26 juillet 2019

50 nuances de Verts

Les Fédérales 2019 approchant à grand pas, bon nombre de partis se sont déjà lancés dans une campagne effrénée pour défendre leur programme. L’un des thèmes phares de ces élections sera l’écologie. En effet, selon plusieurs sondages, ce sujet semble avoir progressé dans les préoccupations des Suisses, posant quelques problèmes à certains partis bourgeois qui n’avaient jusque-là pas vraiment mesuré son importance. Ainsi nous avons vu depuis le début de l’année le PLR tenté de verdir son image en remettant sur la table les potentielles taxes avions, que ses élus au Parlement avaient pourtant balayées.

Plus récemment encore, l’UDC tentait par plusieurs actions de prouver qu’ils ont eu jusqu’à aujourd’hui une image très verte, notamment en soutenant les agriculteurs suisses. Mais évidemment que l’écologie ne se résume pas qu’à une question de proximité, mais plutôt à une remise en question de la structure de la consommation de la population suisse. Cependant, afin de s’éviter ce problème épineux, à savoir remettre en cause l’entier de son programme, le journal exceptionnel de l’UDC est arrivé dans bon nombre de boîtes aux lettres, dont la mienne, pour expliquer en quoi l’écologie est centrale pour eux. A travers plusieurs articles, accompagnés d’une image digne des meilleures années de la propagande anticommuniste, représentant un diable rouge se cachant derrière une feuille verte, le parti tente de diaboliser la gauche bien plus écologique en prétendant que cette dernière utilise l’écologie pour étendre son emprise malfaisante sur toute la société suisse et ainsi imposé un régime socialiste oppresseur. Évidemment, il n’y a nul besoin de dire que ces allégations sont fausses et relèvent des toujours très attrayantes théories du complot.

En dehors de l’antisocialisme primaire, le journal va cependant plus loin… Un article particulièrement s’intéresse de près à l’accroissement possible de la population suisse dans les prochaines décennies, faisant évidemment montre d’une augmentation incroyable de la population étrangère en Suisse. Ces statistiques que l’UDC aime brandir et qui n’ont pratiquement aucun fonds de vérité sont habituelles. Mais au lieu de prévenir l’extinction de l’homo helveticus, il s’agit ici de comprendre pour l’UDC le problème sous un angle écologique. En effet, plus il y a d’étrangers, plus il y a de consommations d’eau ! Et on sacrifie alors allègrement la dignité humaine sur l’autel de la haine : arrêtons d’accueillir ces étrangers, ces parasites qui contribueront à détruire le microcosme qu’est la Suisse ! Et non évidemment la surconsommation énergétique, le plastique non-recyclable utilisé à outrance, ou encore la bêtise humaine actuelle. Ainsi cette grande littérature journalistique nous propose plusieurs solutions salvatrices : acheter chez le paysan du coin, ne pas voter pour les partis écologistes, qui le sont tout de même depuis pratiquement 50 ans, fermer nos frontières aux étrangers et on en passe.

Il paraît donc nécessaire de réaliser d’ici à la fin de cette année que, même si l’écologie est un thème central du débat public, n’est pas écolo qui veut et surtout quand il le veut.

Jasmine Lovey

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