11 avril 2019

L’inégalité se (dé)construit

Cet article est paru à l'origine dans le Peuple Valaisan.

Pourquoi le féminisme, mouvement qui prône l’égalité entre hommes et femmes, sonne aujourd’hui parfois comme un terme péjoratif et se trouve même utilisé comme une insulte ou un terme dénigrant ? Il a malheureusement perdu de son sens originel dans la bouche de certaines personnes, qui craignent peut-être de perdre leur statut et leurs droits, ou le voient comme une prise de pouvoir de la part des femmes, voire comme une volonté de rabaisser les hommes.

Le militantisme et la promotion des droits de chacun·e·s semblent malgré tout être un passage obligé, si l’on se réfère à certains faits historiques. Il nous paraîtrait aujourd’hui impensable de ne pas bénéficier des droits à l’éducation, au travail, au vote des femmes, à la contraception ou à l’avortement. Pourtant, la plupart d’entre eux n’ont été que difficilement et tardivement gagnés, en grande partie grâce à l’influence et à l’énergie du féminisme.

De nouvelles conquêtes cruciales restent encore à venir, mais les croyances associées aux genres sont aujourd’hui tellement ancrées dans notre manière de vivre que l’on peine à en repérer et en comprendre les dysfonctionnements. Nous sommes tou·te·s inconsciemment « formaté·e·s » dès notre plus jeune âge à développer certaines facultés, certains intérêts, à suivre un chemin quasiment déterminé par notre genre.

Même en tentant de sortir de ces carcans on découvre, désabusé·e·s, qu’une femme astronaute doit renoncer à sa mission parce qu’une agence aussi prestigieuse que la NASA ne peut pas lui fournir de combinaison « à sa taille ». Ce constat, presque risible, nous rappelle le manque d’anticipation et de considération accordé au fait qu’une femme puisse accéder à certains statuts et privilèges au sein de sa carrière. Anne McClain se retrouve ainsi limitée, pour la mission d’une vie, au cliché de la femme et de sa garde robe. Ce genre d’exemple, anodin pour certain·e·s, démontre le fonctionnement insidieux de notre société actuelle, qui n’est pas encore égalitaire.

À nos yeux, la quête d’égalité va (et se doit d’aller) dans les deux sens. Les acquis des un·e·s seront aussi ceux des autres. Ils participent au rééquilibrage des genres, au partage des responsabilités. Le congé paternité ou la reconnaissance d’un travail à temps partiel chez les hommes sont autant d’opportunités pour faire entendre leurs droits à exercer leurs responsabilités familiales, sans que cela n’empiète sur leur activité professionnelle. Visons des acquis communs, une entraide, plutôt que de la crainte et des bâtons dans les roues.

Les soeurs Léa et Fanny Vaudan

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