18 avril 2018

Mon bilan curieux des candidatures valaisannes aux Jeux Olympiques d'hiver... 3ème épisode

Daniel Rausis nous a transmis en vrac quelques notes éparses concernant l'histoire des JO en Valais et son regard subjectif sur la question à travers quelques archives:

Les années de candidatures malheureuses et sédunoises ont laissé dans l'addiction certains de leurs artisans. Qui se sont mis immédiatement au travail pour cloner le dossier. Comme la ville de Sion était plus que réticente à reprendre le flambeau, il a fallu aller guigner juste à la porte à côté, mais le Valais n'était pas à priori écarté de l'aventure, bien au contraire.
L'aventure actuelle de Sion 2026, n'est qu'un détail de cette agitation dérisoire.

Montreux 2010 

Avec ski alpin et nordique à Montana et hockey à Sion, Sierre et Martigny, et parfois Champery, Monthey, les Portes-du-Soleil, Anzère.
Projet de Jean-Pierre Seppey en 2000, ancien secrétaire général de Sion 2006, Christian Constantin est consultant du groupe. Le projet fusionne fin 2000 avec Berne pour devenir Berne 2010 mais concerne toujours le Valais.

« L'obstiné Jean-Pierre Seppey va tout faire pour profiter de tout le goodwill accumulé par les précédentes candidatures olympiques d'hiver. J'ai même une idée pour lui. Il devrait baptiser son projet «Chillon 2010» écrivais-je le 2 janvier 2000 dans le Matin-Dimanche

« Jean-Pierre Seppey, responsable de Montreux 2010,  jure d'avoir retenu la leçon de Sion 2006. Ainsi, on peut déjà prévoir que la cérémonie d'ouverture aura lieu à l’étranger. » 19 juin 2000

« On se demande pourquoi la candidature canadienne aux Jeux d'hiver fait beaucoup moins de bruit que celle de la Suisse. C'est simple: là-bas on travaille à Vancouver et ici on ne peut pas retenir Seppey. » 20 juin 2000.

« La candidature de Berne-sans-l'Oberland-sauf-Gstaad-Montreux-Valais-Saint-Moritz aux Jeux olympiques d'hiver en est aujourd'hui à 9 lieux de compétition prévus... Et à 100 lieues de les obtenir.» concluais-je le 25 mars 2001.




16 décembre 2001: (avec Claude Dussex)






Montreux 2014 

Variante de la candidature précédente qui est présentée comme un galop d’essai pour 2014, en main absolument privée.

Lausanne-Sion 2014 

Une des hypothèse de l’IDHEAP qui pense en 1999 que la Suisse aurait de forte chance d’obtenir les jeux. Jean-François Fournier s'enthousiasme.

Sion 2014 

En 2002, René Fasel pense que le Valais aurait une meilleure chance que Berne 2014 et qu’il devrait se lancer contre.



Sion 2018 

En 2003 Alain Cottagnoud (!) se disait favorable à Sion 2018 si la confédération y injectait un milliard. Aujourd'hui, malgré ce montant, il s'inscrit parmi les opposants les plus déterminés.
En 2009 dans l’indifférence générale, la candidature Sion 2018 est lancée par Jean-Luc Lehmann avec Christian Constantin, Jean-René Fournier, Jérémie Robyr et Pirmin Zurbriggen qui en 2006 disait qu’il faut viser plutôt Sion 2022.

Sion 2020 

Sottise proférée par Bernard Attinger dans le Nouvelliste du 16 février 2000 en argumentant que Sion doit faire acte de candidature « en permanence ». Philippe Varone va faire encore plus fort le 15 mars 2018 en proposant que les jeux d'hiver se tiennent toujours à Sion.

Sion 2022 

Voeu pieu de Pirmin Zurbriggen avant de s’engager dans la candidature de Sion 2018.
"Une candidature de la Suisse pour les JO 2022 est-elle encore possible? D'après toutes les remarques et observations faites depuis l'annonce d'une première initiative de ce type, cela paraît utopique. Nous ne voyons pas Swiss Olympic reprendre un tel risque dans une démarche qui devrait être bouclée en quelques mois alors que, d'habitude, elle demande plusieurs années d'intense travail et un budget d'environ 50 millions de francs. Je vous rappelle que les Grisons ont quand même dépensé 60 millions de francs rien que pour la candidature qui a échoué." répond le 13 septembre 2013 Oskar Freysinger à une interpellation du groupe PDCC.

En 2014, le Parlement valaisan a refusé de débloquer un crédit pour réaliser une étude de faisabilité sur une candidature valaisanne aux Jeux olympiques.
Il s'agissait d'un postulat PLR, de Xavier Mottet, Philippe Nantermod et Fabien Girard.

Dans la foulée, fin 2014, Christian Constantin, immédiatement applaudi par René Fasel... saute sur l'idée.

"En Valais, une personne privée a relancé l’idée d’une candidature valaisanne et suisse aux Jeux olympique d’hiver. " écrit le conseil d'état dans son message au grand conseil en taisant le nom de Christian Constantin :-)

Le dossier a alors évolué en trois versions :

Valais 2026

Le projet était centré sur le Valais en intégrant Lausanne, Kandersteg et St-Moritz.

