28 janvier 2016

Enfants assassinés par la spéculation!

« Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné. » Les propos de Jean Ziegler, rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation entre 2000 et 2008, sont terriblement clairs. Si, de par le monde, un milliard de personnes sont actuellement exposées à une mort par la faim, ce phénomène n’est pas une fatalité. Les famines ne sont pas causées par un manque de nourriture sur la planète, mais par plusieurs mécanismes pervers, dont la spéculation sur les denrées alimentaires, qui renforce la volatilité des prix. Ainsi, 60% des fluctuations des prix dans ce domaine sont liées à la spéculation. Ces opérations spéculatives – qui ne créent aucune valeur – causent d’énormes dégâts dans les pays du Sud. La spéculation est une activité parasitaire qui nuit à l’économie réelle et à l’agriculture à travers le monde. Avec l’évolution des prix, les populations des pays en développement ne peuvent bien souvent même plus racheter leurs propres récoltes !

La Suisse s’engage au niveau international pour combattre la faim et la pauvreté. C’est bien. Mais pour être crédible, nous devons avoir la cohérence de fixer des règles éthiques à notre place financière. Et comme celle-ci joue un rôle important dans le commerce de la faim, une règlementation en Suisse aurait valeur d’exemple au niveau international. Nous avons une très forte responsabilité morale dans cette problématique.

Surtout, cette initiative pose un principe clair et simple : on ne joue pas avec la nourriture. Les denrées alimentaires ne sont pas des biens comme les autres. Cette spéculation est la plus répugnante des formes de spéculations : elle permet à certains de dégager d’énormes profits, aux dépens des populations les plus pauvres, mais aussi de tous les agriculteurs. Les paysans suisses sont eux aussi touchés par cette spéculation, qui coûte cher à l’agriculture suisse. Avec trois exploitations agricoles qui disparaissent par jour en Suisse, il est plus que temps d’agir.

Cette initiative ne fera pas disparaître, du jour au lendemain, la faim dans le monde. Mais en mettant un terme à une spéculation qui fausse les prix et provoque des famines, nous aurons sauvé des vies et agi de façon juste.


Mathias Reynard
Conseiller national et membre du comité d’initiative


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