16 décembre 2009

C'est celui qui dit qui est.

Dans les discussions à propos de l'interdiction des minarets, qui invariablement tournent autour de l'islam et ses extrêmes, on parle souvent de la place que cette religion accorde à la femme : enfermement dans le voile ou la burka, inégalité de traitement, sévices corporelles (excision) etc. Et d'aucuns condamnent cette religion qui fait des femmes des personnes soumises aux hommes. Beaux principes et belles paroles, mais (indépendemment du fait que les femmes musulmanes en Suisse brimées par leur mari sont une infime minorité), qui sommes-nous pour juger pareillement une religion, une communauté, une culture et des familles que nous ne connaissons pas ? D'ailleurs, sommes-nous bien meilleurs qu'eux?

Dans le cadre de la famille qui se souvient du régime avillissant auquel étaient soumises les femmes en Suisse au regard de l'ancien droit du mariage en vigueur jusqu'en 1989?? le pouvoir des clefs ??? Le pouvoir des clefs interdisait à une femme mariée de prendre une décision financière dépassant les dépenses courantes du ménage, alors que le mari n'avait pas de compte à rendre à sa femme et pouvait librement décider d'acheter une voiture à CHF 50'000, même si cet achat grevait le budget du ménage pendant des années, ou boire les économies du ménage au bistrot du coin?

En quelle année notre société a reconnu à la femme un certain droit sur son corps, même au sein du mariage, notamment le droit d'éviter les grossesses à répétition (droit à la contraception et droit à l'avortement) encouragées par la religion catholique, au détriment de la santé physique et/ou psychique de la mère?

En quelle année notre système juridique a-t-il enfin reconnu que le mari n'avait pas un droit irrévocable et inconditionnel à une relation sexuelle avec sa femme mais que le viol entre époux pouvait exister et pouvait être punissable?

En politique, malgré le droit de vote accordé aux femmes en 1971, en quelle année le Valais a-t-il eu sa première conseillère d'Etat ? et combien de femmes aujourd'hui parmi les chef(fe)s de service de l'Etat du Valais?

Nos écrans télés nous montrent une violence physique dans des pays lointains qui dessert les musulmans vivant en Suisse, lesquels ne sont ni violents, ni pratiquants, ni extrêmistes. Mais il existe une autre forme de violence silencieuse, qui elle n'est pas totalement éradiquée de notre société suisse. Nous avons tous, catholiques, protestants, bouddhistes et musulmans, suisses et étrangers des progrès à faire au sein de notre société pour abolir des réflexes ancrés de diverses manières dans nos cultures depuis des centaines d'années; nous devons faire ce chemin vers le progrès ensemble, toutes cultures et toutes religions confondues; nous pouvons le faire par le dialogue et l'échange, en apprenant à se connaître, plutôt qu'en interdisant, qu'en stigmatisant, ou qu'en dévalorisant ceux qui ne sont pas comme nous.

Sophie Juon

2 commentaires:

  1. une copine qui en rajoutevendredi, 18 décembre, 2009

    Je propose une initiative obligeant à cacher certaines parties corporelles ou vestimentaires dans la rue: obligeons les personnes portant des jeans taille basse, laissant apparaître le slip sale, le string à dentelles déchiré ou le boxer déformé, ou même le début de la raie du derrière, poilue ou pas selon l’âge et le sexe de la personne, ou les bourrelets blanchâtres débordant de la ceinture du jeans, la lisière duveteuse du pubis, ou l’anneau taurique enfoncé dans un nombril féminin, à se voiler pudiquement jusqu’aux pieds dans un voile ou une toge, afin d’éviter aux passants innocents une telle vision!
     
    Finalement, le voile catholique et le voile musulman ont une fonction bien plus noble, de préserver la beauté plutôt que de cacher la laideur et la vulgarité !   

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  2. C'est quoi un anneau taurique? Vous ne confondez pas avec un prince Albert?

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