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30 mars 2019

L'incroyable histoire des événements du 11 septembre d'Orsières.

Chargé d'animer la partie récréative de la soirée des dix ans d'Entremont Autrement, l'humoriste Daniel Rausis a amusé la galerie en revenant sur une affaire qui avait défrayé la chronique dès 1923 et dont le premier acte s'était déroulé sur la place à Orsières.
Un feuilleton dont les héros sont le colonel Louis-Henri Bornand, l'un des hauts gradés de l'armée suisse et personnalité de premier ordre du canton de Vaud, le sergent et pasteur Auguste Estoppey, fondateur de la Valdesia, Arthur Fonjallaz dont la carrière l'a fait dériver lentement du Parti radical, à l'UDC de l'époque pour devenir le Duce du parti fasciste suisse puis espion au profit de l'Allemagne Nazie et enfin Léon Nicole, le tribune socialiste qui fonda le parti du travail avant de s'en faire exclure.
Toute cette histoire racontée sur un ton léger a été publiée sur notre blog. On pourra la lire en suivant le tag  L'affaire d'Orsières

27 mars 2016

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (X)

On nous écrit:

Il y a quelques années, votre blog avait publié un feuilleton assez amusant à propos de l’affaire d’Orsières.

En résumé:

Le 11 septembre 1923 le colonel divisionnaire Bornand, 61 ans, célibataire, commandant du premier corps d’armée était dénoncé pour s’être prétendument exhibé nu aux fenêtres de l’Hôtel des Alpes.

Le colonel Arthur Fonjallaz va s’emparer de l’affaire pour tenter de déstabiliser l’armée en dénonçant la présence des colonels divisionnaires issus de la milice, il préfacera un ouvrage en 1925 sur la question et finira lui-même par dériver vers l’extrême droite en créant le parti fasciste suisse. Lors de la seconde guerre, il est condamné comme espion à la solde des nazis.

Le communiste Léon Nicole s’appuiera sur ce scandale en novembre 1925 pour réclamer au conseil national la démission du conseil fédéral.

Bornand meut en 1927, Fonjallaz en 1943 et Nicole en 1965,

La plainte avait été adressée par le sergent Auguste Estoppey, pasteur de Gryon qui sera obligé de démissionner pour calomnie, perdant son grade et son poste.

Votre feuilletonniste disait ignorer la suite de sa carrière. La voici:

Auguste Estoppey fut condamné à 20 jours d’arrêts et enfermé dans le fort de Savatan dans des conditions difficiles.

Cité devant la Commission synodale pour y répondre d’une plainte du conseil municipal de sa commune, il est mis en devoir de démissionner. Il lui est, de plus, donné à entendre qu’il ne pourra plus exercer dans le canton. Pour protester le conseil de paroisse démissionne en bloc. Peut on lire dans le journal «Le Nouvel Essor» qui en appelle à la création d’une ligue des droits de l’homme pour le défendre.

Auguste Estoppey a donc été contraint à l’exil après avoir été 14 ans pasteur de Gryon il travailla à l’église libre de Gênes, avant de revenir à l’Auberson après la mort du colonel Bornand (1927-1935), à Savigny (1935-1941). Entre 41 et 46 il fut réintégré dans l’armée et exerça comme aumônier militaire, une espèce de réhabilitation. Il termina sa carrière à l'Etivaz de 1946 à 1956, il est mort en 1959 à l’âge de 70 ans.

16 novembre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (IX)

