23 décembre 2013

A l'amiable?

En allant boire mon café ce matin, je tombe sur un enième compte-rendu de l’affaire Giroud. Inutile de vous dire que je ne lisais pas La Pravda.
Le canard m’apprend que Monsieur Giroud a subtilisé plusieurs millions de francs au fisc. Le principal intéressé avoue tacitement les faits en disant qu’une résolution de l’affaire est en cours avec les autorités. Très bien, faute avouée à moitié pardonnée… Mais stupeur, je lis également que tout cela est en passe de se régler avec l’Etat du Valais « à l’amiable »…
Cela fait plusieurs jours que je suis, comme tous les Valaisans, au moyen de l’1 dex et des médias extérieurs au canton, cette affaire retentissante qui secoue le microcosme de la plaine du Rhône, dans un silence politique assourdissant dont seule la voix feutrée et isolée de Christophe Clivaz accompagne le vent. Je ne peux que comprendre: j’ai hésité moi-même, pour une foule de raisons personnelles, à écrire sur ce sujet.
Il se trouve que j’ai été élu par les citoyens du district d’Entremont en mars dernier, sur une liste qui avait - et qui a - comme unique prétention de remettre l’être humain au centre des préoccupations politiques. Ma seule raison d’engagement à cette élection était de montrer qu’il fallait avoir le courage de dire ce que l’on pense… et l’être humain que je suis a été secoué de lire les mots… « à l’amiable ».




Tout le monde sait qu’une affaire réglée « à l’amiable » est l’objet d’un règlement dans la discrétion, loin des projecteurs et souvent, malheureusement, loin des exigences minimales de la justice.
Et puis, je me suis interrogé un peu plus précisément encore: quelles sont les conditions à réunir pour bénéficier d’un arrangement « à l’amiable » ? Est-il possible que nous (la classe moyenne) qui supportons les charges les plus importantes dans ce canton, assistions impuissants à la réduction, voire la disparition de l’amende dûment attendue ? Le citoyen lambda a-t-il aussi le droit à un arrangement « à l’amiable »? Je rappelle d’ailleurs à cette occasion l’origine de l’expression « à l’amiable » qui signifie « entre amis ».
Je me rends compte que Giroud SA emploie de nombreux exploitants qui ont vu leurs prix de vente fondre comme neige au soleil, en profitant ainsi d’une marge de bénéfice sympathiquement plus grande. Je réalise que les décideurs valaisans feraient un cadeau de Noël à un contribuable dont les fonds sont principalement acquis grâce à ses concitoyens. Je pense donc que cet argent malhonnêtement soustrait à l’Etat du Valais, M. Giroud doit le rembourser accompagné d’une amende. Ceci d’autant plus qu’à l’heure actuelle on tente d’expliquer aux simples Valaisans que l’Etat n’a plus assez d’argent pour ses routes, ses écoles et sa police.
Bref, en tout état de cause, je me rends compte que je ne représente qu’un 130e du parlement, que de ce fait, je suis un peu l’Etat et qu’il est hors de question que je cautionne un accord « à l’amiable » dans cette affaire. Ce qui est dû est dû: comme un PV sur une voiture, comme des frais de retard à la bibliothèque…
Ne nous faites pas croire que plus on triche, moins on risque.  Ce serait indécent pour toute la classe moyenne qui s’échine à remplir les caisses de l’Etat chaque année par des impôts pleinement assumés, en pleine période où ces mêmes caisses imposent un retour en arrière des prestations étatiques.
Ne cherchez pas un arrangement à l’amiable Monsieur Giroud, assumez vos fautes, payez vos arriérés dans l’intérêt de ce Valais que vous chérissez tant.
Bonnes fêtes de fin d’année.

Florian Alter, député au Grand Conseil
au nom d’Entremont Autrement

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