28 novembre 2018

4 heures de travail par jour... ou le chômage.

(Cet article est une suite logique de "Horreur, les robots vont prendre notre place" et "L'école forme des enfants qui vont être laminés par l'intelligence artificielle", entre autres.) 

Les robots déferlent et l’intelligence artificielle nous envahit. Il est donc urgent de revoir notre rapport au travail, car ces progrès techniques éliminent une à une les places de travail, voire des métiers en entier.

Il est urgent de revoir notre rapport au travail. Il est urgent de désacraliser le plein-emploi, de déglorifier la «valeur travail», concept suranné dénigrant celui qui – oh malheur à lui – n’en a pas, de travail. La petite histoire ci-dessus illustre bien pourquoi croire que la vie est une affaire de compétition et de profit est une grossière erreur, l’idée que le travail puisse être la réponse à tous nos soucis, individuels et sociaux, étant un des mythes les plus pernicieux de la société moderne.

Imagions une fabrique d’épingle.

Dans cette usine, les travailleurs travaillent huit heures par jour et produisent assez d’épingles pour les besoins quotidiens du monde entier. Alors survient une avancée technologique. Quelqu’un met au point une invention qui permet au même nombre de personnes de faire deux fois plus d’épingles qu’auparavant dans le même temps. Bien, mais le monde n’a pas besoin de deux fois plus d’épingles et les épingles sont déjà si bon marché qu’on n’en achètera guère davantage même si elles coûtent moins cher.

Vient alors le moment de la décision. On produit moins ? On licencie ?

Dans un monde raisonnable, tous ceux qui sont employés dans cette industrie se mettraient à travailler quatre heures par jour plutôt que huit, et tout irait comme avant. Mais dans le monde réel, impossible d’imaginer payer quelqu’un le même salaire que maintenant s’il ne fait que la moitié des heures, indépendamment de la quantité produite (et encore moins de la qualité de son travail) et de la demande.

Les gens continuent donc à travailler huit heures par jour, il y a trop d’épingles, des employeurs font faillite et/ou la moitié des ouvriers perdent leur emploi.

Paul Lafargue écrivait : « La machine est le rédempteur de l’humanité, le dieu qui rachètera l’homme des sordidae artes et du travail salarié, le dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté. » et John Maynard Keynes prédisait que « les progrès de l’efficacité technique aboutiraient à une semaine de quatre jours ». Parions sur moins.

Oui, repensons vite notre rapport au travail car même si nous choisissons d’attendre avant de décider, les progrès techniques, eux, n’attendrons pas et ils nous broieront tous aveuglément - avec fracas - car il est vraiment urgent de considérer les progrès de l’efficacité technique comme un facteur de libération de l’homme plutôt qu’un facteur de profit pour (très) peu engendrant l’exclusion pour beaucoup.

Olivier Bender


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