Epilogue:
On est sans nouvelle de la suite de la carrière du pasteur Estoppey, on sait que le commandant de corps Bornand est mort en 1927, et que l'affaire d'Orsières a été le point de départ de la dérive de Fonjallaz vers l'extrême droite, Léon Nicole qui s'était emparé de l'affaire au conseil national n'est pas resté longtemps l'allié objectif d'Arthur Fonjallaz. Léon Nicole au dire des admirateurs d'Arthur Fonjallaz (qui dénoncent la falsification de son histoire par les manipulations des historiens antifascistes prostaliniens et sionistes) a attaqué en 1936 Arthur Fonjallaz par une vingtaine d'articles publiés dans Le Travail. Les dévots d'Arthur Fonjallaz dénoncent aujourd'hui également le Dictionnaire Historique Suissse comme étant manipulé. Si la tentation puritaine à la manière du pasteur Estoppey n'est pas morte chez nous, la tentation fasciste et la dérive à la manière d'Arthur Fonjallaz non plus. Cette histoire-là reste encore à écrire, prudemment.
On retiendra de cette petite histoire dans la grande, que les événements du 11 septembre qui sont passés à la postérité sous le nom d'affaire d'Orsières ont été le prototype de l'instrumentalisation politique et médiatique du rien pour créer la polémique, méthode courante de nos jours.
A quand une statue sur la place d'Orsières, une plaque sur l'hôtel des Alpes, un livre, une pièce de théâtre, un oratorio, un espace muséographique et une thèse pour nous rappeler cette événement funeste? Ce modeste feuilleton rapide et imprécis, vu la modestie des sources, n'a pour but que d'en stimuler les prémices.

Fin provisoire.


5 novembre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (VIII)

Le colonel Fonjallaz qui est le vrai moteur de l'instrumentalisation de l'affaire d'Orsières avait pour but de discréditer ceux qui n'étaient pas soldats de métier dans la carrière d'officier. L'armée comptait neuf divisionnaires et Fonjallaz ne supportait pas que Bornand sorte de la milice. Il est jaloux de Bornand.
(source Journal de Genève 3 octobre 1925).
Dans une lettre au Conseil d'Etat vaudois le chef du Département militaire précise chaque point de l'enquête. On y apprend qu'à l'issu du cours de répétition de la batterie d'obusiers 74, le sergent monté Auguste Estoppey a adressé au Département (...) une plainte (...) accusant cet officier d'avoir eu, le 11 septembre 1923, à Orsières une "attitude indigne".
Selon le DMF le sergent Estoppey était animé par un ressentiment personnel envers le colonel-commandement de Corps. On n'y parle pas du tout de son puritanisme et de sa foi chrétienne.
(source Gazette de Lausanne 23 septembre 1925)
Le grand acquis de cet épisode, c'est que grâce à cette lettre qu'on peut savoir enfin la date exacte de l'affaire d'Orsières, le 11 septembre 1923. Que les deux mobiles admis par l'opinion publique d'alors et souligné par les autorités sont le ressentiment aussi bien chez Estoppey que chez Fonjallaz.
Quant au colonel Bornand qui avait 61 ans au moment des faits, il était célibataire, officier de milice, il fut également juge d'instruction fédéral de 1901 à 1921.
(A suivre)

4 novembre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (VII)

Notre feuilleton a fait s'éloigner désormais ses protagonistes extrémistes qui se sont emparés de l'affaire d'Orsières pour déstabiliser le gouvernement et l'armée, Léon Nicole et Athur Fonjallaz.
Reste encore à dire deux mots du déclencheur de l'affaire, le pasteur Estoppey dont le puritanisme est une forme d'extrémisme particulière. Revenons sur le fait initial. Le Journal de Genève en a parlé le 20 août 1924, bien avant la parution du livre de Fonjallaz et de l'intervention de Nicole à Berne.
L'affaire s'est déroulée en septembre 1923 à Orsières.
(...) Le commandant du 1er corps d'armée, M. le colonel Bornand fit sa toilette après la manoeuvre. Il était dans sa chambre, et son vêtement ressemblait fort, dit-on, à celui qu'on se plaît à donner à la vérité lorsqu'elle sort du puits.
Le malheur voulut qu'il fut aperçu, d'une fenêtre de la maison d'en face, par un pasteur qui, lui, était habillé, et portait sur son uniforme le galon de sergent. Le pasteur - M. Estoppey, pour ne point taire son nom - se rendit, vous le supposez, auprès du colonel, et l'informa charitablement qu'aucun angle mort ne le mettait à l'abri des regards indiscrets de ses voisins?
- Que non pas: le sous-officier resta muet jusqu'à la fin du service, et, ce jour-là, envoya une plainte au Département militaire fédéral contre le colonel.
- C'était idiot? direz-vous sans doute. Incontestablement.
(...)
Le sergent Estoppey invoque sa conscience de chrétien convaincu et ses sentiments patriotiques pour maintenir ses dires: à ses yeux, le colonel Bornand n'est pas seulement apparu à la fenêtre d'Orsières, il s'est "exhibé", exhibition voulue et prolongée.

