1 juin 2014

Front national et européennes


Pendant que les résultats pour les élections européennes tombaient, j’errais tranquillement sur facebook quand soudain, je fus surpris de voir des militants valaisans de l’UDC exulter de joie devant la victoire du Front National.

Oui, l’UDC et le FN partagent plus ou moins les mêmes positions sur les thèmes sécuritaires et sur l’immigration. Mais au fond, le FN est un parti national-socialiste alors que l’UDC n’est qu’un parti nationaliste de droite. Rien que dans les douze engagements de Marine Le Pen, on trouve l’instauration d‘un revenu parental, imposer la laïcité (!),  augmenter les salaires les plus bas (!!), se libérer de la tutelle des marchés (!!!). On ne parle même pas de sa proposition d’augmenter la proportionnalité de l’impôt et de taxer plus les riches. Il y a de quoi causer plus d’un infarctus à Blocher !  (D’ailleurs, ce dernier s’est distancé du Front National lundi dernier lors d’un interview accordé à Darius Rochebin.)

En dehors de ça, ce qui est dommage, c’est que cette campagne ait été remportée sur la base de mensonges. Marine Le Pen est parvenue à faire croire aux citoyens que leur salut passait par le protectionnisme avec une taxe à la frontière alors que cela va juste baisser le pouvoir d’achat des Français et diminuer les exportations. (Les importations coûteront plus cher et si la France taxe les importations, ses partenaires vont logiquement taxer les exportations françaises).


Elle prétend que les étrangers profitent de l’Etat alors que les immigrés contribuent plus au fonctionnement de l’Etat que les natifs (la contribution aux budgets publics des immigrés est positive et se monte à 12 milliards d’euros).
Elle fait croire que le chômage est causé par les étrangers alors que les études menées à ce sujet tendent à démontrer le contraire. Non seulement les travailleurs étrangers n’évincent pas du marché du travail les travailleurs nationaux, mais ils augmenteraient même leurs chances de promotion. Il est estimé qu’une augmentation de 10% du nombre de travailleurs immigrés augmenterait de 20% les chances pour le travailleur national d’avoir une promotion dans les 4 ans qui suivent.

Bref, ce n’est pas en fermant les frontières ou en sortant de l’UE que la France parviendra à se relever, surtout que, comme le montrent toutes les analyses économiques un peu sérieuses, si on appliquait le programme du Front National, cela ferait exploser le déficit budgétaire de l’Etat. Assez ironique pour un parti qui critique sans cesse la gestion des finances par le gouvernement actuel, non ?

Au final, les eurosceptiques sont très divisés d’un pays à l’autre et ne représentent que 25% du Parlement Européen ; on n’est donc pas en train d’assister à la dissolution de l’UE comme certains semblent le désirer. Au fond, ce n’est qu’un Français ayant le droit de vote sur 10 qui a voté pour le Front National*.
Les partis traditionnels ont les clés de leur pays et de l’UE en main. À eux de réformer et d’inverser la courbe du chômage sur notre continent. S’ils n’y parviennent pas, il faudra malheureusement s’attendre à d’autres « votes sanctions » dans ce genre.


*Dans cette dernière illustration, sont compris dans Aucun parti choisi : les non-inscrits, les votes blancs ou nuls et les abstentions.


Sources :

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