31 mars 2018

Nos institutions bagnardes vont-elles couler ?

Lors du plenum du 21 mars dernier, la présentation des experts mandatés pour conduire une étude sur le parking des Marais Verts révélait plusieurs dysfonctionnements de l’administration bagnarde dans ce dossier. Outre la question du prix exorbitant du parking, sur laquelle nous reviendrons lors d’un prochain article, le non-respect des procédures liées aux marchés publics et la notion évidente de conflit d’intérêt ont suscité une vague d’incompréhension et d’indignation au sein de l’assemblée.

Plusieurs conseillers généraux ont interpellé l’exécutif qui, par la voix de son président, a reconnu, lors de la dernière législature, n’avoir pas respecté les marchés publics, contrairement à ses propos tenus lors du plenum de septembre dernier. Fort de ce constat, il apparaît aujourd’hui intéressant de s’interroger sur le rôle du Conseil Communal et du Conseil général actuel.

Si les notions de non-respect des marchés publics, de conflits d’intérêts et le manque de crédibilité du président de Bagnes, prêt à mentir au Conseil général, ne sont plus à démontrer, ne pas vouloir déterminer les responsabilités propres à cette affaire consiste à refuser de se donner les moyens de solder le passé. En effet, renforcer le sentiment d’impunité d’édiles potentiellement corrompus serait une bien étrange manière d’aller de l’avant.

Si notre fonctionnement politique prévoit que les communes sont autonomes dans toute une série de domaines de la vie publique, il ne saurait y avoir autonomie sans responsabilité. En ce sens, le Conseil Communal, ou à défaut le Conseil Général, doivent aujourd’hui interpeler le Ministère public quant aux conséquences du conflit d’intérêt identifié par les experts. L’ancien Conseil Communal a-t-il par exemple sciemment favorisé l’un des siens et des privés en ne respectant pas les marchés publics ? Vu les montants articulés et l’écart des plus-values propres à chacune des parties peut-on estimer que la mauvaise gestion des deniers publics n’a pas été organisée ? Fort de ces observations, peut-on en l’espèce estimer qu’il s’agit de gestion déloyale de l’intérêt public ?

Ne rien faire aujourd’hui c’est cautionner le fonctionnement passé. Certain que nos autorités ne sauraient devenir les complices d’un arrangement entre amis, j’ai bon espoir que prochainement le Ministère public sera interpellé directement par les autorités bagnardes quant au fonctionnement de la Commune de Bagnes dans ce dossier.

Pierre Troillet
Conseiller Général

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