1 mars 2017

Chères amies et amis de l’AVS

[Ndlr] Nous décidons de publier aujourd'hui ce communiqué de l'USS en lien avec la réforme des retraites actuellement en discussion au Parlement fédéral. A noter que cela n'engage pas le comité d'Entremont Autrement.

Doris Bianchi
Age de la retraite à 67 ans, pas de compensation de la baisse du taux de conversion du 2e pilier, ce qu’a décidé aujourd’hui le Conseil national est un camouflet retentissant pour les futurs retraité(e)s. Si le Conseil national campe sur cette attitude de confrontation, la réforme échouera.

Beaucoup de travailleurs et travailleuses ont à juste titre de gros soucis au sujet de leur retraite. En effet, les taux d’intérêts bas aggravent toujours plus les problèmes des caisses de pension, leurs rentes baissent. Dans le même temps, les cotisations et l’âge réglementaire de la retraite augmentent.

L’AVS a nettement moins de problèmes, mais là aussi les rentes sont mises sous pression. Elles accusent du retard sur le coût de la vie et couvrent une portion toujours plus restreinte du dernier salaire. Depuis peu, l’AVS dépense plus qu’elle n’encaisse. C’est pour cela que le Conseil fédéral voulait même supprimer l’adaptation des rentes à l’évolution des salaires et de l’inflation (indice mixte).

Tout cela frappe durement les femmes en particulier, car leur prévoyance vieillesse est moins bonne que celle des hommes, du fait qu’elles sont désavantagées par le système des caisses de pension. En moyenne, elles ne reçoivent que le tiers des rentes perçues par les hommes, parce que la majeure partie des femmes travaillent à temps partiel et ne peuvent assurer qu’une petite partie de leur salaire. 

Les personnes âgées qui sont au chômage ont aussi du souci à se faire pour leur retraite. Car quand on perd son emploi avant la retraite sans en retrouver un, on est actuellement forcé de retirer son avoir de vieillesse sous forme de capital. Les autorités peuvent même les obliger à le faire avant de pouvoir toucher l’aide sociale. C’est absurde et cela provoque de la pauvreté.

Il faut plus d'AVS
Mais, au lieu de prendre au sérieux ces inquiétudes et proposer des solutions, les employeurs et leurs complices au Conseil national (UDC, PLR, Verts libéraux) ont encore aggravé la situation. Le niveau en baisse des rentes ne devrait être compensé qu’en développant fortement un deuxième pilier déjà mal en point. Ce sont justement les bas salaires qui devraient alors cotiser massivement plus. Le Conseil national veut augmenter l’âge de la retraite à 67 ans pour tous, sans tenir compte des difficultés que rencontrent les travailleurs et travailleuses âgés sur le marché du travail. Il veut aussi supprimer les rentes de veuve et pour enfants.

Pour les syndicats, la situation est claire : si l’on veut résoudre les problèmes, il faut des rentes AVS plus élevées. Notre initiative populaire AVSplus, malgré sa défaite dans les urnes, a marqué la révision Prévoyance vieillesse 2020. Le compromis du Conseil des États prévoit pour la première fois en 40 ans une augmentation des nouvelles rentes AVS allant de 840 francs par an pour les personnes vivant seules à 2712 francs par an pour les couples. Cela signifie que les augmentations des rentes AVS sont pour la plupart de l’ordre de 4 à 6 %.

La nouvelle possibilité de rester assuré dans sa caisse de pension lorsque l’on perd son emploi sur le tard ou que l’on prend une retraite anticipée représente également un élément positif. Les personnes qui perdraient leur emploi sur le tard ne seraient plus obligées d’épuiser leur épargne vieillesse. Et les retraites partielles seraient aussi possibles pour les personnes qui ne gagnent pas forcément beaucoup ou qui sont fortunées. Les travailleurs et travailleuses âgés auraient en outre la garantie de conserver leurs acquis dans le 2e pilier.

Pour les femmes, en revanche, le relèvement à 65 ans de l’âge de la retraite est clairement un point négatif. Le Conseil des Etats l’a introduit dans son compromis malgré la forte opposition des syndicats. Mais cette détérioration est contrebalancée par des améliorations des rentes bénéficiant surtout aux femmes qui travaillent à temps partiel. En effet, ces dernières recevront non seulement plus d’AVS, mais aussi une meilleure rente du 2e pilier. Cela se traduira, dans de nombreux cas, par une hausse de bien plus de 10 % de la rente.

Enfin, le Conseil des États propose un financement additionnel de l’AVS à l’aide d’un pourcent supplémentaire de TVA. Ainsi, tant les rentes AVS que l’indice mixte seraient garantis pour plus de 10 ans. Balayée serait aussi la revendication d’augmenter l’âge de la retraite à 67 ans. Puisque les rentes AVS sont plafonnées et réparties de manière relativement égale, les hausses de TVA ont, dans l’AVS, un effet compensatoire pour les revenus.

En résumé :

  • L'augmentation de la retraite des femmes à 65 ans est un recul.
  • Le compromis du Conseil des Etats brise le tabou sur l’augmentation des rentes vieux de plusieurs décennies est brisé. Cela élargit la marge de manœuvre pour trouver des solutions progressistes ces prochaines années.
  • Le travail à temps partiel largement répandu chez les femmes est mieux assuré. Le 2e pilier tient enfin compte de l’évolution des parcours professionnels.
  • Le compromis du Conseil des Etats garantit le niveau des rentes, les finances de l’AVS et balaye la retraite à 67 ans jusqu’à 2030 au moins.
  • En relevant la TVA et comme la part de l’AVS augmente dans le système des retraites, le financement solidaire de la prévoyance vieillesse augmente aussi.

Il n’y a que le compromis du Conseil des Etats qui soit en mesure de résoudre les problèmes de la prévoyance vieillesse. Ce sera aux délégué(e)s de l’USS de décider le 24 mars si les divers avantages de cette réforme peuvent compenser le recul que représente l’élévation de l’âge de la retraite des femmes.

Cordialement,

Doris Bianchi
Secrétaire dirigeante de l'USS, en charge des assurances sociales

1 commentaire:

  1. tout ça mérite certes réflexion mais il n'est fait aucunement mention du problème fondamental, à savoir le coût de la vie, en particulier la santé, l'alimentation, le logement etc. Eh oui, on n'aborde avec une facilité déconcertante qu'une partie des problèmes et on évite ce qui est plus délicat, le plus complexe, le plus difficile à résoudre......solution de facilité !!

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