18 novembre 2016

Virage à gauche

Une belle accroche en début de cahier pour un article de fond


Entremont Autrement qui cartonne en obtenant - d’un coup d’un seul - pas moins de six sièges au législatif avec une liste pourtant limitée à quatre noms. L’Union démocratique du centre qui perd ses cinq sièges au Conseil général avec un ticket pourtant riche de sept noms: la commune de Bagnes a enregistré un vrai virage à gauche dimanche lors du deuxième tour des élections communales. Même si les instances d’Entremont Autrement se défendent de placer leur mouvement à l’extrême de l’échiquier et qu’il soit apparenté à une Alliance de gauche pure et dure. «Sans être contestataires, nous réclamons certes du changement mais tout en restant raisonnables», tempère ainsi la présidente d’EA, Sophie Juon.

 L’UDC naufragée

«A Bagnes, nous avons surtout su surfer sur la vague gagnante initiée par l’élection au Conseil communal d’Antoine Cretton.» Si la présidente d’Entremont Autrement confesse que les membres de son mouvement sont plutôt animés par une sensibilité de centre gauche, elle insiste pour rappeler qu’EA défend avant tout des valeurs sociales et humanistes. Un discours qui a donc apparemment plu aux électeurs bagnards, provoquant au passage le naufrage de l’UDC. «Disons que si le Groupement indépendant bagnard n’avait pas persisté dans sa volonté de semer la zizanie, les voix de droite n’auraient pas été essaimées et nous aurions probablement préservé nos acquis», regrettait, 48 heures après l’annonce de la perte de la totalité des sièges UDC au Conseil général, le président de la section locale, Jean-Henri Filliez.
Recalé au même titre que ses six colistiers, ce dernier peut à peine se consoler avec la confirmation du siège UDC au Conseil communal bagnard, maintenu grâce à la réélection d’Yves Bruchez.

Un effet boomerang de Verbier

Mais comment expliquer ce sérieux pas de recul de l’UDC en terre bagnarde? «La direction de l’UDC du Valais romand a mené systématiquement campagne pour dénoncer les «affaires» de Verbier, ce qui a eu le don d’agacer nombre de citoyens. Car alors qu’elle croyait avoir en mains des dossiers en béton, elle s’est retrouvée avec des châteaux de sable qui lui ont glissé entre les doigts», constate remonté ce sympathisant. Un avis presque partagé par le président Jean-Henri Filliez. «Ces attaques répétées contre la commune ne nous ont en tout cas pas valu un report de voix et de sympathie. En plus, la section locale de l’UDC n’a jamais été consultée avant la diffusion de ces communiqués», regrette, amer, le président de l’UDC de Bagnes.


Pascal Guex, Nouvelliste du 16 novembre 2016, p.12

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vous êtes cordialement invités à laisser un message. Les commentaires peuvent être modérés. Les utilisateurs anonymes sont tolérés, mais la modération des commentaires anonymes répond à des critères plus sévères. Merci de votre courtoisie.