31 octobre 2018

Horreur: les robots vont prendre notre place!

Les robots vont prendre notre place. La question n'est pas de savoir si cette affirmation est vraie, la question est juste de savoir quand. Le Nouvelliste listait, l’an dernier, un petit extrait des 7 métiers voués à disparaître à cause (ou grâce) à la robotisation.

Mais il y en aurait bien plus. Les chercheurs de l'Université d'Oxford, en partenariat avec Deloitte, ont cherché à déterminer quels métiers étaient menacés par cette robotisation, en listant 20 très menacés et 20 pas du tout menacés. 

En bref, le constat est assez clair: les métiers qui nécessitent le moins d'empathie, de relations sociales, autrement dit le moins de relations d'humain à humain sont les plus exposés à une robotisation prochaine de leurs tâches. Idem pour les métiers les plus répétitifs ou qui ne nécessitent pas d'analyse ou de créativité.

À l'inverse, dès qu'il s'agit d'éducation, d'intelligence sociale, de santé, bref, d'un métier où l'humain et sa compréhension jouent un rôle essentiel, les robots sont purement et simplement disqualifiés.

Grâce à la robotisation, nous – humains – allons pouvoir jouer notre rôle d’humain, pour la première fois de l’histoire de l’humanité.



Mais pour cela, la grande nécessité sera d’agir avant de devoir réagir. Changer les règles. Cessez de valider la qualité d’un être humain par son travail, par sa capacité à participer à l’effort de croissance d’un pays, par sa contribution au PIB (Produit Intérieur Brut). Alors que le seul indicateur qui devrait nous préoccuper est le BNB (Bonheur National Brut).

Tiens, d’ailleurs, pour conclure, les mots de Frédéric Beigbeder dans "La frivolité est une affaire sérieuse" résonnent comme un appel révolutionnaire à préférer la vie heureuse.

"L’une des plus grandes escroqueries du capitalisme aura consisté à faire croire à des milliards d’individus que le travail était un luxe, alors que le seul vrai luxe, c’est le temps. Il fallait le faire ! Parvenir, pendant tant d’années, à convaincre les humains que le chômage était une honte, une infamie, une humiliation, alors qu’il s’agit de l’état naturel de tout mammifère. Ce qui distingue l’homme de l’animal ou de la plante verte, c’est l’art, le rire, la voiture, mais certainement pas le travail. Le travail ne nous rend pas supérieurs : étymologiquement, le mot vient de torture. Il y aura eu au XIXe siècle et au XXe siècle un hold-up gigantesque, un crime inconcevable : l’industrie nous a volé le temps. Proust est un des rares à l’avoir compris très vite : la seule activité digne de nous, désormais, c’est de rattraper le temps perdu. […] On peut utiliser les progrès technologiques pour supprimer le travail. Le XXIe siècle doit changer de critères : cessons de souhaiter la croissance économique qui détruit la planète et de terrifier les gens avec des menaces de licenciements. […] Le travail, c’est l’esclavage! […] Mais je sais que la vie est courte et s’achève dans une boîte de sapin. Il est hors de question que je prostitue davantage mon bref laps de temps sur cette terre. Ma durée de vie n’appartient qu’à moi. Que tout le monde démissionne ou se fasse virer le même jour ! Qu’on nous donne de l’argent pour lire et écrire, pour élever nos enfants, pour aller au cinéma, pour aider ceux qui en auront besoin, pour danser dans la rue mais pas contre de la sueur et des larmes."

Olivier Bender

2 commentaires:

Vous êtes cordialement invités à laisser un message. Les commentaires peuvent être modérés. Les utilisateurs anonymes sont tolérés, mais la modération des commentaires anonymes répond à des critères plus sévères. Merci de votre courtoisie.