16 février 2014

Pas vu, pas pris ?

Lors de l’émission Mise au Point du dimanche 19 janvier 2014, Jean-René Fournier affirme en tant que Conseiller d’Etat responsable du département des finances, et donc indirectement du Service Cantonal des Contributions, il ne recevait aucune information du Service Cantonal des Contribution.

Lors de la conférence de presse du 17 janvier 2014, Maurice Tornay déclare qu’en 2011, lorsqu’il a été mis au courant des perquisitions dans son ancienne fiduciaire, il a demandé au chef du Service des Contributions de ne plus être informé de cette affaire d’une quelconque façon.

On se demande alors : mais que fait un Conseiller d’Etat ?

Son travail ne consiste-t-il pas à s’assurer que les services au sein de son département fonctionnent bien ?

Sa responsabilité vis-à-vis des citoyens n’est-elle pas de contrôler la bonne marche des services sous ses ordres ?

N’exige-t-il pas et n’obtient-il pas des rapports circonstanciés sur le travail effectué, les résultats obtenus, les échecs, l’affectation des ressources, etc ?

Comment peut-il rapporter au parlement l’état de fonctionnement de son département s’il n’est pas au courant de ces activités ?

Il devrait y avoir une suite à la phrase: « je ne veux plus être informé d’une quelconque manière » ; par exemple, « mais rapportez régulièrement au sujet de cette procédure à mon collègue X ou ma collègue Y » ?

En ces années où toute activité doit faire l’objet de rapports circonstanciés, où tous les responsables d’un service exigent d’être au courant de ce qui se passe afin d’éviter toute surprise, où le maître mot est transparence et communication, comment se fait-il que ces mots « je ne suis pas au courant » et même pire « je ne veux pas être au courant » puissent sortir de la bouche d’un Conseiller d’Etat ?

Un Conseiller d’Etat est non seulement un homme politique, mais aussi un homme de gestion et de décisions ; les communications récentes des différents Conseillers d’Etat et ex-Conseillers d’Etat font peur en ce qu’elles laissent craindre qu’ils n’exercent aucun contrôle sur leur département.

Ne pas voir, de pas entendre et ne pas parler peut sembler une stratégie confortable mais ne correspond certainement pas au niveau de professionnalisme que tout citoyen serait en droit d’attendre de la part d’un Conseiller d’Etat.

Sophie Juon

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