23 décembre 2018

60% de ce qui est enseigné à l'école n'est jamais utilisé...

Cette semaine, le 24heures nous apprenait que la formation, aujourd'hui, en 2018, est en totale inadéquation avec la réalité du terrain. «60 à 70% des notions théoriques acquises aux cours ne s'appliquent pas du tout dans la vraie vie active», lisait-on dans un article édifiant sur ce qui est l'un des fleurons de notre système de formation - l'apprentissage - en Suisse, en comparaison internationale.

Si vous avez suivi ma série d'articles sur l'émergence de la robotisation et de l'intelligence artificielle (ici, ici ou ici), vous avez certainement constaté qu'il est urgent de revoir notre manière de concevoir nos modes de vie, notamment vis-à-vis de la "valeur travail" par rapport à cees avancées technologiques. Olivier Feller, conseiller national PLR, dans le même 24heures, constate lui aussi que les robots sont des tueurs d'emploi.

Et tout comme moi, il préconise de revoir également notre manière d'éduquer nos enfants, éduquer étant à comprendre dans le sens de "leur faire acquérir certaines aptitudes, certaines connaissances, les usages de la société, un épanouissement de la personnalité". Par conséquent, il est urgent d’adapter le système de formation, pour aller là où l’intelligence artificielle ne sait pas aller, pour ne pas faire de nos enfants de pâles imitations de robots qui seront bien plus performants qu'eux.

Or, le programme de formation est adapté… tous les cinq ans. Et encore, l'article du 24heures nous apprend que l'adaptation réalisée est plus que lacunaire. Sans compter sur nos propres expériences de parents (par exemple, lorsque nos enfants reviennent avec une leçon de sciences où ils doivent apprendre les différents composants d'un microscope manuel, ou que dans leur vocabulaire allemand, des mots comme radio-cassette ou Gameboy sont présents sans que l'enseignant ne se soit donné la peine de les supprimer de la liste...).

L’école apprend à compter et à résoudre des problèmes. Mais à ce jeux-là, les robots nous battrons toujours. Il faut arrêter d’apprendre aux enfants à être des robots. Et mettre l’accent sur la créativité, l’esprit critique, la curiosité, les humanités, la culture générale ou encore la capacité à être multidisciplinaire. Pour la première fois de l’histoire, nous avons la possibilité d’être des humains, des vrais, et non pas seulement du muscle ou du cerveaux vendus au plus offrant.

Ce n'est donc pas une simple adaptation du programme scolaire que nous devons revoir, c'est une révision complète! Sans tarder. Ne pas le faire revient à sacrifier l'avenir de nos enfants, vautrés que nous sommes dans le confort de nos certitudes et de nos "on a bien étudié ça, nous, et ça nous a pas tué". Oui, c'est vrai, quand bien même c'était totalement inutile. Pourtant, nous voulons tous le mieux pour nos enfants, non?

Espérons que nos politiciens, dont Olivier Feller fait partie (qui, malheureusement, vous le noterez dans l'article du 24heures cité précédemment, préconise des solutions du passé pour résoudre un problème d'avenir), se rendront compte, à temps, que le compte à rebours, le fameux Final Countdown, est lancé à pleine vitesse. Les modèles du passé sont passés. Le travail tel que nous le connaissons aujourd'hui, c'est fini.

Olivier Bender



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