20 juillet 2017

Intérêt public prépondérant ou soutien inéquitable à des privés ?

Dernièrement sur notre blog, un anonyme s'étonnait du soutien par le Grand Conseil du Plan de Développement Régional (PDR) destiné à assurer l’avenir de notre agriculture de montagne et la valorisation des ressources agricoles. En effet, constatant que des entités privées étaient soutenues dans le cadre de ce plan, il s’interrogeait sur l’utilisation de la manne publique à cette fin. 

Aujourd’hui, il apparaît important de préciser que le secteur de l’agriculture est effectivement subventionné de manière importante alors qu’il est privé. Ceci s’explique d’une part par une volonté politique de conserver une certaine autonomie alimentaire et d’autre part par la rude concurrence internationale à laquelle aujourd’hui notre agriculture est soumise. En effet, chaque année, le nombre de personnes employées dans le secteur agricole n’a de cesse de diminuer. Les exploitants sont aussi de plus en plus âgés: 55,4% sont âgés de plus de 50 ans, selon les relevés de l’Office fédéral de la statistique (OFS), et plus du tiers ne disposent pour l’instant d’aucune perspective de relève. Fort de ces constats, il est donc possible de constater que l’agriculture traverse une période de profonds changements que l’Etat se doit d’accompagner en développant des mesures propices à conserver des produits locaux de qualité, offrant si possible une plus-value touristique.

Dans le cadre du Plan de Développement Régional (PRD), il ne s’agit pas ici de soutenir des entités privées développant des bénéfices records mais bien de proposer des mesures de soutien qui s’accompagnent de contreparties, comme c’est habituellement le cas en matière de subventionnement public.

En somme, même si on peut saluer la volonté de questionner l’engagement financier de l’Etat, il apparaît ici important de prendre en compte la maxime qui veut qu’il n’y ait pas d’engagement de deniers publics sans contreparties (dans le cas présent il s’agira sûrement de demander aux prestataires des garanties en termes de qualité des produits et des prestations).

Il est toutefois légitime de se demander si le soutien de l’Etat et des communes s’accompagne toujours de ce type de contreparties équitables lorsqu’il s’agit d’aménagements publics ou de densification. Il est certain que les différents élus d’Entremont Autrement continueront de s’engager pour que ce soit le cas.

Pierre Troillet
Conseiller général à Bagnes

1 commentaire:

  1. Il ne faut peut-être pas amalgamer les subventions destinées à l'agriculture proprement dite, celle qui produit des aliments en général de haute qualité et contribue à l'entretien du paysage, et les subventions destinées à des projets privés d'agritourisme. Là, c'est tout de même assez délicat. D'une part parce qu'ils font concurrence à des restaurants, hôtels, magasins, boucheries, etc... pour qui ce n'est pas toujours facile, et d'autre part, parce qu'il sera très difficile d'être équitable dans l'attribution de ces subventions.

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