3 novembre 2016

Quelles solutions de logement pour les plus démunis?

Lors du débat du 29 septembre dernier sur canal 9, le président de Bagnes faisait mention de la volonté communale de développer un plan de quartier à proximité de la route de contournement Le Châble-Bruson, près de l'église. Ce plan de quartier serait destiné à répondre à une population jeune en mal de logements abordables.

En lui emboîtant le pas, il est légitime de se questionner si cette mesure suffira à répondre aux demandes des Bagnardes et des Bagnards quant à une meilleure prise en compte des plus démunis et un lissage des différences entre riches et pauvres au sein du territoire communal.


À l'heure où notre société est confrontée à des mutations importantes (tant du point de vue de la multiplicité des structures familiales existantes que du vieillissement de sa population), il est aujourd'hui essentiel de conduire une réflexion plus large en matière de mesures destinées à éviter la paupérisation de toute une frange de la population.

Si la capacité à se loger peut être problématique pour de jeunes couples désireux d'acheter, il est important de ne pas oublier ici les nombreux locataires présents dans notre commune qui peinent parfois à trouver un logement à un prix décent. On peut penser aux plus âgés qui, parvenus à la retraite après avoir travaillé toute leur vie, ne bénéficient plus forcément des mêmes moyens pour se loger.

Aujourd'hui, même s'il peut sembler difficile de se prémunir d'une telle situation, il est important de bénéficier de données chiffrées et de pouvoir développer des mesures d'accompagnement sur le long terme pour certaines populations ciblées en leur permettant de bénéficier de logements adaptés à des prix accessibles. À cette fin, il est nécessaire de développer une feuille de route qui pourrait comprendre:

  • La réalisation d'états des lieux réguliers (une fois par législature) concernant la situation du logement à Bagnes, tout particulièrement afin d'évaluer les capacités de logement de publics plus à risque (les jeunes, les aînés, les familles monoparentales)
  • L'acquisition de terrains et la conservation en mains communales ou bourgeoisiales de logements destinés aux publics cibles destinées ci-dessus (si possible également dans des zones proches de services afin de favoriser le maintien à domicile de personnes âgées)
  • L'organisation de rencontres régulières entre les différents acteurs liés au logement (maîtres d'ouvrage, gérances, promoteurs, groupes d'habitants, membres de l'administration concernés, responsables politiques, etc.) afin de développer des solutions innovantes, définir et redéfinir les critères d'accès à ces logements, évaluer l'effectivité des mesures envisagées et encourager le développement d'un habitat harmonieux au sein des différents quartiers développés.


En somme, conduire une politique plus sociale en matière de logement nécessite de mieux connaître les différentes populations qui en ont besoin et de pouvoir chiffrer ce besoin. Même s'il est louable de développer des logements acessibles aux jeunes, il apparaît important d'accompagner cette mesure d'une approche plus globale afin de définir plus précisément l'ampleur des aménagements à réaliser dans ce domaine et les paramètres spécifiques à prendre en compte afin d'éviter de créer des « ghettos ». Il nous appartient donc aujourd'hui de bien penser le développement de l'espace public et de nouveaux quartiers en y intégrant la mise sur pied de zones de rencontres et un accès aisé aux différents services.

Pierre Troillet
Candidat au Conseil général de Bagnes

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