3 décembre 2016

La polémique de trop pour Oskar Freysinger?

A nouveau, le canton du Valais s’est réveillé médusé par une polémique provoquée par le Conseiller d’Etat Freysinger. Cette fois-ci, le chef de l’éducation et de la sécurité défraie la chronique en engageant comme consultant au sein de son département un agitateur aux thèses franchement inquiétantes qu’on nomme « survivalistes » pour masquer leur caractère profondément fasciste. Si une vive réaction populaire a poussé le Conseil d’Etat à intervenir promptement, il ne faudrait pas pour autant oublier que cet épisode n’est que le dernier en date d’une série déjà passablement saumâtre.

M. Freysinger s’est fait remarquer dès son entrée en fonction, en mai 2013, par des propos sur les élèves clandestins, demandant aux enseignants de les signaler aux autorités compétentes, avant de rétropédaler. D’autres polémiques ont ponctué son mandat: histoire des trains de migrants qu’il devait gérer alors qu’aucun des trains cités n’avait fait halte en Valais, propos d’un autre âge autour de l’annulation d’un atelier contre les discriminations subies par les homosexuels au collège des Creusets, polémique autour d’une lettre envoyée à l’Etat français avec l’en-tête de son département, etc. Le grand public retiendra surtout l’affaire Cleusix, aux multiples rebondissements et circonvolutions, qui a entaché durablement l’image du canton du Valais auprès de nos voisins, mais également l’image d’une profession déjà souvent écornée.


Le point commun entre toutes ces affaires - et on pourrait en dresser une liste nettement plus longue si nous cherchions à être exhaustifs - est à chercher du côté de la méthode d’Oskar Freysinger. A chaque nouvelle polémique, ce dernier s’est drapé dans une toge de stupéfaction, se jugeant la victime des médias ou de ses adversaires politiques, jurant qu’on avait mal interprété ses propos et donc ses intentions et promettant qu’on ne l’y reprendrait plus. La ficelle est trop grossière pour qu’on n’y voit pas une stratégie mûrement pensée et planifiée. Du reste, de nombreux citoyens ne s’y laissent plus prendre et mettent en doute la probité du ministre lorsque celui-ci affirme ne connaître que superficiellement Piero San Giorgio, alors qu’une vidéo accessible sur internet les montre en grande conversation sur le déclin de l’Occident à l’été 2014.

Aujourd’hui, à quelques mois de la fin de son premier mandat (il y a fort à parier que les Valaisans lui en confieront un second), la liste des polémiques que ce monsieur a soulevées s’allonge, au point qu’on est en droit de se demander si la dernière en date n’est pas celle de trop. Plus ennuyeux encore, on peine aujourd’hui à lister les réformes concrètes qu’il a menées durant ces quatre ans dans les domaines de l’éducation et de la sécurité. Mis à part des coupes dans le budget et dix thèses sur l’école, dont l’indigence intellectuelle laisse les professionnels de l’éducation encore pantois, il est vraiment difficile de relever quels projets concrets ont été menés à leur terme par le chef du département.

Pourtant les défis sécuritaires et éducatifs sont nombreux. Pour les affronter avec efficacité et intelligence, il convient de pouvoir travailler dans un climat serein. Aujourd’hui les Valaisannes et les Valaisans n’attendent pas des polémiques qui affolent les réseaux sociaux, mais des décisions claires, des projets et une vision pour notre canton. C’est à cette noble aspiration que doivent répondre les candidats au Conseil d’Etat.

J. Lovey
Entremont Autrement

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