Swiss Alps 2026

Les sites étaient répartis sur 6 cantons : Valais, Vaud, Berne, Tessin, Grisons et Uri, avec comme objectif d’obtenir le soutien d’un maximum de cantons pour faire la différence sur le plan national

Sion 2026

Les Jeux au cœur de la Suisse » : le projet « Swiss Alps 2026 » est fusionné avec celui porté par la Chambre vaudoise de Commerce et d’Industrie en mai 2016 pour devenir « Sion 2026, les Jeux au cœur de la Suisse».

En question principalement, l’ancienne raffinerie Tamoil à Collombey-Muraz "une cicatrice au milieu de la plaine du Rhône."
Le village olympique y prendrait place, ce qui aurait pour conséquence d’accélérer les procédures d’acquisition et de déclassement. Autrement on aura un déchet industriel, explique CC.
"C’est un bordel, et plus on peut aller vite pour nettoyer un bordel, plus les gens seront contents".
"Au lieu d'imaginer que c'est quelque chose de con, on peut imaginer que c'est quelque chose de pas mal." dit-il à la journaliste.
Le 26 mars 2018 Christian Constantin a écopé d'une amende pour avoir fait allumer un baril au sommet du Cervin par Pirmin Zurbiggen, "incinération non conforme de déchets" le 8 février 2018 en présence de Christophe Darbellay.


Sion 2030 

Selon Jean-Loup Chappelet le 4 mars 2013, la date la plus proche à laquelle le Valais pourrait envisager une candidature. Un homme décidément peu écouté.
Cette date est reprise par Oskar Freysinger le 13 septembre 2013 en réponse à une interpellation du groupe PDCC, (3.0023) Beat Eggel, Grégoire Dussex et David Théoduloz qui demandaient au conseil d'état son avis sur une éventuelle nouvelle candidature de Sion.

Sion-Conthey-Les Cases 2032

En janvier 1995 dans la revue Valais-Wallis sous ma signature:

Tout a commencé vers 2040. Après plusieurs saisons d'enneigement catastrophique, il fallait retrouver pour le Valais une forme de tourisme visant la qualité plutôt que la quantité. 
"Ils les avaient eus ces jeux chez eux" répétaient dans leurs exercices de diction les comédiens valaisans toujours plus nombreux car l'heure avait sonné pour la culture. 
Depuis plus de huit ans, on tentait en effet d'oublier les Jeux Olympiques de Sion-Conthey-Les Cases qui avaient laissé un résultat comptable déplorable, et surtout transformé en purgatoire le paradis des vacances. Certains parlaient même d'enfer blanc, quoiqu'avec l'espoir d'une rédemption, l'apocatastase n'étant plus une hérésie depuis que le "On ira tous au paradis" de Michel Polnareff avait été harmonisé par un chanoine.
Bref, il fallait réinventer l'Eden.
Et c'est ainsi que le président Dubonnet eut l'idée géniale de développer à l'échelle du canton ce qui a fait été mis au pont à la fin du siècle précédent dans les Thermes de Loèche: les sports tout nus.
La renaissance débuta tout d'abord dans le domaine skiable exterritorialisé de la Plaine Morte, où l'on créa des pistes de ski pour nudistes; la masse des touristes diminua sensiblement, et d'autant les heures d'attente au fond des remontées mécaniques. "Plus le froid mord les épidermes, plus les queues se raccourcissent", constatait en tirant sur la ficelle d'un gag éculé un employé du funiculaire.
Trois ans plus tard, le Valais, enfin réconcilié, célébrait dans une immense fête populaire l'harmonie de l'écologie et du développement. Oublié le contrat nature, on en était au bail naturiste.
Le Grand Baillif avait baissé son froc. Monseigneur n'en rougissait pas. On se retournait pour admirer la beauté des restes d'un Bernard Crettaz séculaire, et enfin l'économie reprenait du poil de la bête au niveau de la bourse.
Les choses se gâtèrent lors du grand cortège qui conduisait à la Catherine: elle avait aussi tombé la robe sous le burin d'un restaurateur. Alors que défilaient les grands stratèges du paradis terrestre, un enfant s'était mis à compter les faux-culs.


Sion 2034

"La taille gigantesque des JOH ne dépend pas de l’organisateur, mais bien du CIO. Il est illusoire de penser que les JOH changeront de visage, si le Valais en est désigné comme l’organisateur. En 2034, il faudra compter sur un budget avoisinant les 5 milliards de francs." écrit le conseil d'Etat en décembre 2013 a un postulat du 7 août 2013 (3.0022) de Xavier Mottet, Philippe Nantermod et Fabien Girard pour des JO durables en Valais. Le conseil d'Etat se propose néanmoins de lancer une petite étude préliminaire de 25.000 ou 50.000.- à la HESSO.
Fortement combattu par la Verte Fabienne Mabillard et l'UDC Patrick Fournier.
Par 64 voix contre 36 et 14 abstention le grand conseil avait transmis le projet au conseil d'état le 13 septembre 2013.
Par 64 voix contre 48 et 5 abstentions le grand conseil enterre définitivement l'affaire le 13 mars 2014.

Sion 2040 


En cas d’échec de Sion 2006 disait-on en 1999 dans l’entourage de Jean-Daniel Mudry, ça en serait fini jusqu’en 2030 ou 2040. Sage prophétie!

Sion dans les siècles des siècles

"Le sommet de la durabilité, ce serait d’ailleurs que les Jeux d’hiver aient toujours lieu à Sion," déclare Philippe Varone le 15 mars 2018 dans la Tribune de Genève.



AMEN


Daniel Rausis


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