26 avril 2017

Peut-on continuer à ne rien faire ?

Le peuple suisse sera appelé à voter en mai sur la stratégie énergétique du conseil fédéral pour 2050. Comme un référendum a été déposé, ce projet est mis en cause par le camp du non, qui prévoit des conséquences néfastes, et pas toujours très sensées, comme la pose d’éoliennes absolument partout, les douches froides, les lessives à la main et autres si la stratégie venait à être acceptée par le peuple. Ces arguments, bien que percutants, sont mis en avant dans le simple but d’effrayer l’électorat pour que cette stratégie énergétique qui met l’accent sur les énergies renouvelables, sur la suppression du nucléaire, sur la diminution des énergies fossiles, ne soit pas approuvée en mai prochain.

Mais aujourd’hui, en tant qu’individu rationnel et en connaissance de cause de la situation mondiale actuelle, peut-on continuer avec le statu quo, peut-on continuer de ne rien faire? Les énergies fossiles, et surtout le pétrole, seront un jour épuisées, et bien avant qu’elles ne s’épuisent il faudra avoir pensé le remplacement de ces énergies. Les opposants mettent en avant les difficultés que cette stratégie énergétique pourrait engendrer, on ne parle pas cependant des conséquences si l’on ne fait rien pour organiser une transition. Notre mode de vie est trop gourmand, il consomme 1,6 fois la planète Terre, il pollue, il gaspille l’eau, les denrées, les forêts, pour des besoins relativement inutiles bien souvent. Pourquoi ne voyons-nous pas le mur qui se dresse devant nous, pourquoi continue-t-on à ne rien faire?

Par flemmardise certainement, mais à un tournant majeur de notre histoire, cette situation ne peut plus durer. Il n’est plus permis de faire l’autruche, de se demander si au fond on n’a pas encore cinquante ans pour régler le problème, parce que dans cinquante ans, le problème sera trop grave. Depuis bientôt quarante ans, l’écologie est au centre de nombreuses préoccupations de scientifiques et de chercheurs, et nous ne pouvons continuer de produire et de consommer de manière irrespectueuse. Il n’y aura pas de douche froide, il ne faudra pas faire la lessive à la main, mais il faudra reconsidérer nos habitudes: certains le font déjà de manière individuelle, mais une institutionnalisation de la pensée écologique doit encore voir le jour. La stratégie énergétique 2050 est une solution sur laquelle nous devons compter, nous n’avons pas le choix. Les énergies renouvelables sont la solution de demain et il est normal de vouloir les promouvoir quand bien même cela demande quelques sacrifices. Le nucléaire est une impasse et il suffit de regarder du côté de Fukushima ou de Tchernobyl pour s’en convaincre. De même les réserves de pétrole sont sérieusement entamées. Une transition comme celle proposée se fait rarement sans heurt, mais plus vite elle est mise en place, plus la transition se fera en douceur, plus nous attendrons, moins nous aurons de chance de la mettre en place.

Il est peut-être temps de faire face au monde qui nous entoure, à l’œuvre de l’homme dans celui-ci et à ce qui lui reste à faire pour ne pas sombrer complètement. À la question « Peut-on continuer de ne rien faire? », il n’existe qu’une réponse: non. C’est pourquoi je voterai OUI à la stratégie énergétique, je ne veux pas regarder les générations futures et leur dire : «J’ai été effrayée par une douche froide»; alors qu’eux, ils n’auront peut-être plus rien.

Pour aller plus loin, la question du renouvellement énergétique s’inscrit largement dans la discussion sur l’environnement et son évolution actuelle. La stratégie énergétique doit être le point de départ d’une réflexion plus large sur notre mode de production et de consommation. La vidéo suivante étant une bonne illustration des questions de fond qu’il nous faut poser:

Jasmine Lovey
Entremont Autrement

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