Ce petit fait est intéressant car le puritanisme n'appartient pas seulement aux pasteurs, il est aussi l'un des fondements du catholicisme intransigeant d'ici. Et il a été plus d'une fois ridicule lorsqu'on a également tenté de monter en épingles des affaires anodines. On se souvient par exemple de la dénonciation de certains manuels scolaires accusés de pornographie par René Berthod, il y a de nombreuses années. Et l'actualité toute récente autour de l'affaire des manuel d'éducation sexuelle avec l'intervention de Claude Roch montre que ces temps de puritanisme ne sont pas terminés. D'autres en parleront un jour. Ce qui a perdu le pasteur puritain, prude, pudibond, mômier et vertuiste, c'est qu'il s'attaquait à l'intouchable armée, il allait donc être utilisé comme martyr du militarisme par ceux dont il se serait bien passé du soutien et comme allié pour assouvir des vengeances personnelles comme celles d'Arthur Fonjallaz, discrédité depuis cette tentative.

(à suivre)

19 octobre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (VI)

Résumé des épisodes précédents: L'affaire d'Orsières fait la page une de la Gazette de Lausanne du 3 octobre 1925. Léon Nicole monte au créneau et prend la défense du sergent dégradé Estoppey, c'est un peu une affaire Dreyfuss mais à la dimension de notre immense pays.
Pour avoir dénoncé son colonel, Estoppey est condamné pour calomnie, perd son grade et son métier. Celui qui est pasteur à Gryon et sergent à Orsières vient de dénoncer le colonel Bornand comme exhibitionniste, ceux qui ont signé la plainte avec lui se sont rétractés. Une enquête menée sur place a par scrupule mesuré la distance d'où il a été vu, et par minutie la mesure de la hauteur de l'appui de la fenêtre où il se serait montré!
Eh oui, le colonel Bornand a été accusé de s'être laissé apercevoir par son sergent pasteur dans "le simple appareil d'une beauté arrachée à son premier sommeil." L'exhibitionnisme est un délit grave condamné par la loi pénale.
Le conseiller fédéral Scheurer précise que "le colonel Bornand, faisant ses ablutions après une longue manoeuvre, se mit à la fenêtre de l'hôtel qu'il occupait Orsières, attiré par un bruit sur la place." L'enquête minutieuse a démontré qu'il n'y avait pas eu exhibitionnisme.
Dans la foulée, ayant répondu à Léon Nicole, le chef du département militaire Scheurer dénonça les agissements d'Arthur Fonjallaz désormais discrédité.
"Qu'on cesse de suspecter à la légère l'honneur d'un concitoyen (bravos)", rapporte encore la Gazette de Lausanne.
Le colonel Louis-Henri Bornand commandant du premier corps d'armée de 1918 à 1926 est mort dans les tous premiers jours de 1927. La hauteur des fenêtres de l'hôtel des Alpes (le nom n'est pas précisé dans nos sources, mais parle d'un hôtel dont on peut voir la place d'Orsières) permet-elle à un pasteur d'entrevoir l'engin? Etait-il au garde-à-vous? La grande ni la petite histoire ne le disent. Des journaux satiriques de l'époque s'en sont emparés, et un livre d'histoire sur l'armée y est revenu une fois au moins. La source principale de notre récit reste la Gazette de Lausanne de 1925. Pour ceux que l'histoire locale intéresse plus que la grande, nous rajouterons quelques détails dans un prochain épisode.

