12 novembre 2017

Les étudiants devront-ils toujours payer plus?

Dernièrement, il semblerait que le monde estudiantin soit frappé par une nouvelle vague de contestation : la question de l’augmentation des taxes d’études. Après l’augmentation annoncée de 500 francs par années des taxes d’études de l’EPFL et de l’ETH, voilà que Fribourg s’y met également et annonce une hausse de 35%. Mais qu’est-ce qui peut bien faire croire que le budget de l’étudiant moyen est celui qui mérite d’être ainsi exploité?

Certains diront que de toute manière les étudiants coûtent cher. Cela est vrai et incontestable, mais ils sont également un investissement sur le long terme et plus encore une population ayant besoin de se nourrir, de s’habiller, de se loger. Dans une ville comme Fribourg, où la population estudiantine constitue le quart de celle de la ville peut-on vraiment les considérer comme une charge? N’occupent-ils pas d’appartements, n’achètent-ils pas dans les commerces, ne participent-ils pas à la vie culturelle de la ville? Il faut croire que non puisqu’une hausse de 180 francs par semestre, soit 360 francs par année, est prévue pour la rentrée universitaire 2018. Ce qui pour certains peut paraître complètement dérisoire ne l’est pas pour un petit budget de jeunes qui pour certains paient leurs études en travaillant en dehors de l’université et peinent déjà à joindre les deux bouts. Ce reportage est en même le porte-voix:



Finalement le coût de la vie générale en Suisse est l’un des plus chers au monde, augmenter d’un côté revient à serrer les finances d’un autre.

De plus le Conseil d’Etat fribourgeois ne considère pas réellement que l’étudiant coûte cher dans son raisonnement, il préfère mettre en avant ce que cette hausse financera, avec pour exemple unique dans son communiqué de presse, la création d’un master en médecine humaine. Ce que ce communiqué ne dit pas par contre est que l’Etat de Fribourg est le canton allouant l’un des plus petits budgets à une université suisse. Ce budget d’ailleurs n’a pas été augmenté selon les projets du rectorat qui a donc cherché un financement ailleurs. De plus l’université de Fribourg, bien qu’elle ait connu une augmentation d’étudiants considérable durant ces dernières années, n’a jamais connu de réelle augmentation de sa capacité en termes de personnels d’encadrement et de personnels scientifiques. Et si l’Etat n’ouvre pas le robinet de l’argent de temps en temps, il devient donc logique de chercher ce financement ailleurs et donc pourquoi pas dans les poches de l’étudiant qui finalement n’a aucun pouvoir sur cette décision. Faire rayonner le canton à travers l’université est largement recherché, le financer semble dérangeant.

Toute cette question des taxes d’inscription lève finalement une question de société que l’on ne semble pas vouloir discuter. L’éducation coûte cher certes. Mais elle est un droit fondamental, et pourtant on cherche aujourd’hui à la rentabiliser. L’éducation n’est pas un business dans lequel le profit est roi et qui doit se faire à moindre frais. Un enseignement de qualité passe par un investissement à la hauteur de cette qualité. Serait-on suffisamment schizophrène pour croire qu’on peut obtenir la qualité la meilleure au prix le plus bas? La société dans laquelle nous vivons ne sera-t-elle pas en partie constituée des étudiants actuels? Dans quel monde finalement souhaite-t-on vivre : dans celui du profit ou d’un monde humain? Si un étudiant sur cinq est concerné par des difficultés financières, pénaliser ainsi un cinquième de la population estudiantine est-il vraiment juste, est-ce vraiment le droit à l’éducation appliqué ici?

Jasmine Lovey

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