20 juillet 2012

CO2: Ne bombons pas le torse trop vite

Le NF, et une bonne partie de la presse Suisse nous annonce en titre et en gros titre que : les objectifs de Kyoto sont remplis, les émissions de CO2 ont bien diminué et que les efforts climatiques ont payé.


MAGNIFIQUE Que demander de mieux ou de plus?
RIEN, mais je désire tout de même amener quelques précisions à nos lecteurs (dont JYG).



Primo, préciser que le protocole de Kyoto vise, pour la période 2008-2012, une diminution de 8% de ses émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote et 3 gaz synthétiques), et que la loi sur le CO2 fixe, pour la même période, une réduction de 10% uniquement sur le CO2. Réduction répartie comme suit : -15% des émissions des combustibles et -8% des émissions des carburants.

Deuzio, il est relevé dans l'article du NF qu'en 2011 les émissions de CO2 sont inférieures de 18,1% à celle de 1990 et que le protocole de Kyoto ne nous engageait qu'à une diminution de 15%. S'il est exact que le communiqué annonce une baisse de 18,1%, cette baisse ne concerne que les émissions de CO2 dues à la consommation de combustibles (chauffage). Partant du fait que la part liée aux combustibles est d'environ 30%, cette baisse représente une diminution globale d'environ 5,4% des émissions de CO2 par rapport à 1990.

Tertio, au milieu du même l'article, on parle de la diminution des émissions de CO2 dues aux carburants (transport). S'il y est relevé les légères diminutions de ces 3 dernières années, il faut prendre la peine de lire le mécontentement de l'ATE pour voir que les émissions de CO2 dues à la consommation de carburants à bondi de 11,7% depuis 1990. Cette hausse représente une augmentation globale d'environ 8,1% des émissions de CO2 depuis 1990. En ôtant les 5,4% dito, on arrive au final à environ 2,7% d'augmentation des émissions globales de CO2 par rapport à 1990.

Quarto, en début de deuxième colonne il est question d'émissions de gaz à effet de serre. S'il est exact que le communiqué nous annonce une diminution de 5% par rapport à 1990 et même de près de 10% (8% demandé dans le protocole de Kyoto) en tenant compte de l'achat de certificats d'émission étrangers, il n'est nullement précisé, ni dans le communiqué ni dans l'article par quelle passe droit cela a été possible (voir explications dans quinto).

Quinto, l'article parle encore des certificats d'émission étrangers. L'achat de ces certificats, c'est la solution magique qu'on trouvé les pays riches et industrialisés afin d'avoir une chance de réaliser le protocole de Kyoto sans devoir prendre de mesures drastiques chez eux. Pour expliquer simplement le système, il suffit de négocier avec la Fondation Centime Climatique afin d'acheter des tonnes de CO2 pouvant être additionnés aux efforts nationaux. Il faut savoir que la Suisse à dans une ordonnance fédérale plafonné ces achats à 2 millions de tonnes CO2, qu'elle en achète annuellement près de 3 millions et que pour atteindre les objectifs de Kyoto il lui faudrait en acheter 4 millions annuellement. Le conseil fédéral a d'ailleurs chargé le DETEC d'entreprendre les démarches en ce sens.

Conclusion : Malgré tout cela l'on arrive encore à bomber le torse et mettre en gras des titres trompeurs. On ne peut guère faire mieux afin de cacher la merde au chat et ainsi berner le peuple. Si la Suisse ne peut se permettre de diminuer significativement ses émissions de gaz à effet de serre, ou n'y arrive pas avec le pouvoir d'achat qui est le sien et ses connaissances de pointes (hautes écoles et industries spécifiques) qui le pourra ?

Tout comme EA,  je souhaite apporter ma pierre à une politique 'durable' et rêve d'une Suisse, d'un Valais et d'un Entremont Autrement


Urbain Gaillard

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