28 septembre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (V)

Résumé des épisodes précédents: Novembre 1925, l'affaire d'Orsières est sur toutes les lèvres, Léon Nicole est au perchoir du conseil national, s'appuyant sur un pamphlet préfacé par Athur Fonjallaz, futur fasciste, il attaque de front le gouvernement et l'armée.
Il prend la défense de l'homme qui a tout déclenché et qui était présent à Orsières le jour de l'éclatement de l'affaire: le pasteur Estoppey.
Le pasteur Estoppey est la première victime de l'affaire d'Orsières. Il était à l'époque pasteur de Gryon et accomplissait un cours de répétition comme sergent à Orsières. Accusé du délit de calomnie, il a été condamné à être dégradé et purge des arrêts répressifs au sens propre: "il a fait ses arrêts au moment qui lui convenait le mieux; on lui a permis de les interrompre pour s'occuper de ses affaires privées" témoigne le conseiller fédéral Scheurer. On apprend aussi que le pasteur Estoppey quitte son ministère à la paroisse de Gryon, "honni par le Conseil municipal de sa paroisse à la suite de louches manoeuvres, mis à l'interdit par le gouvernement vaudois et contraint de quitter le pays." De quelle faute grave a été accusé le sergent pasteur Estoppey? Celle d'avoir calomnié le colonel Bornand et de permettre au bientôt mussolinien Fonjallaz et au futur stalinien Nicole de déstabiliser l'armée et le gouvernement. Mais bordel, de quel forfait épouvantable a été accusé de manière calomnieuse selon la justice militaire le colonel Bornand? Vous le saurez en lisant les prochains épisodes de notre fascinant feuilleton.

(pour lire l'intégralité des épisodes parus, cliquer ci-dessous sur L'affaire d'Orsières.)

13 septembre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (IV)

Résumé des épisodes précédents: Le futur espion à la solde des Nazis, Arthur Fonjallaz, est démissionnaire de l'armée suisse après un pamphlet qu'il a préfacé attaquant un autre militaire.
L'affaire qui est au centre de cette préface et de ce pamphlet devient dans la presse de 1925, l'affaire d'Orsières. Elle fait l'objet d'un débat au conseil national traité en première page de la Gazette de Lausanne le 3 octobre 1925. C'est curieusement le socialiste Nicole qui s'empare de l'affaire en suivant les thèse d'Arthur Fonjallaz qui n'est pas encore fasciste. Léon Nicole, vous le savez tous, est l'un des animateurs de la grève de 1918, acquitté par un tribunal militaire en 1919, il est élu dans la volée au Conseil National. Il est la figure de proue du Parti Socialiste genevois et milite contre l'adhésion au Komintern. Exclu du PS en 1939. En 1944, il sera président du parti du Travail dont il est exclu en 1952, alors qu'il est toujours conseiller national. Pour les détails la lecture du DHS est instructive. N'insistons pas le curriculum est posé.
Donc en novembre 1925, Léon Nicole monte au perchoir du conseil national et demande carrément au conseil fédéral "s'il pouvait continuer à assumer devant le peuple suisse la responsabilité des charges écrasantes pesant sur l'ensemble du pays." (On ne sait pas si par cette formule, il appelle le CF à démissionner le militaire ou démissionner tout court, à défaut pour dramatiser l'affaire, choisissons la deuxième interprétation). Le nom d'Orsières est régulièrement prononcé dans cette mémorable journée du conseil national.
L'affaire d'Orsières allait-elle faire tomber le gouvernement sous les coups d'un futur communiste s'appuyant sur le libelle d'un prochain fasciste? Vous le saurez en lisant nos prochains épisodes de ce passionnant feuilleton.

2 septembre 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (III)


