4 mai 2012

Parodiant Valais Excellence de Cina, Tornay et Melly lancent Valais Médiocrité


Le Cervin par sa célébrité est devenu un véritable idéogramme. Son nom, associé à l'image du Valais, est utilisé comme logo commercial notamment par le Groupe FLV.


L'entreprise définit ainsi son label: "Valait ce sont des produits qui bénéficient de tout notre savoir-faire, qui se composent exclusivement d’ingrédients de premier ordre, qui ont subit (sic) de nombreux et stricts contrôles durant tout leur processus d’élaboration et qui feront de chaque instant un moment essentiel."
Pourtant l'usage de cette marque n'est pas exempt d'ambiguïté puisqu'elle a même pu être appliquée à du Gruyère AOC ce qui avait fait scandale jusque dans le Nouvelliste qui avait dénoncé cette pratique commerciale douteuse:
"Cette manière de pratiquer n'est pas honnête. Elle ne l'est pas pour le Gruyère, qui n'a pas été fabriqué en Valais, sinon il ne serait pas AOC. Et ce n'est pas non plus correct par rapport aux autres spécialités valaisannes. Comment garantir l'authenticité des produits vraiment et typiquement valaisans si des fabrications qui ne le sont pas peuvent se pavaner dans les rayons des supermarchés en arborant nos couleurs?"

C'est sous une marque à peu près semblable qu'Aproz a commercialisé, il y a quatre ans, aux Etats-Unis (mais pas en Suisse, ni en Europe) une eau en attente de conquérir d'autres marchés notamment chinois et indiens:


Le Cervin n'est pourtant pas qu'un idéogramme valaisan, puisqu'il est utilisé à l'échelon mondial par des multinationales.


Cet usage a été abondamment documenté dans un ouvrage clé de l'histoire de la publicité.



Mais il est communément admis ici que l'emblème du Cervin dit de manière excellente le Valais. C'est
avec un logo aujourd'hui abandonné que la promotion touristique s'est faite durant de nombreuses années:



Sous l'impulsion du Réseau Valais Excellence et l'Association Marque Valais est né un label remarqué et remarquable:



La marque Valais a été créée pour distinguer ce que le Valais offre de meilleur. C'est un signe de reconnaissance de provenance et de qualité pour des produits emblématiques du Valais. Elle se définit ainsi:
"La marque Valais est une marque collective multisectorielle qui a comme ambition de promouvoir le Valais auprès des consommateurs et des hôtes. Par la marque Valais, le consommateur doit avoir la certitude d'acheter et de consommer un produit de qualité mais qui, en plus, provient d'une entreprise soucieuse du respect de l'environnement et de l'éthique sociale."
Son cahier des charges est précis et fruit d'une véritable vision politique.
Ce Valais humaniste, qualifié, expert et ouvert, c'est le Valais de Jean-Michel Cina. 

Pourtant depuis quelques jours un nouveau logo est apparu.

Cette contrefaçon, laide, chauvine et polémique de la marque Valais aux couleurs du PDC, se fait voir aujourd'hui sur la page d'accueil du profil Fabekook de Maurice Tornay et nulle part ailleurs. Elle a été annoncée triomphalement par un Twitt du même et présentée au congrès du PDCVr à Fully.


Jacques Melly  a tonné contre ceux qui se permettent de "venir faire la loi en Valais" et le congrès de demander non seulement le retrait du concordat intercantonal sur les marchés publics, mais également la création de ce logo qui pourra être utilisé par toutes les entreprises "qui offrent des services et paient leurs impôts en Valais" confie Michel Rothen à Jean-Yves G*** qui précise: "Sans connotation politique (!!!), il a pour but d'identifier les produits valaisans."
Cette décision prise sous l'aveuglement de la colère montre que le Valais de Melly et Tornay est aux antipodes de celui visionnaire et serein de Cina. C'est la distance qui sépare la politique de la politicaillerie. L'expertise analytique et prospective est à mille lieux de la gesticulation des agités du local. Dans les milieux concernés on souhaite que la farce ne durera que le temps d'un effet de manche. Et on se réjouit de voir quel accueil les députés vont faire à cette proposition à la session de mai. Acceptée, elle pourrait même réduire à néant les patients efforts des forces saines de ce canton. On sait quant à nous que cette manière carnavalesque est du même acabit que les plans de communication foireux des Brigades Oranges.
Jérémie Robyr a utilisé plusieurs réseaux sociaux pour dire tout le mal qu'il pense de cette imbécillité:
"La proposition de se retirer du concordat sur les marchés publics est totalement aberrante alors que notre clientèle principale vient de la Suisse. L’idée de créer une nouvelle marque avec un nouveau logo est encore plus absurde dans la mesure où la marque Valais est une marque forte et reconnue loin à la ronde et qui tire l’économie vers le haut alors que la solution proposée est un nivellement vers le bas."
On ne saurait pas mieux dire.

***



Marianne Maret, celle qui parle de merdier sur les ondes, tire la gueule en présentant le label bricolé en quelques minutes, du PDCVr Made in Valais le 24 avril 2012 et sourit en inaugurant la signalétique experte de dix ans de travail de la Marque Valais en compagnie de Jean-Michel Cina le 14 avril 2011. Elle illustre parfaitement l'état de fébrilité dans lequel se trouve le PDC.

*** 

Post-scriptum: le 10 mai 2012, un journal a enfin décidé d'enquêter sur ce scandale, ce qui a créé un buzz sur les réseaux sociaux. Merci à tous ceux qui ont relayé notre analyse.


4 commentaires:

  1. La Matin ayant en ce jour relayé ce scandale et mené l'enquête, il est désormais de notoriété publique que Urs Zenhäusern directeur de Valais Tourisme critique la démarche du PDC. De même WIlly Giroud directeur de la chambre valaisanne d'agriculture qui trouve la démarche ridicule.
    Quant à Jean-Michel Cina ne cautionne pas la démarche du PDCVr.

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  2. La conférence de presse de Cina de ce jour, démontre la vacuité des gadgets du PDCVr. RhôneFM:
    Ce matin, le groupe de travail, présidé par Peter Furger, accompagné par le chef de l’économie, de l’énergie et du territoire Jean-Michel Cina, a présenté à la presse les objectifs et visions de cette nouvelle structure. En clair, Valais Tourisme, la Chambre valaisanne d’agriculture, la Chambre valaisanne de commerce et d’industrie et l’Association Marque Valais n’auront plus qu’un rôle de défense d’intérêt. En revanche, toute les tâches de promotion seront réunies au sein de la société Valais/Wallis Promotion. Les objectifs, une promotion commune, indépendante, innovante et efficace. L’organisme devra satisfaire aux besoins des partenaires, mais aussi aux attentes de la clientèle, tout en étant concurrentiel. Le bugdet nécessaire est estimé à 16 millions de francs. 10 millions seront alimentés par le canton du Valais dans le cadre d’un plan quadriennal, le reste devra être financé par des cotisations ou des contreparties.

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  3. On en a parlé en date du 10 mai! Merci de vous y référer.

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  4. Ca fait plaisir à lire, très plaisir, alors je partage...

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