'échanger avec une citoyenne bagnarde sur la nécessité de conserver des soins de proximité et sur la nécessité de l'installation d'un centre médical au Châble. Cette dernière admettait y être très attachée tout en concédant vouloir se rendre à celui de Sembrancher. En effet, son médecin de famille, qui a actuellement son cabinet médical à Orsières, va prochainement s'installer dans la toute nouvelle maison de la santé. En somme, la maison de la santé va donc la rapprocher de l'offre de soins dont elle bénéficie aujourd'hui. Ce cas n'est pas isolé. De nombreux bagnards fréquentant actuellement les cabinets médicaux d'Orsières vont également profiter de cette centralisation des compétences médicales.

De fait, quels patients se rendront au centre médical du Châble? Selon une étude comparative menée par l'Insee, la création d'une offre sanitaire de proximité ne rimerait pas nécessairement avec consommation, d'autres facteurs comme le lieu de travail entrant en compte. Si tel est le cas, il sera intéressant de juger dans quelle mesure le centre médical du Châble attirera des patients? À l'opposé, le CREDES avancerait que selon le type de prestations, comme un service d'urgences, la présence d'une offre de proximité induirait sur la consommation de l'offre sanitaire par les patients. Dans le contexte que nous connaissons, où nous souffrons d'une pénurie de personnel soignant et où les coûts de la santé prennent l'ascenseur est-ce bien pertinent et responsable de développer une offre de soins supplémentaire?

Selon le coordinateur de la société des médecins de la Maison de la santé cité par Antenne Région Valais, Médidranse SA, Jean-Pierre Deslarzes, la notion d'éloignement de ce centre médical est un faux problème.
"Cette future Maison de la santé de Sembrancher n'est distante que de quatre minutes et demie du pont du Châble comme du centre d'Orsières."
En conclusion, l'antenne du Châble semble répondre à un trop : à trop de proximité, trop de prestataires de santé, trop de coûts générés, trop d'égoïsme de la part des autorités locales... Espérons seulement que cela ne se fasse pas au détriment des patients d'autres vallées latérales qui voudraient aussi se montrer attractive pour des médecins, ni au détriment de nos primes maladies ou d'autres pans de l'offre sanitaire régionale, comme les aînés où la collaboration intercommunale doit être une évidence.

Pierre Troillet
Bagnes

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2 commentaires:

  1. Bien sûr que lorsqu'on centralise, on perd en proximité, c'est une lapalissade.Mais en regardant les choses de près, le nombre de patients qui se rendent à pied aux cabinets du Châble ou d'Orsières ne sont qu'un petit pourcentage. Une grande partie utilise une voiture. certes pour les utilisateurs des cars, cela complique le déplacement, puisqu'il faut encore prendre le train. Mais ces personnes sont de plus en plus rares.
    Le but de cette centralisation est avant tout de créer une structure suffisamment attrayante pour faire venir des jeunes médecins dans notre région et ainsi d'assurer une couverture médicale pour le futur.Le cabinet du Châble ne paraît pas répondre à ce critère, puisqu'il est toujours vide, malgré les conditions économiques offertes favorables.
    Il y a des années, il avait été décidé de supprimer le service de gynécologie-obstétrique et celui de la pédiatrie, pour centraliser ces spécialités à Sion. Nous avions trouvé cela injuste et quasi inadmissible...Mais aujourd'hui, qui songerait à ramener ces services à Sion? On se prépare au contraire à déporter la chirurgie orthopédique à Sion et personne ne montera aux barricades.
    Les temps changent, la société évolue, les gens aussi.
    Gilbert Darbellay

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  2. Bon, c'est quand que vous annoncez vos candidats à Bagnes?

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