3 août 2018

L’école et les devoirs à la maison

De manière générale, nous consacrons beaucoup plus de temps pour nos enfants que ce que nos parents nous ont consacré. Et nos parents ont consacré plus de temps pour nous que ce que nos grands-parents leur ont consacré.

L'enfant a pris beaucoup d'importance dans notre société par rapport au passé.

D'autre part, il y a beaucoup plus d'obligation actuellement que dans le passé. Très peu de ménages peuvent se contenter d'un 100% de travail entre les deux parents. Et pourtant y a 30 ans, c'était la norme en Valais.

Quoiqu’il en soit, les devoirs à la maison n’ont jamais été une partie de plaisir pour grand nombre de familles. Même si le travail supplémentaire – hors horaire des classes – est certainement utile pour assimiler la matière, surtout pour les élèves les moins «performants», il faut admettre qu’ils sont souvent une source de conflits inutiles, sans parler des cas où ils prétéritent les élèves n’ayant pas d’aide à domicile (parents absents pour cause d’horaire de travail inadaptés à ceux de leurs enfants, parents ne parlant pas la langue ou simplement, parents ne comprenant pas la matière) et par là-même déséquilibrent les classes et créent des dilemmes pour les enseignants : essayer de rattraper le retard avec les plus faibles en laissant les meilleurs «sur leur faim», booster les meilleurs en agrandissant l’écart avec les meilleurs ou être moitié-moitié et frustrant tout le monde ?

De plus, les devoirs sont symptomatiques des inégalités de famille à famille, notamment lorsqu’aucun des parents ne peut aider l’enfant à faire ses devoirs (soit lui-même, soit en « mandatant » quelqu’un d’autre). Si celui-ci a en plus des difficultés, l'écart se creuse par rapport à celui dont les parents peuvent lui payer un répétiteur ou l'aider à faire ses devoirs.

En somme, les devoirs à la maison creusent les inégalités. Il est temps de chercher des solutions efficaces pour atténuer ces inégalités.

Quoiqu’il en soit, l’école à un devoir d’enseignement et les parents un devoir d’éducation.

Ce paradigme, souvent entendu, n’est malheureusement pas appliqué. Certains parents comptent sur l’école pour éduquer leurs enfants. Alors que l’école, par les devoirs à la maison, demande aux parents de réaliser une part de l’enseignement.

Sachant que l’école doit entreprendre un virage important pour éviter que, comme indiqué dans l’article traitant de l'école qui forme des enfants qui seront laminés par l'intelligence artificielle, il pourrait être intéressant d’inclure, dans la réflexion, ces notions d’égalité des chances par une revue en profondeur du concept de devoirs à la maison.

Est-ce que l’horaire continu serait une solution ?

Olivier Bender

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