13 avril 2016

De onze à neuf

De onze à neuf, voilà le choix que nous proposeront bientôt nos autorités. De onze à neuf conseillers pour plus de facilité à trouver des candidats, plus d'efficacité, plus de synergies, plus de professionnalisme... À l'heure où l'engagement politique est parfois pesant dans la vie des politiciens de milice, ce choix n'apporte-il vraiment que des avantages?

Combien de conseillers reconnaissent aujourd'hui qu'il est difficile de concilier vie professionnelle, vie familiale et vie politique? En restreignant leur nombre ne va-t-on pas encore davantage limiter les vocations? Sera-t-il toujours possible d'allier vie professionnelle, vie politique et vie privée? Quel sera le profil du conseiller communal de demain? Une entrepreneuse? Un membre d'une profession libérale? Un père au foyer? Qui aura le temps et l'énergie avec des dicastères encore plus conséquents qu'aujourd'hui?


À l'heure où la démographie augmente, où l'on traite d'une potentielle fusion de commune avec Vollèges et où les dossiers de l'exécutif bagnard sont de plus en plus lourds et complexes ne devrait-on pas au contraire conserver la force de travail actuelle au sein de l'exécutif bagnard? N'est-il pas judicieux de conserver un nombre de conseillers adéquat afin de prendre en compte les nombreux besoins que connaît notre collectivité? En limitant le nombre de conseillers, quelle attention sera encore portée à certaines politiques moins chronophages mais néanmoins essentielles pour notre qualité de vie, comme celles liées au vivre ensemble.


Enfin, compte tenu des déficits de communication de l'exécutif régulièrement mis en avant par le Conseil Général bagnard, n'est-il pas judicieux de conserver la dotation actuelle en conseillers pour que ces derniers puissent être présents au sein des différentes commissions sans cumuler des rendez-vous qui les rendent indisponibles, inaccessibles. Certains évoqueront peut-être ici des raisons économiques. Toutefois, avec onze conseillers, ces derniers n'auront-t-ils pas une lecture plus fine des coûts générés par leur dicastère respectif?


Au regard de ces quelques questions, je me demande donc ce qui pousse l'exécutif bagnard à nous proposer à la veille des élections une telle réformette ? En effet, compte tenu du nombre d'indicateurs qui démontrent que le travail sera plus conséquent à l'avenir, je m'étonne d'une telle proposition tout particulièrement dans la situation de crise que rencontre actuellement la commune. De onze à neuf, cette réformette ne vise pas une professionnalisation des conseillers car elle n'est pas suffisamment conséquente pour que ce soit le cas. Alors, quels en sont les avantages, à part peut-être un regroupement de certains services au sein d'un même dicastère? S'agit-il de favoriser le débat d'idées autour de la table du conseil? S'agit-il de pouvoir mieux traiter les futurs défis qui attendent la commune de Bagnes (fusion avec Vollèges, régionalisation de certains services, mise à niveau et développement des infrastructures, soutien de l'économie locale dans le respect de la loi, etc.)? Permettez-moi d'émettre quelques doutes sur le bien-fondé de la démarche...



Pierre Troillet


Entremont Autrement

2 commentaires:

  1. C'est une technique pour éviter deux sièges Entremont Autrement?

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  2. Peut-être que 9 personnes sont plus faciles à manipuler que 11 ?

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