31 juillet 2019

Egalité hommes-femmes et monde professionnel

Depuis quelques semaines, un mouvement initié par les Femmes Socialistes Suisse a été lancé « On ne se taira plus ! » La toile est inondée de photos où l’on s’offusque de la représentation féminine dans le monde professionnel. Du coup, après la grève des femmes du 14 juin, j’ai voulu mettre en avant la réalité de l’emploi à temps partiel pour les femmes et les hommes, ainsi que la place réservée aux femmes dans les postes à responsabilités en Suisse.

L’égalité hommes-femmes dans la vie professionnelle fait partie des droits fondamentaux garantis par la Constitution helvétique depuis 1981. Dans ce domaine, j’y vois deux inégalités marquantes qui doivent impérativement être gommée par les milieux économiques et politiques de notre pays.

La première inégalité concerne le taux d’occupation, c’est-à-dire le temps partiel accordé aux employés !
Selon les chiffres de l’OFS, 59% des femmes travaillent à temps partiel contre 17,6% des hommes. Cela s’explique, toujours et encore, par le modèle traditionnel qui prédomine dans notre société, soit que la femme s’occupe de la famille et que l’homme ramène de l’argent pour faire vivre celle-ci.


Les échanges que j’ai dans mon entourage montrent la difficulté pour les employeurs, selon le domaine professionnel, d’accéder à la demande faite par les hommes de travailler à temps partiel afin de pouvoir également s’occuper de leur famille. Nombreux sont ceux qui se voient refuser de telles demandes, voir qui n’osent pas faire la demande, de peur d’être mal vus.
Il me paraît plus que nécessaire d’inciter les hommes à oser faire ce pas et d’inciter les milieux économiques à changer leurs normes d’employabilité et d’aménagement du temps de travail !

La deuxième inégalité concerne la situation professionnelle des employés dans le monde du travail. 

Selon les chiffres de l’OFS, 20.7% de femmes salariées occupent un poste à responsabilité au niveau Suisse contre 31.8% d’hommes. Une des principales causes est lié à la maternité qui stoppe régulièrement la carrière d’une femme, en lien avec notre modèle traditionnel de la famille et la difficulté pour celles-ci de mener de front une vie de famille et une vie professionnelle.


Les postes à responsabilités sont régulièrement synonymes de haut pourcentage, peu compatibles avec une répartition équitable des tâches domestiques et éducatives.
Par ailleurs, les femmes peuvent parfois ne pas oser mettre en avant leurs compétences sur des postes clés par crainte de ne pas être à la hauteur. Cela se reflète dans de nombreux domaines, tel que la politique par exemple. Dès lors, il me paraît important de pousser les femmes à oser postuler pour des postes à responsabilités et d’assumer vouloir allier carrière professionnelle et vie de famille.
Cela devra également passer par un ensemble de mesures facilitant la conciliation vie privée et vie professionnelle. Mon engagement en faveur de l’égalité homme-femme dans le monde professionnel vise à réduire les écarts liés au taux d’occupation et à la situation professionnelle des employés en Suisse.

Pour ce faire, je souhaite :
• Une amélioration de l’offre de structures d’accueil de l’enfance ;
• Une répartition équitable du « travail du Care » ;
• Mettre en place un vrai congé parental, réparti entre les deux parents ;
• Une valorisation du temps partiel dans le monde professionnel avec la mise en place de partage de poste, jobsharing ou offre de télétravail ;
• Un mentoring pour les femmes au sein des entreprises afin de les valoriser en tant que professionnelles compétentes.

Pour toutes ces raisons, j'ai fait grève le 14 juin 2019 car je souhaite un monde professionnel égalitaire et progressiste, des femmes aux postes importants dans nos administrations et entreprises et des hommes qui puissent enfin s’occuper de leurs enfants.

Anne-Laure Secco
Candidate du Parti Socialiste du Valais au Romand au Conseil national

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