4 mai 2018

Très chers Jeux Olympiques

Connait-on le vrai prix des Jeux de PyeongChang ? Bonne question, n’est-ce pas ?
En 2011, les chiffres de 7 à 8 milliards de dollars étaient articulés. Aujourd’hui, Le montant le plus souvent repris par les médias américains est un coût global de 12,9 milliards de dollars. Ainsi, le « théorème » du doublement de la facture des J.O. est, cette fois encore, vérifié.

En fait, nos amis coréens se retrouvent dans la même situation que nous, valaisans, avec la multiplication des budgets (opérationnel, d’infrastructure sportives et d’infrastructures non-sportives). Ainsi, faut-il prendre en considération la construction du nouveau terminal à l’aéroport à Séoul pour 4,6 milliards de dollars? Faut-il prendre en compte la ligne de train à grande vitesse qui relie Séoul à Gangneung et Seoul à Jinbu et qui a coûté 3,4 milliards de dollars ? Sans les Jeux, la construction de cette ligne n’aurait peut-être pas été un investissement prioritaire…Intéressant pour la région et les habitants, mais ayant un coût qui, invariablement, est payé par la même poche, celle du contribuable, indépendamment du tour de passe-passe comptable qu’on veut bien présenter à la population…La moindre des choses est donc de lui communiquer le vrai montant qu’il va payer, en toute transparence.

Pour Vancouver, les dépenses d’investissement auraient atteint 1,31 milliards de dollars tandis que les dépenses opérationnelles se seraient élevées à 1,269 milliards de dollars. Total 2.579 milliards de dollars. Dans le meilleur des cas. Selon d’autres sources, le coût total des Jeux aurait atteint 6 milliards de dollars, ou même 7,5 milliards…

Comment expliquer une telle disparité ?

Simple. Certains décomptes n’intègrent que les coûts opérationnels. D’autres – plus rigoureux – incluent la totalité des coûts. Ce qui n’est actuellement pas présenté par le comité de candidature valaisan, puisque seul un budget opérationnel nous est présenté (avec quelques mises à jour d’infrastructures sportives, minimes, nous dit-on, pour environ 80 millions, soit même pas 3.5% du budget organisationnel).

Il y a une autre raison pour laquelle le coût final des Jeux d’hiver est mal connu. Il faut plusieurs mois pour établir, après la compétition, la facture précise. Un délai suffisamment long pour que les médias se soient désintéressés de la question. Et comme il est toujours assez impopulaire d’annoncer des dépassements plus ou moins indigestes, les montants véritables sont rarement connus. D’autant plus que, le COJO étant dissout à cette date, il n’y a plus personne pour faire le sale boulot…

Quoi qu’il en soit, le problème reste un manque de garde-fous ne permettant pas de fabriquer des chimères une fois les Jeux obtenus, afin de montrer au reste du monde à quel point nous sommes beaux, bons et forts. La fameuse vitrine mondiale.

A ce propos, Frédéric Favre a pris l'exemple – dans ses séances d’information itinérantes - d'une décision qui a fait polémique en Corée: le choix de construire un stade olympique provisoire et démontable de 35 000 places destiné à héberger les seules cérémonies d’ouverture et de clôture (alors qu'à quelques kilomètres - il a cité la distance de Sion à Conthey - un autre stade, genre Tourbillon, était disponible). Le CIO avait validé l'option du "vieux stade" et n'obligeait en rien la construction du nouveau "plus beau pour être montré au monde". Même si l’option d’un stade provisoire est défendable, la facture de 60 millions de dollars est salée, car inutile.

D'où mes demandes multiples de mettre en place des garde-fous inviolables, permettant d'éviter que, pour la gloriole, ces investissements "avec l'argent des autres", se fassent.

Olivier Bender

2 commentaires:

  1. J'adore votre détermination à faire prendre conscience aux valaisans qu'ils seront les dindons de la farce ! Merci M. Bender !

    RépondreSupprimer
  2. Olivier Benderlundi, 07 mai, 2018

    Merci pour votre message, Agrippine.

    RépondreSupprimer

Vous êtes cordialement invités à laisser un message. Les commentaires peuvent être modérés. Les utilisateurs anonymes sont tolérés, mais la modération des commentaires anonymes répond à des critères plus sévères. Merci de votre courtoisie.