Résumé des épidodes précédents
Arthur Fonjallaz a commencé sa dérive vers l'extrême droite suite à un événement qui s'est déroulé à Orsières. D'origine radicale, il a successivement adhéré au PAI (UDC), puis à la Heimatwehr, de nature plus maurrassienne que réellement fasciste, puis a créé le parti fasciste suisse, puis est devenu espion pour l'Allemagne nazie. Joli parcours.
Reste à établir ce qui a amené le discrédit sur Arthur Fonjallaz. C'est surtout un ouvrage dont il s'est servi pour déstabiliser un autre militaire. On pourra s'en rendre compte en lisant, Un chef l'affaire, L.-H Bornand, paru en 1925, préfacé par le Colonel Fonjallaz.
Pour les plus conservateurs d'entre vous qui avez gardé les numéros du Nouvelliste de 1924, vous pourrez relire Nouvelliste,1924,94,p. 2-3; 95,p. 1; 1925,105,p. 3; 108,p. 2; 109,p. 2; 110,p. 2; 114,p. 2; 129,p.2; 1926,15,p. 3. pour constater que notre affaire aura été un véritable feuilleton médiatique. Nous verrons bientôt comment cette affaire prend une dimension nationale! Comment un évenement survenu à Orsières a provoqué cette affaire, vous le saurez en lisant le prochain épisode de notre passionnant feuilleton.

31 août 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (II)

Le premier épisode de notre feuilleton historique nous a rappelé que le parti fasciste suisse a été fondé par Arthur Fonjallaz, colonel vaudois discrédité. Pour comprendre comment Orsières intervient dans cette grande histoire, il est nécessaire de revenir un instant dans ce deuxième épisode sur la personnalité d'Arthur Fonjallaz et surtout sur ce qui a amené à son discrédit.
Sa vie a très mal commencée puisqu'il naît à l'hôpital psychiatrique de Cery alors que sa mère est internée. Son père est vigneron-propriétaire du côté de Cully, député et syndic radical. Il est commandant d'une brigade landwehr au moment de la naissance du petit Arthur.
Arthur Fonjallaz fréquentera l'académie militaire de Modène, où, explique le Dictionnaire historique de la Suisse, naît son italophilie. Rentré en Suisse en 1895, sa carrière militaire est rapide. En même temps, études de sciences sociales et politiques à Lausanne et doctorat en 1922. Toutefois, en 1923, le colonel brigadier F. démissionne, à la suite de divers conflits dans l'armée suisse. A partir de ce moment va commencer sa dérive vers l'extrême droite, en 1927 il adhère au PAI (UDC) alors qu'il est chargé de cours au poly de Zurich. Il adhère à la Heimatwehr en 1932. Et fonde la Fédération fasciste suisse en 1933. Il est condamné en 1941 pour espionnage au profit de l'Allemagne nazie. Il meurt en 1944. Le discrédit qui a pesé sur lui est donc né en 1923 au moment où le colonel a été poussé à démissionner de l'armée.
Comment cette dérive d'Arthur Fonjallaz est née d'un événement qui s'est passé à Orsières, vous le saurez en lisant bientôt le troisième épisode de notre feuilleton.

29 août 2010

Orsières dans la tempête de la grande histoire. (I)

Quel rapport entre la petite et la grande histoire? L'été étant propice à la lecture, nous avons retrouvé des documents qui permettent de montrer qu'il s'est passé à Orsières un événement qui a eu des conséquences folles sur l'histoire politique suisse, concernant la montée du fascisme, mais également une demande explicite de la démission du conseil fédéral par les communistes, et plus surprenant encore des bisbilles dans l'Eglise réformée! Pour nous instruire et nous amuser, voici le premier épisode de ce feuilleton passionant.
Le dictionnaire historique suisse raconte ainsi la naissance de la Fédération fasciste:
En 1933, après la victoire de Hitler et la naissance des fronts, la Fédération fasciste suisse voit le jour. Arthur Fonjallaz, colonel vaudois discrédité mais à l'ambition politique intacte, en est le chef. Il est parvenu à nouer des relations directes avec Mussolini. Le duce le reçoit à quinze reprises au moins et lui octroie plus de 600 000 francs de subsides. Son aide financière vise à freiner aussi bien le développement du socialisme en Suisse, que celui du frontisme, perçu à Rome comme une émanation du nazisme. Le mouvement de Fonjallaz, qui se borne à proposer pour la Suisse les recettes appliquées en Italie, n'obtient qu'un très faible écho.
Quelle rapport avec la coquette bourgade d'Orsières. Vous le saurez à la lecture de notre passionnant feuilleton. Tous vos commentaires sont bienvenus.

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